Siècle des Lumières
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Voltaire Raciste
 
Pour mieux comprendre la philanthropie paradoxalement raciste de Voltaire dans ce passage célèbre de Candide, il faut recourir à ses autres écrits, dans des éditions anciennes.
On y trouve une hiérarchie des races humaines et animales fondée sur la supériorité de la raison et sur la complexité du langage. Une définition scientifique imprécise de l'humanité sépare des races d'origines différentes, contrairement à l'ensegnement de l'Eglise sur l'unité du genre humain.
La différence des races permet de justifier indirectement l'esclavage, elle est associéeà un rejet de l'héritage judéo-chrétien qui s'attaque aux juifs définis comme une nation sans vertus, haïssant les autres peuples et causant leur ruine, ce qui fit qu'ils sont, d'après Voltaire, asservis par leur propre faute.
 
Le nègre du Surinam
"Candide se demande pourquoi on peut couper la main et la jambe à un enfant d'une même mère".
En approchant de la ville, ils rencontrèrent un nègre étendu par terre, n'ayant plus que la moitié de son habit, c'est-à-dire d'un caleçon de toile bleue ; il manquait à ce pauvre homme la jambe gauche et la main droite. " Eh, mon Dieu ! lui dit Candide en hollandais, que fais- tu là, mon ami, dans l'état horrible où je te vois ? - J'attends mon maître, M. Vanderdendur, le fameux négociant, répondit le nègre. - Est-ce M. Vanderdendur, dit Candide, qui t'a traité ainsi ? - Oui, monsieur, dit le nègre, c'est l'usage. On nous donne un caleçon de toile pour tout vêtement deux fois l'année. Quand nous travaillons aux sucreries, et que la meule nous attrape le doigt, on nous coupe la main ; quand nous voulons nous enfuir, on nous coupe la jambe : je me suis trouvé dans les deux cas. C'est à ce prix que vous mangez du sucre en Europe. Cependant, lorsque ma mère me vendit dix écus patagons sur la côte de Guinée, elle me disait: " Mon cher enfant, bénis nos fétiches, adore-les toujours, ils te feront vivre heureux, tu as l'honneur d'être esclave de nos seigneurs les blancs, et tu fais par là la fortune de ton père et de ta mère. " Hélas ! je ne sais pas si j'ai fait leur fortune, mais ils n'ont pas fait la mienne. Les chiens, les singes et les perroquets sont mille fois moins malheureux que nous. Les fétiches hollandais qui m'ont converti me disent tous les dimanches que nous sommes tous enfants d'Adam, blancs et noirs. Je ne suis pas généalogiste ; mais si ces prêcheurs disent vrai, nous sommes tous cousins issus de germains. Or vous m'avouerez qu'on ne peut pas en user avec ses parents d'une manière plus horrible.
Candide ou l'optimisme, 1759........ haut
La fausse compassion
Voltaire semble s'appitoyer sur le sort de ceux que l'époque appelle des nègres.
Son argumentation apparente s'appuie sur l'idée que tous les hommes ont la même origine.
Ses autres écrits motrnet qu'il justifie l'esclavage et qu'il est très hostile à l'idée d'une unité du genre humain.
  Des distinctions fondées sur le plus ou moins grand usage de la raison et du langage.
Je me suppose donc arrivé en Afrique, et entouré de nègres, de Hottentots, et d'autres animaux. Je remarque d'abord que. les organes de la vie sont les mêmes chez eux tous; les opérations de leurs corps partent toutes des mêmes principes de vie; ils ont tous à mes yeux mêmes désirs, mêmes passions, mêmes besoins; ils les expriment tous, chacun dans leurs langues. La langue que j'entends la première est celle des animaux, cela ne peut être autrement; les sons par lesquels ils s'expriment ne semblent point arbitraires, ce sont des caractères vivants de leurs passions; ces signes portent l'empreinte de ce qu'ils expriment: le cri d'un chien qui demande à manger, joint à toutes ses attitudes, a une relation sensible à son objet; je le distingue incontinent des cris et des mouvements par lesquels il flatte un autre animal, de ceux avec lesquels il chasse, et de ceux par lesquels il se plaint; je discerne encore si sa plainteo exprime l'anxiété de la solitude, ou la douleur d'une blessure, ou les impatiences de l'amour. Ainsi, avec un peu d'attention, j'entends le langage de tous les animaux ; ils n'ont aucun sentiment qu'ils n'expriment : peut-être n'en est-il pas de même de leurs idées ; mais comme il paraît que la nature ne leur a donné que peu d'idées, il me semble aussi qu'il était naturel qu'ils eussent un langage borne, proportionné à leurs perceptions.
Que rencontré-je de différent dans les animaux nègres? Qui, puis je y voir, sinon quelques idées et quelques combinaisons de plus dans leur tête, exprimées par un langage différemment articulé ? Plus j'examine tous ces êtres, plus je dois soupçonner que ce sont des espèces différentes d'un même genre. Cette admirable faculté de retenir des idées leur est commune à tous ; ils ont tous des songes et des images faibles, pendant le sommeil, des idées qu'ils ont reçues en veillant ; leur faculté sentante et pensante croît avec leurs organes, et s'affaiblit avec eux, périt avec eux. Que l'on verse le sang d'un singe et d'un nègre ... ils meurent.
Enfin je vois des hommes qui me paraissent supérieurs à ces nègres, comme ces nègres le sont aux singes, et comme les singes le sont aux huîtres et aux autres animaux de cette espèce.
Traité de Métaphysique, 1734....... haut
L'analyse du langage que font les hommes des lumières s'appuie sur sa plus ou moins grande complexité, ce qui permet de passer sans rupture de l'expression des besoins élémentaires chez les animaux à une expression plus compexe, qui reste pourtant, même chez les blancs le vecteur des mêmes sentiments élémentaires.



Voltaire montre que les animaux et les noirs ont des caractéristiques communes aux vertébrés supérieurs, y compris la vie, qu'il évoque par une possible "expérience scientifique"qui en annonce d'autres.
 

Définition scientifique imprécise de l'espèce et de la race
Il me semble alors que je suis assez bien fondé à croire qu'il en est des hommes comme des arbres; que les poiriers, les sapins, les; chênes et les abricotiers, ne viennent point d'un même arbre, et que les blancs barbus, les nègres portant laine, les jaunes portant crins, et les hommes sans barbe, ne viennent pas du même homme.
Traité de Métaphysique, 1734 ...... haut

Les découvertes postérieures de la génétique ontmontré que les espèces sont séparées de manière essentielle, alors que les races ne sont séparées que par les apparences.
 

Racisme visuel
J'ai vu, il n'y a pas longtemps, à Paris un petit animal blanc comme du lait, avec un muffle taillé comme celui des Lapons, ayant, comme les nègres, de la laine frisée sur la tête
Cet animal s'appelle un homme, parce qu'il a le don de la parole, de la mémoire, un peu de ce qu'on appelle raison, et une espère de visage.
La race de ces hommes habite au milieu de l'Afrique: les Espagnols les appellent Albinos (...). Cette espèce est méprisée des nègres, plus que les nègres ne le sont de nous.
Voici enfin une nouvelle richesse de la nature, une espèce Qui ne ressemble pas tant à la nôtre que les barbets aux lévriers.
Relation touchant un Maure blanc amené d'Afrique à Paris en 1744....... haut

 

Les apparences extérieures définissent des races inégales
Ce qui est plus intéressant pour nous, c'est la différence sensible des espèces d'hommes qui peuplent les quatre parties connues de notre monde.
Il n'est permis qu'à un aveugle de douter que les blancs, les nègres, les Albinos, les Hottentots, les Lappons, les Chinois, les Américains soient des races entièrement différentes.
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Il n'y a point de voyageur instruit qui, en passant par Leyde, n'ait vu une partie du reticulum mucosum d'un nègre disséqué par le célèbre Ruysch. Cette menbranne est noire, et c'est elle qui communique aux nègres cette noirceur inhérente.
...

Leurs yeux ronds, leur nez épaté, leurs lèvres toujours grosses, leurs oreilles différemment figurées, la laine de leur tête, la mesure même de leur intelligence, mettent entre eux et les autres espèces d'hommes des différences prodigieuses. Et ce qui démontre qu'ils ne doivent point cette différence à leur climat, c'est que des nègres et des négresses transportés dans les pays les plus froids y produisent toujours des animaux de leur espèce, et que les mulâtres ne sont qu'une race bâtarde d'un noir et d'une blanche, ou d'un blanc et d'une noire.
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Les albinos ... habitent au milieu de l'Afrique ... les nègres en attrapent quelquefois et nous les achetons d'eux par curiosité ... leurs yeux ne ressemblent en rien à ceux des autres hommes, mais ils approchent beaucoup des yeux de perdrix. Ils ressemblent aux Lappons par la taille, à aucune nation par la tête, puisqu'ils ont une autre chevelure, d'autres yeux, d'autres oreilles; et ils n'ont d'homme que la stature du corps, avec la faculté de la parole et de la pensée dans un degré très éloigné du nôtre. Tels sont ceux que j'ai vus et examinés. "
Essai sur les moeurs 1756 Tome 1, pages 6 à 8
"Les Samoïèdes, les Lappons, les habitants du nord de la Sibérie, ceux du Kamshatka, sont encore moins avancés que les peuples de l'Amérique. La plupart des Nègres, tous les Cafres, sont plongés dans la même stupidité, et y croupiront longtemps."
Essai sur les moeurs 1756 Tome 1, page 11
"La même providence qui a produit l'éléphant, le rhinocéros et les Nègres, a fait naître dans un autre monde des orignaux, des condors, des animaux a qui on a cru longtemps le nombril sur le dos, et des hommes d'un caractère qui n'est pas le notre."
Essai sur les moeurs 1756 Tome 1, page 38...... haut

Voltaire s'appuie sur une vision de la science fondée sur l'observation des faits visibles


Qui conduit à l'établissement de relations de cause à effet


Il conteste ici la théorie des climats, en vogue à l'époque

Et s'appuie enfin sur l'existence des noirs albinos, sans pouvoir savoir qi'ils sont dépourvus de mélanine à cause d'un accident génétique

Ces différences d'apparence recoupent des différences de développement culturel selon le modèle européen.
Les "sauvages" sont rapprochés des animaux.

 

Polygénisme contre les théories de l'Eglise
Je rencontre à Goa une espèce encore plus singulière que toutes celles-ci: c'est un homme vêtu d'une longue soutane noire, et qui se dit fait pour instruire les autres. Tous ces différents hommes, me, dit-il, que vous voyez sont tous nés d'un même père; et de là il me conte une longue histoire. Mais ce que me dit cet animal me parait fort suspect. Je m'informe si un nègre et une négresse, à la laine noire et au nez épaté, font quelquefois des enfants blancs, portant cheveux blonds, et ayant un nez aquilin et des yeux bleus; si des nations sans barbe sont sorties des peuples barbus
Traité de Métaphysique, 1734 ...... haut


Le ton utilisé est fait pour discréditer la position de l'Eglise et le récit biblique de la Genèse.
  Justification de l'esclavage par Voltaire
Nous n'achetons des esclaves domestiques que chez les Nègres ; on nous reproche ce commerce. Un peuple qui trafique de ses enfants est encore plus condamnable que l'acheteur.
Ce négoce démontre notre supériorité ; celui qui se donne un maître était né pour en avoir." Essai sur les moeurs 1756 tome 8, page 187...... haut
Parlant des européens il défend sa propre participation à ce trafic pratiqué aussi par d'autres peuples.
 

Antijudaïsme par refus de l'héritage judéo-chrétien.
Leur superstition augmenta avec leurs malheurs : leurs vainqueurs étaient incirconcis ; il ne parut pas plus permis à un Juif de manger dans un plat qui avait servi à un Romain que dans le plat d'un Amorrhéen ; ils gardèrent tous leurs usages, qui sont précisément Ie contraire des usages sociables. Ils furent donc avec raison traités comme une nation opposée en tout aux autres; les servant par avarice, les détestant par fanatisme, se faisant de l'usure un devoir sacré. Et ce sont nos pères ! "
Essai sur les moeurs 1756 Tome5, page 82-83
Un peuple sans vertus.
"Si ces Ismaélites [les Arabes] ressemblaient aux Juifs par l'enthousiasme et la soif du pillage, ils étaient prodigieusement supérieurs par le courage- par par la grandeur d'âme, par la magnanimité : leur histoire, ou vraie ou fabuleuse, avant Mahomet, est remplie d'exemples d'amitié, tels que la Grèce en inventa dans les fables de Pilade et d'Oreste, de Thésée et de Pirithous. L'histoire des Barmécides n'est qu'une suite de générosités inouïes qui élèvent l'âme. Ces traits caractérisent une nation.
On ne voit au contraire, dans toutes les annales du peuple hébreu, aucune action généreuse. Ils ne connaissent ni l'hospitalité, ni la libéralité, ni la démence. Leur souverain bonheur est d'exercer l'usure avec les étrangers ; et cet esprit d'usure, principe de toute lâcheté, est tellement enracinée dans leurs coeurs, que c'est l'objet continuel des figures qu'ils emploient dans l'espèce d'éloquence qui leur est propre. Leur gloire est de mettre à feu et à sang les petits villages dont ils peuvent s'emparer. Ils égorgent les vieillards et les enfants ; ils ne réservent que les filles nubiles ; ils assassinent leurs maîtres quand ils sont esclaves ;ils ne savent jamais pardonner quand ils sont vainqueurs : ils sont ennemis du genre humain. Nulle politesse, nulle science, nul art perfectionné dans aucun temps, chez cette nation atroce."
Essai sur les moeurs 1756 Tome 2, page 83
La haine des nations.
"Si Dieu avait exaucé toutes les prières de son peuple, il ne serait restés que des juifs sur la terre ; car ils détestaient toutes les nations, ils en étaient détestés ; et, en demandant sans cesse que Dieu exterminât tous ceux qu'ils haïssaient, ils semblaient demander la ruine de la terre entière."
Essai sur les moeurs 1756 Tome 1, page 197
Causant la ruine des peuples.
" Lorsque, vers la fin du quinzième siècle, on voulut rechercher la source de la misère espagnole, on trouva que les Juifs avaient attiré à eux tout l'argent du pays par le commerce et par l'usure. On comptait en Espagne plus de cent cinquante mille hommes (le cette nation étrangère si odieuse et si nécessaire. (...) Les Juifs seuls sont en horreur à tous les peuples chez lesquels ils sont admis (...).
Essai sur les moeurs 1756 Tome 5, page 74-76
Les juifs asservis par leur faute
" N'est-il pas clair (humainement parlant, en ne considérant que les causes secondes) que si les Juifs, qui espéraient la conquête du inonde, ont été presque toujours asservis, ce fut leur faute ? Et si les Romains dominèrent, ne le méritèrent-ils pas par leur courage et par leur prudence ? Je demande très humblement pardon aux Romains de les comparer un moment avec les Juifs."
Essai sur les moeurs 1756 Tome 1, page 226...... haut

































Ce qui lui permet de prendre position contre le fait qu'ils puissent "obtenir le droit de bourgeoisie ( l'égalité de droits avec les autres anglais ) en Angleterre" en disant que "l'excès du ridicule jeté sur cette entreprise la fit échouer"


Ces extraits ont été réalisés à partir d'un dossier sur "Voltaire et le racisme des lumières" du site Contreculture. qui est parti d'une édition non expurgées de l'Essai sur les Moeurs de publiée à Paris chez Didot en 1805.