Renaissance
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La renaissance est elle un mythe?.
L'obstacle des distances pour traverser le pays
Idée que l'harmonie musicale a un pouvoir sur les esprits et les humeurs.
La diffusion du goût des lettres fait reculer la barbarie
La Bible Polyglotte de Jimenez de Cisneros, base des éditions catholiques et protestantes de la Bible au XVIe siècle Plus sur la réforme et l'humanisme catholique
Un temps de découvertes.

Le mythe du débat de Christophe Colomb à propos de la terre plate.
Un débat sur la légitimité de la colonisation des Amériques : la Controverse de Valladolid, se retirer pour évangéliser ou conquérir sans maltraiter ni spolier et par souci humanitaire pour faire disparaître les empêchements à la prédication et séparer de l'idolâtrie et de ses crimes.
Réglementation de la "mita", la corvée des indiens dans les mines de l'empire espagnol
Apparition et montée de la peur des sorcières : un bilan. +
Luttes internationales
Un empire fondé sur des alliances matrimoniales : les territoires rassemblés par les Habsbourg en faveur de Charles Quint
Charles Quint renonce au pouvoir et donne des conseils politiques à son fils Philippe, futur Philippe II, roi d'Espagne, face aux protestants, aux français et pour secourir les indiens
Réformes religieuses

Un désir de réforme religieuses : Un évêque critique et réforme le comportement des prêtres de sa cathédrale en Espagne en 1500
Préoccupations religieuses dans l'Allemagne du début du XVIe siècle : un pays rempli de Bibles.
Les violences protestantes en france et l'interdiction du catholicisme en Angleterre
L'application précoce des décrets du Concile de Trente à Toulouse en 1594
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Le problème de l'incroyance au XVIes
Rabelais, esprit libre ... et pieux, Montaigne fait ses dévotions et décrit les processions de la contre-réforme à Notre-Dame de Lorette. Vagues de pélerinages face aux catastrophes naturelles. Henri III se fait simple pénitent, oubliant les hiérarchies sociales. Un des leaders de la Ligue, Lachapelle-Marteau, guéri à Notre Dame de Lorette. Jean Bodin défend une religion naturelle au dessus de toutes les formes religieuses. tout en croyant aux sorcières.
Défense des liberté médiévales et naissance de l'absolutisme
Affirmation du pouvoir central du Roi de France et de sa langue : L'ordonnance de Villers - Cotterêts, août 1538
Annagrammes ... politiques pour ou contre les Valois ou les ligueurs
Les Etats généraux de 1576 refusent les exigences financières d'Henri III.
La propagande royale utilise l'image de l'harmonie céleste et de l'astrologie pour tenter d'éteindre les discordes civiles
Le refus d'un sucesseur protestant pour Henri III.
La ligue catholique 1576, 1585 : contre les protestants et pour l'extension des droits des Etats Généraux, Après la journée des barricades du 12 mai 1588, Henri III convoque les Etats Généraux, Les cahiers de Doléances de 1588, une revalorisation massive des pouvoirs locaux contre les empiètements de l'Etat. Le 23 décembre 1588, assasinat du duc de Guise et attaque contre les Etats Généraux, Henri III justifie son coup d'Etat contre les Etats Généraux de 1588 et l'assassinat des Guise. Plus sur les luttes des la Ligue contre le pouvoir royal
Le Parlement anglais définit ses droits face au pouvoir royal en 1688 : Le Bill of rights.
Définition de l'absolutisme par Jean Bodin : Une souveraineté unique et limitée par les seules lois divines ...
Les conseils politiques de l'empereur Charles Quint à son fils Philippe, futur Philippe II, roi d'Espagne, face aux protestants, aux français et pour secourir les indiens
" Considérant l'incertitude des choses humaines, je ne saurais vous donner de règle générale, si ce n'est la confiance que vous pouvez avoir dans le secours du Tout- Puissant. Ce secours, vous le trouverez à défendre la sainte foi. Après tant d'efforts que j'ai déployés pour ramener les protestants dans l'Empire, je me suis de mieux en mieux rendu compte que le seul moyen à employer, c'était le concile [assemblée de l'Église]. ...
Maintenez la paix, évitez la guerre, si ce n'est le jour où elle vous serait imposée pour votre défense. Évitez-la aussi à cause des charges écrasantes qu'elle imposerait à vos États, que je vous laisse intacts et même agrandis. ... N'abandonnez jamais la plus petite parcelle de vos droits sinon l'on demandera tout de suite tout le reste. Ces rois de France ont de tout temps tendu la main vers les pays de leurs voisins. … souvenez-vous que les Français sont toujours découragés lorsque leur entreprise ne réussit pas du premier coup. ...
Il est indispensable que vous apportiez la plus grande sollicitude à vous informer de la situation des affaires dans ces contrées lointaines [d'Amérique], afin d'y assurer le service de Dieu, le maintien de l'obéissance qui vous est due, et un gouvernement juste : seul moyen efficace de réparer les pertes en population et de tous autres genres quelles ont essuyées, comme aussi de mettre un terme à l'oppression des premiers conquérants et aux déportements de ceux qui ont abusé de leur autorité pour multiplier les vexations. C'est ainsi que les Indiens trouveront protection et soulagement ".
Testament politique de Charles Quint à son fils Philippe, 1548.
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L'obstacle des distances pour traverser le pays
" l'aventure de la représentation du Gévaudan [pour les Etats Generaux] ne s'arrêta pas là. L'évêque ne se rendit pas à Blois, laissant sa place à deux chanoines et à un avocat. Leur voyage fut une expédition qui dura quatorze jours parce qu'il fallait atteindre l'Allier à dos de mulet puis descendre cette rivière et la Loire jusqu'à Blois. Partis le 4 décembre, ils arrivèrent aux états le 28, c'est-à-dire deux mois après leur ouverture : on fit bien des difficultés pour les accepter. De plus, ils y furent poursuivis par les Auvergnats à qui ils avaient emprunté de l'argent pour faire la guerre. Ils durent s'enfuir pour éviter la contrainte de corps et regagner le Gévaudan en vivant très sobrement puisqu'ils dépensèrent pendant tout le voyage trente sols par jour et par homme en moyenne, ce qui représente le salaire de deux jours d'un manoeuvre.
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Le refus de la sucession d'Henri III par la protestant Henri de Navarre, justifié par les violences protestantes en france et l'interdiction du catholicisme en Angleterre
" Et qui, messieurs les catholiques ! Voyez-vous point le danger de votre maladie? Sentez-vous point la défluxion qui vous étouffe? Que pensez-vous? Qu'attendez-vous? Que le couteau soit sous vos gorges, les hérétiques en vos maisons, le feu dans vos temples et les soldats en vos villes?
Qu'attendez-vous si vous recevez le roi de Navarre sinon de voir par tout votre royaume ce que quelques villes ont vu durant les troubles ?
Votre religion opprimée, votre dévotion éteinte, vos églises polluées, vos sanctuaires profanés, vos autels démolis, vos maisons pillées, et bref vous voir comme forçats réduits sous la licencieuse arrogance des ministres?
Imaginez-vous ce que nous expérimentons en Angleterre; que si vous allez à la messe, si vous retirer des prêtres, si vous avez des chapelets, si vous ne révérez les ministres, vous serez crimineux de lèse-majesté. Le jour, la nuit, en toutes saisons et en toutes heures, vos maisons seront fouillées, vos meubles dérobés, votre argent pillé, sous ombre qu'on y cherchera les prêtres [pour les exécuter].
Si vous n'allez au prêche, si vous n'y faites baptiser vos enfants, si vous n'y célébrez vos mariages, on vous chargera de grosses amendes ; les tortures, les questions extraordinaires, les codeaux et les gibets ne vous manqueront jamais ; bref, estimez-vous les plus misérables créatures qui furent onc. Il est donc tant de mettre ordre à vos affaires; l'hérésie vous poursuit de près, c'est à ce coup qu'il faut résister. "
Louis Dorléans, Avertissement des catholiques anglais aux catholiques français
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L'application précoce des décrets du Concile de Trente à Toulouse en 1594
Le cardinal François de joyeuse est fait archevêque de Toulouse, un archevêché qui comporte 199 paroisses. Il entreprend aussitôt des visites pastorales qui apparaissent comme les modèles du genre, par la rigueur de leur organisation, imitée de la pratique de Charles Borromée dans le Milanais : avant la visite, il fait parvenir aux curés des questionnaires imprimés à remplir et des inventaires à préparer; pendant la visite, il veille à la rédaction de procès verbaux selon un plan minutieux, avec une part d'" inquisition secrète"; après la visite, il procède à l'examen de tous les documents en "congrégation". Le tout aboutit à une ordonnance prononcée par l'archevêque.
Plus généralement, Toulouse, au temps du cardinal de Joyeuse, fait figure de phare de la Réforme catholique : en 1594, le cardinal envoie un rapport sur son diocèse au pape. Il note la mise en place d'un séminaire; il souligne que les curés de le ville prêchent et font le catéchisme et, détail significatif, il signale qu'il a fait transporter la custode eucharistique au centre du grand autel.
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Henri III se fait simple pénitent, oubliant les hiérarchies sociales
"Le vendredi 25 mars de l'an présent 1583 ... fut faite la solennelle procession desdits Confrères Pénitents, qui vinrent, sur les quatre heures après midi, du couvent des Augustins, en la grande église Nostre-Dame, deux à deux, ves-tus de leurs accoustremens, tels que les Battus de Rome, Avignon, Thoulouze, et semblables, a sçavoir de blanche toile de Hollande ... En ceste procession, le Roy marcha sans garde ne différence aucune des autres Confrères, soit d'habit, de place, ou d'ordre : le cardinal de Guise portoit la Croix; le duc de Mayenne, son frère, estoit Maistre des cérémonies, et frère Emont Auger, jésuite (basteleur, de son premier état, dont il avoit encores tous les traits et façon), avec un nommé du Peirat, lionnais, chassé et fugitif de Lion pour crime d'athéisme et sodomie, conduisoient le demeurant ; les chantres du Roy et autres marchoient en rang, vestus de mesme habit, en trois distinctes compagnies, chantans mélodieusement la litanie en faux-bourdon. " ...
" Voilà comme ce bon prince (au grand contentement de messieurs de la Ligue, ses ennemis) vivoit plus en capussin qu'en Roy, n'aimant plus la guerre, son champ de bataille estant le cloisue, et sa cuirasse un sac de pénitent".
Pierre de L'Estoile, journal
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Vagues de pélerinages face aux catastrophes naturelles
Le journal de la famille Gayet, de Montélimar, contient des notations qui expliquent quelques-unes des raisons de ce mouvement
"Nottez ce que s'ensuit, que en l'année 1583, il y a heu de grands tremblements de terre tant en Dauphiné, Languedoc et Provence.Plus il s'est ouy en l'air, estant le temps serein, plusieurs grands bruits effroyables en divers lieux et des bruits non usités. Plus il s'est ouy des tonnerres aussy effroyables notamment un qui se feit dans Valence duquel le foudre en sorti qui renversa une partye des cordeliers jusques à emporter en l'air les pierres des monuments et expositoire des corps. Plus il a reigné une grande secheresse telle que en la plus part des susdittes provinces les fruicts de la terre ont esté bruslés et gastés.
Le peuple prit effroy, mesme des trois susdittes provinces comme provoyant un prompt et eternel jugement de Dieu.
De sorte que par inspiration divine, les catholiques desdittes provinces et sans aulcun mandement de nostre sainct pere le Pape, ny de nostre roy Henry de Valloys troizieme de ce nom, se mirent en telle devotion et priere tant par por-cession sy pitoyables que de telle ville y avait que quart des habitans d'icelle sans aller la plupart des hommes, les filles les cheveux pendants et les pieds nuds, couvertes d'un linge blanc avec un chapelet criant par les champs miséri-corde à Dieu en intercedant les prières des saints. "
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Les cahiers de Doléances de 1588, une revalorisation massive des pouvoirs locaux contre les empiètements de l'Etat
Dans l'ensemble, les cahiers ligueurs souhaitaient donc enlever un certain nombre de pouvoirs au souverain pour les rendre à la société civile.
C'est d'ailleurs ce thème si français de la limitation de l'emprise de l'État qui domine à travers tous les cahiers. En effet, tous demandèrent la suppression de quantité d'offices, certains voulant annuler les créations en remontant jusqu'à Louis XII (1498-1515), d'autres à François Ier (1515-1547), Henri II (1547-1559) et Charles IX (1559-1574), mais le rêve politique des Français, exprimé à la veille des états généraux de 1588, résidait dans de vastes autonomies où la société civile prendrait une part importante à son propre gouvernement. Ainsi, plus de vénalité dés charges, peu d'officiers de judicature, pas du tout d'officiers de finances ni de financiers, mais des tribunaux d'exception pour juger ceux qui s'enrichiraient au détriment des finances publiques, un clergé largement choisi par les paroissiens ou par leurs représentants, des gouverneurs et des chefs de guerre recrutés dans les provinces et qui mobiliseraient des soldats du cru, des nobles vivant selon les traditions chevaleresques, des villes s'administrant elles-mêmes suivant les traditions, le tout bien sûr et d'abord dans la plus totale adhésion à la religion catholique,
voilà les grandes lignes du programme révélé par les cahiers de doléances ligueurs des trois ordres.
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La propagande royale utilise l'image de l'astrologie et de l'harmonie céleste pour tenter d'éteindre les discordes civiles
Lors du Ballet comique de la reine [Louise de Lorraine], qui eut lieu au Louvre, le soir du lundi 25 octobre 1581, les forces cosmiques sont appelées au secours de la monarchie française. Le thème de l'intrigue est le transfert du pouvoir des mains de Circé, l'enchanteresse, à celle de la famille royale de France qui assiste à la représentation. À une extrémité de la salle se trouvait le jardin de Circé, brillamment éclairé. Devant elle passaient des formes animales, des hommes qu'elle avait transformés en bêtes par ses enchantements. À l'extrémité opposée se trouvait assis le groupe royal.
Au commencement de l'action, un "gentilhomme fugitif" s'échappe du jardin de Circé : il traverse la salle et implore le roi de délivrer le monde de la sorcière. Au cours du drame mythologique qui suit, le pouvoir fluctue. Circé n'est pas tout de suite vaincue, mais elle finit par succomber à des pouvoirs supérieurs.
Il y avait, en effet, une "voûte dorée" sur la gauche de la salle, brillamment illuminée et couverte de nuages parsemés d'étoiles. Elle contenait des chanteurs et des instrumentistes répartis en dix "concerts de musique" dont la musique représentait "la vraye harmonie du ciel". À un moment de l'action, les quatre Vertus cardinales font leur entrée, vêtues de robes constellées d'étoiles. Elles invoquent les dieux et leur demandent de descendre du ciel. La musique de la "voûte dorée" réplique à leur musique, et c'est alors que le monde céleste commence à prendre l'avantage sur Circé : Henri III et Catherine de Médicis voient alors Jupiter et Mercure, " astres heureux " (à la différence de Mars et Saturne, " astres maléfiques") descendre du ciel en réponse à la musique et aux hymnes incantatoires. Et alors que Jupiter apparaît, sur son aigle, un poème est chanté
" Ô bien heureux du ciel qui de ses feux nouveaux / Jaloux effacera tous les autres flambeaux / Ô bien heureux encor sous ces princes la terre / Ô bien heureux aussy le navire Françoys Esclairé de ses feux, / bienheureuses leurs loix Qui banniront d'icy les vices et la guerre. "
Pareil spectacle représentait comme une sorte de talisman magique, poétique et musical : la disposition des divinités planétaires, dans un ordre de bon augure, répondait à des incantations propices, afin d'obtenir une action magique capable de produire la paix.
Le thème du soleil fut associé à Henri III, en particulier lors d'une théâtrale entrée du roi en Soleil sur un char solaire
" Mesmement quand le Roy sur son char y entroit, Qui comme un grand soleil estival se montroit, Et jectant son aspect vers la lampe lunaire, Plus il s'en esloignoit, plus il la rendoit claire'. "
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Idée que l'harmonie musicale a un pouvoir sur les humeurs et les esprits
" il fut chanté un air [composé par Claude Le Jeune], lequel, comme on l'essayoit en un concert qui se tenoit particulièrement, fit mettre la main aux armes à un gentilhomme qui estoit là present, et qu'il commença à juger tout haut, qu'il luy estoit impossible de s'empescher de s'en aller battre contre quelqu'un ce qui m'a esté confirmé encore depuis par quelques uns; et qu'alors on commença à chanter un autre air du monde sous-phrygien qui le rendit tranquille comme aupa-ravant; ce qui m'a esté confirmé encore depuis par quelques uns, qui y assistèrent, tant la modulation, le mouvement et la conduite de la voix conjoincts ensemble, ont la force et la puissance sur les esprits "
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Le 23 décembre 1588, assasinat du duc de Guise et attaque contre les Etats Généraux
Pour commettre le crime, Henri III a réuni quelques fidèles : le maréchal d'Aumont, le duc de Bellegarde, le secrétaire d'État Revol, les frères Rambouillet et Ornano Corso, colonel des gardes corses. Les exécutants furent les " quarante-cinq", la troupe de gentilshommes dont le roi s'entoure depuis quatre ans : en majorité de jeunes cadets célibataires de petite noblesse, dont beaucoup sont issus des provinces aquitaines. Parallèlement, les compagnies ordinaires de gardes du corps, français et écossais, avaient pour charge de boucler les couloirs et les abords du château de Blois. Le duc a été averti de ce qui se tramait, mais il ne tient pas compte des avertissements qui se multiplient.
Le 23 décembre, le duc de Guise, puis, le lendemain, son frère, le cardinal de Lorraine sont exécutés. Suivant plusieurs témoignages, juste après l'assassinat du duc de Guise, le roi se serait rendu dans la chambre de la reine mère, malade " Ce matin je me suis rendu Roy de France, ayant fait mourir le Roy de Paris. " " Vous avez fait mourir le duc de Guise, répartit la reine, mais Dieu veuille que cette mort ne soit point cause que vous soyez Roy de rien. " Guillaume du Vair explique qu'il " estimoit avoir étouffé par cet acte tout le parti contraire et esteint dans le sang de ces deux princes les flambeaux de la guerre civile ".
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Jean Bodin défend un religion naturelle au dessus de toutes les formes religieuses
À Venise, dans la maison d'un riche et érudit patricien qui l'a transformée en un musée et en encyclopédie "visuelle", speculum mundi (miroir du monde chrétiennes (trois défenseurs), l'hébraïsme, la loi musulmane, la philosophie des "Anciens". Diègue Toralbe (Jean Bodin ?), un "physicien", défend une interprétation théiste, parlant du "grand Dieu de la nature" : il développe l'idée d'un univers parfaitement harmonieux, oeuvre de la volonté divine qui serait le Bien pur.
"N'est-il pas plus à propos d'embrasser cette pure et simple religion de Nature, comme la plus ancienne et la plus véritable, de laquelle il ne se fallait jamais départir, cette religion, veux-je dire, que Dieu avoit si bien inspiré dans l'âme, et dans laquelle ont vescu Abel, Hanoch, Seth, Noe, Job, Abraham, Isaac, Jacob, ces héros si aimez de Dieu, que de demeurer doubteux parmy une si grande variété d'opinions sans pouvoir se déterminer à rien?"
L'islam est présenté de manière très positive : " Je ne sache point de religion, de toutes celles dont j'ai la connaissance, laquelle, avec moins de cérémonies s'applique avec plus de pureté au culte de Dieu, que celle des Mahométans. "
Et Jérôme Senany, un des sept participants, privilégie lui aussi ce qu'on appellera plus tard la tolérance
"J'entre volontiers et sans répugnance, par tout, dans les temples des Juifs, des Mahométans, des Chrestiens, mesmes des Luthériens et des Zwingliens, afin de n'estre pas accusé d'athéisme ou d'estre un séditieux capable de troubler la tranquillité de la République. Je reconnois touttesfois que tout ce que j'ay, je le tiens du chef ou maistre, tout bon et tout puissant, de tous les autres Dieux ; qui nous empescheroit donc de mesler nos prieres en commun, afin de toucher ce Pere commun de la Nature et cet autheur de touttes choses, sy bien qu'il nous conduise tous dans la connoissance de la vraye religion? " qui représente l'ordre et la hiérarchie harmonieuse de l'univers, sept personnes défendent les différentes confessions
Jean Bodin, Colloquium Heptaplomeres. Titre français : Colloque de Jean Bodin des secrets cachez des choses sublimes entre sept savans qui sont de differens sentimens.
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Henri III justifie son coup d'Etat contre les Etats Généraux de 1588 et l'assassinat des Guise
" chacun savoit assez les grandes offenses faites à l'authorité royale par un sujet révolté contre son prince légitime, sans aucune raison raisonnablement; ... Le duc de Guise persistait en ses premiers desseins, et violait tant de promesses, et tant de sermens faits parmy les sacrées cérémonies, et en pleine assemblée des Estats, qui représentoient la face majestueuse de toute la nation françoise; il avoit renouvelé et continué les mesmes intelligences d'auparavant, avec les princes étrangers; il avoit pris de l'argent et des pensions d'Espagne, traité avec le duc de Savoie au préjudice de la couronne; et fait des brigues et des pratiques avec les Estats, pour gesner la liberté de son Prince, exclure du Royaume les successeurs légitimes, et transmettre tout le gouvernement à luy mesme, par des artifices séditieux et méchans; par toutes ces menées, il s'estoit rendu criminel de leze Majesté et fait convaincre plus d'une fois de manifeste rébellion; par conséquent, la Justice ne pouvoit, et ne devoit pas manquer à le chastier, afin d'oster pour jamais les appréhensions et les dangers continuels où il mettoit sa patrie et les gens de bien. ...
On n'avoit pu observer les formalitez ordinaires pour lui faire son procès, n'y ayant point de chaisnes assez fortes, ny de prisons assez asseurées contre une si grande puissance que la sienne; aucun officier n'eust eu la hardiesse de l'interroger, aucun juge 1'asseurance de la condamner, ny aucune force le pouvoir d'en faire exécuter la sentence; [en conséquence],
il [Henri III] en avoit luy-mesme fait la justice ... il en estoit bien asseuré d'avoir satisfait par cette exécution à Dieu, à l'Equité, à sa propre Conscience, au Bien public, et au commun repos du royaume. "
Lettre d'Henri III au Légat du Pape
["Coup d'État est entendu ici dans le sens que Gabriel Naudé donne à cette expression dans ses Considérations sur les coups d'État (Rome, 1639) : les "coups d'État" sont définis comme "des actions hardies et extraordinaires que les princes sont contraints d'exécuter aux affaires difficiles et comme déses-pérées, contre le droit commun, sans garder même aucun ordre ni forme de justice, hasardant l'intérêt du particulier pour le bien public" (chap. 2, "Quels sont proprement les coups d'État, et de combien de sortes"). Sur la pratique royale des "coups d'État", et particulièrement sur celui d'Henri III, voir l'analyse de Yves-Marie Bercé, "Les coups de majesté des rois de France, 1588, 1617, 1661 ", in Complots et conju-rations dans l'Europe moderne. Actes du colloque international [...], Rome, 30 sept.-2 oct. 1993, Yves-Marie Bercé et Elena Fasano-Guarini éd., Rome, 1996, p. 491-505.]
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Un des futurs leaders de la Ligue, Lachapelle-Marteau, guéri à Notre Dame de Lorette
" Michel Marteau, seigneur de la Chapelle, parisien, jeune home tres riche, avec grand trein. Je rite fis fort particulièrement et curieusement réciter et à lui et à aucuns de sa suite, l'evenement de la guerison d'une jambe qu'il disoit avoir eue de ce lieu; il n'est pas possible de mieus ny plus exactemant former l'effaict d'un miracle. Tous les chirurgiens de Paris et d'Italie s'y estoint faillis. Son genou enflé, inutile, et très dolureux ... dormant, tout à coup, il songe qu'il est gueri et lui samble voir un escler; il s'eveille, crie qu'il est gueri, apele ses jans, se leve, se promene, ce qu'il n'avoit faict onques puis son mal; son genou desenfle, la peau fletrie tout autour du genou et corne morte lui va tousjours depuis en amandant, sans nulle autre sorte d'eide. ".
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Montaigne décrit les processions de la contre-réforme et fait ses dévotions à Notre-Dame de Lorette
Une procession
" Comme la nuit commença, cette ville semblait être toute en feu, ces compagnies marchant par ordre vers Saint-Pierre, chacune portant un flambeau, et quasi touts de cire blanche. Je crois qu'il passa devant moi douze mille torches pour le moins ... Chaque corps ayant un grand choeur de musique chantant toujours en allant, et au milieu des rangs, une file de pénitentiers qui se fouettent avec des cordes ; de quoi il y en avait cinq cents pour le moins, l'échine toute écorchée et ensanglantée d'une piteuse façon. C'est une énigme que je n'entens pas bien encore; mais ils sont tous meurtris et cruellement blessés et se tourmentent et battent incessamment. "
Client des vendeurs d'objets de piété

" vendeurs de cire, d'images, de patenostres, agnus Dei, de Salvators, et teles danrées, de quoi ils ont un grand nombre de beles boutiques et richement fournies. J'y lessai pres de 50 bons escus pour ma part. "
[Dans ce] " lieu de dévotion ... petite maisonete fort vieille et chetisve, bastie de brique ... là où se voit au haut du mur, l'image Notre Dame, faicte disent-ils, de bois [Montaigne y place] un tableau dans lequel il y a quatre figures d'arjant attachées : cele de Notre-Dame, la miene, cele de ma fame, celle de ma fille ... et sont toutes de ranc à genous dans ce tableau, et la Notre-Dame au haut au devant".
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Réglementation de la "mita", la corvée des indiens dans les mines de l'empire espagnol
Les grandes lignes de ce système se définissaient ainsi chaque année ne travailleraient que le septième des tributaires d'une province; en outre, soit les travailleurs seraient renouvelables chaque mois, soit ils travail-leraient huit à dix mois, mais à raison d'un roulement d'une semaine seulement pour la mine, au fond ou en surface, et de deux semaines au repos ou dans des travaux très peu fatigants; les mitayos, désignés par leurs caciques, recevraient une indemnité de voyage pour, avec leurs femmes, venir à la mine et retourner chez eux, sur la base d'un trajet quotidien de cinq lieues; ils recevraient pendant leur travail de hauts salaires, le quadruple des salaires courants, partie en vivres (viande et mais) fournis d'avance, partie en espèces payées chaque dimanche suivant le travail; les protégeraient à la mine et pendant leurs trajets des "protecteurs des Indiens" spéciaux, des "juges des mines"
Mais, nous dira-t-on, c'était la théorie, la belle théorie comme l'étaient les "lois des Indes" d'une manière générale. Au vrai ni cette théorie ni ces lois ne passaient dans les faits. La réalité était effroyable, comme l'ont dit les historiens que vous critiquez.
[L'auteur explique que les indiens étaient incités a découvrir de nouvelles mines car les espagnols leurs reconnaissaient un droit de propriété sur les mines, et que les mines de Potosi avaient plutôt tendance à attirer les indiens, signe que les conditions qui y régnaient étaient meilleures qu'à l'ordinaire]
Jean Dumont, l'Eglise au risque de l'histoire
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Affirmation du pouvoir central du Roi de France et de sa langue : L'ordonnance de Villers - Cotterêts, août 1538
Article 50 : Les sépultures doivent être enregistrées par les prêtres, qui doivent mentionner la date du décès.
Article 51 : Aussi sera fait registre, en forme de preuve, des baptêmes, qui contiendront le temps et l'heure de la naissance, et par l'extrait dudit registre, se pourra prouver le temps de majorité ou minorité, et fera pleine foi à cette fin.
Article 110 : Afin qu'il n'y ait cause de douter sur l'intelligence des arrêts de nos cours souveraines, nous voulons et ordonnons qu'ils soient faits et écrits si clairement, qu'il n'y ait ni puisse avoir ambiguïté ou incertitude, ni lieu à demander interprétation.
Article 111 : Nous voulons donc que tous arrêts, et toutes autres procédures, soient prononcés, enregistrés et délivrés aux parties en langage maternel français et non autrement.
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Le problème de l'incroyance au XVIes : Rabelais, esprit libre ... et pieux
selon le sage Salomon, sapience (sagesse) n'entre point en âme malivole (malintentionnée) et science sans conscience n'est que ruine de l'âme, il te convient servir, aimer, et craindre Dieu
(Rabelais, Pantagruel, livre II, ch. 8, v. 15
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La diffusion du goût des lettres fait reculer la barbarie
" Il y a un siècle, la barbarie régnait partout en Europe… Mais une armée de lettrés, levée de tous les coins de l'Europe, maîtres dans les deux langues grecque et latine, fait de tels assauts au camp ennemi, qu'enfin la barbarie n'a plus de refuge ; elle a depuis longtemps disparu d'Italie ; elle est sortie d'Allemagne ; elle s'est sauvée d'Angleterre ; elle a fui hors d'Espagne ; elle est bannie de France. Il n'y a plus une ville qui donne asile au monstre. Maintenant l'homme apprend à se connaître ; maintenant il marche à la lumière du grand jour, au lieu de tâtonner misérablement dans les ténèbres. Maintenant, l'homme s'élève vraiment au-dessus de l'animal par son âme et par son langage qu'il perfectionne. Les lettres ont repris leur véritable mission qui est de faire le bonheur de l'homme, de remplir sa vie de tous les biens. Courage ! Elle grandira cette jeunesse qui, en ce moment, reçoit une bonne instruction : elle fera descendre de leurs sièges les ennemis du savoir ; elle entrera dans le conseil des rois ; elle administrera les affaires de l'Etat… Son premier acte sera d'instituer partout ces bonnes études qui apprennent à fuir le vice et engendrent l'amour de la vertu. "
Etienne Dolet, [brûlé par ses contemporains pour athéisme] Commentaire sur la langue latine, 1536.
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Un désir de réforme religieuse : Un évêque critique et réforme le comportement des prêtres de sa cathédrale en Espagne en 1500
"Constitutions de la sainte Eglise de cette cité de Badajoz, faites par l'illustrissime et révérendissime seigneur Don Alonso Manrique, son évêque, l'année de la naissance de notre rédempteur Jésus-Christ 1500".
"Le supérieur, ... doit, et est tenu de donner à ses sujets et inférieurs, ... un très vénérable et saint exemple par lequel ils reçoivent édification pour amender leurs vies, pour le bien et le salut de leurs âmes."
"Il y a eu désordre dans l'office divin et dans ... l'administration des revenus ... de l'Eglise ...
Aucun détenteur de bénéfice [prêtre recevant des revenus d'une paroisse pour prier dans la cathédrale] ne doit se dénuder dans le choeur de la cathédrale ...
Aucun ... ne doit se laver les mains dans les vasques d'eau bénite ...
Si quelque détenteur de bénéfice se saisit d'un revenu ecclésiastique ... afin d'élever ses enfants, ... qu'il perde son bénéfice ...
Que les [prêtres] ne portent en ville ni soie, ni manches de pourpoint à l'extérieur, et aucune chaussure de couleur, ni ne jouent à aucun jeu déshonnête, ni n'aillent en corps jouer à l'arbalète, ... ni n'aillent en voiture avec des femmes" .. Haut de page
La Bible Polyglotte de Jimenez de Cisneros, base des éditions catholiques et protestantes de la Bible au XVIe siècle
La première Bible polyglotte de l'Histoire fût une réalisation franciscaine et vint de l'Ouest européen. Donnant pour la première fois ensemble les textes hébreu, chaldéen (araméen), grec et latin de la Bible, elle fut mise au point et imprimée en Espagne à Alcala de Henares, de 1514 à 1517, sous la direction attentive du cardinal franciscain Jiménez de Cisneros, par ailleurs réformateur ardent de l'Eglise comme nous l'avons vu ... et Inquisiteur général.
Remarquons-le déjà: ce premier monument de l'érudition biblique, domaine protestant selon les préjugés courants recueillis par M. Peyrefitte, est antérieur à la Réforme protestante.
[Philippe II écrit] Une lettre de commission, adressée au très érudit Benito Arias Montano, ... le chargeant de publier une nouvelle édition de la Bible polyglotte, qui apporte au vieux travail de la Polyglotte d'Alcala toutes les corrections et toutes les améliorations que le roi des Espagnes juge nécessaires, à la lumière des progrès de l'érudition humaniste.
La Polyglotte offre aussi huit traités d'Arias Montano, des vocabulaires et grammaires hébraïques, syriaques, chaldéens, etc.
... accueillant: les docteurs juifs et protestants y sont cités, lorsque cela est juste, comme des autorités ... [il fut dénonçé], lui et sa Bible, à l'Inquisition espagnole. La "légende noire" anti-espagnole verra là une preuve nouvelle de l'obscurantisme de la "Contre-Réforme".
[L'Inquisition donna son avis] sous la forme d'une approbation de la Biblia poliglotta regia. Avec cette seule réserve de principe, qui en dit long: "Quoique quelques auteurs, étant hérétiques, n'auraient pas dû être cités par Arias comme des autorités".
Tel fut l'obscurantisme biblique de la "Contre-Réforme". Telle fut, selon [Peyrefitte], sa "sommation à l'esprit humain de s'endormir", sa manière de "tirer sur tout ce qui bouge".
Jean Dumont, Erreurs sur le mal français,
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Un empire fondé sur des alliances matrimoniales : les territoires rassemblés par les Habsbourg en faveur de Charles Quint
Namquae bella gerant alii ; tu, felix Austria, nube : Namquae Mars aliis, dat tibi régna Venus
Que d'autres fassent la guerre ; toi, heureuse Autriche, ne songe qu'au mariage : Vénus te donne les royaumes que les autres n'obtiennent que de Mars.
Mathias Corvin, roi de Hongrie
La Maison d'Autriche maintient le rêve d'un empire universel à l'époque du traité de Westphalie et de la division du Saint Empire
A.E.I.O.U. Devise de la maison d'Autriche.
Austria Est Imperare Orbi Universo.
Il appartient à l'Autriche de régner sur l'Univers
Cette devise est tardive. On en attribue la paternité à l'empereur d'Allemagne Ferdinand III (1637/1657)
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Charles Quint renonce au pouvoir
Tant que mes forces me l'ont permis, j'ai rempli mes devoirs ; aujourd'hui je me vois attaqué d'une maladie incurable et les infirmités m'ordonnent le repos ; le bonheur de mes peuples m'est plus cher que l'ambition de régner ; au lieu d'un vieillard près de descendre dans la tombe, je vous donne un prince dans la fleur de l'âge, un prince doué de sagacité, actif et entreprenant. Quant à moi, si j'ai commis quelques erreurs dans le cours d'un long règne, ne l'imputez qu'à ma faiblesse, et je vous prie de les pardonner...
25 octobre 1555 Abdication en faveur de Philippe II pour les Pays Bas et la Bourgogne
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Annagrammes ... politiques pour ou contre les Valois ou les ligueurs
Loraine / Alérion (Petit de l'aigle, figurant au blason de cette province, jadis parfois orthographiée avec un seul r)
François Rabelais / Alcofribas Nasier (Pseudonyme évoquant l'Alcoran)
Pierre de Ronsard / Rose de Pindare (Poète)
Marie Touchet / je charme tout (Maîtresse de Charles IX)
Catherine de Médicis / Chaîne dite de crimes
Catherine de Médicis / Henrici mei Casta dea
(Chaste déesse de mon Henri)
François de Lorraine / Craindre feras lions
François de Valais / De façon si royal
Henri de Valois / Vilain Hérode [ou] Dehors le vilain ! (Henri III, roi de France détesté après l'assassinat de Henri de Guise )
Frère Jacques Clément / C'est l'enfer qui m'a créé (Assassin d'Henri III de Valois)
Marguerite de Valois / De vertus image royal(e) [ou] Salve Virgo materDei! [Salut Vierge mère de Dieu] (première épouse de Henri de Navarre, futur Henri IV)
Source : Les mots de l'histoire
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La renaissance est elle un mythe?
La Renaissance
Phase transitoire, durant presque deux siècles et demi, entre le Moyen Âge et l'Epoque Moderne en Europe. Pendant cette période eurent lieu des changements considérables dans plusieurs domaines. L'art et la science, entre autres, se développèrent de façon superbe. Il faut distinguer dans la Renaissance de nombreuses composantes et plusieurs étapes de développement. Son évocation véhicule diverses superstitions tellement enracinées que la science contemporaine n'essaie de les abolir, au prix d'un énorme effort, que maintenant.
1. La première superstition, et probablement la principale, est la croyance (avouée d'ailleurs par de nombreux représentants de la Renaissance) qui consiste à penser que la Renaissance est justement une renaissance, une résurrection de la culture et de la civilisation après le long intervalle de " l'Âge Moyen " barbare, qui, selon cette opinion, doit être une sombre interruption entre deux périodes de culture. C'est une superstition découlant d'une ignorance totale du Moyen Âge et de sa liaison étroite avec la Renaissance, pour ne mentionner que deux domaines totalement différents : la poésie et la vie économique. Dante a vécu au XIIIe siècle, donc au sommet du Moyen Âge, et Pétrarque au XIVe, et non au XVIe. En ce qui concerne la vie économique, sa renaissance authentique survint aussi au XIIIe siècle, moment où se développèrent de manière remarquable le commerce et les banques. Le discours même selon lequel la Renaissance a découvert les auteurs antiques est encore une superstition. Comme on le sait aujourd'hui, on n'ajouta à cette époque que deux manuscrits grecs anciens à tous ceux déjà répertoriés - tous les autres se trouvaient déjà en Occident, surtout en France. L'Europe occidentale avait déjà vécu aux XIIe et XIIIe siècles un autre retour vers l'Antiquité, qui manifestait un grand intérêt envers l'homme et la nature.
2. Une autre superstition consiste en une confusion entre deux composantes contraires de la Renaissance, c'est-à-dire ce qu'on a appelé l'humanisme d'une part, et d'autre part la nouvelle science de la nature. L'humanisme est l'ennemi de toute logique, de toute raison et de toute science de la nature; il la considère comme un travail " mécanique ", indigne d'un homme de culture, qui doit être un écrivain, un rhéteur, un politicien. Le personnage de l'" homme de la Renaissance " qui ressemblerait en même temps à Erasme de Rotterdam et à Galilée est un mythe, et la croyance en une vision uniformément renaissante du monde est une superstition.
3. La troisième superstition consiste à faire l'éloge de la philosophie de la Renaissance comme " supérieure " à la scolastique qui la précédait. La vérité est que, si nous passons outre Nicolas de Cuse (qui n'avait rien à voir avec l'esprit de la Renaissance) et Galilée (qui a vécu au crépuscule de la Renaissance), les gens de la Renaissance ne sont, comme l'a bien remarqué Kristeller, ni bons ni mauvais philosophes, car ils ne le sont pas du tout. Ils sont souvent d'éminents écrivains, savants, connaisseurs des textes classiques, ils savent ironiser, broder des facéties, créer des chef-d'œuvres de la littérature, mais ils ont peu en commun avec la philosophie. Les opposer aux penseurs du Moyen Âge est donc pure superstition.
4. Est encore une superstition la croyance selon laquelle la Renaissance constitue une révolution brusque, en rupture totale avec le passé. Même s'il est vrai qu'eurent lieu pendant ces siècles de profondes métamorphoses, elles furent toutes liées organiquement au passé, et dans chacun de ces cas, il est possible de montrer à quel moment du Moyen Âge elles naquirent. Cela va si loin qu'un des meilleurs connaisseurs de la Renaissance, Huizinga, put l'appeler " l'automne du Moyen Âge ".
5. C'est enfin une superstition d'affirmer que les hommes de la Renaissance sont tous, ou du moins en majorité, des protestants d'esprit, des déistes, des panthéistes ou encore des rationalistes. La vérité est toute contraire : la majorité écrasante des hommes éminents de la Renaissance, et presque tous en philosophie, depuis Léonard de Ficino jusqu'à Galilée et Campanella, étaient des catholiques, souvent des croyants ardents, défenseurs de la foi catholique, comme par exemple Marsille Ficin, ordonné prêtre à 40 ans, qui a créé l'apologétique catholique moderne.
revue Kephas, R.P. Joseph Bochenski o.p. * Traduit du polonais par Mathias Izycki
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Préoccupations religieuses dans l'Allemagne du début du XVIe siècle : un pays rempli de Bibles
L'Allemagne entière est remplie de bibles, de doctrines sur le salut, d'éditions des Saints-Pères et de livres semblables. On tourne et on retourne la Bible, on lui fait dire tout ce qu'on veut. Il faut s'attendre à beaucoup d'orages et de catastrophes, car maintenant on ne sait plus où est la vérité. La Sainte Écriture est pour ainsi dire mise à l'envers et tout autrement expliquée.
S. BRANT, La Nef des fous, 1494, dans J. DELUMEAU, Naissance et affirmation de la Réforme, PUF, 1973.
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Un débat sur la légitimité de la colonisation des Amériques : la Controverse de Valladolid
Le texte du débat organisé dans sa capitale, en 1550, par l'empereur et roi de Castille et d'Aragon Charles Quint, à propos de la légitimité des conquêtes espagnoles en Amérique n'a pas été conservé. Les textes historiques laissés par les deux protagonistes, Sepulveda et Las Casas montrent une opposition sur la question de la colonisation.

Las Casas veut décoloniser pour mieux évangéliser:
" Le Roi Catholique de Castille, notre seigneur, est obligé, par nécessité de son salut, de restituer les royaumes du Pérou à l'Inca, dans son petit-fils ou ses héritiers. Et il est obligé à rendre aux autres seigneurs indiens ce qui serait leur ".
Las Casas, Douze doutes, 1564
" Je dis que, pour avoir les Indiens entiers et pour qu'ils restaurent leurs humaines et temporelles civilisations, il ne devra pas rester d'homme espagnol aux Indes ... . J'affirme devant Jésus-Christ qu'il faut les jeter dehors tous, sauf quelques êtres choisis afin que les Indiens reçoivent d'eux la foi ".
Las Casas, Lettre au dominicain Carranza, juge de la Controverse de Valladolid, après 1550.
Sepulveda : Les espagnols doivent imposer leur autorité pour une juste cause et sans commettre d'injustices
" Il est certain - comment pourrait-on en douter ? - qu'il n'est pas légitime, en quelque manière que ce soit, de dépouiller de leurs biens, ou de réduire en esclavage les barbares du Nouveau Monde que nous appelons Indiens. [...] C'est mensonge et calomnie de m'attribuer cette théorie si étrange que je suis très loin de faire mienne. Je n'affirme pas que les barbares doivent être réduits en esclavage, mais seulement qu'ils doivent être soumis à notre autorité. Je n'affirme pas qu'ils doivent être privés de leurs biens, mais seulement que nous devons les soumettre, sans commettre à leur égard aucun acte d'injustice. Je n'affirme pas que nous devons abuser de notre souveraineté mais bien que celle-ci doit être noble, courtoise et utile à tous. Dans ta lettre, tu me dis que tu considères juste que les plus forts et puissants imposent leur autorité aux plus faibles. Je suppose que tu le diras avec la restriction suivante : à condition que le motif de faire la guerre et par conséquent d'imposer son autorité soit juste ".
Sepulveda, Lettre à Francisco de Argote. Correspondance publiée à Salamanque en 1557
Conquérir par souci humanitaire pour faire disparaître les empêchements à la prédication et séparer de l'idolâtrie et de ses crimes
" Les païens ne peuvent, au seul titre de leur infi-délité, être châtiés ni obligés à recevoir la foi du Christ contre leur volonté, parce que croire dépend de la volonté qui ne veut être forcée "
" La puis-sance pontificale peut et doit les séparer de l'idolâtrie et d'autres crimes exécrables. Pour cette raison l'idolâtrie peut justifier une guerre ".
" En somme, quand cela sera possible, il faudra faire disparaître tous les empêchements [à la prédication évangé-lique] et le culte aux idoles ".
Il présente les Indiens comme " à peine hommes ", il propose à leur égard une attitude d'humanité en quelque sorte familiale, faite d'autorité éducative ou protectrice, " comme d'adulte à enfant et d'homme à femme "
Sepulveda, Democrates secundus, sive de justis belli causis, 1550
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Apparition et montée de la peur des sorcières : un bilan.
Nous possédons, en effet, des chiffres fiables, grâce aux recherches menées par Alfred Soman dans les fonds du parlement de Paris dont la juridiction recouvrait pratiquement la moitié du royaume. Ses recherches ont permis d'identifier 1 254 cas portés en appel entre 1540 et 1670. A ces 1 254 cas, on peut ajouter 593 mentions glanées dans d'autres sources. Sur les 1 254 cas portés en appel, les peines de mort décrétées par les juges inférieurs se montent à 474, soit 38 %. Mais l'ensemble n'aboutit qu'à 103 ou 115 confirmations par les juges supérieurs, soit 8 à 9 % du total initial.
Toutes ces données doivent être corrigées par des études, à mener, sur les juridictions inférieures
plus sévères.
Mais on peut déjà constater une grande modération des juges parisiens. La centaine de bûchers confirmés doit être comparée aux 150 exécutions qui eurent lieu, au même moment, dans les Provinces Unies, pour une population d'un million et demi d'habitants. Et aux 22 500 bûchers qui furent allumés dans le Saint Empire !
Joël Cornette, Le Livre et le Glaive : Chronique de la France au XVIe siècle par Joël Cornette, 1999
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Les Etats généraux de 1576 refusent les exigences financières d'Henri III.
1576- 1er mars. Clôture des Etats généraux.
Malgré la pression qu'il exerça sur les députés, Henri III ne put obtenir aucun secours financier. Le Tiers état se montra particulièrement intraitable. Neuf tentatives furent faites, dans le courant des mois de janvier et février, pour lui faire voter un sub-side de deux millions de livres ou une aliénation du domaine royal.
Jean Bodin, qui prit part aux séances, comme député du Vermandois, se fit l'avocat de la tolérance civile pour les protestants. Face à Henri III, il rappela le principe de l'inaliénabilité du domaine : le roi voulait aliéner le domaine de la Couronne jusqu'à concurrence de 300 000 livres de rente pour alimenter un trésor de guerre contre les protestants.
Joël Cornette, Le Livre et le Glaive : Chronique de la France au XVIe siècle par Joël Cornette, 1999
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Le Parlement anglais définit ses droits face au pouvoir royal 1689
Bill of Rights, Acte déclarant les droits et libertés des sujets du roi d'Angleterre après la " Glorieuse Révolution " de 1688
Attendu qu'assemblés à Westminster, les lords spirituels et temporels et les Communes représentant légalement, pleinement et librement toutes les classes du peuple de ce royaume ont fait, le 30 février de l'an de N.-S. 1688, en la présence de Leurs Majestés, alors désignées et connues sous les noms de Guillaume et Marie, prince et princesse d'Orange, une déclaration par écrit, dans les termes suivants :
1e Que le prétendu pouvoir de l'autorité royale de suspendre les lois ou l'exécution des lois sans le consentement du Parlement est illégal ;
2e Que le prétendu pouvoir de l'autorité royale de dispenser des lois ou de l'exécution des lois, comme il a été usurpé et exercé par le passé, est illégal ;
4e Qu'une levée d'argent pour la Couronne ou à son usage, sous prétexte de prérogative, sans le consentement du Parlement, pour un temps plus long et d'une manière autre qu'elle n'est ou ne sera consentie par le Parlement est illégale ;
5e Que c'est un droit des sujets de présenter des pétitions au Roi
http://www.aidh.org/Biblio/Text_fondat/GB_04.htm
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Définition de l'absolutisme par Jean Bodin : Une souveraineté unique et limitée par les seules lois divines
" Or la souveraineté n'est limitée, ni en puissance, ni en charge, ni à certains temps ...
Disons que signifient ces mots PUISSANCE ABSOLUE ... Il faut que ceux-là qui sont souverains ne soyent aucunement sujects aux commandements d'autruy, et qu'ils puissent donner loy aux subjectz, et casser ou aneantir les loix inutiles, pour en faire d'autres …
la loy dit, que le Prince est absous de la puissance des loix ...
Quant aux loix divines et naturelles, tous les Princes de la terre y sont subjects, et n'est pas en leur puissance d'y contrevenir, s'ils ne veulent estre coulpables de leze majesté divine, ... Et par ainsi la puissance absolue des Princes et seigneuries souveraines, ne s'étend aucunement aux loix de Dieu et de nature" (I, 8).
Jean Bodin, Les six livres de la République, Paris, 1576. [De 1576 à 1641, l'oeuvre bénéficia de 37 éditions : 25 en français, 12 en latin]
Joël Cornette, Le Livre et le Glaive : Chronique de la France au XVIe siècle par Joël Cornette, 1999
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La ligue catholique, contre les protestants et pour l'extension des droits des Etats Généraux
"L'association des princes, seigneurs et gentilshommes catholiques doit estre et sera faite pour rétablir la Loi de Dieu en son entier, remettre et retenir le saint service d'iceluy selon la forme et manière de la Sainte Eglise catholique, apostolique et romaine, abjurant et renonçant toutes erreurs à ce contraires.
Secondement pour conserver Henri tiers de ce nom, par la grâce de Dieu et ses prédécesseurs rois très chrétiens, en l'état, splendeur, autorité, devoir, service et obéissance qui lui sont dûs par ses sujets, ainsi qu'il est contenu dans les articles qui seront présentés aux Etats, lequels il jure et promet garder à son sacre et couronnement, avec protestation de ne rien faire au préjudice de ce qui y sera ordonné par lesdits Etats.
Tiercement, pour restituer aux provinces de ce royaume et Etats d'iceluy les droits, prééminences, franchises et libertés anciennes, telles qu'elles étaient du temps du roi Clovis Ier, roi chrétien, et encore meilleures et plus profitables si elles se peuvent inventer, sous la protection susdite [de la Ligue]." 1576
" … et que de trois en trois ans, pour le plus part, on tienne les Etats généraux, sans qu'il y ait aucunes brigues, et avec une pleine liberté à chacun d'y faire ses plaintes, en cas qu'on n'y ait duement pourveu [...]. " 1585
Manifestes de la ligue catholique, Joël Cornette, Le Livre et le Glaive : Chronique de la France au XVIe siècle par Joël Cornette, 1999
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