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Explorations et
conquêtes |
Les
français pour la colonisation Gambetta pour l'expansion coloniale, Hugo : coloniser pour résoudre la question sociale, Ferry, un droit des races supérieures, Jaurès : colonisation à visage humain et gouvernement économique mondial Les adversaires de la colonisation Libéraux, royalistes, nationalistes. Anatole France : coûteuse pour le pays, au profit des milieux coloniaux. Indigènes Une réserve de chair à canon? |
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| La
marque discrète des souvenirs de l'esclavage inter-africain et musulman Nkhotakota, dimanche 13 janvier 2002, 377e jour, 5 229e km À Nkhotakota, dans un champ de maïs sur le bord du lac, nous trouvons les ruines de l'ancien marché aux esclaves et de sa mosquée. Il ne reste presque rien. Pas même un souvenir. À peine un pan de mur et une arcade scellée d'anneaux de fer forgé, dressée obstinément vers le ciel comme un ultime et résistant témoin de l'impensable. C'est dans un guide que nous avons appris l'existence de ces ruines, car ici tout le monde les a oubliées. Sur la plage, une tombe ensablée sert de tremplin pour les acrobaties des marmots. Ils se roulent dessus, rigolent et gesticulent sans savoir que c'est la tombe de Jumbé, chasseur d'esclaves, le bourreau qui a décimé leurs ancêtres il y a seulement deux ou trois générations. J'imagine des enfants cambodgiens gazouiller sur la tombe de Pol Pot. L'Afrique n'a pas de mémoire. Ça la perd autant que ça la sauve. Sonia se lance sur le sable dans un cours d'arithmétique. Les bambins enthousiastes et agglutinés font des additions et des multiplications sous la gouverne de leur institutrice de fortune. Je ne peux pas m'empêcher de songer aux sinistres calculs qui se tramaient sur le sable en ces lieux il y a un siècle encore. " Soixante hommes contre six fusils, ça va? " En 1870, Jumbé, chef local, vassal du sultan de Zanzibar, exportait depuis ce marché, sous cette arcade, dix mille esclaves par an. Il décimait la région avec les redoutables bandes armées des Rugas-Rugas et des troupes yaos. En tout, c'est cent mille esclaves par an qui embarquaient de ces plages de la côte ouest du lac, à bord de gros dhows, des embarcations zanzibarites sans quille à voile triangulaire, et qui débarquaient sur l'autre rive du lac, plus au nord, côté tanzanien. De là, ils marchaient enchaînés en caravanes, à la merci des pillards, de la malaria, des troupes de lions. Ceux qui ne portaient pas d'ivoire étaient bâtés de troncs afin qu'ils ne s'enfuient pas. Trente mille d'entre eux mouraient en chemin, les traînards et les malades étaient impitoyablement abattus... Des hordes de hyènes suivaient ces cortèges funèbres pendant des centaines de kilomètres, attendant leur ration nocturne. Des missionnaires et explorateurs de l'époque relatent avoir suivi pendant des semaines entières ces pistes jonchées d'os blanchis... Mais le calvaire des survivants n'était pas fini. De Kilwa ou de Dar es-Salaam, ils rembarquaient pour un périlleux voyage vers Zanzibar dans des conditions innommables, gisant dans leurs excréments, parmi les cadavres, sans eau ni nourriture, pour être vendus par le noble sultan aux pays du Moyen-Orient et à l'Inde. C'est étrange, mais ce côté-ci de la traite des esclaves est moins connu, moins recherché, moins documenté que celui de la côte ouest. Comme si le fait qu'elle était le crime des Arabes et des Orientaux, et non des planteurs de Louisiane et des cotonniers du Havre lui attribuait un exotisme tolérable... À l'ombre d'un large figuier sous lequel jadis le pasteur explorateur Livingstone prêcha contre ce sinistre commerce et négocia avec Jumbé une trêve en 1863 Source Afrika Trek livre et site ... Haut de page |
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| Esprit
d'aventure et fuite de la patrie : Les motivations d'un militaire à
la conquête de la mauritanie (vers 1908) A vingt ans, Maxence errait sans conviction dans les jardins empoisonnés du vice, mais en malade, et poursuivi par d'obscurs remords, troublé devant la malignité du mensonge, chargé de l'affreuse dérision d'une vie engagée dans le désordre des pensées et des sentiments. Son père s'était trompé : Maxence avait une âme. Il était né pour croire, et pour aimer et pour espérer. ... Pourtant, cet homme droit suivait une route oblique, une route ambiguë, et rien ne l'en avertissait, si ce n'est ce battement précipité du coeur, cette inquiétude lorsque, amoncelant des ruines, l'on se retourne, et que l'on contemple l'oeuvre maléfique du sacrilège. ... Dégoûté de tout. il ignorait la cause même de son dégoût, bien plus encore le moyen de redonner à sa vie un peu de ton. Pendant huit ans, de sa vingt-deuxième année, à sa sortie de Saint-Cyr, jusqu'à sa tren-tième, il avait erré à travers le monde et jeté à tous les ciels sa malédiction. ... Cette fois-ci, le destin conduisait le jeune officier vers le désert. Mot prestigieux, dont on a rêvé longtemps, sur lequel on s'est égaré, dans ces heures de spleen où le bruit fait mal, où il faut de la solitude et du silence. A peine a-t-il tourné le coin, et quitté les berges du Sénégal, Maxence frissonne d'impatience à cette belle chose qui est là-bas, derrière les mimosas du pays brackna, et dont il se fait mille images étranges et magnifiques. L'air pur emplit ses poumons, il aspire les chaudes bouffées qui viennent de l'est en vagues pressées. C'est la trêve. Il n'entendra plus parler la langue de sa patrie, il n'en saura plus rien. il oubliera toutes les misères, toutes les folies dont il a été le té-moin. L'espace s'ouvre devant lui, il s'y engouffre et la porte derrière lui se referme, sur un grand coup de vent nocturne. Ernest Psichari, Le voyage du centurion (1916) Version longue A vingt ans, Maxence errait sans conviction dans les jardins empoisonnés du vice, mais en malade, et poursuivi par d'obscurs remords, troublé devant la malignité du mensonge, chargé de l'affreuse dérision d'une vie engagée dans le désordre des pensées et des sentiments. Son père s'était trompé : Maxence avait une âme. Il était né pour croire, et pour aimer et pour espérer. Il avait une âme, faite à l'image de Dieu, capable de discerner le vrai du faux, le bien du mal. Il ne pouvait se résoudre à ce que la Vérité et la Pureté ne fussent que de vains mots, sans nul soutien. Il avait une âme, ô prodige, et une âme qui n'était pas faite pour le doute, ni pour le blasphème, ni pour la colère. Pourtant, cet homme droit suivait une route oblique, une route ambiguë, et rien ne l'en avertissait, si ce n'est ce battement précipité du coeur, cette inquiétude lorsque, amoncelant des ruines, l'on se retourne, et que l'on contemple l'oeuvre maléfique du sacrilège. Maxence avait été élevé loin de l'Eglise. Il était donc un malade qui ne pouvait en aucune façon connaître le remède, Dégoûté de tout. il ignorait la cause même de son dégoût, bien plus encore le moyen de redonner à sa vie un peu de ton. Pendant huit ans, de sa vingt-deuxième année, à sa sortie de Saint-Cyr, jusqu'à sa trentième, il avait erré à travers le monde et jeté à tous les ciels sa malédiction. Ainsi la bouche pleine d'injures, ignorant tout de l'onction chrétienne, mais pourtant reniflant, dans la France qu'il connaissait, le mensonge et la laideur. il fuyait de continent en continent, d'océan en océan, sans qu'aucune étoile le guidât à travers les variétés de la terre. Cette fois-ci, le destin conduisait le jeune officier vers le désert. Mot prestigieux, dont on a rêvé longtemps, sur lequel on s'est égaré, dans ces heures de spleen où le bruit fait mal, où il faut de la solitude et du silence. A peine a-t-il tourné le coin, et quitté les berges du Sénégal, Maxence frissonne d'impatience à cette belle chose qui est là-bas, derrière les mimosas du pays brackna, et dont il se fait mille images étranges et magnifiques. L'air pur emplit ses poumons, il aspire les chaudes bouffées qui viennent de l'est en vagues pressées. C'est la trêve. Il n'entendra plus parler la langue de sa patrie, il n'en saura plus rien. il oubliera toutes les misères, toutes les folies dont il a été le témoin. L'espace s'ouvre devant lui, il s'y engouffre et la porte derrière lui se referme, sur un grand coup de vent nocturne. Là. Maxence se trompait. Ce désert est plein de la France, on l'y trouve à chaque pas. Mais ce n'est plus la France que l'on voit en France, ce n'est plus la France des sophistes et des faux savants, ni des raisonneurs dénués de raison. C'est la France vertueuse, pure, simple, la France casquée de raison, cuirassée de fidélité. Nul ne la peut comprendre pleinement s'il n'est chrétien. Pourtant, sa vertu agit, pour peu que dans la fièvre on ait gardé le goût de la santé! Ernest Psichari, le voyage du centurion, ed l'harmattan, et sur le site Gallica ... Haut de page |
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| Traité
de protectorat avec un roi africain signé entre le bélédougou
et la France : 26 octobre 1881 (Niger) signé à Mamakorno, entre le chef peul Mamadi et le docteur Bayol. Tout au long de sa mission, Bayol a conclu d'innombrables traités avec les princes locaux, destinés àcontrer ceux signés par les Anglais. Celui-ci est stratégique puisque le Bélédougou est une véritable mine d'or. 1. Le Bélédougou, pays indépendant, déclare se placer sous le protectorat de la France. 2. Les Français, à l'exclusion des autres nations sont autorisés à venir dans le pays. 3. Ils pourront y commercer librement, établir des factoreries et résider sous la protection du chef et des habitants. 4. Les marchandises importées et exportées ne seront passibles d'aucun droit. 5. Les négociants établis dans le pays seront tenus seulement de payer une rente de 500 francs (valeur payée en marchandises) au roi du Bélédougou. 6. Ils s'entendront à l'amiable avec le chef pour la cession du terrain où ils voudront élever leur maison de commerce. Cité dans Aventuriers du monde, ed l'iconoclaste, ... Haut de page |
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| Anatole
France : coûteuse pour le pays, au profit de quelques milieux coloniaux. "On conçoit que, dans l'état actuel du monde, des peuples qui font beaucoup d'enfants et fabriquent beaucoup de produits cherchent au loin des territoires ou des marchés et s'en assurent la possession par ruse et violence. Mais nous! mais notre peuple économe attentif à n'avoir d'enfants que ce que la terre natale en peut facilement porter, qui produit modérément et ne court pas volontiers les aventures lointaines; mais la France qui ne sort guère de son jardin, qu'a-t-elle besoin de colonies? Elle a dépensé à profusion des hommes et de l'argent pour que le Congo, l'Annam, le Tonkin, la Guyane et Madagascar achètent des cotonnades à Manchester, ... Elle a, pendant soixante-dix ans, dépouillé, chassé, traqué les Arabes pour peupler l'Algérie d'Italiens et d'Espagnols! ... il faut considérer que, si le peuple français n'a nul avantage à posséder des terres en Afrique et en Asie, les chefs de son gouvernement trouvent, au contraire, des avantages nombreux à lui en acquérir. Ils se concilient par ce moyen la marine et l'armée ... Ils se concilient le clergé ... en attribuant des territoires aux missions catholiques. Ils réjouissent les armateurs,constructeurs, fournisseurs militaires qu'ils comblent de commandes. Ils se font dans le pays une vaste clientèle en concédant des forêts immenses et des planteurs innombrables. Et, ce qui leur est plus précieux encore, ils fixent à leur majorité tous les brasseurs d'affaires et tous les courtiers marrons du Parlement. Enfin, ils flattent la foule, orgueilleuse de posséder un empire jaune et noir qui fait pâlir d'envie l'Allemagne et l'Angleterre. Ils passent ... pour de grands hommes d'Etat. ... persuadés que la plus nuisible des expéditions lointaines leur coûtera moins de peines et leur attirera moins de dangers que la plus utile des réformes sociales. Anatole France, Sur la pierre blanche, Paris, Calmann-Lévy, 1905, pages 226-230. Source herodote.net ... Haut de page |
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| Une
réserve de chair à canon? Les indigènes de l'Empire français ont payé un tribut conséquent à la Grande Guerre (1914-1918) : - 175.000 Algériens sont mobilisés (dont 35.000 tués ou disparus), - 40.000 Marocains (dont 12.000 tués ou disparus), - 80.000 Tunisiens (dont 21.000 tués ou disparus), - 40.000 Marocains (dont 12.000 tués ou disparus), - 180.000 Africains noirs (dont 25.000 tués ou disparus), - 41.000 Malgaches (dont 2.500 tués ou disparus), - 49.000 Indochinois (dont 1.600 tués ou disparus) Le général Charles Mangin, auteur avant la guerre d'un livre à succès, La Force noire,voyait dans l'Empire une réserve inépuisable de chair à canon susceptible de compenser la faiblesse de la population métropolitaine en cas de conflit avec l'Allemagne Source herodote.net .... Haut de page |
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| Les
adversaires de la colonisation Libéraux Jean-Baptiste Say : "Les vraies colonies d'un peuple commerçant, ce sont les peuples indépendants de toutes les parties du monde. Tout peuple commerçant doit désirer qu'ils soient tous indépendants pour devenir plus industrieux et plus riches, car plus ils seront nombreux et productifs, plus ils présenteront d'occasions et de facilités pour les échanges. Les peuples deviennent alors pour nous des amis utiles et qui ne nous obligent pas de leur accorder des monopoles onéreux, ni d'entretenir à grands frais des administrations, une marine et des établissements militaires aux bornes du monde. Un temps viendra où on sera honteux de tant de sottise et où les colonies n'auront plus d'autres défenseurs que ceux à qui elles offrent des places lucratives à donner et à recevoir, le tout aux dépens du peuple." Jean Baptiste Say, 1830. Source herodote.net Nationalistes Paul Déroulède: "J'ai perdu deux soeurs, l'Alsace et la Lorraine, et vous m'offrez vingt domestiques !" Georges Clemenceau, "Races supérieures ? Races inférieures, c'est bientôt dit ! Pour ma part, j'en rabats singulièrement depuis que j'ai vu des savants allemands démontrer scientifiquement que la France devait être vaincue dans la guerre franco-allemande parce que le Français est d'une race inférieure à l'Allemand..." Clémenceau, discours du 31 juillet 1885 à la Chambre des députés. ... Haut de page |
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| Jaurès
: colonisation à visage humain et gouvernement économique
mondial : "Nous aurons beau dénoncer toutes les vilenies, toutes les corruptions, toutes les cruautés du mouvement colonial, nous ne l'arrêterons pas". "La première c'est de veiller constamment à ce que les compétitions coloniales des divers peuples ne puissent jamais aboutir entre eux à la guerre. La deuxième sera de demander pour les peuples vaincus ou les races soumises de l'Asie, de l'Amérique, de l'Afrique, le traitement le plus humain, le maximum de garanties. Enfin, il me semble que les socialistes devraient avoir comme troisième règle de marquer de plus en plus d'un caractère international les principales forces économiques que se disputent avidement les peuples". Jaurès, La Petite République (17 mai 1896) Source herodote.net ... Haut de page |
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| Ferry,
un droit des races supérieures "Il faut dire ouvertement que les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures. Je répète qu'il y a pour les races supérieures un droit, parce qu'il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures" (28 juillet 1885). Source herodote.net ... Haut de page |
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| Gambetta
pour l'expansion coloniale "Pour reprendre véritablement le rang qui lui appartient dans le monde, la France se doit de ne pas accepter le repliement sur elle-même. C'est par l'expansion, par le rayonnement dans la vie du dehors, par la place qu'on prend dans la vie générale de l'humanité que les nations persistent et qu'elles durent ; si cette vie s'arrêtait, c'en serait fait de la France". Source herodote.net ... Haut de page |
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| Hugo
: coloniser pour résoudre la question sociale "Dieu offre l'Afrique à l'Europe. Prenez-la. Prenez-la, non pour le canon, mais pour la charrue ; non pour le sabre, mais pour le commerce ; non pour la bataille, mais pour l'industrie ; non pour la conquête, mais pour la fraternité. Versez votre trop-plein dans cette Afrique, et du même coup résolvez vos questions sociales, changez vos prolétaires en propriétaires. Allez, faites ! Faites des routes, faites des ports, faites des villes ; croissez, cultivez, colonisez, multipliez" 18 mai 1879. Source herodote.net ... Haut de page |
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