La philosophie des lumières
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La souveraineté de la raison et de l'égoïsme organisateur

( Dossier ) Qui sont les philosophes : l'honnête homme, l'espion, et l'inspirateur des sociétés de pensée
Liberté de la raison
Inégale répartition de la raison
Danger ou utilité de la religion

La religion des lumières
( Dossier ) Une pédagogie totalitaire
Liberté et égalité de souveraineté
Soumission a la volonté générale
Liberté, égalité, propriété

Le Code Civil : au service d'un égoïsme organisateur

Qui sont les philosophes : éloge du philosophe par Diderot
L'influence des philosophes sur la révolution, par l'intermédiaire des sociétés de pensée.
Liberté de la raison
Lutter contre les préjugés pour défendre la tolérance et l'humanité
Défense du chevalier de la Barre
Tolérance entre idées différentes et inégalité des races
Inégale répartition de la raison
Voltaire : faible nombre des hommes raisonnables Ce qui suppose une représentation politique limitée pour les hommes de l'Assemblée Nationale comme Siéyès en 1790 et pour ceux de Thermidor et l'exclusion des femmes de la politique Diderot : les femmes sont trop généreuses
Humanisme paradoxal
L'amour des hommes en général et misanthropie personnelle qui rejoint le racisme de Voltaire
Danger ou utilité de la religion
Bayle : Possibilité d'une société d'athées parfaitement morale
Montesquieu : le christianisme fait de bons citoyens et apporte la paix aux princes
Rousseau : chrétiens rebelles naturels
La religion des lumières
Voltaire : l'homme est un simple rouage, de la foi en Dieu à la croyance au Destin
recherche des prodiges et de l'ésotérisme dans le Paris des lumières
La religion est un mors et une bride pour l'ordre social ce qui est à la base du Concordat pour Lucien Bonaparte
( dossier )Une pédagogie du contrôle des sensations

Liberté et égalité de souveraineté
Hobbes : l'absolutisme pour se protéger de la violence ***
Locke : le peuple a le droit de changer les institutions
Diderot : liberté de ne pas être commandés pour ceux qui jouissent de la raison
Voltaire : ultra-courtisan des despotes éclairés
Montesquieu : limitation des pouvoirs du gouvernement par le principe de séparation des p
ouvoirs
Soumission à la Volonté Générale
Rousseau : limitation des pouvoirs par la souveraineté du peuple
Rousseau : Se soumettre à la volonté générale ou être forcé d'être libre Son application dans le principe représentatif par Sieyès
Déclaration des droits de l'homme : la Nation souveraine a les mêmes pouvoirs que la Volonté Générale
Les fêtes révolutionnaires : une propagande pour la liberté. L'oeuvre inachevée de la convention. Thermidor : Un gouvernement des gens réfléchis protégés par le suffrage censitaire .
Liberté, égalité, propriété

Montesquieu : la loi de l'égoïsme universel, Code Napoléon : les femmes sont trop généreuses
***Stuart Mill : heureuse conjonction des égoïsmes
Jaucourt : l'égalité naturelle aboutit à la liberté de pensée
Rousseau : une modération volontaire des trop grandes inégalités matérielles
Mirabeau : la politique est une redistribution des jouissances

Déclaration des droits de l'homme : liberté, égalité, propriété
Le Code Civil : au service d'un égoïsme organisateur
Réalisé sous la direction de Napoléon avec des anciens députés de l'Assemblée Nationale Constituante.
Il proclame le droit de jouir de manière absolue de ses propriétés, et utilise les sentiments pour donner une illusion de liberté
alors que c'est intérêt qui forme le lien ultime des sociétés car il entretient les liens familiaux par des obligations financières, ainsi la dot entretient le respect des enfants pour leur vieille mère.
Le Code Napoléon détruit aussi les grandes familles, les majorats semblent reconstituer une noblesse mais celle ci est étroitement soumise au pouvoir.
 

. .Liberté de la raison
L'esprit des Lumières : Lutter contre les préjugés pour défendre la tolérance et l'humanité
« Il se forma bientôt en Europe une classe d'hommes [...] qui, se dévouant à poursuivre les préjugés dans les asiles où le clergé, les écoles, les gouvernements, les corporations anciennes les avaient recueillis et protégés, mirent leur gloire à détruire les erreurs populaires. [...] En France, Bayle, Fontenelle, Voltaire, Montesquieu combattirent en faveur de la raison[...], toujours unis pour faire regarder l'indépendance de la raison, la liberté d'écrire comme le droit, comme le salut du genre humain ; s'élevant avec une infatigable énergie, contre tous les crimes du fanatisme et de la tyrannie ; poursuivant dans la religion, dans l'administration, dans les moeurs, dans les lois tout ce qui portait le caractère de l'oppression, de la dureté, de la barbarie [...]; prenant enfin pour cri de guerre, raison, tolérance, humanité. »
Condorcet, Esquisse d'un tableau historique des progrès de l'esprit humain, 1793.... retour chapitre / retour plan
Défense de la liberté de raisonner au nom de la Tolérance
" Lorsque le chevalier de La Barre, jeune homme de beaucoup d'esprit, mais ayant toute l'étourderie d'une jeunesse effrénée, fut convaincu d'avoir chanté des chansons impies et même d'avoir passé devant une procession de capucins sans avoir ôté son chapeau, les juges d'Abbeville ordonnèrent non seulement qu'on lui arrachât la langue, qu'on lui coupât la main et qu'on brûlât son corps à petit feu ; mais ils l'appliquèrent encore à la torture pour savoir précisément combien de chansons il avait chantées, et combien de processions il avait vues passer, le chapeau sur la tête. "
Voltaire. Dictionnaire philosophique, 1764 (article "Torture").
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Principe de tolérance entre frêres
" Ce n'est donc plus aux hommes que je m'adresse, c'est à toi, Dieu de tous les êtres, de tous les mondes et de tous les temps... Tu ne nous as point donné un coeur pour nous haïr et des mains pour nous égorger... Puissent tous les hommes se souvenir qu'ils sont frères ! "
Voltaire. Traité de tolérance.
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Inégale répartition de la raison
Voltaire : la raison n'est donnée qu'à un très petit nombre d'hommes
" La multitude des bêtes brutes appelées hommes, estime Voltaire, comparée avec le petit nombre de ceux qui pensent, est au moins dans la proportion de cent à un chez beaucoup de nations ",
(8) Voltaire, Dictionnaire philosophique (1764), article " Homme ", Oeuvres complètes..., Paris, t. 19, 1879, p. 383 Xavier Martin, Nature Humaine et Révolution française, DMM, 2002 p.274

Diderot : Trop grande générosité des femmes
Méfiez-vous de la chaleur de votre tête, qui sans cela vous mènera souvent trop loin; et du premier mouvement de votre coeur facile, qui vous conseillera de bonnes actions indiscrètes "
Diderot, Correspondance, 16 vol., op. cita, t. 9, Paris, 1963, p. 41, lettre du 24 mars 1769. Xavier Martin, Mythologie du Code Napoléon, DMM; 2003 p. 273
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Humanisme paradoxal
G. Gusdorf : Aimer les hommes en général pour ne pas avoir à les aimer en particulier
" L'intellectuel des Lumières, observe-t-il, a une vocation de vieux garçon, comme Locke et Hume, comme Fontenelle, Voltaire, d'Alembert ou comme le professeur Kant. (...) Il
" Il faut admettre, chez ces esprits éclairés, l'existence d'une carence affective que ne compensent pas les professions de foi en l'humanité, le cosmopolitisme et la philanthropie. Ils aiment trop les hommes en général pour conserver la possibilité de les aimer en particulier " (85).
on connaît la misère affective de Rousseau, tant eu égard à ses parents que par rapport à ses enfants, dont l'abandon dicte à sa plume tant de sophismes désarmants. D'Alembert, quant à lui, est non seulement un enfant naturel, mais qui plus est il lui faut endurer la déchirure d'être renié positivement par sa mère, Mme de Tencin (a). Julie de Lespinasse ignore le nom de son père. Diderot, Helvétius, d'Holbach ont une vie familiale assez gravement déficitaire en affection.
(a) É. Badinter, Les Passions intellectuelles..., I, op. cit., p. 260-261. " À la honte de la bâtardise s'ajoutait ainsi le chagrin inconsolable du déni maternel. (...) Cette sinistre histoire est à l'évidence l'élément essentiel chez d'Alembert, qui commande le reste (...) "(p. 261).
Xavier Martin, Mythologie du Code Napoléon, DMM; 2003 p.235
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Danger ou utilité de la religion
Pierre Bayle : Une société d'athées peut être parfaitement morale
Une société d'athées pratiquerait les actions civiles et morales aussi bien que les pratiquent les autres sociétés, pourvu qu'elle fît sévèrement punir les crimes et qu'elle attachât de l'honneur et de l'infamie à certaines choses. Comme l'ignorance du premier Etre Créateur et Conservateur du monde n'empêcherait pas les membres de cette société d'être sensibles à la gloire et au mépris, à la récompense et à la peine et à toutes les passions qui se voient dans les autres hommes, et n'étoufferait pas toutes les lumières de la raison, on verrait parmi eux des gens qui auraient de la bonne foi dans le commerce, qui assisteraient les pauvres, qui s'opposeraient à l'injustice, qui seraient fidèles à leurs amis..."
Pierre BAYLE Pensées sur la comète (1682)... retour chapitre / retour plan
Montesquieu : On ne peut prouver la fausseté d'une religion ou de l'athéisme par ses méfaits et le christianisme fait aussi notre bonheur dans cette vie en apportant la sécurité aux princes.
M. Bayle a prétendu prouver qu'il valait mieux être athée qu'idolâtre; c'est-à-dire, en d'autres termes, qu'il est moins dangereux de n'avoir point du tout de religion, que d'en avoir une mauvaise. "J'aimerais mieux, dit-il que l'on dit de moi que je n'existe pas, que si l'on disait que je suis un méchant homme. "Ce n'est qu'un sophisme, fondé sur ce qu'il n'est d'aucune utilité au genre humain que l'on croie qu'un certain homme existe, au lieu qu'il est très utile que l'on croie que Dieu est. De l'idée qu'il n'est pas suit l'idée de notre indépendance; ou, si nous ne pouvons pas avoir cette idée, celle de notre révolte. Dire que la religion n'est pas un motif réprimant, parce qu'elle ne réprime pas toujours, c'est dire que les lois civiles ne sont pas un motif réprimant non plus. C'est mal raisonner contre la religion, de rassembler dans un grand ouvrage une longue énumération de maux qu'elle a produits, si l'on ne fait de même celle des biens qu'elle a faits. Si je voulais raconter tous les maux qu'ont produits dans le monde les lois civiles, la monarchie, le gouvernement républicain, je dirais des choses effroyables" (...)
Pendant que les princes mahométans donnent sans cesse la mort ou la reçoivent, la religion,chez les chrétiens, rend les princes moins timides (craintifs), et par conséquent moins cruels. Le prince compte sur ses sujets, et les sujets sur le prince Chose admirable! La religion chrétienne, qui ne semble avoir objet que la félicité de l'autre vie, fait encore notre bonheur dans celle-ci."
MONTESQUIEU De l'esprit des Lois... retour chapitre / retour plan
Montesquieu répond à Bayle : les chrétiens sont des bons citoyens
M.Bayle, après avoir insulté toutes les religions, flétrit la religion chrétienne:il ose avancer que de véritables chrétiens ne formeraient pas un Etat qui pût subsister. Pourquoi non? Ce seraient des citoyens infiniment éclairés sur leurs devoirs, et qui auraient un très grand zèle pour les remplir; ils sentiraient très bien les droits de la défense naturelle; plus ils croiraient devoir à la religion plus ils penseraient devoir à la patrie. Les principes du christianisme, bien gravés dans le coeur, seraient infiniment plus forts que ce faux honneur des monarchies, ces vertus humaines de la république, et cette crainte servile des états despotiques."
MONTESQUIEU De l'esprit des Lois Livre XXIV ch 2,3 et 6 édition Derathé ... retour chapitre / retour plan
Rousseau : Les chrétiens sont des sources de division et des rebelles en puissance
"Ce fut dans ces circonstances que Jésus vint établir sur la terre un royaume spirituel, ce qui, séparant le système théologique du système politique, fit que l'Etat cessa d'être un et causa les divisions intestines qui n'ont jamais cessé d'agiter les peuples chrétiens. Or cette idée nouvelle d'un royaume de l'autre monde n'ayant jamais pu entrer dans la tête des païens, ils regardèrent toujours les chrétiens comme de vrais rebelles qui, sous une hypocrite soumissionne cherchaient que le moment de se rendre indépendants et rnaîtres, et d'usurper adroitement l'autorité qu'ils feignaient de respecter dans leur faiblesse.
ROUSSEAU Du contrat social Livre IV,ch VIII... retour chapitre / retour plan
Voltaire : La liberté de l'homme est entièrement déterminée
" [les] lois éternelles du mouvement sont également exécutées par la main de l'homme charitable, qui secourt le pauvre, et par la main du scélérat, qui égorge son frère " Voltaire, Histoire de Jenni ou l'Athée et le Sage, par M Sherloc... (1775), dans ses Romans et Contes, Paris, 1966, réimpr. 1998, [p. 611-668], p. 657.
" Faibles automates mus par la main invisible qui nous dirige sur cette scène du monde, qui de nous a pu apercevoir le fil qui nous conduit? " Voltaire, rubrique," Âme ", ibid. ***(passage non daté), Oeuvres..., t. 26, Paris, 1829, p. 201.... retour chapitre / retour plan

La religion des lumières

Voltaire : l'homme est un rouage
" Je conviens avec vous que le néant vaut, généralement parlant, beaucoup mieux que la vie, le néant a du bon ; consolons-nous, nous en tâterons. Il est bien clair que nous serons après notre mort ce que nous étions avant de naître, mais pour les deux ou trois minutes de notre existence, qu'en ferons-nous? Nous sommes de petites roues de la grande machine, de petits animaux à deux pieds,
à Mme du Deffand Xavier Martin, Nature Humaine et Révolution française, DMM, 2002 p. 37
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Explosion d'ésotérisme et de mystères à l'époque de la raison et des lumières
" On est persuadé qu'il existe dans la nature des puissances, des esprits invisibles, des sylphes, qui peuvent être à la disposition des hommes; que la plupart des phénomènes de la nature, toutes nos actions tiennent à des ressorts cachés, à un ordre d'êtres inconnus; (...) que la fatalité, les destinées même sont déterminées par des génies particuliers qui nous guident à notre insu, sans que nous apercevions les fils qui nous tiennent; enfin, que nous ressemblons tous en ce bas monde à de vrais pantins (...). Ce goût pour les choses voilées (...) est devenu général dans Paris, et occupe aujourd'hui tous les gens aisés. En 1784, sous la plume du médecin Paulet, Xavier Martin, Mythologie du Code Napoléon, DMM; 2003 p..346
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Voltaire : La religion garantit l'ordre social
" Je ne crois pas, énonce-t-il sans détour, qu'il y ait dans le monde un bourgmestre, un podestat, ayant seulement quatre cents chevaux appelés hommes à gouverner, qui ne voit évidemment qu'il faut leur mettre un dieu dans la bouche pour leur servir de mors et de brides ".
à la duchesse de Choiseul, épouse du principal ministre de Louis XV, Xavier Martin, Nature Humaine et Révolution française, p. 23
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Lucien Bonaparte : le concordat utilise la religion pour assurer l'ordre social
" [les cultes] fussent-ils des erreurs, ces erreurs deviennent sacrées puisqu'elles sont nécessaires au bonheur des hommes ; et l'incrédulité qui calcule avec froideur, qui décompose avec ironie, fût-elle la vérité même, n'en serait pas moins la plus fatale ennemie des individus, des familles, des peuples et des gouvernements "
Lucien Bonaparte, rapporteur du concordat auprès du Tribunat.18 germinal an X, 8 avril 1802: Arch. parlem., 2/3/451/1, m.s.o. Xavier Martin, Nature Humaine et Révolution française, DMM, 2002 p. 234
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Liberté et égalité de souveraineté
Locke et le droit de résistance : le peuple a le droit de changer les institutions
Le peuple supportera même sans révolte ni murmures, de grosses erreurs de la part des gouvernants, bien des lois injustes et gênantes, et toutes les erreurs auxquelles est sujette la fragilité humaine. Mais si une longue suite d'abus, de prévarications et d'artifices tendant au même but rend l'intention des gouvernements évidente pour le peuple (le peuple ne peut s'empêcher de sentir ce à quoi il est exposé ni voir où on le mène), on ne doit pas s'étonner qu'il se soulève et tente de confier le gouvernement à des gens qui poursuivent effectivement les fins qui ont motivé, à l'origine, l'institution du gouvernement. Car faute des les poursuivre, des régimes anciens aux constitutions magnifiques sont finalement pires que l'état de nature ou l'anarchie; la gravité et l'imminence du mal sont en effet les mêmes, mais la guérison est plus longue et plus difficile...
Pour conclure, le pouvoir que chaque individu remet à la société, lorsqu'il y entre, ne peut jamais faire retour aux individus aussi longtemps que la société subsiste; mais il reste détenu par la communauté, parce que sans cela, il ne saurait exister ni communauté, ni Etat, ce qui serait contraire à la convention initiale. De même, quand la société a remis le pouvoir législatif à une assemblée et que ses membres et leurs successeurs le gardent avec les directives et les pouvoirs nécessaires pour assurer la nomination de ces derniers, le pouvoir législatif ne peut jamais faire retour au peuple tant que le gouvernement subsiste. En donnant au pouvoir législatif la possibilité de se maintenir indéfiniment le peuple lui a cédé son pouvoir politique et ne peut le lui reprendre.
Mais, par contre, s'il a fixé des limites à la durée du pouvoir législatif et n'a remis ce pouvoir suprême que pour un temps à une personne ou à une assemblée , ou encore, si, par leurs fautes, ceux qui exercent ce pouvoir le perdent, en raison de cette forfaiture, ou à la fin du temps prescrit, le pouvoir législatif fait retour à la société. Dès lors, le peuple est en droit d'agir en souverain, de conserver pour lui-même le pouvoir législatif, ou d'instituer un nouveau régime, ou encore en conservant l'ancien, de le remettre en d'autres mains, suivant qu'il le juge à propos."
John Locke Traité du gouvernement civil (1690)
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Liberté de ne pas être commandés pour ceux qui jouissent de la raison
" Aucun homme n'a reçu de la nature le droit de commander aux autres. La liberté est un présent du ciel et chaque individu a le droit d'en jouir aussitôt qu'il jouit de la raison ".
Diderot. L'Encyclopédie, 1751-1772 (article "autorité politique").
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Voltaire : ultra-courtisan des despotes éclairés

Catherine est bientôt, il le dit, " devenue ma passion dominante " (a), elle est, lui écrit-il, " l'admirable autocratrice, victorieuse, pacificatrice, législatrice " (b), il vante sa " supériorité sur les autres êtres pensants ... car je compte les autres êtres pour rien "(c).
" Nous sommes trois, lui dit-il aussi, Diderot, d'Alembert et moi, qui vous dressons des autels. Vous me rendez païen. Je suis avec idolâtrie, Madame, aux pieds de votre majesté, mieux qu'avec un profond respect, le prêtre de votre temple. Voltaire " (d).
(a) À Catherine 11, 28 août 1770: Corr., t. 10, p. 398. (b) Idem, 6 octobre 1774: Corr., t. 11, p. 804. (c) Idem, 2 mars : ibid., p. 624 (d) À Catherine 11, 22 décembre 1766: Corr., t. 8, p. 789. Xavier Martin, Nature Humaine et Révolution française, DMM, 2002 p.223
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Limitation des pouvoirs du gouvernement par le principe de séparation des pouvoirs

" Tout serait perdu si le même homme exerçait ces trois pouvoirs : celui de faire des lois, celui d'exécuter les résolutions publiques et celui de juger des crimes des particuliers... Chez les Turcs où ces trois pouvoirs sont réunis sur la tête du sultan, il règne un affreux despotisme ".
Montesquieu. De l'esprit des lois, 1748
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Soumission à la Volonté Générale

Limitation des pouvoirs par la souveraineté du peuple
" Le peuple soumis aux lois en doit être l'auteur... La puissance législative appartient au peuple et ne peut appartenir qu'à lui... "
Rousseau. Le contrat social, 1762
" Le souverain n'est qu'un arbitre, s'il est indigne et injuste, le recours à la force est permis ".
Rousseau. Le Contrat social, 1762
"Je tiens pour impossible que les grandes monarchies de l'Europe aient encore longtemps à durer ".
Rousseau
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Rousseau : Se soumettre à la volonté générale ou être forcé d'être libre
"Trouver une forme d'association qui défende et protège de toute la force commune la personne et les biens de chaque associé, et par laquelle chacun, s'unissant à tous, n'obéisse pourtant qu'à lui-même, et reste aussi libre qu'auparavant" : Tel est le problème fondamental dont le contrat social donne la solution.
(...) Ces clauses, bien entendues, se réduisent toutes à une seule: savoir, l'aliénation totale de chaque associé avec tous ses droits à toute la communauté.
Si donc on écarte du pacte social ce qui n'est pas de son essence, on trouvera qu'il se réduit aux termes suivants: "Chacun de nous met en commun sa personne et toute sa puissance sous la suprême direction de la volonté générale ; et nous recevons encore chaque membre comme partie indivisible du tout. "
(...) En effet chaque individu peut comme homme avoir une volonté particulière contraire ou dissemblable à la volonté générale qu'il a comme citoyen. Son intérêt particulier peut lui parler tout autrement que l'intérêt commun [ pour ] que le pacte social ne soit pas un vain formulaire, il renferme tacitement cet engagement qui seul peut donner la force aux autres, que quiconque refusera d'obéir à la volonté générale y sera contraint par tout le corps : ce qui ne signifie autre chose sinon qu'on le forcera d'être libre ; car telle est la condition qui donnant chaque citoyen à la Patrie le garantit de toute dépendance personnelle.
Rousseau, Du contrat Social, 1762, in Pierre Benazet, Anthologie de la pensée politique dans le monde, La société des écrivains, 2005; p 430-431... retour chapitre / retour plan
Déclaration des droits de l'homme : la Nation souveraine a les mêmes pouvoirs que la Volonté Générale
Art. 3. Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la Nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d'autorité qui n'en émane expressément. 26 août 1789
La propagande par les fêtes révolutionnaires
" [pour trouver] un moyen infaillible de communiquer incessamment, tout à l'heure, à tous les Français à la fois, des impressions uniformes et communes, dont l'effet soit de les rendre tous ensemble dignes de la Révolution [il faut imiter] les grandes liturgies civiques de l'Antiquité " qui faisaient qu'au même jour, au même instant, chez tous les citoyens, dans tous les âges et dans tous les lieux, tous recevaient les mêmes impressions par les sens, par l'imagination, par la mémoire, par le raisonnement, par tout ce que l'homme a de facultés "
Rabaut Saint-Étienne, exprimée le 21 décembre 1792, Arch parlem., 1/55/346/1 Xavier Martin, Nature Humaine et Révolution française, DMM, 2002 p.123
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Le régime thermidorien : un gouvernement réfléchi, protégé du peuple par un suffrage étroitement censitaire
Quant à la Constitution de l'an VIII, à laquelle Cabanis a oeuvré, elle a le grand mérite de supprimer l'inconvénient majeur de la précédente, en ôtant tout effet politique aux processus électoraux " Voilà la bonne démocratie. La voilà avec tous ses avantages (...). Tout se fait pour le peuple et en son nom, rien ne se fait par lui ni sous sa dictée irréfléchie "
Cabanis, Quelques considérations sur l'organisation sociale en général, et particulièrement sur la nouvelle constitution, Paris, an VIII (fin décembre 1799) ; cité par Picavet, op. cit., p. 223, note 1. Xavier Martin, Nature Humaine et Révolution française, DMM, 2002 p.218
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Liberté, égalité, propriété
La loi de l'égoïsme universel
Montesquieu : " C'est un principe de grandes maladies que la bonté du coeur ".
Montesquieu, Cahiers, op. cit., p. 40. Xavier Martin, Mythologie du Code Napoléon, DMM; 2003 p. 272

Code Napoléon: les femmes sont trop généreuses.
Un orateur du tribunat, en mars 1804, dit de la femme mariée qu'il n'est que trop exact " que sa faiblesse, sa bonté, sa dangereuse sensibilité, lui restent toujours; (...). Ce sont là de vrais ennemis qui l'obsèdent sans relâche " (4). Lahary; au corps législatif, sur l'expropriation forcée, 28 ventôse an XII; 19 mars 1804 : arch. parlem., 2/6/165/2. Xavier Martin, Mythologie du Code Napoléon, DMM; 2003 p.
16 ... retour chapitre / retour plan
J.S. Mill : heureuse conjonction des égoïsmes***
Jaucourt : l'égalité naturelle aboutit à la liberté de pensée
« L'égalité naturelle est celle qui est entre tous les hommes par la constitution de leur [...] nature humaine commune à tous les hommes, qui naissent, croissent, subsistent, et meurent de la même manière. [...] Le premier état que l'homme acquiert par la nature, et qu'on estime le plus précieux de tous les biens qu'il puisse posséder est l'état de liberté ; il ne peut ni se changer contre un autre, ni se vendre, ni se perdre ; car naturellement, tous les hommes naissent libres,
Chevalier de Jaucourt, extraits des articles « Égalité naturelle », de l'Encyclopédie, 1766.... retour chapitre / retour plan
Rousseau : une modération volontaire des trop grandes inégalités matérielles
Si l'on recherche en quoi consiste précisément le plus grand bien de tous, qui doit être la fin de tout système de législation, on trouvera qu'il se réduit à deux objets principaux, la liberté et l'égalité : la liberté, parce que toute dépendance particulière est autant de force ôtée au corps de l'État; l'égalité, parce que la liberté ne peut subsister sans elle.
J'ai déjà dit ce que c'est que la liberté civile : à l'égard de l'égalité, il ne faut pas entendre par ce mot que les degrés de puissance et de richesse soient absolument les mêmes; mais que, quant à la puissance, elle soit au-dessous de toute violence, et ne s'exerce jamais qu'en vertu du rang et des lois; et, quant à la richesse, que nul citoyen ne soit assez opulent pour en pouvoir acheter un autre, et nul assez pauvre pour être contraint de se vendre.
Cette égalité, disent-ils, est une chimère de spéculation qui ne peut exister dans la pratique. Mais si l'abus est inévitable s'ensuit-il qu'il ne faille pas au moins le régler ? C'est précisément parce que la force des choses tend toujours à détruire l'égalité, que la force de la législation doit toujours tendre à la maintenir.
Jean-Jacques Rousseau (1712-1778), Du contrat social, 1762.... retour chapitre / retour plan
Mirabeau : la politique est une redistribution des jouissances
" Les devoirs de tous consistent dans l'accomplissement de la loi. La loi, c'est-à-dire l'ordre, est tout fondé sur les sensations et les besoins physiques de l'homme, à qui la nature accorda autant de facultés pour jouir, qu'elle lui permit de jouissances c'est donc au sein de ces jouissances, c'est dans leur distribution, leur arrangement, leur reproduction, qu'il faut chercher le code social... " Mirabeau, essai sur le despotisme, 2e ed., Londres 1776, p. 63
Xavier Martin, Nature Humaine et Révolution française, DMM, 2002 p. 90
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Déclaration des Droits de l'Homme : liberté, égalité, propriété
Art. 1. Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune.
Art. 2. Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l'homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l'oppression. 17 août 1789... retour chapitre / retour plan

Le Code Civil : au service d'un égoïsme organisateur
L'élaboration du Code Civil avec le concours des révolutionnaires modérés
Les séances du Conseil d'Etat se tenaient à Paris, dans le palais même de Napoléon. [...] Les projets étaient imprimés et distribués avant la délibération.
Napoléon se faisait quelquefois annoncer d'avance; d'autres fois, il arrivait sans être attendu; le tambour qui battait aux champs dans l'escalier des Tuileries, annonçait son approche; il entrait précédé de son chambellan, et suivi de l'aide de camp de service. L'un et l'autre prenaient place derrière lui.
Son fauteuil, élevé d'une marche au-dessus du sol, était à l'extrémité de la salle; il avait à sa droite et à sa gauche les princes et les grands dignitaires et, devant lui, de chaque côté, les longues tables où étaient assis les conseillers d'Etat. Le fauteuil de l'Empereur restait en place lors même qu'il était à l'armée. L'archichancelier, placé à sa droite, présidait en son absence...
Les séances, rendues plus longues par les digressions de l'Empereur, n'étaient jamais trop longues pour lui. Il nous a retenus souvent, à Saint-Cloud, depuis neuf heures du matin jusqu'à cinq heures du soir, avec une suspension d'un quart d'heure... Quiconque voulait parler demandait la parole. Napoléon provoquait souvent ceux dont il désirait connaître l'avis. Les discours devaient être simples et sans phrases... Il fallait posséder la matière et avoir dans l'esprit une abondante provision de faits.
Non seulement toutes les connaissances étaient représentées dans le Conseil d'Etat, mais aussi toutes les époques. Napoléon appela dans la première composition du Conseil des hommes qui avaient marqué honorablement dans les dernières assemblées; il y appela ensuite ceux que nos premiers orages avaient forcé de s'expatrier, bien qu'ils ne fussent pas hostiles à la révolution les Malouet, les Mounier, les Ségur. Le Conseil d'Etat devint alors l'image de la fusion des partis dans la nation.
PELET DE LA LOZÈRE, Opinions de Napoléon, préface, p. 6, 10, 1833. ... retour chapitre / retour plan
Le Code Civil est organisé autour du droit de jouir de manière absolue de ses propriétés
Ce qui, pour Portalis, " est comme l'âme universelle de toute la législation " (universelle de toute), c'est bien l'article 544 définissant la propriété comme " droit de jouir (...) de la manière la plus absolue " (sic). Et Portalis enfonce le clou : " Le corps entier du Code civil est consacré à définir tout ce qui peut tenir à l'exercice du droit de propriété ",
" La plus précieuse maxime d'un Code civil, entendra-t-on aussi, la première, comme la plus importante de ses dispositions, est donc celle qui proclame le droit de propriété ; toutes les autres n'en sont que les suites ou les conséquences ".
Xavier Martin, Nature Humaine et Révolution française, p.265... retour chapitre / retour plan
Le Code Civil, utiliser les sentiments pour donner une illusion de liberté
" les fibres les plus sensibles de ses affections, pour réformer ses habitudes et lui en faire contracter de nouvelles ; car le grand secret du législateur est de faire en sorte que le citoyen qui obéit aux lois ne croie obéir qu'à sa propre volonté " Sédilliez discours au Tribunat mai 1803, Arch. parlem., 2/5/63/1. Xavier Martin, DMM, 2002 Nature Humaine et Révolution française, p.271
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Code Civil : c'est intérêt qui forme le lien ultime des sociétés
"L'affection durable dans le mariage ne saurait procéder que d'un arrimage des intérêts mutuels, ... Entre parents et enfants : les marques extérieures du respect filial, donc l'ordre familial, présupposent aux mains des parents, et surtout du père, le jeu d'une quotité disponible, autrement dit une faculté de moduler leur part successorale, qui, à tout âge, tiendra les siens soumis à son autorité par la vertu de ce qu'il faut bien appeler un chantage paternel aux libéralités". Xavier Martin, Mythologie du Code Napoléon, DMM; 2003 p.16
" L'intérêt brise souvent les liens du sang. Que cet intérêt les renoue; que le frère incapable d'aimer son frère sente dans son coeur égaré qu'il faut au moins que sa haine n'éclate pas; ses égards commandés par les convenances deviendront pour lui une habitude, et le mèneront par degré, et pour ainsi dire à son insu, vers l'amitié "
Favard, au Corps législatif, sur les donations entre vifs et les testaments, 13 floréal an XI, 3 mai 1803: Arch. parlem., 2/5/85/2.
Xavier Martin, Mythologie du Code Napoléon, DMM; 2003 p.17 ... retour chapitre / retour plan
Débats du code civil : entretenir les liens familiaux par des obligations financières.
Favard: " [Q]ue le frère, incapable d'aimer son frère, sente dans son coeur égaré qu'il faut au moins que sa haine n'éclate pas; ses égards, commandés par les convenances, deviendront pour lui une habitude, et le mèneront par degré, et pour ainsi dire à son insu, vers l'amitié ".
Archives parlementaires, 2/5/85/2, Favard, au Corps législatif, sur le Titre relatif aux donations entre vifs et testaments, 13 floréal an XI, 3 mai 1803.Xavier Martin, Nature Humaine et Révolution française, DMM, 2002 p.9 ... retour chapitre / retour plan
Débats du code civil : Carrion Nissas : la dot entretient le respect des enfants pour leur vieille mère.
" Dans l'inutilité de sa décrépitude et dans l'affaiblissement trop commun des affections et des souvenirs les plus sacrés, il importe qu'elle ne puisse jamais se séparer de cette dot qui lui devient plus nécessaire de jour en jour, ne fût-elle qu'un appât, un objet d'espoir qui agit sur les plus vertueux à leur insu ... Oui, quand même ce serait l'intérêt alors qui se colorerait en respect et en amour, la mère de famille n'en jouira pas moins de cette douce et dernière illusion ".
Archives parlementaires, 2/5/435/2, Carrion Nissas au Tribunat, contre le projet relatif au contrat de mariage et aux droits relatifs entre époux, 19 pluviôse an XII, 9 février 1804. Xavier Martin, Nature Humaine et Révolution française, DMM, 2002 p.9
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Le Code Napoléon détruit les grandes familles, les majorats reconstituent une noblesse au service du pouvoir.
" Etablissez le Code civil à Naples; tout ce qui ne vous est pas attaché va se détruire alors en peu d'années [à savoir : par les partages successoraux de droit commun], et ce que vous voudrez conserver [par " injection " de primogéniture] se consolidera. Voilà le grand avantage du Code civil "
Napoléon dans une lettre à son frère Joseph en 1806, Correspondance... Six Cents Lettres de Travail (1806-1810), publ. M. Vox, Paris, 1943, p. 336.
" (...) [I]1 faut établir le Code civil chez vous; il consolide votre puissance, puisque par lui tout ce qui n'est pas fidéicommis [ les majorats qui permettent de transmettre une part plus importante à l'aîné] tombe, et qu'il ne reste plus de grandes maisons que celles que vous érigez en fiefs ... C'est ce qui m'a fait prêcher un Code civil et m'a porté à l'établir "
Napoléon, Correspondance..., op. cit., p. 336. Xavier Martin, Mythologie du Code Napoléon, DMM; 2003 p.210-211
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