Antiquités romaines
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L'extention de la citoyenneté: L'édit de Caracalla en 212
L'organisation et l'humanisation du droit romain : L'amélioration du sort des esclaves
Une société urbaine : Columelle et une religion sans espoir de salut après la mort
Le sens de l'Etat et du service public : Les pouvoirs des proconsuls pendant l'empire et inventivité fiscale : l'argent n'a pas d'odeur
Une monnaie de Trajan : L'empereur concentre sur son nom toutes les magistratures de la Rome républicaine. Une dictature tempérée par l'assassinat : la mort de Néron
César : imitateur d'Alexandre le Grand et conquête romaine de la Gaule.
L'exploitation des provinces dans la Rome des guerres civiles dénoncée par Cicéron
L'impérialisme de la république et ses conséquences : la république corrompue et déchirée par ses nouvelles richesses
Eloge de scipion l'africain, vainqueur des carthaginois
César, imitateur d'Alexandre le Grand?
Arrivé à Cadix, ville d'Espagne, Jules César soupira et versa des larmes à la vue d'une statue d'Alexandre le Grand ; ses amis lui en ayant demandé la cause : " N'ai-je pas, leur dit-il, raison de m'affliger, moi qui n'ai rien fait d'honorable à un âge où Alexandre avait subjugué l'univers ? "
Lhomond, De vins illustribus urbis Romae, 1779
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Une dictature tempérée par l'assassinat : la mort de Néron
Comme chacun de ses compagnons tour à tour l'invitait à se dérober sans retard aux outrages qui l'attendaient, il ordonna de creuser devant lui une fosse à la mesure de son corps, de disposer autour d'elle quelques morceaux de marbre, si l'on en trouvait, puis d'apporter de l'eau et du bois, pour rendre bientôt les derniers honneurs à son cadavre. A chacun de ces préparatifs, il pleurait et répétait à tout instant : Quel artiste va périr avec moi ! (Qualis artifex pereo !) ... (Suétone, Vies des douze Césars). .. Haut de page
Une religion sans espoir de salut après la mort
Animula blandula, vagula /
Hospes comesque corporis /
que nunc abibis in iota /
Pallidula, rigida, nudula /
Nec ut solis, debis jocos.
Petite âme caressante, vagabonde,
hôte et compagne du corps,
toi qui, maintenant, vas aller
dans des endroits ternes, sévères, misérables

et qui ne feras plus de plaisanteries comme à ton habitude.
Empereur Hadrien, 76-136, épitaphe composée par lui même pour son propre tombeau
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César : Conquête romaine de la Gaule.
Ces nations différent entre elles par le langage, les moeurs et les lois. Les Gaulois sont séparés des Aquitains par la Garonne, des Belges par la Marne et la Seine. Les Belges sont les plus braves de tous ces peuples : étrangers aux mœurs élégantes et à la civilisation de la Province romaine, ils ne reçoivent pas du commerce extérieur ces produits de luxe qui contribuent à énerver le courage ; d'ailleurs, voisins des peuples de la Germanie, ils sont continuellement en guerre avec eux.
Jules César, la guerre des Gaules
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Une société urbaine : Columelle
Je vois partout des écoles ouvertes aux rhéteurs, à la danse, à la musique, même aux saltimbanques ; les cuisiniers, les bar-biers sont en vogue ( ..) tandis que pour l'art qui fertilise la terre, il n'y a rien, ni maîtres, ni élèves, ni justice, ni protec-teur... L'or, au lieu de couler sur les campagnes qui nourris-sent les villes, est jeté à pleines mains au luxe, à la débauche, aux exactions
Columelle, agronome latin du ler siècle, De re rustica. ... Haut de page
Inventivité fiscale : l'argent n'a pas d'odeur
C'était surtout à propos de ses gains honteux qu'il [Vespasien) affectait ce ton moqueur pour en atténuer le caractère odieux par quelque plaisanterie et les faire passer grâce à un bon mot .... Comme son fils Titus lui reprochait d'avoir eu l'idée d'imposer même les urines, il lui mit sous le nez la première somme que lui rapporta cet impôt, en lui demandant " s'il était choqué par l'odeur ", et, Titus lui répondant négativement, il reprit : " C'est pourtant le produit de l'urine. "
Suétone, Vies des douze Césars
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Une monnaie de Trajan : L'empereur concentre sur son nom toutes les magistratures de la Rome républicaine
IMPerator : empereur, CAEsar : César, NERva TRAIANO : Nerva (père adoptif de) Trajan, OPTIMO : le meilleur, AUGusto : Auguste (disposant du pouvoir des Augures qui lisent les signes de la volonté des Dieux), GERmanicus : vainqueur des germains, DACico, vainqueur des Daces, Pontifice Maximo (grand pontife : surveillant tous les cultes de Rome), TRibunicia Potestate : doté de la puissance des tribuns de la Plèbe qui pouvaient arrêter toutes les lois du Sénat, COnSule VI : un des deux consuls chargés du pouvoir exécutif pour la 6e fois, Patre Patriae : Père de la Patrie... Haut de page
L'extention de la citoyenneté: L'édit de Caracalla en 212
Tous ceux qui habitent dans le monde romain sont établis citoyens romains en vertu de la constitu-tion de l'empereur Antonin.
ULPIEN (170-228), juriste romain. Livre XXII.
Pour cette raison (augmenta-tion des impôts sur les héri-tages et les affranchisse-ments), il déclara tous les habitants de l'Empire citoyens romains ; en parole, il s'agissait de les honorer ; en réalité, c'était pour percevoir de plus grandes som-mes à la suite de cette mesure, car les pérégrins ne payaient pas la plupart de ces taxes.
DION CASSIUS (155-240), historien grec. Livre IA' VII, 9.
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L'organisation et l'humanisation du droit romain : L'amélioration du sort des esclaves
Gains est un jurisconsulte du a, siècle ap. J: C. Ses Institutes composées vers 161, sont un résumé méthodique des principes du droit romain. Elles ont été largement reprises par les juristes de Justinien.
L52. Ainsi les esclaves sont sous la potestas de leurs maîtres. Cette potestas est, à la vérité, du droit des gens ; car nous pouvons remarquer que d'une façon générale chez tous les peuples, les maîtres ont sur les esclaves la puissance de vie et de mort ; et tout ce qui est acquis par l'esclave est acquis au maître.
53. Mais de nos jours, il n'est permis ni aux citoyens romains ni à aucun autre de ceux qui se trouvent sous l'empire du peuple romain, de sévir outre mesure et sans motif contre ses esclaves. Car, de par une constitution de l'empereur Antonin, il est ordonné que celui qui tuerait j sans motif son propre esclave ne serait pas moins responsable que celui qui tuerait l'esclave d'autrui. Même une trop grande rigueur des maîtres est réprimée par une constitution du même prince ; consulté en effet par certains gouverneurs de province au sujet de ces esclaves qui cherchent asile auprès des temples des dieux ou des statues des princes, il ordonna que si la sévérité des maîtres s'avérait intolérable, ils fussent contraints de vendre leurs esclaves.
Et il eut raison dans les deux cas : car nous ne devons pas mal user de notre droit ; c'est pour la même s raison que l'on interdit au prodigue l'administration de ses biens.
Gaius, Institutes, I. 52-53, Dans J. Imbert, G. Sautel et M. Boulet-Sautel, Histoire des institutions et des faits sociaux, Coll. Thémis, P.U.F.
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Le sens de l'Etat et du service public : Les pouvoirs des proconsuls pendant l'empire
Si le proconsul arrive dans une cité qui n'est pas illustre ou capitale de la province, il doit [cependant] accepter qu'on lui confie la cité et écouter sans répugnance les louanges qu'on lui donnera - les provinciaux revendiquant cela comme un honneur pour eux -, et accorder en retour des jours chômés selon l'usage et la coutume.
Il doit inspecter les édifices religieux et les bâtiments publics afin de voir s'ils sont en bon état ou s'ils nécessitent quelque réfection. Si des constructions ont été engagées, il doit se préoccuper de les faire achever, pour autant que la commune en ait les moyens, et de nommer selon l'usage des curateurs de travaux efficaces, ainsi que de fournir les services de militaires, afin d'aider ces curateurs pour ces travaux éventuels.
Le proconsul a une juridiction absolue : ainsi il instruit toutes les causes qui sont jugées, à Rome, ou par les magistrats, ou extraordinairement.
ULPIEN, Digeste I, 16, 7, 1-2, dans X. Loriot et C. Badel, Sources d'histoire romaine, Larousse, 1993.
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L'exploitation des provinces dans la Rome des guerres civiles dénoncée par Cicéron
Cicéron, avocat et homme politique attaché à la tradition républicaine, a rendu célèbres les méfaits de Verrès en Sicile
... il n'est pas une propriété, fût-elle héritée du père et de l'aïeul, dont, en vertu de son pouvoir souverain, il n'ait fait déposséder le maître par jugement. Des sommes d'argent qu'on ne saurait évaluer ont été levées sur les biens des cultivateurs des terres cultivables en vertu d'innova-tions criminelles dans les règlements ; les alliés les plus fidèles ont été placés au nombre des ennemis et traités en conséquence ; les citoyens romains ont été livrés aux tortures et mis à mort, comme on fait pour des esclaves...
Cicéron, Première action contre C. Verrès, V, Paris, Les Belles-Lettres.
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L'impérialisme de la république et ses conséquences : la république corrompue et déchirée par ses nouvelles richesses
"Chez les Romains, en paix comme en guerre, la vertu et le courage étaient à l'honneur. ... Ils étaient économes dans leur intérieur, fidèles dans leurs amitiés. ...
Mais quand la République eut vaincu des rois puissants, soumis des peuples barbares et belliqueux, détruit de fond en comble Carthage, quand elle se fut ouvert toutes les mers et toutes les terres, la fortune se mit à tout bouleverser. ... La soif de l'argent d'abord, celle du pouvoir ensuite, s'accrurent chez eux : ce fut là comme la source de tous les maux. ... L'armée romaine s'habitua à boire, à s'intéresser aux statues, aux tableaux, aux vases ciselés, à les voler chez les particuliers, à piller les temples... De pareils soldats ne laissent rien aux vaincus."
Salluste (86-v. 35 av. J.-C.), La Conjuration de Catilina, IX-XI.
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Eloge de scipion l'africain, vainqueur des carthaginois
"1. Publius Scipion, nommé l'Africain, passa pour le fils de Jupiter car, avant sa naissance, un serpent apparut dans le lit de sa mère. Quand il allait au Capitole au plus fort de la nuit, jamais les chiens n'aboyaient après lui.
2. A dix-huit ans, à la bataille du Tessin, faisant preuve d'une valeur singulière, il sauva son père. Pendant le désastre de Cannes, il conduisit les survivants sains et saufs.
3. A vingt-quatre ans, comme prêteur, il fut envoyé en Espagne et là, prit Carthagène le jour même où il arriva. Il chassa d'Espagne Hasdrubal et Magon, les frères d'Hannibal.
4. Revenant vainqueur à Rome, il fut élu consul avant l'âge et passa en Afrique avec une flotte. Hannibal ayant été rappelé d'Italie, il le vainquit.
5. Accusé de manque de loyauté par le tribun de la plèbe Petibius Actaeus, il déchira le livre des comptes à la vue de tous : "C'est aujourd'hui, dit-il, que j'ai vaincu Carthage ; aussi serait-il bon d'aller au Capitole et d'offrir nos prières aux dieux". Puis, il se retira dans un exil volontaire. A sa mort, il demanda à sa femme que son corps ne soit pas ramené à Rome. "
Aurelius Victor, Des hommes illustres, III, 49.
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