Révolution française
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La Loi le Chapelier: Origines et conséquences du libéralisme
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Questions et commentaires
 

 

Le cours peut commencer avec ce texte qui montre le rôle des corporations dans la fixation du prix du travail avant la révolution

Il peut continuer sur la misère ouvrière au XIXe siècle

 
Déclaration des droits de l'Homme et du Citoyen, déclaration générale des droits votée par l'Assemblée nationale constituante le 26 août 1789
Article 2 - Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l'homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l'oppression.
Article 17 - La propriété étant un droit inviolable et sacré, nul ne peut en être privé, si ce n'est lorsque la nécessité publique, légalement constatée, l'exige évidemment, et sous la condition d'une juste et préalable indemnité.
Dans l'esprit des libéraux révolutionanires comme le Chapelier, c'est le principe de liberté absolue posé par la déclaration des droits de l'homme qui condamne la contrainte collective que représentait les corporations
 

La loi Le Chapelier
Député du tiers état aux États généraux de 1789 et membre de l'Assemblée constituante, l'avocat français Isaac René Guy Le Chapelier laisse son nom à la loi interdisant les corporations et associations de travailleurs. Ce texte du 14 juin 1791 isole les ouvriers qui perdent, jusqu'à l'abrogation de la loi en 1884, le droit de grève et le pouvoir de se constituer en syndicats.

 

Article premier - L'anéantissement de toutes espèces de corporations des citoyens du même état ou profession étant une des bases fondamentales de la constitution française, il est défendu de les rétablir de fait, sous quelque prétexte et quelque forme que ce soit.

 

Art. 2 - Les citoyens du même état ou profession, les entrepreneurs, ceux qui ont boutique ouverte, les ouvriers et compagnons d'un art quelconque, ne pourront, lorsqu'ils se trouveront ensemble, se nommer ni président, ni secrétaires, ni syndics, tenir des registres, prendre des arrêtés ou délibérations, former des règlements sur leurs prétendus intérêts communs.

C'est la définition actuelle de l'association
 

Art. 3 - Il est interdit à tous les corps administratifs ou municipaux de recevoir aucune adresse ou pétition pour la dénomination d'un état ou profession, d'y faire aucune réponse ; et il leur est enjoint de déclarer nulles les délibérations qui pourraient être prises de cette manière, et de veiller soigneusement à ce qu'il ne leur soit donné aucune suite ni exécution.

Cela veut dire qu'une corporation pouvait faire transformer ses décisions en lois s'imposant à tous
 

Art. 4 - Si, contre les principes de la liberté et de la constitution, des citoyens attachés aux mêmes professions, arts et métiers, prenaient des délibérations […] tendant à n'accorder qu'à un prix déterminé le secours de leur industrie ou de leurs travaux, lesdites délibérations et conventions, […], sont déclarées […], attentatoires à la liberté et à la déclaration des droits de l'homme, et de nul effet […]
Les auteurs, chefs, et instigateurs, qui les auront provoquées, rédigées ou présidées, seront cités devant le tribunal de police, à la requête du procureur de la commune, condamnés chacun en cinq cents livres d'amende, et suspendus pendant un an de l'exercice de tous droits de citoyen actif, et de l'entrée dans toutes les assemblées primaires. […]

Article essentiel qui montre que les corporations définissaent surtout un prix du travail (tarif), convenu entre représentants des compagnons et des maîtres, ce qui correspond aux actuelles conventions collectives
 

Art. 6 - Si lesdites délibérations ou convocations […] contenaient quelques menaces contre les entrepreneurs, artisans, ouvriers ou journaliers étrangers qui viendraient travailler dans le lieu, ou contre ceux qui se contenteraient d'un salaire inférieur, tous auteurs, instigateurs et signataires des actes ou écrits, seront punis d'une amende de mille livres chacun et de trois mois de prison.

Ceux qui ne respectaient pas les tarifs corporatifs subissaient des représailles qui n'étaient pas réellement réprimées par la police

Art. 7 - Ceux qui useraient de menaces ou de violences contre les ouvriers usant de la liberté accordée par les lois constitutionnelles au travail et à l'industrie, seront poursuivis par la voie criminelle et punis suivant la rigueur des lois, comme perturbateurs du repos public.

  Art. 8 - Tous attroupements composés d'artisans, ouvriers, compagnons, journaliers, ou excités par eux contre le libre exercice de l'industrie et du travail […], et […] toute espèce de conditions convenues de gré à gré [ salaires librement définis], […], seront tenus pour attroupements séditieux, et, comme tels, ils seront dissipés par les dépositaires de la force publique, […] et punis selon toute la rigueur des lois.
Source : Fohlen (C.), Suratteau (J. R.), Textes d'histoire contemporaine, Paris, SEDES, 1967.

Enquête et réflexions sur la misère ouvrière par Villeneuve Bargemont, préfet ultra- royaliste

" Pour la société, une manufacture ne vaut la peine d'être exploitée que quand elle peut maintenir ses ouvriers dans un état de tolérable aisance. Pour le chef de la manufacture , il suffit qu'elle rapporte des profits , dussent ses ouvriers languir et périr enfin de misère. "
" Les manufacturiers de coton ont réduit successivement leurs ouvriers d'un salaire de 20 sous par jour à 13, à,12, et enfin à 8 sous. Leurs intérêts ayant été absolument séparés de ceux de leurs ouvriers, ils n'ont eu à s'occuper, en traitant avec eux , que des moyens de s'assurer leurs services au plus bas prix possible, au moment où ils en avaient besoin. Ils les renvoient [ et licencient ] dans leur maladie, leur vieillesse, ou dans les saisons mortes , pour que la charité publique , les hôpitaux (en Angleterre la paroisse) pourvoient à leur misérable existence.
Alban de Villeneuve Bargemont, ancien préfet du département du Nord sous Charles X, Economie politique chrétienne ou recherche sur la nature du paupérisme en France et en Europe et sur les moyens de le soulager et de le prévenir 1834

 

La libre fixation des salaires a abouti a une très forte baisse de ceux ci et explique l'effroyable misère ouvrière des débauts du XIXe siècle, et les révolutions violentes qui ont suivi

Villeneuve bargemont était une des représentants du courant ultra-royaliste et de sa volonté de rétablir un ancien régime social, favorable aux ouvriers