Révolution industrielle
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Première révolution industrielle
Une affaire de sens de l'économie et de l'épargne : Benjamin Franklin
Concentration du travail du coton dans des usines 1821
Diffusion des progrès techniques de l'Angleterre à l'Alsace
Puissance de l'industrie métallurgique anglaise 1871
Sources d'énergie locales et révolution des transports, facteur de développement du textile vosgien
Des entreprises familiales développées par croissance interne
Les sociétés par actions nécessaires pour mener de grandes projets industriels et créer des grandes entreprises
La Grande Bretagne, atelier d'un monde largement ouvert aux échanges de marchandises
Seconde révolution industrielle
Naissance des grands magasins : au bonheur des dames
Spéculation foncière dans le Paris hausmannien
Une formidable hausse de la productivité dans la fabrication de l'acier : le procédé Bessemer
La science humaine dépasse l'oeuvre de la nature : Marcellin Berthelot invente la chimie organique en 1854
Un "trust": le Groupe Morgan, First National Bank.
Contre la concentration excessive des grandes entreprises : les lois anti-trusts américaines 1890
Comment diffuser massivement une innovation : Edison et l'ampoule électrique.
Diffusion du vélo. Naissance de la civilisation des loisirs : le tourisme en automobile.Nécessaire création des infrastructures de la circulation automobile et guide participatif : Le Guide Michelin
Face aux incertitudes et aux crises la tentation de la sortie de l'industrie.
Promotion interne et familiale des dirigeants chez les dirigeants de Siemens
Transformations sociales

Emigration massive vers le creuset du "Melting Pot" américain, un dépassement de toutes les races
Exode rural
Les multiples soins du travail agricole : Grenadou paysan français d'Ephraïm Grenadou et Alain Prévost
Le métayage : un obstacle aux progrès agricoles?
Les campagnes, source d'exode rural et base de la société française : J. Ferry 1885
Développement urbain
La métamorphose de Paris par le préfet Hausmann sous Napoléon III
Une crise du bâtiment au coeur de la grande dépression, occasion d'un débat sur les idées chrétiennes sociales 1884
Essor du monde ouvrier

Survivance des corporations et aristocratie ouvrière? : Mémoires d'un compagnon, d'Agricol Perdiguier
De la paysannerie à l'industrie : le bonheur d'être ouvrière.
Qu'est ce que le prolétariat? K Marx
Développement des classes moyennes
Le statut de fonctionnaire, une promotion pour les classes populaires
Le baccalauréat donne des idées générales, mais aucune formation utilisable par les nouvelles classes moyennes: Emile Zola, 1877
La bourgeoisie
A quoi sert un million bien gagné.
Valeurs paternalistes du patronat rhénan.
Une maison et ses domestiques.
Des dynasties bourgeoises proches du pouvoir
Une polémique entre "le populaire" et le "Petit Journal" à propos des avantages et de l'utilité de la bourgeoise qui peut pousser ses enfants dans les bonnes places
Une Noblesse hors course?
Proust : Le repli vers le passé généalogique, mais un rôle dominant en Allemagne
..
Réactions politiques
Critiques littéraires du règne de l'argent : Dumas, Hugo.
Libéraux
Malthus : les pauvres d'une population en croissance exponencielle ne devraient pas avoir le droit d'être nourris
Ricardo : pour une division internationale du travail.
IIe république : le parti de l'Ordre de Thiers et l'extrême gauche font échouer des propositions sociales
J.S.Mill : l'Etat est moins efficace que l'action privée
Le "saint simonisme" Supériorité du travail et de la technique sur la politique
Chrétiens sociaux

Les royalistes légitimistes dénoncent la misère ouvrière dès 1829 dans le rapport de Villeneuve Bargemont et sont pour un salaire minimum fixé par les syndicats (de patrons et d'ouvriers réunis)
Manifeste des catholiques pour la liberté du journal l'Avenir: liberté de conscience, de presse, d'école, et d'association, décentralisation et loi de charité. 1831
La révolte des canuts lyonnais en 1831: menée par un catholique légitimiste pour rétablir le "tarif" fixant le prix du travail avant la révolution
Naissance d'un engagement charitable : Armand de Melun en 1837
Critiques catholiques du libéralisme économique : Discours de Villeneuve-Bargemont contre la misère ouvrière et pour la loi de 1841. Une loi trop contraignante pour les patrons libéraux, et insuffisante par absence d'inspection du travail pour Armand de Melun
1848 : Le parti de l'Ordre sabote les efforts de législation sociale de ses membres légitimistes
1874 : Gouvernement des monarchistes de l' " ordre moral " Le travail des enfants est réglementé et surveillé par une inspection du travail : 19 mai 1874
Un manifeste du royalisme social : Albert de Mun en 1881. Plus son discours complet. Elu, il est pour des caisses de prévoyance-chômage et une législation internationale du travail
Les propositions de l'Encyclique "Rerum Novarum" en 1891, salaire minimum définis par des syndicats mixtes, possibilité d'épargner pour ne pas avoir à émigrer, sociétés de secours mutuel. texte complet de l'encyclique
Les premiers démocrates chrétiens reprennent ces propositions
Maurras reprend les idées du royalisme social, anti-capitaliste contre la loi Le Chapelier
Plus cours de Sciences Po sur l'histoire du christianisme politique
Syndicalisme
L'anarcho-syndicalisme : contre l'oppression sociale, grêve des ventres et auto-formation.
Revendication des trois "huit" et coopératives ouvrières
Anarchisme
Proudhon anti juif, anti Etat et pour une socitété de libres associations
Le chant de Canuts, une oeuvre anarchiste
L'action directe, de l'auto organisation des ouvriers au grand soir
Socialisme
Naissance du socialisme dans sa version communiste : le manifeste du parti commmuniste
Anti-patriotisme ouvrier et guerre sociale : Gustave Hervé
Transformations juridiques
Mise en place du libéralisme : Loi le Chapelier et ses conséquences
Parcours des lois sociales : Salaire minimum, Conventions collectives, Allocations familiales
Premier retour à une réglementation du travail : la loi de 1841, conçue pour ne pas être appliquée?: "on a beaucoup exagéré les dangers et les fatigues des enfants".
Loi sur les 35 heures
Parcours des loi sociales
Salaire minimum.
- Avant 1791 et la Loi le Chapelier, Le Tarif des corporations d'Ancien régime définit un prix commun du travail par lieu et par métier.
- Villeneuve-Bargemont en 1834 croit à la nécessité d'une sorte de salaire minimum comprenant de quoi vivre sainement , de quoi faire subsister une femme et deux enfants de moins de 14 ans, de quoi soutenir les parents, de quoi faire quelques épargnes
- La presse royaliste légitimiste défend l'idée en 1843 et 47
- En mars 1882, La Tour du Pin " Les moyens d'un vie honnête sont la possessoin d'un foyer, les moyens d'élever une famille selon sa condition et la possibilité d'épargnerpour soutenir ses vieux jours "
- Proposition : Albert de Mun le 23 novembre 1889, approuvant une proposition socialiste sur un cas particulier , mais demandant une loi générale au pays et son corollaire en régime de libre échange, une législation internationale du travail
- Rerum Novarum en 1891 " Mais parmi les devoirs principaux du patron, il faut mettre au premier rang celui de donner le salaire qui convient " Et il faut qu'il ait la possiblité d'épargner pour avoir la perspective de la propriété.
- Précisé en 1931 dans Quadragesimo anno : " Et tout d'abord on doit payer à l'ouvrier un salaire qui lui permette de pourvoir à sa subsistance et à celle des siens …Que l'on procède sans délai à des réformes qui garantiront à l'ouvrier adulte un salaire répondant à ces conditions "
Adoption de la Loi :
La première loi sur le salaire minimum fut promulguée par le gouvernement de Nouvelle-Zélande en 1894. En Australie, l'État de Victoria fit voter en 1896 une loi établissant des comités de régulation salariale (wage boards), dans lesquels employeurs et salariés avaient le même nombre de représentants, et devaient parvenir à un accord pour fixer les niveaux de salaire mininum s'imposant à l'employeur
En France, les pouvoirs publics ne jouent un véritable rôle dans la formation des salaires que depuis les années 1945-1950 et la présence du MRP au gouvernement, même si l'idée d'un salaire minimum est constamment évoqué depuis le XIXe siècle ; l'État fixe non seulement les salaires de la fonction publique, mais il détermine de plus le salaire minimum national depuis 1950, date de sa création sous le nom de SMIG (Salaire minimum interprofessionnel garanti). Le SMIG garantissait à tout salarié travaillant à temps complet une rémunération au moins égale à son montant et prévoyait un mécanisme d'indexation sur les prix à la consommation (encarta)

Les conventions/contrats collectives

- La presse légitimiste demande en 1843 et 1847 le rétablissement des corporations/syndicats qui disposaient du pouvoir de faire reconnaître par les autorités les tarifs qu'elles avaient définis par les autorités avant la loi le Chapelier
- L'Avocat catholique et légitimiste Berryer défend le droit pour les compagnons charpentiers du devoir en 1845 et la société typographique en 1861 d'imposer des contrats collectifs qui *définissent les salaires et les conditions de travail
- La Tour du Pin en 1883 établit des droits de l'Homme/qui sont propres à chaque individu/dans son métier et les associations auxquelles il participe. L'un de ceux ci est le droit de participation/représentation dans le gouvernement de son métier (dont font partie la législation des salaires et des conditions de travail)
- Proposées dans Rerum Novarum
- Sont dans les propositions des premiers démocrates chrétiens
Oppositions des républicains : en particulier des radicaux-socialistes, attachés à l'économie libérale
- La cour de cassassion décide en 1908 que personne ne peut être obligé de respecter une convention collective. Une loi de 1919 la rend possible, mais seulement pour les membres des organisations qui l'ont signée
Adoption de la Loi :
Accords de Matignon 7 juin 1936, elle devient obligatoire/loi pour tous les membres d'un métier. Mais elle doit être négociée par les syndicats dont la représentativité est reconnue par l'Etat. à ce sujet Léon Blum reconnaît l'influence des encycliques sociales

Les allocations familliales/salaire famillial
- Ets Klein à Vizille en 1884, 1891 Usine chrétienne du Val-des-bois de Léon Harmel avec une caisse de famille gérée par une comission ouvrière
- Inspiration de Le Play " salaire proportionnel aux efforts et les subventions en fonction de la famille sur Léon Harmel, développements dans les écrits de La Tour du Pin
- Allusion dans Rerum Novarum
- Avril 1918 Caisse de compensation familliale de l'Isère Qui permet aux entreprises qui embauchent plus de pères de famille de ne pas avoir plus de coûts salariaux
Adoption de la Loi :
Pour les fonctionnaires en 1917
Mise en application progressive dans de nombreuses entreprises
Pour tous en 1936
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Le Chant des canuts, une oeuvre anarchiste de 1899
" Nous tisserons le linceul du vieux monde, car on entend déjà la révolte qui gronde... " Le soulèvement évoqué par le célèbre Chant des canuts, c'est celui des ouvriers lyonnais, en 1831. Dans les kermesses révolutionnaires, naguère, les militants reprenaient ce refrain en choeur À leurs yeux, la geste des canuts représentait une des premières luttes populaires, prélude à tous les combats de classe que le prolétariat allait mener contre le capi-talisme. Un prolétariat évidemment socialiste, affrontant une bourgeoisie évidemment conservatrice.
Mais Le Chant des canuts ne date pas de 1831 : ses paroles ont été écrites en 1899 par Aristide Bruant, chansonnier montmartrois qui mettait en musique l'anarchisme de la Belle Époque. Et le climat qu'il suggère (l'insurrection contre les " grands de l'Église " et les " grands de la terre ") n'a que peu à voir avec la véritable histoire des canuts.
Jean Sévilla
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La révolte des canuts lyonnais en 1831: menée par un catholique légitimiste pour rétablir le "tarif" fixant le prix du travail avant la révolution
Au début du XIXe siècle, à Lyon, le tissage de la soie constitue l'unique activité industrielle. Il existe trente mille métiers à tisser Jacquard, répartis à travers huit mille ateliers. Ceux-ci exécutent les commandes qui leur sont passées par les fabricants et les soyeux, un milieu de cinq cents familles bourgeoises.
Sous le règne de Louis-Philippe, en 1831, les chefs d'atelier réclament, pour leur travail, la garantie d'un tarif minimal. Au terme d'une négociation menée sous l'égide du préfet du Rhône, les délégués des tisserands se mettent d'accord avec les soyeux.
Un tarif est promulgué. Mais, aussitôt signée, la convention est dénoncée. [par les fabricants au nom du libéralisme] Alors les ouvriers tisserands - on les appelle les canuts - se révoltent. Un temps victorieux, ils sont écrasés par la force armée de la monarchie bourgeoise. ...
Dans à peu près tous les manuels. Dans cette perspective, l'insurrection lyonnaise de 1831 prolonge le soulèvement parisien de 1830. ... " Républicains avancés et premiers socialistes voient dans la révolte des canuts l'irruption de la question sociale. Lyon fait alors figure de "ville sainte du socialisme" d'où doit partir la future révolution du prolétariat. " (Article " Canuts ", Dictionnaire de l'histoire de France, sous la direction de Jean-François Sirinelli et Daniel Couty, Armand Colin, 1999) [mais ] Selon Guy Antonetti, les canuts incarnent une " mentalité traditionnelle, hostile au libéralisme économique introduit par la Révolution "(Guy Antonetti, Louis Philippe, Fayard, 1994).
Sous l'Ancien Régime, en 1744 et en 1786, ils avaient déjà organisé des grèves. Ils avaient alors été soutenus par les chanoines de la primatiale Saint Jean, qui les avaient financés, avaient accueilli leurs assemblées et avaient intercédé pour eux auprès des autorités. En 1790 encore, les tisserands avaient fait appel aux chanoines. Ces derniers les avaient incités à tenir une constituante sociale où un salaire minimum avait été établi.
La soie est une marchandise d'exportation. À partir de 1825, la conjoncture internationale amène une baisse de la production. Afin de s'entraider, les canuts fondent des associations de secours, comme la Société du devoir mutuel, créée en 1828 par [le catholique et futur royaliste légitimiste] Pierre Charnier.
En octobre 1831, quand le tarif minimal est adopté grâce à la médiation du préfet, c'est le refus de certains fabricants de l'appliquer, au nom du libéralisme, qui provoque le soulèvement des quartiers ouvriers. Guy Antonetti note cependant ceci : " Maîtres de la ville, les ouvriers se gardent de tout pillage et refusent de suivre les meneurs républicains qui tentent de récupérer le mouvement à des fins politiques. " Des affrontements ont lieu avec les forces de l'ordre locales, laissant des victimes, parce que l'opposition révolutionnaire a utilisé comme un tremplin le mécontentement des tisserands. Mais les canuts défendent des revendications purement professionnelles. À leur tête se tient Pierre Charnier. ... royaliste, ce pieux catholique est légitimiste depuis l'instauration de la monarchie de juillet.
Le 3 décembre 1831, l'armée du maréchal Soult, envoyée par Louis-Philippe avec la consigne de rétablir l'ordre mais de ne faire " aucune exécution ", entre dans Lyon sans effusion de sang. Le tarif restera annulé, et le préfet sera révoqué : le Premier ministre, Casimir Perier, est un libéral aux yeux de qui les lois du marché sont souveraines.
Ce qui ressort de ces éléments d'analyse, c'est que les canuts ne représentent nullement un prolétariat pré-socialiste. D'une certaine manière, ils forment même une société d'Ancien Régime qui a survécu à la Révolution. Le conflit de 1831 ne peut donc être interprété en termes de lutte des classes : il résulte de l'antinomie opposant les adeptes du libéralisme absolu et les tenants d'une réglementation économique, sociale et professionnelle. Or ce clivage ne correspond pas à l'axe qui sépare la gauche de la droite.
Jean Sévilla, historiquement correct, chapitre "catholiques et ouvriers"
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Manifeste des catholiques pour la liberté du journal l'Avenir: liberté de conscience, de presse, d'école, et d'association, décentralisation et loi de charité. 1831

"L'acte d'union" : les quatre libertés

" Nous reconnaissons les principes suivants comme formant la base de tout gouvernement constitutionnel qui n'est point fictif :
I : [des libertés nées de la liberté religieuse]

La partie spirituelle de la société doit être affranchie complètement de l'intervention du pouvoir politique. En conséquence :
1. La liberté de conscience et de culte doit être entière, de telle sorte que le pouvoir ne s'immisce en aucune manière et sous aucun prétexte, dans l'enseignement, la discipline et les cérémonies d'un culte.
2. La liberté de la presse ne peut être entravée par aucune mesure préventive, sous quelque forme que cette mesure se produise.
3. La liberté d'éducation doit être aussi complète que la liberté des cultes, dont elle fait essentiellement partie, et que la liberté de la presse, puisqu'elle n'est, comme celle-ci, qu'une forme de la liberté même de l'intelligence, et de la manifestation des opinions.
4. La liberté d'associations intellectuelles, morales, industrielles, repose sur les mêmes principes, et doit être sacrée aux mêmes titres. Relativement à chacune de ces libertés, le droit et le devoir du pouvoir constitutionnel consistent uniquement à réprimer les crimes et délits, qui attenteraient matériellement soit à la jouissance entière et égale pour tous, de ces mêmes libertés, soit à quelque autre droit civil ou politique des citoyens.

II : [un Etat décentralisé et subsidiaire avant l'heure]

Par cela même que la partie spirituelle de la société doit être affranchie complètement, l'action du pouvoir constitutionnel ne peut s'exercer que dans l'ordre des intérêts matériels, et dans cet ordre nous admettons qu'il faut tendre à un état de choses dans lequel toutes les affaires locales seront librement administrées en commun par ceux qui y sont intéressés, sous la protection du pouvoir destiné dès lors uniquement, quelle qu'en soit la forme, à maintenir l'unité politique, l'harmonie entre les diverses administrations particulières, à pourvoir aux intérêts généraux et à la défense extérieure de l'Etat.

III : [pour la loi de justice et de charité]
Et comme la société, dont la justice est la base, ne peut faire des progrès réels que par un plus grand développement,
une application plus étendue de la loi de justice et de charité
, nous admettons que l'on doit aussi tendre incessamment à
élever l'intelligence et améliorer la condition matérielle des classes inférieures, pour les faire participer de plus en plus aux avantages sociaux. Nous nous engageons à concourir de tout notre pouvoir à la défense de ces principes constitutionnels, et au maintien des libertés ci-dessus énoncées ; à user de nos droits civils et politiques dans ce but, nous promettant réciproquement, à cet égard, aide et secours par tous les moyens légaux, et adhérant, avec une résolution ferme, au présent Acte d'union. En foi de quoi nous y avons apposé notre signature. "
Les membres du Comité de rédaction de L'avenir, F. de La Mennais, prêtre ; Ph. Gerbet, prêtre ; H. Lacordaire, prêtre ;
C. de Coux ; comte Ch. de Montalembert , etc.
15 novembre 1831.
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Maurras reprend les idées du royalisme social, anti-capitaliste contre la loi Le Chapelier
" Libéralisme et libertés ",
" Dans l'ordre économique, la liberté-principe veut que la concurrence des libertés individuelles, d'où le bien doit sortir inévitablement, soit œuvre sacrée.
Il n'y a qu'à laisser faire et à laisser passer. Toute intervention de l'Etat ou de la société mérite le nom d'attentat et presque de profanation.
Le statut du travailleur doit donc être individuel.
Autant par respect pour sa liberté propre que par vénération de la mécanique du monde, l'ouvrier doit respecter les injonctions du décret Le Chapelier et s'interdire sévèrement toute association, corporation, fédération, tout syndicat d'ordre professionnel, de nature à troubler le libre jeu de l'offre et de la demande, le libre échange du salaire et du travail.
Tant pis si le marchand de travail est un millionnaire maître absolu du choix entre 10 000 ouvriers : liberté, liberté ! La liberté économique aboutit donc, par une déduction rapide, à la célèbre liberté de mourir de faim. J'oserais l'appeler une liberté négative, abstraite ; mieux : une liberté soustraite. Toute liberté réelle, toute liberté pratique, tout pouvoir libre et certain de conserver sa vie, de soutenir sa force, est refusé à l'ouvrier tant qu'on lui refuse la liberté d'association. "
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Une crise du bâtiment au coeur de la grande dépression, occasion d'un débat sur les idées chrétiennes sociales 1884
En 1884, à Paris, une crise du bâtiment, suivant une surproduction due à la spéculation immobilière, réduisit quelque 80 000 ouvriers de la construction au chômage. Un débat parlementaire s'ensuivit, au cours duquel Albert de Mun définit les grandes lignes du catholicisme social. Après avoir blâmé la prolifération des sociétés anonymes par actions, il déclara :
"Des quartiers entiers sont sortis de terre comme par enchante-ment, puis il est venu un jour où le mouvement s'est brusque-ment ralenti, et alors les ouvriers, que l'appât d'un gain plus élevé avait attirés en foule à Paris, sont restés ici éloignés des champs, enlevant à l'agriculture les bras dont elle aurait besoin et condamnés eux-mêmes à végéter sans ouvrage. Voilà l'excès de la production avec ses conséquences brutales... Ayez une organisation du travail, et l'antagonisme [patrons- ouvriers] disparaîtra graduellement : l'arbitrage remplacera la grève ; l'apprentissage préviendra la décadence professionnelle, les caisses de secours corporatives s'organiseront "
Débat parlementaire, 25 janvier 1884
Dix-sept jours de discussion n'aboutirent à aucun résultat positif. L'ordre du jour de l'opposition (de droite) réclamant la création de caisses de prévoyance par corps de métier et l'élaboration d'une législation internationale du travail ne fut pas adopté par la majorité (de gauche). On lui préféra la nomination d'une commission d'enquête, dont le rapport fut sans conclusion pratique.
Les mots de l'histoire
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Le baccalauréat donne des idées générales, mais aucune formation utilisable : Emile Zola, 1877
C'est là qu'on sent toute la misère de l'instruction classique. Le bachelier est un rouage absolument inutile dans notre société. Il a passé sept années dans un lycée, il a touché aux éléments de toutes les connaissances, et il n'est bon à rien, et il grelotte sur le pavé, s'il n'a pas une fortune personnelle qui l'empêche de mourir de faim. Toute sa science se borne à des idées générales, il n'a pas reçu une direction pratique; il ne peut ni tenir des livres, ni écrire une lettre proprement, ni se rendre d'une utilité quelconque dans une administration ou dans une industrie. Et ce qui est le comble du dérisoire, c'est qu'il a une foule de notions qui ne lui sont d'aucune utilité, c'est qu'il possède en un mot le luxe de l'instruction, sans en avoir le nécessaire. Sept années, sept années entières ont été dépensées par lui pour obtenir ce beau résultat
Emile Zola, Le Messager de l'Europe, mars 1877
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Emigration massive vers le creuset du "Melting Pot" américain, un dépassement de toutes les races
L'Amérique est le creuset de Dieu ! Le grand " melting-pot " où se sont fondues et transformées les races d'Europe !... Vous voici avec vos cinquante communautés, vos cinquante langues et autant de traditions et vos sangs ennemis. Mais plus pour longtemps, mes frères, car le feu de Dieu est en vous. Le feu de Dieu. Au diable, vos hargnes et vos querelles ! Allemands et Français, Irlandais et Anglais, Juifs et Russes : tous dans le creuset ! Dieu forge l'Amérique... Ce sera la fusion de toutes les races... Le futur surhomme
Israel Zangwill. dramaturge britannique d'origine juive, 1908.
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L'action directe, de l'auto organisation des ouvriers au grand soir
[Cela] veut dire action des ouvriers eux-mêmes, directement exercée par les ouvriers. C'est le travailleur qui accomplit lui-même son effort. Par l'action directe, l'ouvrier crée lui-même sa lutte, c'est lui qui la conduit, décidé à ne s'en rapporter à personne d'autre du soin de se libérer
Il y a une pratique journalière de l'action directe qui va chaque jour grandissant, jusqu'au moment où, parvenue à un degré de puissance supérieure, elle se transformera en une conflagra-tion que nous dénommons grève générale et qui sera la révolution sociale
Victor Griffuelhes 29 juillet 1904
Les moyens de cette action directe étaient nombreux et tous facteurs de paix sociale : revendications professionnelles, négociations du syndicat avec les employeurs, placement organisé par les travailleurs eux-mêmes, mutuelles, caisses de secours et de retraite, culture populaire prise en charge et organisée par les ouvriers, coopératives de consom-mation. L'instrument idéal de cette action directe était la Fédération des Bourses du travail, dont Fernand Pelloutier fut l'apôtre. L'action directe n'était pas violente dans son principe ni dans la plupart de ses manifestations, mais, en cas de nécessité, elle n'écartait pas la violence : piquets de grève luttant contre " briseurs de grève ", sabotages, occupations.
Les mots de l'histoire
L'action directe est une notion d'une telle clarté, d'une si évidente limpidité qu'elle se définit et s'explique par son propre énoncé. Elle signifie que la classe ouvrière, en réaction constante contre le milieu actuel, n'attend rien des hommes, des puis-sances ou des forces extérieurs à elle, mais qu'elle crée ses propres conditions de lutte et puise en soi ses moyens d'action. Elle signifie que, contre la société actuelle qui ne connaît que le citoyen, se dresse désormais le producteur
Pouget, L'Action directe, 1910
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La Grande Bretagne, atelier d'un monde largement ouvert aux échanges de marchandises
Actuellement, les cinq parties du monde sont nos tributaires volontaires... Les plaines de l'Amérique du Nord et de Russie, voilà nos champs de blé ; Chicago, Odessa sont nos greniers ; le Canada, les pays baltiques nos forêts. L'Australasie contient nos stations de moutons, l'Amérique du Sud nos troupeaux de boeufs ; le Pérou nous expédie son argent, la Californie et l'Australie leur or. Les Chinois cultivent du thé pour nous, et des Indes occidentales et orientales affluent notre café, notre sucre, nos épices. La France et l'Espagne sont nos vignobles, la Méditerranée notre verger ; notre coton, que nous tirions auparavant des États-Unis, nous vient maintenant de toutes les régions chaudes du monde
S. Jevons, The Coal Question, 1866
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Une affaire de sens de l'économie et de l'épargne : Benjamin Franklin
Rappelle-toi que le temps, c'est de l'argent : celui qui Pourrait en un jour gagner dix shillings et qui pendant la moitié du jour se promène ou paresse dans sa chambre, quand il n'aurait dépensé que six pences pour son plaisir, doit compter qu'en outre il a dépensé ou plutôt jeté cinq shillings à l'eau. Rappelle-toi que la puissance génitale et la fécondité appartiennent à l'argent, et les rejetons peuvent engendrer à leur tour et ainsi de suite. Cinq shillings se changent en six puis en sept shillings trois pence et ainsi de suite jusqu'à devenir une livre sterling... Celui qui tue une trie anéantit sa descendance jusqu'à un millier. Celui qui tue une pièce de cinq shillings assassine tout ce qu'elle aurait pu produire : dix colonies entières de livres sterlings.
Benjamin Franklin 1706-1790
Les Mots de l'histoire
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La métamorphose de Paris par le préfet Hausmann sous Napoléon III
" De profondes tranchées dont plusieurs sont déjà de magnifiques rues, sillonnent la ville en tout sens, les îlots des maisons disparaissent comme par enchantement, des perspectives nouvelles s'ouvrent. La physionomie de Paris est à beaucoup d'endroits changée de fond en comble.
Des monuments, dégagés des hideuses masures qui les masquaient, se montrent pour la première fois dans leur beauté complète ; d'autres sortent de leur ruine, inachevés et se terminent enfin.
Dans cette ville, centre de l'univers, le genre humain, apporté et remporté par les veines et les artères des railways, comme le sang dans le coeur, circulera désormais sans embarras et sans confusion ; la ville aussi s'aère, se nettoie, s'assainit : plus de quartiers lépreux, plus de ruelles miasmatiques, plus de masures humides où la misère s'ac-couple avec l'épidémie. Les murailles pourries s'effondrent pour laisser surgir de leurs décombres des habitations dignes de l'homme, dans lesquelles la santé descend avec l'air, et la pensée sereine avec la lumière et le soleil.
Théophile Gautier, préface à Paris démoli, d'E. Fournier Aubry, 1855.
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Les multiples soins du travail agricole : Grenadou paysan français d'Ephraïm Grenadou et Alain Prévost
Me voici donc charretier chez mon père.
Quand il s'était mis à son compte, ma grand-mère lui avait donné cette maison que nous habitions, trop petite pour une ferme.
Mon père a d'abord ajouté une étable, puis une écurie à deux chevaux qui s'est trouvée trop étroite quand on a eu le troisième cheval qu'il a fallu loger dans l'étable.
À ce moment-là, on commençait déjà à commander la maçonnerie à des gens de métier. Mon père a fait construire un petit hangar, puis une grange pour l'avoine. Le blé restait en meule jusqu'à ce que l'entrepreneur vienne pour les battages.
Tous ces bâtiments étaient couverts en paille. En 1913, mon père a fait recouvrir la maison, l'étable et l'écurie de tuiles. Ca commençait à se voir dans le pays : la peur des incendies et des orages.
Je connais bien vingt endroits à Saint Loup où le tonnerre est tombé. On craignait la foudre bien plus que maintenant. En mai 1910, elle nous a tué Colibri notre cheval. Pauvre Colibri, de l'oreille au pied droit ça l'avait brûlé, mais son frère Papillon à côté de lui n'avait rien eu. Le même jour, l'orage a découvert tout le clocher de l'église. En 1917 la foudre est encore tombée chez nous, sur la cheminée de la maison ; elle a brisé des pavés et cassé des assiettes dans le placard.
Mon père cultivait vingt-cinq hectares, une cinquantaine de champs, certains inaccessibles dans le milieu des autres, en long, en large ; les plus petits faisaient six ares. Avant le remembrement un champ de trois hectares était un miracle.
Naturellement la plaine était couverte de monde. Pour faire du blé on labourait trois fois : le premier coup à quatre, cinq centimètres, le deuxième plus creux ; le troisième coup, il fallait que la charrue trace une raille dans laquelle la herse enterrerait le blé semé à la main.
Dans la ferme de mon père, à quelque chose près, on récoltait huit hectare en blé, huit en avoine, huit en fourrage et en betteraves. Il fallait un petit champ d'orge pour les deux ou trois cochons qu'on élevait par an.
On avait donc le blé à vendre. L'avoine, on la battait soi-même au fléau, pour les chevaux. Le fourrage et les betteraves nourrissaient les vaches. On vendait le lait, le fumier retournait aux champs. Quand mon père s'agrandissait, il gardait une vache de plus pour le fumier.
J'occupais deux chevaux à labourer. Avec le troisième, mon père allait à l'herbe ; il binait les betteraves, curait l'étable. Ma mère trayait les six ou sept vaches, s'occupait de la cuisine et de la lingerie.
Nous n'étions plus que trois. Ma sœur s'était mariée en 1911 avec Clément, son vieux copain d'école. Mon père leur avait donné une petite maison héritée de la vieille tante paralytique morte chez nous. Clément montait une briqueterie au bout du pays. Ça marchait pas mal.
En hiver, mon père me réveillait à quatre heures et demie. Je couchais toujours dans l'étable. Il m'apportait la lanterne tempête qu'il pendait à un clou. À chaque cheval, je donnais sa botte de fourrage et quatre litres d'avoine que je puisais dans un coffre qui s'appelait le provendier. Et puis je me recouchais un peu.
À cinq heures je me relevais pour panser mes chevaux pendant une demi-heure. J'allais chercher de l'eau dans la mare avec deux seaux, je leur donnais à boire. Ensuite, je déjeunais : du pain, un bout de cochon, du fromage et un coup de cidre coupé d'eau.

Mon père m'envoyait dans les champs dix minutes avant le petit jour, pour qu'aussitôt arrivé je puisse travailler. Toute ma matinée… Je dételais pour arriver à la soupe de onze heures. Certains chevaux connaissaient l'heure ; arrêtés dans le bout du champ, ils ne voulaient plus remonter, ils sentaient la soupe.
Si j'étais loin, je dételais, cinq, dix minutes, un quart d'heure d'avance, le temps de m'en venir, monté sur un cheval. Je soignais mes chevaux, à boire, quatre litres d'avoine et le fourrage, un peu avant, un peu après ma soupe pour qu'ils ne mangent pas trop vite. Au moment de partir, je les habillais ; un petit coup sur la crinière, que ce soit propre. J'enlevais la crinière de dessous le collier, ça pouvait les blesser et les rendre malheureux. À une heure je repartais.
Certains jours, le midi ou bien le soir me prenait que je n'y avais pas songé. En allant doucement les chevaux ne souffraient pas, ils étaient habitués. Le temps semblait court.
Source : Grenadou (Ephraïm), Grenadou paysan français, éd. établie par Alain Prévost, Paris, Éditions du Seuil, coll. " Points histoire ", 1966.
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Survivance des corporations et aristocratie ouvrière? : Mémoires d'un compagnon, d'Agricol Perdiguier 1854
Chaque premier dimanche du mois les compagnons, dans toutes les Sociétés, se réunissent en assemblée générale, pour faire supporter, à chacun pour sa part, les frais communs à tous. J'avais été embauché ; je devais être introduit au milieu de mes confrères en séance.

Le rouleur avait parcouru les ateliers le samedi et recommandé à chaque membre de la Société de se trouver le lendemain chez la mère. Le dimanche, à l'heure indiquée, il fait monter en chambre les compagnons, puis les affiliés. Je restais seul dans la pièce inférieure. Il vient me prendre par la main, me fait monter avec lui, frappe d'une certaine façon à une porte qui s'ouvre aussitôt, et m'introduit dans la salle d'assemblée, au milieu d'hommes formés en cercle, debout, calmes, silencieux, proprement vêtus, décorés de rubans bleus et blancs… Je fus ébloui, étonné, embarrassé. Il me fait traverser la salle dans sa longueur, me présente au premier compagnon, qui présidait, en lui disant : " Voici un jeune homme qui demande à faire partie de la Société. - Vous demandez, me dit le chef, à faire partie de la Société ? - Oui. - Savez-vous quelle est cette Société ? - C'est la Société des compagnons. - Il est vrai, mais il y a plusieurs Sociétés : celle des compagnons du devoir, ou devoirants ; celle des compagnons du devoir de liberté, ou gavots. Laquelle des deux avez-vous l'intention de fréquenter ? - Celle des compagnons du devoir de liberté. - Elles sont toutes deux bonnes, et si vous vous étiez trompé d'adresse vous pourriez vous retirer. - C'est bien de celle-ci que je veux être membre. "

Après ce dialogue, le premier compagnon ordonna au secrétaire de me lire le règlement, auquel tous les membres de la Société, sans exception, doivent se soumettre. La lecture fut faite à haute voix. Ce règlement portait que chacun devait participer aux frais de la Société ; qu'il fallait être polis les uns pour les autres, ne point se tutoyer, ne point se donner de sobriquets ; qu'on devait être respectueux envers la mère, envers le père, envers les sœurs et les frères 1, envers tous les membres de la Société, compagnons et affiliés ; qu'on devait être propre, rangé ; que, dans la semaine, il ne fallait pas se présenter chez la mère en bras de chemise, ou avec son tablier, et, le dimanche, sans être cravaté et sans avoir des bas ou guêtres aux pieds. Enfin, tous mes devoirs et tous mes droits y étaient exactement décrits.

La lecture achevée, le premier compagnon me dit : " Pouvez-vous vous soumettre à ce règlement ? - Oui répondis-je. ". Il ajouta que, si je ne me sentais pas capable de l'observer, j'étais toujours libre de me retirer.

Ce que j'avais entendu, je l'approuvai, et je promis de m'y conformer. Le premier compagnon me proclama affilié. Le rouleur me conduisit à la place qui m'était réservée. Étant le plus nouveau dans la Société, je devais être le dernier en rang.

On s'occupa ensuite des intérêts de la Société. Chacun versa sa petite cotisation. Les frais communs à tous furent supportés par chacun par égale portion.

Peu après, j'assistai à une fête, à un bal de Sainte-Anne, à l'élection d'un premier compagnon, et, comme les autres, je donnai mon vote. …

1 Nous appelons sœurs et frères les fils et filles du père et de la mère, ainsi que leurs domestiques des deux sexes. Les compagnons du devoir donnent ces titres aux enfants de la maison, non aux serviteurs à gage.
Source : Perdiguier (Agricol), Mémoires d'un compagnon, 1854.
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Urbanisme et spéculation à Paris, 18 mai 1861
L'admiration qu'inspire la merveilleuse transformation de Paris, à laquelle nous assistons depuis plusieurs années, fait place, de jour en jour, à une préoccupation profonde, à une vive inquiétude sur les fâcheuses conséquences d'une situation fatalement anormale, c'est-à-dire sur le malaise général produit par les prix excessifs auxquels les loyers se sont élevés et semblent vouloir s'élever chaque jour davantage. [L'auteur de cette brochure anonyme expose ensuite les évolutions dernières dans la capitale : flux migratoires vers Paris et politique de démolition des immeubles anciens.]

S'il est incontestable que des quartiers entiers ont disparu presque simultanément sous le marteau des démolisseurs, il est également prouvé avec la dernière évidence que les nouvelles constructions, tant sur l'emplacement des quartiers démolis que sur l'étendue considérable des terrains devenus libres par le reculement des barrières jusqu'aux fortifications, sont de beaucoup supérieures en nombre aux maisons abattues. L'infériorité numérique des nouvelles constructions sur les maisons détruites ne peut donc être considérée comme étant la cause du renchérissement excessif du loyer des petits logements. Ce mal qui pèse si lourdement sur l'immense majorité de la population parisienne prend exclusivement sa source dans la fausse appropriation, dans la destination inintelligente, à notre avis, des nouvelles maisons substituées aux anciennes.

Parmi les maisons démolies, il s'en trouvait un grand nombre divisées en petits logements, en appartements modestes donnant asile aux ouvriers, aux employés et à une foule de petites industries dont l'ensemble constitue la grande majorité de la population. Or, ces maisons ont été remplacées, même sur les points les plus éloignés et sans exception, par des édifices somptueux, surchargés à l'extérieur de sculptures inutiles, tout resplendissants à l'intérieur de glaces et de dorures fastueuses et n'offrant à tous les étages que de grands appartements splendides d'un prix inabordable, qu'expliquent d'ailleurs les sommes considérables qu'il a fallu dépenser pour les établir.

Or ces aménagements, ces dispositions sont l'œuvre exclusive de la spéculation dont les écarts sur ce point ont été, dans bien des cas, poussés jusqu'à un aveuglement en opposition avec les propres intérêts des spéculateurs… C'est donc à la spéculation seule qu'il faut attribuer la perturbation, le malaise apporté dans la partie la plus essentielle de l'économie domestique : l'asile de la famille.

En élevant de toutes parts et aveuglément des palais… la spéculation a fait un très faux calcul… elle a escompté l'avenir au profit du présent. Dans un temps très rapproché, elle apprendra à ses dépens, et ce sera justice, qu'en matière de construction surtout, l'équilibre entre les besoins et les moyens d'y pourvoir, constitue seule la véritable base de toute entreprise intelligente…, que la rareté ou l'abondance des objets de première nécessité en élève ou en abaisse la valeur. Une diminution prochaine, forcée, inévitable dans le prix des loyers des grands appartements, déjà beaucoup trop nombreux… lui démontrera, avant peu, que malgré tous les efforts contraires, elle sera impuissante à échapper aux conséquences ruineuses de cette loi infaillible, inexorable…

Ceux qui ont eu, et qui ont, surtout en ce moment, le plus à souffrir d'un état de choses vraiment déplorable, ce sont les employés, les petits rentiers, les ouvriers, et cette multitude infinie, en un mot, de familles entières ne vivant que du produit de leur travail et formant dans Paris, malheureusement pour l'état de choses actuel, plus des trois quarts de la population. Subitement expulsés de leurs modestes demeures, ils se sont vus, et se voient obligés, chaque jour, de se réfugier - heureux encore ceux qui en trouvent - dans des réduits situés aux points les plus extrêmes de Paris, et loin de leurs affaires ou de leur travail.
Source : Urbanisme et spéculation à Paris, brochure anonyme du 18 mai 1861.
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Naissance du socialisme dans sa version communiste
L'histoire de toute société jusqu'à nos jours est celle de la lutte des classes. La société toute entière se divise de plus en plus en deux camps ennemis, la bourgeoisie et le prolétariat. Les ouvriers sont une marchandis ... La condition essentielle de l'existence et de la domination de la classe bourgeoise est l'accumulation de la richesse entre les mains des particuliers. ... La première étape de la révolution ouvrière est la constitution du prolétariat en classe dominante ... pour centraliser tous les éléments de production entre les maisn de l'Etat.
Karl Marx et Friedrich Engels, Manifeste du parti comuniste, 1848
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Le "saint simonisme" Supériorité du travail et de la technique sur la politique
"Supposons que la France perdre ses cinquante premiers physiciens, poètes, ingénieurs, banqieurs, cultivateurs, mineurs, menuisiers ... elle tomberait immédiatement dans un état d'infériorité vis à vis des nations dont elle est aujourdh'ui la rivale [...] Qu'elle perde en même temps tous els grands officiers de la couronne ... il n'en résulterait aucun mal politique pour l'Etat
Comte de saint Simon, L'organisateur 1819
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Malthus : les pauvres d'une population en croissance exponencielle ne devraient pas avoir le droit d'être nourris
Un homme qui est né dans un monde déjà occuppé, s'il ne lui est pas possible d'obtenir de ses parents les subsistances qu'il peut justement leur demander ... si la société n'a aucun besoin de son travail, n'a aucun droit de réclamer la moindre part de nourriture et, en réalité, il est de trop.
Robert malthus, Essai sur le principe de population, 1798
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La science humaine dépasse l'oeuvre de la nature : Marcellin Berthelot invente la chimie organique en 1854
En 1936, le mathématicien Paul Painlevé rend hommage au chimiste Marcellin Berthelot (1827-1907).
" Dans toutes les sphères où se manifestait son activité, il apparaissait comme le représentant de la raison scientifique, de cette puissante et sereine faculté de l'esprit humain qui contemple la nature avec lucidité, construitavec des faits, non avec des mots, et ne se laisse imposer ni frein à ses efforts, ni barrière à ses recherches ....
Quelle fut, dans les conceptions philosophiques de Berthelot, l'idée de fond assez puissante pour soutenir et inspirer toutes ses recherches scientifiques?
C'est la croyance en l'unité de l'univers, de ses phénomènes et de ses lois. Entre le monde minéral et le monde de la vie, il n'y a point d'abîme. Les combinaisons chimiques que la nature réalise dans le sol, dans les racines d'une plante, dans l'estomac d'un animal, le savant peut les reproduire dans ses creusets et ses cornues. Bien plus, une fois qu'il a démêlé les secrètes affinités des corps, il est capable de créer des combinaisons nouvelles, que la nature ne nous offre pas. C'est de cette combinaison qu'est sortie la chimie organique ...
Dès 1854, à peine âgé de vingt-sept ans, il tente ses plus audacieuses synthèses. Enfin, celle qui domine toutes les autres, la synthèse de l'acétylène, la plus surprenante, la plus inattendue, la plus simple: du charbon et de l'hydrogène, en présence de l'arc électrique, s'unissent pour produire ce corps dont la synthèse entraînerait la synthèse purement chimique de tous les carbures d'hydrogène, des alcools, des corps gras, en un mot de tous les produits naturels .... Berthelot était donc en droit de conclure avec un légitime orgueil : "Le domaine où la synthèse chimique exerce sa puissance créatrice est plus grand que celui de la nature actuellement réalisé". "
Paul Painlevé, Paroles et écrits, Rieder, 1936.... Haut de page

Nécessaire création des infrastructures de la circulation automobile et guide participatif : Le Guide Michelin
" Le présent ouvrage a le désir de donner tous les renseignements qui peuvent être utiles à un chauffeur, voyageant en France, pour approvisionner son automobile, pour la réparer, pour lui permettre de se loger et de se nourrir, de correspondre
par poste, télégraphe ou téléphone. ...
L'automobilisme vient de naître; il se développera chaque année et le pneu avec lui, car le pneu est l'organe essentiel sans
lequel l'automobile ne peut rouler. ...
La présente édition sera évidemment trouvée très imparfaite, mais l'ouvrage se perfectionnera d'année en année; il sera par
fait d'autant plus vite que les chauffeurs répondront plus soigneusement et en plus grand nombre au questionnaire que nous les prions de vouloir bien remplir. ... Nous leur permettons de rayer impitoyablement de nos listes tous les hôtels dont ils nous signaleront comme défectueux la table, la chambre, les WC, le service; les dépôts d'essence mal approvisionnés; les dépositaires du stock Michelin dont ils auraient eu sérieu-sement à se plaindre. ... Le présent guide ... donnera un plan schématique de chaque agglomération importante avec, indiqués par des signes conventionnels, les hôtels, mécaniciens, dépositaires recommandés, l'emplacement du stock Michelin, les lignes de tramways, les stations, les bureaux de poste, télégraphe et téléphone avec Paris ou les grandes villes voi-sines. ... Nous indiquerons l'an prochain, dans le plus de départements possible, les jolies routes.
Avant-propos du Guide Michelin, édition 1900.
Manuel Belin
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Naissance de la civilisation des loisirs : le tourisme en automobile
Il y a beaucoup de chauffeurs. le connais peu de vrais touristes parmi eux. Il m'est arrivé souvent de faire des journées entières d'automobile sans rencontrer une seule voiture. J'en ai conclu que trop de chauffeurs encore se cantonnent dans la zone limitée des banlieues des grandes villes. ...
Le premier devoir moral du chauffeur est de se pénétrer de l'idée suivante: l'automobile n'est pas un chemin de fer. L'automobile ne doit pas servir à transporter dans le plus bref délai possible des voyageurs d'un point à un autre. L'automobile est un moyen de tourisme et les voyageurs pressés n'ont qu'à prendre le train. ... Quel est d'ailleurs, le programme du touriste en automobile? 1 ° Voir du pays. ... 2° Voyager agréablement. .. . 3 Être indépendant. ... 4 ° Être opportuniste. ... 5° Éviter tout accident. ... 6° Frayer la route aux autres. ...
Toutes ces considérations réunies excluent les allures folles, les allures de course, les imprudences dictées par l'inexpérience ou par l'amour-propre. Elles demandent à être envisagées très sérieusement par tous les apprentis touristes. Les méconnaître serait criminel. "
L. Auscher, Le tourisme en automobile, Dunod, 1904.
Manuel Belin
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Promotion interne et familiale chez les dirigeants de Siemens
" Dans l'histoire de Siemens qui atteint actuellement les 133 ans, la tête de l'entreprise a toujours été prise dans ses rangs subalternes. En 1934, à l'âge de 23 ans, Peter Von Siemens entra dans ce qui était alors Siemens et Halske de Berlin. Bien que né dans la famille, cela ne signifia pas que tout lui fut facilité. Comme les autres directeurs, il dut prouver ses capacités dans différents postes avant d'accéder à la haute direction. ... Dans la longue histoire de la société, Siemens a toujours été dirigée par des hommes ayant appris à voir au loin, à utiliser les connaissances et les expériences acquises hors des frontières pour les appliquer tant dans leur propre pays que dans les secteurs où elles étaient nécessaires. ... On a toujours appliqué le principe invoqué par Werner von Siemens dans une lettre à son frère: "je n'hypothéquerai jamais le futur pour un profit rapide immédiat". "
Extrait du discours du Président de la Deutsche Bank
à l'occasion du départ à la retraite de Peter von Siemens, 1981.
Manuel Belin
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Une polémique entre "le populaire" et le "Petit Journal" à propos des avantages et de l'utilité de la bourgeoise, qui a les moyens de pousser ses enfants dans les bonnes places
M. de la Palisse n'est pas mort en perdant la vie et n a pas perdu la vie en mourant. Il continue, dans le "Petit Journal" à faire pleuvoir sur nous ses vérités, aussi quotidiennes que la vie, c'est-à-dire aussi monotones.
Il était hier tout pâmé d'ad-miration, M. de la Palisse. Pourquoi? Parce qu'ayant reçu le faire-part du décès de Mme Félicité Bonnet, veuve de M. Madelin, ancien magistrat, morte dans sa quatre-vingt-quinzième année, il a compté que cette dame lais-se derrière elle huit enfants, quarante-sept petits-enfants et soixante-sept arrière-petits-enfants. Sur la longue liste de ses descendants, il y a un académicien, deux généraux, dix officiers, sept fonctionnaires, huit ingénieurs, deux avocats, un médecin, etc...
Est-ce que cela, conclut M. de la Palisse, ne dit pas les vertus d'une classe si souvent et si grossièrement calomniée?
- Je n'ai pas l'intention de calomnier, grossièrement ou non, la classe à laquelle appartenait Mme veuve Ma-delin. Je ne vois pas en quoi le fait que cette dame décède, presque centenaire, laissant une nombreuse descendance, prouve que nous calomnions la bourgeoisie. Que celle-ci se, reproduise ou on, c'est son affaire et non va nôtre. Je sais des paysans de France qui, sans posséder la fortune de Mme Madelin, se sont tout autant perpétués et dont la postérité n'est pas moins relui-sante.
Croyez m'en, monsieur de la Palisse, ce dont nous accusons la bourgeoisie est tout autre chose. C'est de prélever sur le travail des masses de quoi croîre et multiplier dans l'abondance, de quoi faire de ses fils des académiciens et des généraux, cependant que les paysans et les ouvriers manquent du nécessaire et vivent dans un permanent effroi du lendemain.
Nous accusons la bourgeoisie d'être la classe dirigeante, et par conséquent responsable, d'une société fondée sur l'inégalité, l'exploitation, le chômage, la guerre.
Article du journal: le populaire
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Un "trust": le Groupe Morgan, First National Bank.
Affaires industrielles / General Electric Co ; United States Steel Corporation ; American Radiator and Standard Sanitary Corporation ; Continental Oil Co ; National Biscuit Co ; Baldwin Locomotive Works ; St. Regis Paper Co.
Services publics / American Telephone and Telegraph Co ;
Chemins de fer / Western Pacific.
Banques / J. P. Morgan and Co ; First National Bank Co. Etc..
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Gouvernement des monarchistes de l' " ordre moral " Le travail des enfants est réglementé : 19 mai 1874
Le gouvernement conservateur du duc Albert de Broglie se soucie de l'intérêt des familles: il souhaite que les parents puissent surveiller l'éducation de leur progéniture. Et la loi qu'il vient de promulguer va dans ce sens. A compter d'aujour-d'hui, il est interdit de faire travail-ler les enfants de moins de douze ans et d'employer la nuit les filles mineures et les garçons de moins de seize ans. Et, pour tous, douze heures par jour entrecoupées de poses. Ces dispositions améliorent celles du 22 mars 1841, qui exigeaient de n'embaucher qu'à partir de huit ans; mais ces mesures n'étaient pas observées, faute de sanctions efficaces. Cette nouvelle législation pour protéger davantage les enfants est l'occasion de créer le corps des inspecteurs du travail ils auront le droit de visiter les fabriques, d'accéder aux registres et de dénoncer les illégalités.... Haut de page
Les campagnes, source d'exode rural et base de la société française : J. Ferry 1885
"Les populations des campagnes sont le fond même de la société française: elles ne constituent pas seulement un immense réservoir de labeur et d'épargne; elles sont encore un réservoir d'hommes, et c'est en plongeant leurs racines dans ces couches profondes que la bour-geoisie, les ouvriers des villes et ceux même qui s'appe-laient autrefois les couches dirigeantes, se renouvellent incessamment. De là sortent nos soldats, nos institu-teurs, nos commerçants, nos industriels: c'est pour notre société une base solide, une assise en granit."
J. Ferry, Discours, Bordeaux, 30 août 1885
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Le métayage : un obstacle aux progrès agricoles?
Le point de vue d'un métayer.
Un métayer veut persuader le régisseur de moderniser les façons culturales, c'est-à-dire tes manières de cultiver ta terre." Pour les choses de la culture, je n'étais pas de ceux qui aiment à se lancer dans les nouveautés, dans les frais, sans savoir ce que seront les résultats. Mais quand j'étais à même de me pouvoir convaincre de la supériorité d'un outil, je l'adoptais sans retard. C'est ainsi que dès mon entrée à "La Creuserie"[nom de sa métairie], je m'étais muni de deux bonnes charrues qui faisaient plus vite que l'araire du bien meilleur travail. J'aurais voulu décider le régisseur à faire chauler nos terres, sachant que tous ceux qui avaient expérimenté la chaux s'en déclaraient enchantés. Mais M. Parent, toujours craintif, faisait la grimace, objectant que ça entraînerait des frais trop considérables. "
Émile GUILLAUMIN, La Vie d'un simple, 1904.
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Qu'est-ce que le prolétariat ?
La bourgeoisie a soumis la campagne à la ville ... Elle a aggloméré la population, centralisé les moyens de productions et concentré la propriété dans un petit nom-bre de mains
Des masses d'ouvriers sont placés sous la domination de la machine, du contremaître, du bourgeois industriel lui-même. Cette tyrannie est d'autant plus odieuse qu'elle proclame ouvertement que son but unique est le profit ....
Les petits industriels, marchands, artisans et paysans tombent dans le prolétariat parce que leurs faibles capitaux ne leur permettent pas d'employer les procédés de la grande industrie et parce qu'ils succombent devant la concurrence des grands capitalistes. Ainsi, le prolétariat se recrute dans toutes les classes de la population.
Karl Marx, Manifeste du parti communiste, 1848.
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Les sociétés par actions nécessaires pour mener de grandes projets industriels et créer des grandes entreprises
C'est comme pour les sociétés anonymes [sociétés par actions], a-t-on assez crié contre elles, a-t-on assez répété qu'elles étaient des tripots et des coupe-gorge ! La vérité est que, sans elles, nous n'aurions ni les chemins de fer ni aucune des énormes entreprises modernes qui ont renouvelé le monde ; car pas une fortune n'aurait suffi à les mener à bien, de même que pas un individu, ni même un groupe d'individus, n'aurait voulu en courir les risques. ... Les risques courus sont volontaires, répartis sur un nombre infini de personnes, inégaux et limités selon la fortune et l'audace de chacun.
Émile Zola, L'Argent, 1891.
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Des entreprises familiales développées par croissance interne
Les structures de l'entreprise familiale
1788 Jean-Baptiste Flageollet naît à Vagney (Vosges) dans une famille de cultivateurs et de négociants aisés.
1844 Une machine à vapeur de 30 CV est installée à Zainvillers.
1851 Les usines sont modernisées. Un nouveau tissage est installé à Sapois.
1855 À la mort de J.-B. Flageollet, ses trois enfants héritent et constituent une société en nom collectif dite " Flageollet et Cie ".
1879 Le site de Zainvillers est raccordé par une voie fer-rée privée à la gare de Vagney. L'entreprise participait financièrement, depuis cinq ans, à la Société des Chemins de Fer des Vosges pour la construction de la ligne Remiremont-Cornimont.
1903 Après dissolution de la société, les héritiers Flageollet fondent une société anonyme, la " Société des Éta-blissements Flageollet ", au capital de 2,5 millions de francs divisé en 2 500 actions. Chacun des quatre héri-tiers possède 610 actions et siège au conseil d'admi-nistration. Le reste des actions appartient au cousinage.
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Contre la concentration excessive des grandes entreprises : les lois anti-trusts américaines 1890
Le Sherman Act (1890)
" 2° Toute personne qui créera un monopole ou tentera de créer un monopole ou de conclure une entente ou une coalition avec une ou plusieurs autres personnes aux fins de monopoliser une partie du trafic ou du commerce entre les différents États ou avec les pays étrangers sera regardée comme coupable d'un acte délictueux..."
Des amendements et l'emprisonnement étaient prévus en cas de violation de la loi, et la personne lésée était autorisée à recouvrer trois fois la valeur des dommages subis. Les diverses Cours de Circuit des États-Unis furent investies de la juridiction destinée à empêcher ou à limiter les violations de la loi, et l'Attorney général fut chargé d'entamer une action en justice contre de telles violations.
Le Sherman Act fut considéré par beaucoup de gens comme une atteinte inutile à des activités légitimes et à une évolution économique inévitable. Le Comité qui le conçut soutint, il est vrai, qu'il n'était que la réaffirmation des principes usuels du droit commun anglais et leur extension à l'Amérique.
H. FAULKNER, Histoire économique des États-Unis, PUF, 1958.
Le Clayton Act (1914)
Ses articles 2, 3, 7 et 8 énoncèrent de nouvelles prohibitions spécifiques frappant les discriminations de prix, les contrats d'exclusivité de vente, les prises de participations, les sociétés holdings, les pratiques d'administrateurs communs, les fusions d'entreprises (autres que les compagnies de transports et les banques), dans la mesure où elles tendent à réduire la concurrence.
L'article 11 édicta la responsabilité personnelle des administrateurs, directeurs et employés d'une société condamnée pénalement pour violation des lois antitrusts.
Le Fédéral Trade Commission Act, de 1914 également, créa une Commission spéciale chargée de faire respecter les prohibitions générales concernant les méthodes de concurrence déloyale. La loi Sherman (coalitions ou trusts, ententes et monopoles) agit à l'encontre des accords de producteurs ou de distributeurs placés en quelque sorte au même niveau dans le processus économique : la loi Clayton concerne principalement (pas complètement, mais principalement) les relations verticales entre producteurs et distributeurs (tarifs discriminatoires de vente, prix imposés, contrats de concession exclusive) et entre les distributeurs et le public (publicité abusive, avantages discriminatoires de vente particuliers), etc.
FRANK, La Politique économique des États-Unis, Sirey, 1966.
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Une formidable hausse de la productivité dans la fabrication de l'acier : le procédé Bessemer
Les progrès technologiques dans l'industrie métallurgique Bessemer, un " bricoleur de première classe ".
H. Bessemer (1813-1898), qui n'était pas un métallurgiste mais plutôt une sorte de bricoleur de première classe, inventa au début des années 1850 un projectile d'artillerie qui exigeait un canon exception-nellement long et solide. Le problème, c'était de rendre l'acier assez peu coûteux pour que la production massive de ces larges pièces fût praticable à vues budgétaires. ... Il trouva une de ces solutions dont la simplicité nous ébahit une fois qu'elles sont découvertes. Au lieu d'affiner le fer en gueuse en appliquant la chaleur sur sa périphérie suivant la tradition, il fit souffler de l'air dans le métal en fusion, employant la chaleur dégagée brusquement par l'oxydation elle-même pour maintenir le fer à l'état liquide. Il en résultait une décarburation extrêmement rapide. ... Un convertisseur Bessemer en marche entre véritablement en éruption au moment où l'énergie se libère d'un seul coup. Avec ses flammes et ses projections d'étincelles aux couleurs changeantes, c'est aussi l'un des spectacles les plus palpitants que l'industrie puisse offrir.
" Il y a trente-trois ans, j'essayais d'introduire une méthode de fabrication (de l'acier) entièrement nouvelle, si nouvelle même... que je rencontrai de tous côtés la plus grande incrédulité et la plus grande méfiance. Il ne fut possible de décider aucun fabricant d'acier à adopter ce que le monde sidérurgique déclarait être le simple rêve d'un enthousiaste extravagant, et ce n'est qu'en construisant moi-même une aciérie dans la ville de Sheffield qu'il me fut possible de surmonter l'incrédulité qu'avait rencontrée mon invention. Mais aussitôt que je fus capable... de vendre mon acier à bas prix, il y eu une sorte de panique dans l'industrie... À partir de ce moment, la nouvelle méthode commença à se répandre dans toute l'Angleterre, et, de là dans les États européens, puis aux États-Unis où elle a depuis pris une place prépondérante. "
Extrait d'une note adressée par Bessemer à une revue anglaise en 1894
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Sources d'énergie locales et révolution des transports, facteur de développement du textile vosgien
Les facteurs de développement: la révolution des transports: Célébration du centenaire de la filature flageollet
Jean-Baptiste Flageollet, dont je m'honore d'être l'arrière-petit-fils, était cet homme. En cette fameuse année 1830 il acquit le moulin de Zainvillers pour y utiliser la faible force motrice aménagée à l'entraînement de quelques métiers à tisser. [...] Les principaux agrandissements et aménagements datent de 1836. Six ans après la fondation : construction de la filature. Puis : 1841, 1844, 1851 et 1855. Ai-je besoin de souligner la rapidité de la pro-gression. A noter qu'à côté de la filature et du tissage, l'usine comportait un atelier de construction de machines textiles. Ceci porte à croire que l'usine fabriquait probablement elle-même ses métiers. Or, à cette époque, et beaucoup d'entre vous l'ont encore entendu raconter, on allait chercher le coton au Havre, le charbon au moins à Épinal et les huiles de graissage à Marseille ; on voiturait les tissus à Wesserling ou à Mulhouse par les cols. Les chemins de fer ? Non seulement la ligne de la Moselotte n'existait pas, mais même celle d'Épinal à Remiremont n'était pas construite. De 1850 à juillet 1851, Jean-Baptiste Flageollet fit construire le fameux canal qui est encore le canal d'amenée actuel. Il aboutissait, ce canal, à la fameuse grande roue hydraulique que la plupart d'entre vous ont connue ....
Extraits du discours prononcé par Jacques ZELLER le 4 octobre 1930, cité dans L'Industriel vosgien du 28 octobre 1930.
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Puissance de l'industrie métallurgique anglaise 1871
Naissance de la grande industrie métallurgique
H. Taine, philosophe et historien français, voyagea en Angleterre entre 1860 et 1870. Nous visitons les ateliers de Shaw et de Platt, l'un filateur, l'autre constructeur de machines à filer. [...]
Quand on entre dans ces ateliers, on reste stupéfait ; c'est un pêle-mêle gigantesque et ordonné, un labyrinthe de roues, d'en-grenages, de rubans de cuir roulants, un édifice vivant et agis-sant, qui, du sol au plafond et d'étage en étage, travaille avec une vitesse vertigineuse, comme un automate infatigable et acharné. Dans un vaste hangar, dix-huit forges flamboient, cha-cune flanquée de deux petites ; une fourmilière d'ouvriers s'agite dans l'ombre traversée de lueurs ardentes. Chez un autre, Sharp, constructeur de locomotives, sept à huit cents ouvriers font cent locomotives par an, chacune de 75 000 francs. Il faut venir ici pour sentir la puissance de l'eau et du feu ; ce, ne sont que piliers de fonte semblables à des troncs d'arbres, machines à entailler qui font sauter des copeaux de fer, machines à forer qui, dans des plaques de fer épaisses comme le pouce, percent des trous aussi aisément que dans du beurre ; pilons de 500 kilos dont le jeu est si précis qu'ils cassent une noisette sans entamer l'amande ; cisailles monstrueuses, forges colossales. Huit hommes, rangés en file, poussaient dans une de ces gueules de feu un arbre de fer rougi, gros comme le corps. Mais l'homme, ici, est un insecte ; l'armée des machines prend toute l'attention.
H. TAINE, Notes sur l'Angleterre, 1874.
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Concentration du travail du coton dans des usines
L'industrie textile: de l'atelier a l'usine
Dans les débuts de l'industrie cotonnière, toutes les opérations depuis le traitement initial de la matière première jusqu'à la fabri-cation de la toile, se faisaient sous le toit de la maison du tisserand. Dans une deuxième période, avec l'amélioration des techniques, le filage s'est fait dans les usines et le tissage s'est fait à domicile À l'heure actuelle, toutes les opéra-tions, qui nécessitent des moyens beaucoup plus vastes et com-plexes s'effectuent dans un bâtiment unique. Les vastes bâti-ments en brique que l'on ren-contre au voisinage de toutes les grandes villes industrielles effec-tuent des travaux dont se char-geaient autrefois des villages entiers, Dans les usines mues par la vapeur, le coton est peigné, bobiné, filé et tissé en étoffe et une seule usine suffit pour sortir la même quantité que produisait autrefois la main-d'oeuvre de toute une région "
R Gueston, histoire abrégée de l'industrie du coton, 1821
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J.S.Mill : l'Etat est moins efficace que l'action privée
J.S.Mill : Le gouvernement est moins efficace que l'action privée
Nous avons observé qu'en règle générale les affaires étaient mieux faites lorsque ceux qui y étaient le plus di-rectement intéressés avaient la faculté d'agir librement sans être contrôlés par la loi ou par l'intervention d'aucun fonctionnaire public. Les personnes ou quelques-unes des personnes qui exercent une profession sont meilleures juges que le gouvernement des moyens d'atteindre le but auquel elles tendent.
J. S. Mill (économiste anglais), Principes d'économie politique, 1848
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Comment diffuser massivement une innovation : Edison et l'ampoule électrique.
Au moment où nous inaugurâmes l'éclairage électrique, il nous fallait une usine pour la fabrication des lampes. À cette époque, le prix de revient d'une lampe était de un dollar vingt-cinq environ. Je fis alors cette proposition à la Compagnie [qui commercialise l'électricité] : " Si vous voulez passer avec moi un contrat, valable jusqu'à l'expiration des brevets, je fabriquerai toutes les lampes dont aura besoin la Compagnie et je les livrerai aux prix de 40 cents par lampe ". La Compagnie sauta sur cette offre.
La première année, la lampe nous revenait à environ un dollar et dix cents. Nous la vendions 40 cents; heureusement nous n'en eûmes pas plus de 30 ou de 40000 à fournir. ... La 3e année, je parvins à construire des machines et à modifier les procédés jusqu'à ce que le prix se fût abaissé et que les lampes ne nous coûtassent plus que 50 cents environ. Le prix de vente étant le même, je perdis plus d'argent cette année-là que les autres, la vente augmentant rapidement. La 4e année, j'abaissai le prix de revient à 37 cents et je rattrapai en une année tout l'argent que j'avais perdu antérieurement. Finalement, les lampes ne me coûtèrent plus que 22 cents ; je les vendais 40 et on en fabriquait des millions, ce qui fit que dans les milieux financiers on estima l'affaire lucrative ; on en conclut qu'il fallait l'avoir et nous obtînmes tout l'argent que nous désirions.
Thomas Edison, cité par H. Meadowcroft, T A. Edison, Payot, 1929.
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Anti-patriotisme ouvrier et guerre sociale : Gustave Hervé
Gustave Hervé créateur de " la guerre sociale" et de " l'antipatriote " :
Nous n'admettrons qu'une seule guerre, la guere civile, la guerre sociale, la guerre de classe, la seule qui à l'heure actuelle, puisse apporter quelque profit aux exploités
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Naissance des grands magasins : au bonheur des dames
Au Bonheur des Dames d'Émile Zola
" Alors, c'est décidé, reprit-il, nous la marquons cinq francs soixante… Vous savez que c'est à peine le prix d'achat.
- Oui, oui, cinq francs soixante, dit vivement Mouret, et si j'étais seul, je la donnerais à perte. " ... Mais Bourdoncle restait grave, les lèvres pincées. ... il était repris de ses inquiétudes anciennes, devant des combinaisons de réclame qui lui échappaient. Il osa montrer sa répugnance, en disant :
" Si nous la donnons à cinq francs soixante, c'est comme si nous la donnions à perte, puisqu'il faudra prélever nos frais qui sont considérables…"
Du coup, Mouret se fâcha. Il tapa de sa main ouverte sur la soie, il cria nerveusement :
" Mais je le sais, et c'est pourquoi je désire en faire cadeau à nos clientes… En vérité, mon cher, vous n'aurez jamais le sens de la femme. Comprenez donc qu'elles vont se l'arracher, cette soie ! ... Nous perdrons quelques centimes sur l'article, je le veux bien. Après ? Le beau malheur, si nous attirons toutes les femmes et si nous les tenons à notre merci, séduites, affolées devant l'entassement de nos marchandises, vidant leur porte-monnaie sans compter ! Le tout, mon cher, est de les allumer, et il faut pour cela un article qui flatte, qui fasse époque. Ensuite, vous pouvez vendre les autres articles aussi cher qu'ailleurs, elles croiront les payer chez vous meilleur marché. Par exemple, notre Cuir-d'Or, ce taffetas à sept francs cinquante, qui se vend partout ce prix, va passer également pour une occasion extraordinaire, et suffira à combler la perte du Paris-Bonheur… Vous verrez, vous verrez ! "
Il devenait éloquent.
" Comprenez-vous ! Je veux que dans huit jours le Paris-Bonheur révolutionne la place. Il est notre coup de fortune, c'est lui qui va nous sauver et nous lancera. On ne parlera que de lui, la lisière bleu et argent sera connue d'un bout de la France à l'autre… Et vous entendrez la plainte furieuse de nos concurrents. Le petit commerce y laissera encore une aile. Enterrés, tous ces brocanteurs qui crèvent de rhumatismes, dans leurs caves ! "
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Critiques littéraires du règne de l'argent : Dumas, Hugo.
L'argent est l'argent... C'est la seule puissance que l'on ne dis-cute jamais. On discute la vertu, la beauté, le courage, le génie, on ne discute jamais l'argent ... Aujourd'hui, un homme ne doit plus avoir qu'un but, c'est de devenir riche
A. Dumas fils, La question d'argent, comédie, 1857
"Il y a des gens qui font des crimes pour faire des affaires. Ils ont l'art étrange et hideux d'extraire d'un tas de combinaisons atroces la fortune, la bonne vie bourgeoise, tout le plat bien être d'un Prud'homme enrichi. Chose odieuse et bizarre ! Prendre des charbons dans l'enfer pour se faire cuire une soupe aux choux !
Victor Hugo, 1802-1885, Post-Scriptum de ma vie
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Proust : Le repli vers le passé généalogique, mais un rôle dominant en Allemagne
Votre âme est bien, comme parle Tolstoi, une forét obscure. Mais les arbres en sont d'une espèce particulière, ce sont des arbres généalogiques. On vous dit vaine ? Mais l'univers n'est pas vide pour vous, il est plein d'armoiries. C'est une conception du monde assez éclatante et symbolique ... En lisant le récit des batailles que les ancêtres avaient gagnées, vous avez retrouvé le nom des descendants que vous invitez à dîner et par cette mné-motechnie vous avez retenu toute l'histoire de France .... Les arbres généalogiques que vous cultivez avec tant de soin, dont vous cueillez chaque année les fruits avec tant de joie, plongent leurs racines dans la plus antique terre française. Votre rêve solidarise le présent au passé Marcel Proust, " A une snob" Les Plaisrs et les jours,1896
Mais ...
les 2/3 des hauts fonctionnaires et généraux et 70% des ministres de l'empire allemand sont nobles sous Guillaume II
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Des dynasties bourgeoises proches du pouvoir
- Claude Périer : toilier à Grenoble, contruit une usine dans le château de Vizille acheteur de biens confisqués par la révolution, banquier et actionnaire des mines d'Anzin, proche du pourvoir établi après le 18 brumaire, il est l'un des régents de la banque de France
- Casimir Périer : opposant libéral pendant la restauration il devient président du conseil et ministre de l'intérieur
Auguste ministre de l'intérieur de Louis Philippe
- Jean Casimir-Périer : président du conseil en 1893 et élu président de la république en 1895
-Schneider : député et général puis ministre de la guerre dans un cabinet Thiers sous Louis Philippe place deux neveux dans la banque Seillière ce qui lui permet d'obtenir la concession du Creusot
- Eugène député sous Louis-Philippe le redevient sous Napoléon III et reste président du corps législatif jusqu'en 1870
- Son gendre est ministre des travaux publics (donc de son domaine d'affaires, les chemins de fer) puis du commerce de Mac Mahon, après avoir été député libéral à la fin du second empire sans rompre avec son beau père, candidat officiel.
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IIe république : le parti de l'Ordre de Thiers et l'extrême gauche font échouer des propositions sociales
.[son rapport de 1847 sur les questions sociales permet à Armand de Melun, élu député en 1848, de diriger] ... "une commission de 30 membres chargée de préparer et d'examiner dans le plus bref délai possible les lois relatives à l'assistance sociale"
". Thiers ... s'élève contre les théories socialistes et humanitaires, foudroie de son éloquence les utopistes, les philanthropes, etc. Ces jours-là, pour nous achever, Emmanuel Arago, d'extrême gauche ne manque pas de nous défendre, et, la commission, effrayée de nos agresseurs et de nos auxiliaires, lève la séance, toute ébahie du mal qu'elle allait faire en faisant quelque chose. "
Le report de la Loi
La Commission d'assistance délibéra encore sur le travail des enfants dans les manufactures les 23, 25 et 27 novembre 1848, et Melun insista pour que l'on créât une inspection efficace, afin " d'enlever les jeunes ouvriers à cette vie dégradante qui les rend incapables d'arriver à la taille et à la force d'un soldat ". Mais, il n'en résulta aucune décision, ni proposition de loi à l'Assemblée.
Source Thèse Jacques Duroselle.
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Les propositions de l'Encyclique "Rerum Novarum" en 1891,
Salaire minimum

Que le patron et l'ouvrier fassent donc tant et de telles conventions qu'il leur plaira, qu'ils tombent d'accord notamment sur le chiffre du salaire. Au-dessus de leur libre volonté, il est une loi de justice naturelle plus élevée et plus ancienne, à savoir que le salaire ne doit pas être insuffisant à faire subsister l'ouvrier sobre et honnête et sa famille
Salaires définis par des syndicats mixtes.

Vu surtout la variété des circonstances des temps et des lieux. Il sera donc préférable [de] réserver [ la] solution [du problème des salaires] aux corporations ou syndicats
P ossibilité d'épargner pour ne pas avoir à émigrer.

L'ouvrier … visera par de prudentes épargnes à se ménager un petit superflu qui lui permette de parvenir un jour à l'acquisition d'un modeste patrimoine … Il importe donc que les lois favorisent l'esprit de propriété, … dans les masses populaires …Car l'homme est ainsi fait que la pensée de travailler sur un fonds qui est à lui redouble son ardeur et son application. … Tous voient sans peine les heureux effets de ce redoublement d'activité sur la fécondité de la terre et sur la richesse des nations. [et cela permettrait aussi] l'arrêt dans le mouvement d'émigration. Personne, en effet, ne consentirait à échanger contre une région étrangère sa patrie et sa terre natale, s'il y trouvait les moyens de mener une vie plus tolérable.
Le tout sans trop d'impôts

Mais il y a une condition indispensable pour que tous ces avantages deviennent des réalités. Il ne faut pas que la propriété privée soit épuisée par un excès de charges et d'impôts. [qui annulerait] le droit de propriété individuelle.
Et avec des sociétés de secours mutuel

En dernier lieu, [il faut favoriser] les sociétés de secours mutuels … qui ont pour but de secourir les ouvriers, ainsi que leurs veuves et leurs orphelins, en cas de mort, d'accidents ou d'infirmités.
Encyclique Pape Léon XIII "Rerum NovarumI", 1891, source "lesbonstextes.com"
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Naissance d'un engagement charitable : Armand de Melun en 1837
Un jour, Mme Swetchine, lui parla de la Soeur Rosalie, Fille de la Charité. Installée dans une pauvre maison de la rue de l'Épée-de-Bois, elle exerçait la bienfaisance et jouissait d'une popularité certaine dans le quartier de la rue Mouffetard. ...
" Jusque-là, dît Melun , je n'avais jamais visité un pauvre, je ne connaissais que ceux qui m'avaient tendu la main dans la rue... Je m'en étais remis jusqu'ici à l'assistance publique et aux bureaux de bienfaisance du soin de les connaître et de les soulager... Dans la disposition d'esprit où j'étais cette vue de la soeur Rosalie au milieu de ces pauvres me frappa comme la révélation d'un monde inconnu qui m attirait.
... il écrit à Mme Swetchine :"Aussi ai-je bien résolu à l'avenir... de consacrer toute ma vie à faire à mes frères tout le bien qui sera en mon pouvoir, mettant à leur disposition tout ce que j'ai de force et de temps."
Désormais, sans exercer aucune profession, puisque ses revenus lui permettent de vivre, il sera, selon sa propre expression, un " homme charitable ".
Thèse J.Duroselle
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Les royalistes légitimistes pour un salaire minimum fixé par les syndicats (de patrons et d'ouvriers réunis)
" L'Association par arts, métiers et professions est une condition première, indispensable, pour organiser le travail, quelle que soit d'ailleurs la forme politique du gouvernement. ... Chaque association aurait des règlements écrits et nommerait, à la majorité des voix et pour un temps déterminé, ses représentants, ou délégués ou syndics, peu importe le nom.[ils s'occuperaient des] intérêts spéciaux de la corporation et de chacun de ses membres, et [de ceux] de la nation.
Les syndics présideraient en temps de crise à la répartition la plus équitable du travail et à la fixation des salaires. ... les syndics exerceraient une véritable magistrature ayant l'élection pour origine et la sanction du gouvernement pour caractère officiel"
La Gazette de France en 1843 (journal royaliste légitimiste)
" Un salaire minimum doit être garanti aux ouvriers " et " qu'on doit limiter la journée de travail à dix heures "
l'Union monarchique, du 17 avril 1847 articles de Joseph Morand
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Ricardo : pour une division internationale du travail
Dans un système d'entière liberté du commerce, chaque pays consacre son capital et son industrie à tel emploi qui lui parâit le plus utile. ... C'est ce principe qui veut qu'on fasse du vin en France et au Portugal, qu'on cultive du blé en Pologne et aux Etats Unis et qu'on fasse de la quicaillerie et d'autres articles ( industriels ) en Angleterre
David Ricardo, Des principes de l'économie politique et de l'impôt, 1817
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Loi sur les 35 heures
"Afin de favoriser l'emploi, le gouvernement a décidé en 1997 d'engager un processus de réduction négociée du temps de travail. La loi n° 98-461 du 13 juin 1998 d'orientation et d'incitation relative à la réduction du temps de travail a fixé une orientation, la réduction de la durée légale à trente-cinq heures, retenu une méthode, la négociation, et institué des aides incitatives sous forme d'exonération de charges.
Les partenaires sociaux ont été appelés à défi-nir, eux-mêmes, par leurs accords, les solu-tions diversifiées pour mettre en place la réduction de la durée du travail dans le cadre de nouvelles organisations du travail qui prennent en compte à la fois les besoins des entreprises et les aspirations des salariés et débouchent sur la création et la préservation d'emplois.
Exposé général des motifs de la seconde loi Aubry
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Premier retour à une réglementation du travail : la loi de 1841, faite pour être inapliquable? : "on beaucoup exagéré les dangers et les fatigues des enfants"
La loi, du 22 mars. 1841 limitait la liberté du travail en posant des limites à sa durée, en particulier pour les enfants (pas avant 8 ans), mais elle la surveillance de leur application à dés notabilités locales non rémunérées, souvent bourgeoises et dirigeant des usines hostiles à la loi. Un de leurs rapports dit que :
L'application trop brusque de cette loi aurait inévitablement compromis les intérêts commerciaux de la ville. Sur la fixation des horaires de travail pour les enfants de 8 à 12 ans (huit heures, pas avant 5 heures du matin et après 9 heures du soir) la commission ne peut s'empêcher d'observer que: d'une part la loi n'a pas assez tenu compte des exigences du commerce et que d'autre part elle a beaucoup exagéré les dangers et les fatigues des enfants.
Cela s'oppose aux enquêtes des "Annales de la Charité : dans un atelier d'impression sur étoffe, des enfants de cinq à quinze ans travaillant en été de 6 heures du matin à 7 heures du soir, les vêtements brûlés par la couleur ; elle disait qu'en général les petites filles, flétries dès dix ans, connaissaient vers quinze ans leur première maternité. Les parents ayant besoin du salaire de leurs enfants, étaient à peu près indifférents à ces abus.
Dans le "Mémoire aux chambres sur diverses questions de charité publique" (1847) présenté par la société d'économie charitable et rédigé par le député chrétien social Armand de Melun, il critique l'inspection du travail aux mains des employeurs :
" on a confondu ici la surveillance bénévole avec l'inspection légale. " L'inspection quotidienne et minutieuse ne peut être " élevée " ni gratuite; elle devrait être confiée à un agent salarié.
En 1871 un monarchiste catholique parvient à faire voter une loi plus sévère instituant une inspection du travail d'Etat.
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Proudhon anti juif
· Juifs. Faire un article contre cette race, qui envenime tout, en se fourrant partout, sans jamais se fondre avec aucun peuple. Demander son expulsion de France, à l'exception des individus mariés avec des Françaises; abolir les synagogues, ne les admettre à aucun emploi, poursuivre enfin l'abolition de ce culte. Ce n'est pas pour rien que les chrétiens les ont appelés déicides. Le Juif est l'ennemi du genre humain. Il faut renvoyer cette race en Asie, ou l'exterminer. ... Par le fer ou par le feu, ou par l'expulsion, il faut que le Juif disparaisse... Tolérer les vieillards qui n'engendrent plus. ... Ce que les peuples du Moyen âge haïssaient d'instinct, je le hais avec réflexion et irrévocablement. La haine du Juif comme de l'Anglais doit être le premier article de notre foi politique.
Carnets, 26 décembre 1847.
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Face aux incertitudes et aux crises la tentation de la sortie de l'industrie
Conseils donnés sur les études à suivre: une promotion par les grandes écoles
"Je n'ambitionne pas pour un de vous le rôle de gérant. Il faut, au-dessus de cela, une tête sa-chant faire face aux événements et aux crises qui seront toujours fréquentes dans l'avenir. Si toi, René, tu pouvais t'affranchir du service mi-litaire en passant par l'Ecole Polytechnique ou l'École Forestière, je seras heureux de te voir, en donnant ta démission, faire tes études à l'Ecole de Commerce. Tu deviendrais ainsi à même de rendre de grands services à la maison d'Oberbruck, tout en bénéficiant de l'instruction puisée aux écoles du gouvernement. Ton temps n'aurait pas été perdu pour cela."
Archives privées.
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Diffusion des progrès techniques des filatures de Grande Bretagne et de Paris à l'Alsace
Demandes de renseignements à un fils de famille en voyage de formation en Angleterre: une promotion par la technique
"Pour profiter du peu de papier qui me reste, je me bornerai à t'engager, pour profiter du reste du temps que tu .dois encore passer en Angleterre, de te mettre le plus que possible au courant de la manutention de la filature, Ainsi, pour ce qui concerne la filature, il faut que tu t'informes
1°) de la charge que supporte chaque machine de préparation, soit dit pour le coton.
2°) la quantité et la sorte de déchets que l'on mélange au coton neuf pour faire les numéros ordinaires.
... J'oublie l'organisation dans sa filière la plus souple et la plus directe, tel que le passage de main en main et de machine à machine, pour éviter de se bousculer inutilement et pour éviter les frais, car tu sais que chez nous, on se remue beaucoup et on fait peu.
Quand tu passeras à Paris, va voir l'établissement de M Chenot, métallurgiste à Clichy. D'après un article du Génie industriel, tome 10, ce monsieur aurait trouvé le moyen de convertir directement le minerai de fer en éponge métallique que l'on comprime et qui doit donner du fer. Tâche de voir le procédé qu'il emploie et demande lui s'il vend son brevet et combien il en demande.
Maintenant, en fait de commissions, tu pourrais m'apporter encore quelques paires de gants de chevreau, gants de couleur, j'en ai encore des blancs
Archives privées
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Valeurs paternalistes dans le patronat catholique alsacien
Conseils à son mari d'une mère de famille qui craint de mourir en accouchant.
"Je te recommande encore une fois de bien inculquer l'esprit de famille à nos enfants, Ne tiens pas non plus à de brillants mariages pour tes enfants, mais surtout choisis des famil