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L'évêque défenseur de la cité face aux Vandales 430, Sidoine Apollinaire : Le mépris d'un Gallo-romain pour les nouveaux maîtres des royaumes barbares du Ve siècle, Les "invasions barbares" infiltrations progressives et conquêtes par des groupes limités, avec une faible influence linguistique.
Le dernier empereur romain d'Occident déposé par ses soldats germaniques en 476
L'hymne "Vexilla Regis" Vers l'adoration de la croix, l'instrument du suplice devient signe de fierté. Persécutions des catholiques par les ariens sour le roi Tharasmond, Un miracle prouve la trinité contre les théories ariennes, vers 450
Royaume franc
L'alliance des Francs et de l'Eglise à l'avènement de Clovis. 476, Clovis, vainqueur des royaumes barbares, et honnête fonctionnaire romain en 508, La succession de Clovis, querelles entre mérovingiens Frédégonde et Brunehaut. Les troubles politiques réduisent le nombre des lettrés mais les moines irlandais recopient et transmettent le patrimoine culturel de l'antiquité
Évangélisation : Gall s'attaque aux cultes païens de Cologne et profite de la protection royale. La croix de saint Éloi, La persistance du paganisme populaire vers 743
Les maires du palais s'emparent de la réalité du pouvoir
Charlemagne
Avait il une barbe fleurie? : son portrait par Eginhard, Demande d'obéir aux lois de l'Eglise. et envoie des "missi dominici", envoyés du maître pour contrôler les comtes
Un empire divisé après sa mort
Un empire assailli par les vikings
Le Serment de Strasbourg : premier texte qui préfigure la langue française
La conversion des slaves par Cyrille et méthode
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Les "missi dominici" envoyés du maître pour contrôler les comtes
L'archevêque Magnus et le Comte Godefroy sont envoyés pour contrôler l'observance du droit tout d'abord dans la cité d'Orléans jusqu'à la Seine, ensuite à Troyes, ensuite à Langres, à Besançon, à Autun ...
" employez-vous à maintenir tous les droits de l'Empereur, tels qu'ils vous ont été précisés par écrits et oralement ... faîtes pleinement et correctement justice aux églises, aux veuves et aux orphelins. Si vous vous heurtez à des actes de désobéissance, avertissez-nous..."
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Charlemagne avait il une barbe fleurie? : son portrait par Eginhard
Portrait
Fils aîné de PEPIN le BREF et de BERTHE aux GRANDS PIEDS, CHARLEMAGNE était d'une large et robuste carrure, il était d'une taille élevée. Il avait de grands yeux vifs, le nez un peu plus long que la moyenne, de beaux cheveux blancs, la physionomie gaie et ouverte. Aussi donnait-il, extérieurement, assis comme debout, une forte impression d'autorité et de dignité.
Des goûts sportifs
Il s'adonnait assidûment à l'équitation et à la chasse. C'était un goût qu'il tenait de naissance, car il n'y a peut-être pas un peuple au monde qui, dans ces exercices, puisse égaler les Francs. Il aimait aussi les eaux thermales et s'y livrait souvent au plaisir de la natation, où il excellait au point de n'être surpassé par personne. C'est ce qui l'amena à bâtir un palais à Aix et à y résider constamment dans les dernières années de sa vie.
Des vêtements adaptés aux circonstances
Il portait le costume national des Francs sur le corps, une chemise et un caleçon de toile de lin; par-dessus, une tunique bordée de soie et une culotte; des bandelettes autour des jambes et des pieds; un gilet en peau de loutre ou de rat lui protégeait en hiver les épaules et la poitrine; il s'enveloppait d'une saie bleue et avait toujours suspendu au côté un glaive dont la poignée et le baudrier étaient d'or ou d'argent. Parfois il ceignait une épée ornée de pierreries, mais seulement les jours de grandes fêtes ou quand il avait à recevoir des ambassadeurs étrangers. Les jours de fête, il portait un vêtement tissé d'or, des chaussures décorées de pierreries, une fibule (3) d'or pour agrafer la saie, un diadème du même métal et orné lui aussi de pierreries; mais les autres jours son costume différait peu de celui des hommes du peuple.
Un homme cultivé qui parle parfaitement le latin et a de larges notions de grec
Il s'appliqua à l'étude des langues étrangères et apprit si bien le latin qu'il s'exprimait indifféremment dans cette langue ou dans sa langue maternelle. Il n'en était pas de même du grec qu'il savait mieux comprendre que parler. Son maître fut ALCUIN, un Saxon originaire de Bretagne, l'homme le plus savant qui fût alors. Il consacra beaucoup de temps et de labeur à apprendre auprès de lui la rhétorique, la dialectique, le calcul et surtout l'astronomie. Il s'essaya aussi à écrire et il avait l'habitude de placer sous les coussins de son lit des tablettes et des feuillets de parchemin, afin de profiter de ses instants de loisir pour s'exercer à tracer des lettres; mais il s'y prit trop tard et le résultat fut médiocre.
Education différenciée de ses garçons et de ses filles
Il voulut que ses enfants, les garçons comme les filles, fussent initiés aux arts libéraux, à l'étude desquels il s'appliquait lui-même; puis à ses, fils, l'âge venu, il fit apprendre à monter à cheval, suivant la coutume franque, à manier les armes et à chasser. Quant à ses filles, pour leur éviter de s'engourdir dans l'oisiveté, il les fit s'exercer au travail de la laine ainsi qu'au maniement de la quenouille et du fuseau et leur fit enseigner tout ce qui peut former une honnête femme.
Le goût des bains et des églises
Quand il se baignait, outre ses fils, ses Grands, ses amis et même de temps à autre la foule de ses gardes du corps étaient conviés à partager ses ébats: il arrivait qu'il y eût dans l'eau avec lui jusqu'à cent personnes ou même davantage. Il pratiqua avec la plus grande ferveur la religion chrétienne, dont il avait été imbu (10) dès sa plus tendre enfance. Aussi construisit-il à Aix une basilique d'une extrême beauté. Il ne manquait pas, quand il était bien portant, de se rendre à cette église matin et soir; il y retournait pour l'office de nuit et pour la messe."
EGINHARD (770-840), Vie de CHARLEMAGNE
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Les troubles politiques réduisent le nombre des lettrés
" Tandis que la barbarie des peuples se déchaînait, que les violences des rois redoublaient, que les églises étaient attaquées par les hérétiques, on ne pouvait trouver un seul lettré pour décrire tout cela. Beaucoup se lamentaient en disant : "Malheur à notre époque parce que l'étude des lettres est morte chez nous. "
Grégoire de Tours,
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Évangélisation : Gall, futur évêque de Clermont, s'attaque aux cultes païens de Cologne et profite de la protection royale
" Il y avait (à Cologne) un temple rempli d'ornements divers où les Barbares faisaient leurs libations ; ils s'y gavaient jusqu'au vomissement de nourriture et de boisson ; là, on adorait aussi des images comme si elles étaient Dieu ; on y suspendait la figuré de bois sculpté des membres atteints de quelque mal.
Saint Gall l'apprend, il se rend aussitôt au temple, accompagné d'un seul clerc ; aucun de ces païens insensés ne s'y trouvant, il allume du feu et l'incendie... Mais voyant la fumée monter, les païens cherchent l'incendiaire, le découvrent et le poursuivent. Le Saint s'enfuit et se réfugie dans le palais de Thierry (fils de Clovis). Celui-ci, apprenant ce qui s'est passé, les apaise en les flattant. "
Grégoire de Tours.
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Un miracle prouve la trinité contre les théories ariennes, vers 450
Vers 450, Sigebert raconte dans sa chronique que l'hérésie d'Arius était répandue dans les Gaules, mais que l'unité des trois personnes fut démontrée par un miracle remarquable. Un évêque célébrant la messe dans la ville de Bazas, vit tomber sur l'autel trois gouttes très limpides, d'une égale grandeur, qui se réunissant ensemble, formèrent une perle d'une rare beauté. L'évêque l'ayant mise au milieu d'une croix d'or, les autres perles qui s'y trouvaient en tombèrent aussitôt. Sigebert ajoute que cette perle donne la santé aux infirmes et qu'elle augmente la dévotion de ceux qui adorent la croix. "
Jacques de Voragine, La légende dorée, 13e siècle.
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Persécutions des catholiques par les ariens sour le roi Tharasmond
Les Vandales et les Goths sont les farouches partisans de la doctrine arienne, qui refuse de reconnaître la nature divine du Christ et considère que Jésus n'est qu'un homme extraordinaire.
" Le roi vandale Trasamond exerça une persécution contre les Chrétiens et soumit toute l'Espagne à des tourments pour les faire adhérer à la perfide secte arienne. C'est ainsi qu'une jeune fille de noblesse sénatoriale fut soumise à la torture. Comme, malgré de nombreux supplices, malgré la confiscation de ses richesses, il n était pas possible de la forcer à abjurer la Sainte-Trinité, on l'entraîna à recevoir un second baptême. Puis après les épreuves du chevalet, des flammes et de la main de fer, elle subit la décollation. "
Grégoire de Tours, II, 2.
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L'évêque défenseur de la cité face aux Vandales 430
En 430, devant les Vandales qui s'approchent, saint Augustin, évêque d'Hippone, indique quelle est la con-duite à suivre.
ru " Si le péril est commun à tous, évêques, prêtres, laïcs, ceux qui sont dans le besoin ne doivent pas être abandonnés par ceux dont ils ont besoin. Que tous gagnent les lieux de refuge ; mais s'il en est qui ont besoin de rester, ils ne doivent pas être délais-sés par ceux qui ont la charge du minis-tère ecclésiastique. De la sorte, tous survivront ensemble, ou tous subiront ensemble les épreuves que le Père commun voudra leur faire subir. "
Saint Augustin (354-430) Sermons
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La croix de saint Éloi
" Dabogert fit exécuter, pour être placée derrière l'autel d'or de la basilique de Saint-Denis, une grande croix faite d'or fin et de gemmes du plus haut prix. Le bienheureux Eloi, qui était personnellement considéré comme le premier orfèvre du royaume à cette époque, et qui préparait déjà activement d'autres oeuvres concernant l'ornementation de la basilique même, sa sainteté aidant, décora cette croix à merveille avec un art d'une finesse exquise. Nos plus modernes orfèvres ont coutume d'affirmer qu'on trouverait difficilement, de nos jours, un artisan si habile soit-il dans d'autres travaux, qui fut capable d'acquérir, même à longueur d'années, la maîtrise dans ce genre spécial et délicat de la technique du lapidaire et du sertisseur. " Grégoire de Tours
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Querelles entre mérovingiens Frédégonde et Brunehaut
Frédégonde enjoignit de fabriquer deux couteaux de fer qu'elle ordonna d'enduire de poison. Ces couteaux, elle les remit à deux clercs avec ces instructions : "Rendez-vous au plus vite chez le roi Childebert.en faisant semblant d'être mendiants. Puis quand vous serez prosternés à ses pieds pour solliciter une aumône, perforez-lui les deux côtés pour que Brunehaut, qui lui doit son arrogance, s'écroule grâce à sa disparition. S'il y a autour du jeune homme une garde trop importante, alors assassinez l'ennemie elle-même..." En cours de route, et tandis qu'ils arrivaient à la ville de Soissons, ils furent arrêtés par le duc Rauching et, ayant été questionnés, ils dévoilent tout. On leur infligea divers supplices, on leur coupa mains, oreilles et nez et on les fit périr de mille morts. "
Grégoire de Tours, VIII, 29.
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La succession de Clovis
" Il faut que tu viennes promptement à Paris, dit Childebert à Clotaire, pour décider si l'on coupe les cheveux de nos neveux comme au reste du peuple, ou si nous les tuons pour partager leur royaume ". Clotaire vint à Paris et les deux rois se firent remettre les enfants sous prétexte de les élever. Aussitôt Clotaire jeta à terre l'aîné des enfants et lui enfonça son couteau sous l'aisselle. L'autre se jeta aux pieds de Childebert et le supplia de l'épargner ... Mais celui-ci le repoussa et le jeta à Clotaire qui lui enfonça le couteau dans le côté et le tua. Ils tuèrent ensuite les serviteurs, puis ils montèrent à cheval et s'en allèrent. "
Grégoire de Tours, III, 18.
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Les "invasions barbares" infiltrations progressives et conquêtes par des groupes limités, avec une faible influence linguistique.
" N'imaginons pas l'arrivée des Barbares comme une trombe bouleversant tout sur son passage. Les Romains avaient en réalité affaire à des armées germaniques accompagnées de femmes, d'enfants et d'esclaves, suivies de leurs bagages. Ces noyaux militaires entraînaient donc une population qui pouvait se disperser à la moindre défaite. Lorsque les Vandales passèrent en Afrique, ils étaient au nombre de 80 000. Les Wisigoths qui s'installèrent en Aquitaine atteignaient à peine 100 000 personnes. Les Burgondes étaient certainement moins nombreux. Comme on le voit, des groupes isolés au milieu des vaincus ne pouvaient qu'être saisis par la peur de disparaître. Ceci explique leur faible influence linguistique. Le latin parlé ne recula finalement que très peu, à peine deux cents, ou même cent kilomètres par rapport au Rhin. Au Sud de la Loire, apparut une autre frontière, celle de l'occitan qui est un latin continué. "
D'après R. Fossier, Le Moyen fige, Tome 1, A. Colin.
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Les moines irlandais recopient et transmettent le patrimoine culturel de l'antiquité
Je me souviendrai, ô Christ, d'avoir écrit ceci pour toi, car je me sens bien las aujourd'hui. Dimanche soir. / Hélas, ô ma main, que tu as écrit sur le blanc parchemin ! Le parchemin, tu L'as rendu fameux, mais toi, que deviendras-tu? l'extrémité décharnée l'un fagot d'os. / Une bénédiction pour l'âme de Faergus. Amen. J'ai bien froid. / La nuit tombe, c'est l'heure du souper. / Voici une page qui a été écrite très lentement. / Mauvais parchemin, mauvaise encre.
Notes en marge faites par des copistes irlandais
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La persistance du paganisme populaire vers 743
En 743 ou 744, un concile, réuni dans le Hainaut, établit le catalogue des coutumes païennes toujours vivantes. Le roi Carloman décrète que quiconque aura, en quelque manière, observé les coutumes païennes, sera condamné à une amende de quinze sous...
" Du culte des forêts que l'on nomme Nimidas. De ce que l'on fait au-dessus des pierres. Des sacrifices aux fontaines.
Des incantations. Des présages tirés soit des excréments ou des oiseaux ou des chevaux ou des boeufs, ou des éternuements. Des devins ou des sortilèges.
Du feu allumé par frottement du bois, cela se nomme nodfyr [Feu d'appoint ou feu de nécessité. Cette méthode préhistorique était considérée comme magique].
De la cervelle des animaux.
Des présages païens tirés du foyer ou avant d'entreprendre quelque affaire.
Des fêtes en l'honneur de Jupiter ou de Mercure.
De l'éclipse de lune que l'on nomme "Lune à toi la victoire".
Des tempêtes et des cornes et des limaces.
Des sillons tracés autour des habitations.
De cette course païenne qu'ils appellent Yrias, vêtements ou chaussures déchirés.
De l'image qu'ils portent à travers la campagne.
Des pieds et des mains faits de bois suivant le rite païen. "
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Clovis, vainqueur des royaumes barbares, et honnête fonctionnaire romain en 508
Clovis après avoir passé l'hiver 507-508 dans la ville de Bordeaux et emporté de Toulouse tous les trésors d'Alaric, roi des Wisigoths, marcha sur Angoulême. Le Seigneur lui accorda une si grande grâce qu'à sa vue les murs s'écroulèrent d'eux-mêmes. Après avoir chassé les Goths, il rentra dans Tours et offrit un grand nombre de présents à la sainte basilique du bienheureux Martin. Clovis, ayant reçu de l'empereur Anastase le diplôme de consul, fut revêtu, dans sa basilique de Saint-Martin, de la tunique de pourpre et de la chlamyde (manteau) et posa la couronne sur sa tête. Ensuite, étant monté à cheval, il jeta de sa propre main, avec une extrême bien-veillance, de l'or et de l'argent au peuple assemblé. Depuis ce jour, il fut appelé consul ou Auguste. Ayant quitté Tours, il vint à Paris et y fixa le siège de son empire. "
Grégoire de Tours, II, 37-38.
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Le dernier empereur romain d'Occident déposé par ses soldats germaniques en 476
" Au fur et à mesure que l'élément barbare devenait de plus en plus puissant, le prestige des soldats romains ne faisait que décliner et, sous le nom loyal d'alliance, ils étaient de plus en plus opprimés ; si bien que les Barbares réclamèrent qu'on leur divisât pour eux toutes les terres de l'Italie.
Il y avait en effet parmi les Romains un certain Odoacre qui faisait partie de la garde personnelle de l'empereur [Il s'agit de l'empereur enfant Romulus, dit Augustule.] et qui était d'accord pour prendre leur tête, à condition qu'ils l'installent sur le trône. Lorsqu'il eut ainsi pris le pouvoir de manière tyrannique, il ne fit aucun mal à l'empereur, mais lui permit de passer le reste de sa vie comme un simple citoyen. "
Procope de Césarée, Guerre gothique, vers 552.
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Sidoine Apollinaire : Le mépris d'un Gallo-romain pour les nouveaux maîtres des royaumes barbares du Ve siècle
" Comment préparer selon ta demande une ode à Vénus ? Je vis au milieu de hordes chevelues ! Je n'entends parler que le germanique ; j'applaudis, l'air sombre, à ce que chante dans son ivresse le Burgonde aux cheveux parfumés de beurre rance. Tu veux que je te dise ce qui me coupe l'inspiration ? Chassée par les gourdins des Barbares, la muse dédaigne les vers de six pieds depuis qu'elle voit nos protecteurs hauts de sept. Heureux tes yeux, heureuses tes oreilles, heureux même ton nez, car chaque matin dix ragoûts m'envoient la puanteur de l'ail et de l'oignon. Tu n'es pas forcé, comme si tu étais le mari de leur nourrice, de recevoir avant le jour tous ces géants à la fois. "
Sidoine Apollinaire (430-486), Lettres.
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Le Serment de Strasbourg : premier texte qui préfigure la langue française
" Le 14 février 842, Louis et Charles se réunirent dans la cité de Strasbourg. Il s'adressèrent au peuple assemblé, l'un en langue germanique, l'autre en langue romane. Louis, en sa qualité d'aîné, prit le premier la parole en ces termes : " Vous savez à combien de reprises Lothaire s'est efforcé de nous anéantir, après la mort de notre père, en nous poursuivant, moi et mon frère ici présent. Il recommence à porter la désolation chez notre peuple en incendiant, pillant, massacrant. C'est pourquoi nous avons décidé de prêter ce serment l'un à l'autre en votre présence. … A partir de ce jour, je secourrai mon frère … avec mes moyens et en toute chose, à condition qu'il fasse de même pour moi. "
NITHARD, Histoire des fils de Louis le Pieux, IXe siècle.
Le serment qui fut prononcé commença par ces mots dans la langue de Charles de Chauve, Roi de Francie occidentale : "Pro deo amur et pro Kristian popblo ...
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Les maires du palais s'emparent de la réalité du pouvoir
" Richesse et puissance étaient aux mains des maires du palais, qui disposaient du pouvoir suprême. Il ne restait au roi qu'à se contenter de son titre, à siéger sur son trône, la chevelure longue et la barbe pendante, à donner audience aux ambassadeurs en les chargeant de transmettre comme en son nom, quand ils s'en retournaient, les réponses qui lui avaient été dictées ou même imposées. … Mais le gouvernement du royaume, la politique intérieure et extérieure, les mesures à prendre, tout cela incombait, à sa place, au maire du palais. "
Eginhard, Vie de Charlemagne
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L'alliance des Francs et de l'Eglise
" Une grande rumeur nous est parvenue, vous avez pris l'administration de la Seconde Belgique. Cela n'est pas nouveau car tu auras commencé par être ce que tes parents ont toujours été. Il faut d'abord faire en sorte que le jugement de Dieu ne t'abandonne point là où ton mérite parvient …. Car, comme l'on dit vulgairement, c'est aux actes que l'on identifie l'homme. Tu dois t'adjoindre des conseillers qui pourront orner ta renommée. … Tu devras t'en rapporter à tes évêques et recourir toujours à leurs conseils. Car si tu t'entends bien avec eux, ta province ne pourra qu'en être consolidée. Rends courage aux citoyens, relève les affligés, favorise les veuves, nourris les orphelins …. "
Lettre de Rémi, évêque de Reims, à Clovis en 481.
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.L'hymne "Vexilla Regis" Vers l'adoration de la croix, l'instrument du suplice devient signe de fierté
L'étendard du roi est dressé,
Le mystère de la croix resplendit,
Là-haut, il fut blessé
Voilà qu'est immolée la victime.
Par la pointe cruelle de la lance,
Pour nous laver de nos fautes,
Est accompli ce que chantait
David dans ses chants fidèles
Où il disait que sur les nations
Dieu depuis le bois a régné.
Arbre riche et brillant,
Orné de la pourpre royale,
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La conversion des slaves par Cyrille et méthode
" Ratislav, le prince slave, et Svatopluk envoyèrent une ambassade de Moravie auprès de l'Empereur Michel pour lui dire : chez nous sont venus pour enseigner de nombreux chrétiens, qui nous ont instruits de différentes façons. Mais, nous, Slaves, nous sommes des gens simples et nous n'avons personne pour nous enseigner la vérité et nous expliquer le sens des Ecritures. L'Empereur Michel dit à Cyrille : entends-tu cette parole ? Aucun autre que toi ne peut le faire . Voici pour toi de nombreux cadeaux, vas-y et emmène ton frère, Méthode. …
Cyrille traduisit les Evangiles dans la langue des Slaves."
Vie de Méthode, d'après des manuscrits des XII-XVIe siècles.
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Un empire assailli par les vikings
" Année 834 : entre-temps était aussi arrivée une flotte de Danois en Frisland et ils ravagèrent une partie du pays. Ils traversèrent Utrecht jusqu'au centre commercial de Dorestad, pillant partout et tuant certains habitants ; d'autres, ils les emmenèrent prisonniers et brûlèrent une partie de la ville.
Année 838 : l'empereur Louis le Pieux convoqua une assemblée générale et mena une enquête publique auprès des dignitaires qui avaient la tâche de garder la côte. Il ressortit de la discussion qu'il ne leur avait été possible de résister aux attaquants, en partie à cause de la désobéissance de certains hommes. L'empereur donna des ordres pour que la flotte fût prête à entreprendre plus rapidement la poursuite dans quelque direction que ce fût.
Année 841 : les pirates danois attaquèrent Rouen venant de la mer du Nord par la Manche, perpétrant le pillage par l'épée et le feu, anéantissant la ville, les moines et le reste de la population par le meurtre et la capture, dévastant les cloîtres ainsi que toutes les habitations le long des rives de la Seine et laissant les gens terrorisés après s'être fait donner beaucoup d'argent. "
Annales de Saint-Bertin, écrites par des clercs contemporains des événements. Texte cité par R. Boyer, Les vikings, 1992.
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Un empire divisé après sa mort
" Pleurez, race des Francs, car l'Empire élevé par la faveur du Christ gît à présent dans la poussière. Il n'y avait qu'un chef, et soumis à son autorité, il n'y avait qu'un peuple. Les gens vivaient dans la paix et la force des armes frappait d'épouvante l'ennemi. Mais, à présent, au lieu d'un roi, il n'y a que des débris de royaume. "
Florus, La division de l'Empire, IXe siècle.
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Charlemagne demande d'obéir aux lois de l'Eglise
" Car nous ne pouvons concevoir comment peuvent nous être fidèles ceux qui se sont montrés infidèles à Dieu et à ses prêtres. ... Ceux qui en ceci (ce qu'à Dieu ne plaise !) seront trouvés négligents et désobéissants, qu'ils sachent qu'il n'y a plus d'honneurs pour eux dans notre empire, fussent-ils même nos enfants, plus de place dans nos palais, plus de société ni de communication avec nous ni les nôtres, mais ils seront sévèrement punis. "
Charlemagne dans ses Capitulaires, tit. 1, chap 2.... Haut de page