N° de la lettre dans l'édition
d'origine: 20
16.11.1937; RF à SSHA et RuSHA.
1) J'ordonne que les diverses unités des SS joignent la célébration
de Jul à celle du solstice d'hiver.
Les jeunesses hitlériennes et les membres de la Ligue des jeunes
filles allemandes qui ont pris part à la fête du solstice
sont également invités à celle de Jul.
2) En ce qui concerne la fête de Jul, voir les dispositions arrêtées
l'année dernière.
3) En ce qui concerne l'illumination de l'arbre de Noël, le Sturmführer
ou l'invité ayant le plus haut grade dans la SS distribuera les
candélabres qui reviennent aux unités pour leurs membres
mariés.
4) Hommes et femmes devront être mêlés à table,
les places des femmes étant tirées au sort.
Le Reichsführer-SS HH
24
3.3.1938; RF à Feld-Maréchal Hermann Göring.
Très honoré Monsieur le Feld-Maréchal.
Je vous fais parvenir ci-joint un rapport concernant le lieutenant-colonel
Berthold qui a depuis un an une liaison avec la Juive 100% Elsa Lange,
et qui a été acquitté par le conseil de guerre
de la 28e division. Le fait que Berthold a été pendant
longtemps dans la Wehrmacht à la défense du territoire
aggrave singulièrement son cas. Je tiens à ajouter deux
courtes remarques
1) J'ai l'impression que lors de ses interrogatoires la justice militaire
n'a pas vraiment essayé d'aller au fond des choses et de tirer
la situation au clair, ce qui n'aurait pas manqué de faire ressortir
la faute du lieutenant-colonel Berthold, et ses rapports avec une juive.
Il semble bien plutôt qu'elle ait tout fait pour le disculper
et pour rendre l'acquittement possible.
2) Je tiens la manière dont Berthold a été disculpé
pour plus inacceptable encore. Le jugement déclare en effet,
que l'accusé ne saurait être convaincu de mensonge quand
il assure avoir pris la juive Lange pour une métisse sud-américaine
ayant du sang nègre dans les veines, parce que l'un des témoins,
le Dr. Lange [?] a commis la même méprise et que Soeur
Linde assure n'avoir jamais vu autre chose qu'un apport négroïde
chez la Lange que les étudiants en médecine et les autres
malades de l'hôpital avaient baptisée "Fleur de Hawaii".
Donc, en l'an 1937 du IIIe Reich, la justice militaire excuse les rapports
d'un officier de l'armée allemande avec juive une sous le prétexte
qu'il l'a prise non pas pour une juive mais pour une métisse
négroïde. Quant au jugement à porter sur la personne
de cette Lange, je me permets de vous renvoyer une fois encore aux photographies
versées au dossier qui a été transmis par la Police
secrète d'État au Feld-Maréchal.
Heil Hitler!
Votre tr. dév. HH.
33 a
27. 7. 1938 à SS-Oberf. Dr. Otto Wacker, chef administratif du
service scientifique au ministère des Sciences, de l'Éducation
et de la Culture populaire.
Très honoré camarade du Parti Wacker
J'ai reçu un document daté du 22.6.1938, visé par
un secrétaire nommé Krug et sur lequel on a apposé
votre griffe de votre part.
Il s'agit de la théorie des origines glaciaires de l'Univers
dont l'étude doit être poussée par la Société
L'Héritage des Ancêtres.
Sous le même pli, on me faisait suivre une lettre de l'Observatoire
de Berlin-Babelsberg en date du 10 juin 1938 et portant une signature
qui m'est inconnue, probablement celle du directeur de cette institution
. Voici quelle est ma position sur cette affaire Si le ministère
de l'Éducation juge acceptable une lettre aussi incivile, provenant
d'un astronome, d'un représentant de la science allemande, qui
témoigne d'une régression déplorable dans le domaine
de la recherche et des connaissances - régression qui ne peut
être dépassée que par l'ignorance des météorologistes
- c'est l'affaire du ministère de l'Éducation. Que le
ministère de l'Éducation me fasse suivre, avec une procédure
aussi inhabituelle, cette lettre crevant de vanité, cela je ne
peux l'accepter.
Je tiens à déclarer sans la moindre équivoque ceci
Je suis partisan de la libre recherche sous toutes ses formes et donc
aussi pour le libre examen de cette théorie. J'ai même
l'intention de lui apporter l'appui le plus chaleureux et ce faisant
je me trouve en bonne compagnie, puisque le Führer et Chancelier
du Reich allemand, Adolf Hitler, est depuis des années un tenant
convaincu de cette théorie rejetée par les tâcherons
de la science. Je tiens à répéter une fois encore
ici que le ministère de l'Éducation devrait bien se débarrasser
enfin de ces façons prétentieuses copiées sur les
professeurs de l'enseignement supérieur. Il y a tant de choses
que nous ne connaissons pas et que nous devons nous réjouir de
voir étudier - fût-ce par des profanes.
Je vous prie de représenter très fortement à Monsieur
le directeur de l'Observatoire de Neubabelsberg que sa lettre incivile
était tout à fait inacceptable et de m'épargner
à l'avenir, ainsi qu'à mes subordonnés, la lecture
de pareilles élucubrations.
Heil Hitler! Votre HH
42
8.11.1938 du SS-Stuf. Dr Brandt à SS-ostubaf. Kurt Ellersiek.
Le Reichsführer-SS a été prié de charger des
jeunes poètes de composer pour la fête de Jul des chants
allemands qui seront chantés à la place des cantiques
chrétiens lors des fêtes du Parti et de ses organisations.
Le Reichsführer-SS désire que cette demande soit transmise
aux maisons d'étudiants de la SS qui voudront bien y donner la
suite qui convient.
p. o. Br
SS Hauptsturmführer
51
15.9.1939 RF à Liste de destinataires 1V a.
Depuis des années nous nous efforçons d'habituer les hommes
SS à étancher leur soif avec des boissons non alcoolisées
et à se déshabituer de l'usage si souvent immodéré
de la bière, du vin, etc. Ces efforts sont restés vains,
tant que le prix des boissons non alcoolisées était supérieur
à celui des boissons alcoolisées. C'est la raison pour
laquelle j'ai chargé le V.u.W. Hauptamt dans la province des
Sudètes d'acquérir quelques sources minérales.
Elles seront exploitées commercialement en tant que propriété
de la SS par la société à resp. limit. " Sudetenquell
", Berlin W 50, Geisbergstrasse 21.
Ces sources fournissent une eau minérale pauvre en gaz carbonique,
dite plate, d'excellente qualité. A partir du 1er octobre 1939
les directeurs d'unités qui administrent foyers, cantines et
autres organisations ne devront plus proposer dans ces locaux que de
la " Sudetenquell " et je les rends personnellement responsables
de l'exécution de cet ordre. Les gérants de foyers et
de cantines dans tout l'ensemble de la Schutzstaffel qui contreviendraient
à cette interdiction verraient de ce fait leur contrat résilié
sans délai.
Les modalités d'exécution seront fixées par le
chef de la direction centrale du V.u.W. Hauptamt. C'est à lui
et non à la société " Sudetenquell "
que toutes demandes de renseignement devront être adressées.
Le Reichsführer-SS: H. Himmler
57
29. 12. 1939; RF à SS-Ogruf Friedrich-Wi1helm Krüger HSSPF
Est (Cracovie).
Cher Krüger,
Je tiens à t'écrire encore une fois une lettre personnelle
avant la fin de l'année pour t'exprimer très franchement
mes graves inquiétudes à ton sujet.
Il y a deux choses qui se contredisent grossièrement. Tu avais
reçu de moi l'ordre d'exiger les armes et les canons autorisés
par le Führer pour l'usage de la SS et de la police, non seulement
dans le gouvernement général mais aussi dans les autres
régions de l'Est, entre autres la Tchécoslovaquie et de
traiter avec l'Oberost . Or tu t'es contenté de m'envoyer à
maintes reprises des constats d'échec. Cher Krüger, pour
cela et pour faire échouer des pourparlers, je n'ai pas besoin
d'un Obergruppenführer, la place serait tout aussi bien occupée
par n'importe lequel des grattepapier de mes services.
J'aurais été heureux que tu déploies dans ces pourparlers
autant d'énergie que tu en mets à défendre les
velléités d'indépendance de ton Oberabschnitt dans
lequel une garde est établie de toute urgence, dans lequel la
formation des Standarten pourtant vitale est interrompue et cela non
seulement par toi - mais par tes subordonnés. Cher Krüger,
déjà une fois dans ta vie tu as connu l'échec et
comme chef de l'AW , service ministériel que tu avais créé
toi-même, selon ta convenance. Je vois de nouveau poindre un danger
semblable dans ton secteur, celui d'un appareil bureaucratique fortement
structuré et pourvu d'un budget comme celui que nous avons pour
l'État et d'autres domaines.
Comme homme je t'apprécie beaucoup, mais dans l'intérêt
de la Schutzstaffel et celui de tous, je n'admettrai pas la poursuite
d'un tel processus; bien au contraire je sévirai avec la plus
extrême rigueur.
Je me suis jugé tenu, en raison de notre amitié, de te
dire très franchement tout cela avant la fin de l'année
et de te demander de changer ta manière de faire. Tu le peux
et ce ne serait même pas très difficile.
Heil Hitler! Ton HH
58
14.2.1940; RF à Société " L'Héritage
des Ancêtres ".
J'ai reçu la réponse à ma question concernant l'origine
du cantique : "Un rameau a surgi" Les remaniements m'intéressent
peu. Ce que je voudrais savoir, c'est comment la Bible en arrive à
cet arbre généalogique de David et de Jessé. Il
est remarquable que selon la tradition, les rois de l'Atlantide étaient
de la souche de Jessé et que le dernier s'appelait Jesse Bokkika.
Il me semble que là comme en bien d'autres endroits -je pense
par exemple à la tour de Babel, l'Apocalypse, etc- d'importants
larcins spirituels ont été commis.
Le Reichsführer-SS
HH
62 b
25.4.1940 RF à RuSHA.
Le SS-Untersturmführer Küchlin (matricule SS 104 845) section
sanitaire XXIX, né à Fribourg en Brsg. le 2.5.1910 a volontairement
quitté la SS à mon instigation, il y a quelque temps,
parce que son arbre généalogique fait apparaître
sous le n° 256, ce juif Abraham Reinau si souvent rencontré
dans les ascendances du pays de Bade.
J'ai fait venir Küchlin une nouvelle fois et décidé
ce qui suit :
1) Küchlin restera dans la SS avec son ancien grade jusqu'à
ce que l'affaire soit définitivement éclaircie.
2) La généalogie de Küchlin sera revivifiée
de très près, de façon à s'assurer en particulier
qu'il descend vraiment de ce Reinau par sa mère.
3) Comme ce Reinau joue un rôle dans de très nombreuses
généalogies badoises, je demande que l'on fasse des recherches
approfondies pour savoir s'il était vraiment juif. Il me paraît
curieux, en effet, que sa fille ait épousé un certain
Johann Herrmann, aubergiste à l'enseigne de " L'Homme Sauvage.
A ma connaissance, les tenanciers de ces auberges " A l'Homme Sauvage
" étaient en général racialement très
conscients, antichrétiens au fond d'eux-mêmes et membres
de sociétés secrètes païennes - si on veut
les appeler ainsi. J'entends recevoir un rapport dès que ces
recherches auront abouti.
Le Reichsführer-SS
s. H. Himmler
63
16.4.1940; RF à un SS-Stubaf.
En dépit de mon interdiction formelle, vous avez de nouveau tenté,
lors d'un mariage SS, d'organiser une espèce de bénédiction
SS.
Je vous ai fait alors savoir par la direction centrale de la Race et
du Peuplement, que vous étiez en train de devenir, et d'autres
avec vous, ce type de prêtraille que nous voulons précisément
épargner au peuple allemand. J'appelle ainsi tous ceux qui font
métier de prendre la parole à l'occasion des naissances,
mariages et enterrements, et par la faute de qui, d'ici 10, 20 ou 30
ans, alors que nous aurons peut-être eu la chance de nous débarrasser
des cabotins chrétiens, nous nous retrouverons avec d'autres
sur les bras, de la SS ou du Parti ceux-là, qui auront été
instaurés et multipliés par ce procédé.
C'est la raison pour laquelle j'ai prescrit depuis des années
ce qui suit :
Le seul qui ait le droit d'organiser une cérémonie et
en particulier de prononcer une allocution à l'occasion d'une
naissance, d'un mariage ou d'un enterrement, est le chef intéressé
pour les subordonnés sous ses ordres et personne autre. Dans
ces conditions, on évite le risque que quelqu'un en vienne à
se persuader qu'il est une sorte d'intermédiaire entre le salut
éternel, Dieu ou un autre concept transcendantal quelconque,
puisque l'activité principale d'un chef militaire se situe dans
un domaine où il doit prouver ses capacités par ses réalisations
personnelles. Il n'est obligé de prononcer des allocutions que
très occasionnellement et de ce fait ne leur attache pas une
importance excessive. Le danger qu'il transforme ces discours et cérémonies
en une profession, comme vous êtes si bien en train de le faire,
n'existe pas, puisque les commandants d'unités sont mutés
tous les trois ans, quatre au maximum et deviennent membres d'un état-major
ou quelque chose d'autre encore. Selon mes ordres, ce droit tombe en
désuétude et il n'est pas possible d'en faire la profession
principale.
Si jamais vous-même ou un autre chef de la SS preniez à
nouveau fantaisie d'organiser une fête de clan, ou d'y prononcer
une allocution devant des hommes qui ne seraient pas placés sous
votre autorité hiérarchique, vous seriez dégradé
et condamné à des années de prison pour tentative
de reconstitution de la prêtraille.
Le Reichsführer-SS s. H. Himmler
77
25.5.1941 (Aff sec. R. ); RF à SS-Ogruf. Reichsleiter Martin
Bormann, chef de la chancellerie du Parti.
Cher Martin,
Je t'envoie ci joint la photocopie d'une lettre que le Reichsleiter
Rosenberg m'a écrite.
Comment dois-je me comporter maintenant dans cette affaire? En cas de
nécessité, je dirigerai l'intervention moi même
. Répondant à ma question, le Führer m'a dit à
la chancellerie, avant de quitter Berlin pour son quartier général,
que je n'étais pas sous les ordres de Rosenberg en ce qui concerne
mes tâches. Bien entendu, je prendrai conseil auprès de
lui pour les affaires de l'Est. Or, maintenant le Reichsleiter Rosenberg
exige que je lui communique et lui soumette la nomination de chacun
des commandants. Jamais la Wehrmacht, qui s'est pourtant montrée
très pointilleuse et très exigeante pendant toutes ces
années de travail en commun, ne m'a demandé cela. Pour
moi la question qui se pose est donc celle-ci : suis-je ou non subordonné
à Rosenberg dans l'exercice de ma tâche qui consiste à
assurer la sécurité politique du territoire? La manière
dont il attaque de nouveau ce problème est ce qui rend une collaboration
avec lui si infiniment difficile sur le plan humain.
Peux-tu au moins, après en avoir référé
au Führer que je ne verrai pas ces jours-ci, me dire comment je
dois me comporter?
Pour ton information, je t'envoie ci-joint copie de l'ordre de mission
qui m'a été remis après une minutieuse mise au
point et avec l'accord du commandant en chef de l'armée de Terre.
Le point suivant me paraît d'ores et déjà faire
difficulté : en ce qui concerne l'application des mesures exécutives,
les directives que le Führer adonnées à la Wehrmacht
aussi bien qu'à moi-même sont très différentes
des vues exprimées par Rosenberg. Je ne voudrais pour rien au
monde me mettre dans une position absolument fatale du fait de ces ordres
qui entrent dans les moindres détails et seront certainement
communiqués au service de Rosenberg, soit que j'agisse en contradiction
avec les intentions du Führer, soit que les gens du service de
Rosenberg ou lui-même m'accusent d'être politiquement incapable,
voire le valet de la police ou quelque chose d'analogue.
Il n'y a pas une tâche plus difficile dans tout le NSDAP que de
travailler avec Rosenberg ou même sous ses ordres.
Heil Hitler!
Ton HH
4..3.1942 SS-Gruf. Dr. Ernst-Robert
Grawitz, médecin en chef de la SS et de la Police à RF.
Reichsführer,
Confirmant et complétant par la présente la communication
téléphonique d'hier, j'ai l'honneur de vous présenter
le rapport intérimaire suivant au sujet du SS-Obergruppenführer
don dem Bach .
Une fois les suites opératoires immédiates surmontées,
ainsi qu'il a été signalé, et le processus normal
de cicatrisation entamé, le rétablissement des fonctions
intestinales normales a présenté quelques difficultés
au cours des 8 derniers jours. La raison en a été la nécessité
de calmer l'intestin au moyen l'opium pendant quelques jours après
l'intervention, ce qui a provoqué l'habituel durcissement des
matières. Au cours des derniers jours, il a été
à plusieurs reprises nécessaire l'exonérer l'intestin
à la main, opération pratiquée sous une sève
anesthésie à l'éther afin de ménager les
nerfs très atteints du patient. Indépendamment de cela,
il a été néanmoins possible de commencer à
donner une alimentation plus substantielle, ce qui hâtera la reprise
de selles normales, a l'exception des dernières matières
anciennes encore a expulser. On peut compter sur le rétablissement
d'une évacuation non assistée dans les tout prochains
jours. Aucune élévation de température n'a été
enregistrée; circulation, respiration et diurèse sont
régulières.
(La convalescence très lente et la persistance relativement longue
des douleurs sont malheureusement courantes lors de l'opération
des hémorrhoïdes, car la muqueuse de l'anus ne peut être
totalement immobilisée; bien au contraire, l'action continue
du sphincter la mobilise la plupart du temps.) De plus, l'état
d'épuisement général et plus particulièrement
nerveux très marqué dans lequel le patient se trouvait
lors du traitement, intervient.
Le traitement psychique du patient n'étant pas facile - il souffre
en particulier d'hallucinations provoquées par des fusillades
de juifs qu'il a lui-même organisées et autres événements
pénibles survenus dans l'Est Il -je suis personnellement intervenu
dans le traitement et m'efforce chaque; jour de rétablir l'équilibre
moral du patient, ainsi que d'assurer le confort de Mme von dem Bach
que j'ai autorisée, sur sa demande, à s'installer dans
l'hôpital pour soigner elle-même son mari. J'ai dû
me décider à prendre telle mesure inhabituelle, qui a
eu des conséquences inévitables mais très surmontables,
car le rétablissement psychique du patient joue, comme il a été
indiqué plus haut, un rôle important dans le traitement
d'ensemble.
Si j'ai attendu jusqu'à aujourd'hui pour envoyer ce rapport intérimaire,
c'est que je lie voulais pas, Reichsführer, vous inquiéter
inutilement par le récit des complications inter venues entre-temps,
qui ne mettaient nullement la vie dit, malade en danger et sur lesquelles
je devais moi-même me faire une opinion. Les difficultés
décrites résidaient au premier chef dans la conduite des
soins donnés au malade et dans son entourage; j'avais la conviction,
en raison de la situation locale et de l'état général,
qu'elles seraient surmontées dans les plus brefs délais.
Les dispositions du malade, qui se trouve aujourd'hui très bien
sur le plan objectif et très frais sur le plan subjectif, confirment
mon pronostic.
Je regrette infiniment, Reichsführer, que le tableau tout à
fait inexact des effets de la narcose que le SS-Obergruppenführer
Wolff a cru observer lors de sa visite, samedi, et dont vous a fait
part, ait pu vous donner l'impression erronée que le SS-Obergruppenführer
von dem Bach ne recevait pas les soins médicaux suffisants et
appropriés. Je me permets de réitérer l'assurance
que depuis le premier jour du traitement, je me rendais parfaitement
compte, grâce à vous, Reichs-führer, de la gravité
de mes responsabilités envers ce SS-Fuhrer et j'ai l'espoir que
von dem Bach lui-même confirmera l'exactitude de mes dires.
En ce qui concerne le pronostic sur l'évolution ultérieure,
e peux encore ajouter ceci :
"espère que la guérison organique sera intervenue
d'ici à 2 ou 3 semaines et un stade atteint qui permettra au
SSobergruppenführer von dem Bach d'entrer pour plusieurs semaines
dans un établissement de cure climatique, sans traitement médical.
Grawitz
102
5.3.1942 (Aff sec. R., personnel); RF à SS-Ogruf. Reichsleiter
Martin Bormann, chef de la Chancellerie du Parti.
Cher camarade du Parti Bormann,
J'ai lu avec la plus grande attention la lettre que le Reichsleiter
Buch vous a adressée le 20.2.4.2, ainsi que le rapport joint
du juge suprême du NSDAP en date du 6.2.42 au sujet de l'affaire
Wagner . Le camarade du Parti Buch m'avait, lors de la réunion
des Reichsleiter à Munich, demandé d'étudier ces
pièces.
Le rapport de l'instance suprême du Parti dans sa forme actuelle
constitue un acquittement pur et simple de Wagner. Je ne peux que m'en
étonner très vivement.
Abstraction faite des propos très intelligents du Gauleiter Wagner
et de sa défense certainement très intelligente et très
énergique devant l'instance suprême du Parti, étant
donné qu'il ne s'agit là que d'une parole opposée
à une autre parole, je suis d'avis que l'on doit s'en tenir à
certains actes et certains faits. Même dans la procédure
juridique, deux choses ressortent indiscutablement.
1) Le fait que le commandant v. Pfeffer - volontairement ou involontairement
- , avec ou sans la complicité de, Wagner a appris par l'ancien
Gauleiter Wagner le contenu de la conférence du Führer à
l'Obersalzberg.
2) L'incroyable lettre d'insultes et d'imprécations de Mme Wagner.
3) En outre, il ressort des propos du témoin Vetter que le Gauleiter
Wagner a envoyé ses enfants dans une école conventuelle
à Breslau parce que c'était la meilleure de la ville et
que ce serait ensuite son affaire à lui de diriger ses enfants
vers d'autres conceptions religieuses. Il faudrait vérifier si
cette allégation est exacte. Au cas où les enfants auraient
bel et bien fréquenté l'école conventuelle, ce
comportement serait en contradiction grossière avec l'attitude
prétendue très libre du Gauleiter Wagner à l'égard
de l'église catholique. Aucune échappatoire, comme celle
qui consisterait à dire que cette tactique était nécessaire
dans la lutte contre l'église ne peut excuser Wagner dans ce
cas. Il faudrait également savoir de façon sûre
si les enfants de Wagner ont fait partie ou non des jeunesses hitlériennes.
Les nombreuses plaintes sur le comportement de Wagner à l'égard
de l'église devraient toutes être reprises et examinées
à fond par la justice du Parti. A mon sens, cette dernière
aurait dû en particulier déterminer l'influence que Mme
Wagner a sur son mari. J'ai l'impression qu'elle est très grande.
Je juge tout à fait insuffisant qu'un homme se contente de regretter
la lettre d'injures de sa femme à leur enfant - lettre dont il
prétend d'ailleurs n'avoir rien su - et ne fasse rien pour remettre
les choses au point. Il aurait au moins dû corriger le passage
où il est question de lui, le père. De là il ressort
ou bien que Wagner était au courant de la lettre et a autorisé
son envoi, ou bien qu'il n'était au courant de rien. Mais alors
comme par la suite il n'a rien fait pour récupérer cette
lettre, ou pour la désavouer, cela prouve bien que c'est sa femme
qui a l'initiative des opérations. Je tiens également
à rappeler, au sujet de cette catholique typique qu'est Mme Wagner,
qu'elle a autrefois tué quelqu'un lors d'un accident de la circulation
- si j e ne me trompe - , qu'elle a été condamnée
à de la prison, mais n'a jamais purgé sa peine. J'estime
que toute cette affaire aurait dû figurer dans le dossier avec
les documents et pièces juridiques s'y rapportant.
En bref, j'ai l'impression que la justice du Parti a fait de cette procédure
une défense de Wagner et une mise en accusation du jeune Weill
qui ne pèche certainement pas par un excès de maturité
ainsi que de ses parents. Dans les déclarations que Klaus Weill
a faites au SS-Gruppenführer Müller l'une au moins est sans
aucun doute exacte, c'est que Niemöller a l'intention de se convertir
au catholicisme.
Une autre aurait pu être vérifiée sur-le-champ et
il n'aurait pas fallu la laisser passer comme on l'a fait, sans s'y
arrêter est-il vrai que Wagner est arrivé trop tard à
Breslau pour la passation des pouvoirs, parce qu'il avait eu une panne
d'auto? La cour de justice suprême du Parti s'est laissé
notablement influencer par la défense très habile de Josef
Wagner, ce n'est pas douteux. Pour ma part, je suis convaincu que l'on
avait eu raison de l'exclure du Parti. Quelle créance peut-on
accorder dans les détails aux parents Weill, à Klaus Weill
et à la jeune Gerda Wagner? Je n'en sais trop rien, mais cela
n'est nullement déterminant pour l'issue de la procédure.
Heil Hitler!
Votre HH
111
15.5.1942; SS-Ostubaf. Dr. Brandt à SS-Staf. Max Sollmann, Président
de la Société "Fontaine de Vie".
Cher Max,
Le Reichsführer-SS désire que l'on établisse un petit
fichier part pour toutes les mères et les parents d'enfants qui
ont nez grec, ou au moins la base du nez. On pourrait envisager pour
ce fichier la mère du questionnaire L 6oo8, Madame Irmgard Adrian,
née Barfuss.
Quand la liste sera établie, je prie de la soumettre au Reichsführer-SS
et dans tous les cas de joindre le questionnaire.
Heil Hitler!
T(on) R
111 b
13.2.1944 (secret); SS-Hstuf. Meine à RuSHA
Ci-joint copie de la lettre envoyée par le président de
la société "Fontaine de Vie" le 10.12.194.2
et ma lettre du 28.12. 1942 concernant les nez grecs.
Après avoir étudié une fois encore la question,
le Reichs-Führer-SS a décidé que la Direction centrale
de la Race et Au Peuplement à la SS devait se mettre en mesure
de signaler au Reichsführer-SS les membres de la SS ainsi que leurs
ë1 épouses qui ont le nez grec.
p.o. A M
SS-Hauptsturmführer
119
30. 6.1942 (secret); RF à SS-Ogruf. August Heissmeyer, chef du
service Heissmeyer.
Cher Heissmeyer,
II me revient qu'un grand nombre d'élèves de l'Établissement
de Formation nationale-politique à Putbus suivent les cours en
vue de la confirmation. Le savez-vous? Qui est le chef responsable pour
ces choses-là? Assurément, les jeunes gens à leur
arrivée appartiennent aux diverses confessions. Mais à
mon avis la formation idéologique dispensée devrait amener
en peu d'années le jeune récemment entré au point
de pousser lui-même ses parents à le laisser quitter son
église.
Quelles sont vos raisons pour ne pas inciter avec plus de vigueur à
abandonner les diverses confessions? Je pourrais concevoir comme explication
que vous ne vouliez pas effrayer prématurément les parents,
ce qui empêcherait le sang de haute qualité des familles
encore liées à des confessions d'affluer dans les écoles
du Reich.
Donnez-moi votre point de vue sur l'ensemble de ce problème.
124
17.7.1942 (secret); Ogrt f Friedrich Wilhelm Krüger, HSSPF Est
et SS- Ogruf. Prof. Dr. Ernst-Robert Grawitz, médecin en chef
de la SS et de la Police.
Je vous fais suivre ci-joint la copie d'une note que le SS Hauptsturmführer
Dr. Rübel a rédigée le 27.6 après un voyage
à Varsovie
1) Je veux avoir dès chiffres précis sur la situation
catastrophique que dépeint cette note.
2) Je suis obligé d'adresser les reproches les plus graves au
commandant de l'Oberabschnitt ainsi qu'au médecin en .chef de
la SS pour ne pas m'avoir averti d'une pareille détérioration.
3) Cette détérioration, je l'attribue à la négligence
des médecins qui, par une fausse pruderie bien caractéristique
d'un fort restant de mentalité chrétienne, n'ont pas réalisé
comme je l'avais ordonné l'organisation de bordels convenables
et de dignes occasions pour nos hommes d'avoir des relations sexuelles
avec des femmes. J'interdis que quiconque ose annuler sous quelque forme
que ce soit un ordre donné par moi. Je sais que Messieurs les
chefs de bataillon et chefs de compagnie, même dans les unités
de la SS, ont annulé cet ordre. Je charge le chef d'état-major
de la direction centrale de la SS de bien faire si comprendre, sans
équivoque possible, que je sanctionnerai les infractions à
des ordres essentiels par la perte du poste et du grade. A la SS, on
obéira et on ne tournera pas les ordres.
5) Le H öhere SS-und Polizeiführer Est devra s'occuper personnellement
de toutes ces questions sans délai. La création de bordels
dans lesquels des relations saines soient possibles avec les filles,
sans danger que des enfants soient mis monde, ni que les hommes contractent
des maladies, ni que des liens sociaux soient noués avec la population
polonaise, doit être réalisée immédiatement.
J'entends recevoir le rapport d'exécution.
6) Quant au projet envisagé d'encaserner toutes les jeunes Allemandes
qui travaillent là-bas et de leur faire subir une visite comme
à des filles, je ne peux que la considérer comme une solution
soldatesque indigne, bien caractéristique des expédients
que trouvent Messieurs les commandants et médecins quand ils
ont coupablement failli à leur tâche.
s. H. Himmler
127
19.7.1942 (Af sec. R.); RF à SS-Ogruf. Friedrich-Wilhelm Krüger,
HSSPF Est (Cracovie).
Cher Krüger,
Ainsi que vous me le faites savoir, Monsieur le gouverneur général
vous a chargé d'assurer la livraison des récoltes ainsi
que le recrutement de la main-d'oeuvre non allemande dans le gouvernement
général et en outre la fourniture de main d'oeuvre non
allemande en dehors du gouvernement général
Comme directives, je vous recommande en premier lieu de ne pas recruter
pour l'exécution de ces tâches une personne de plus, qu'elle
soit allemande ou étrangère, dans l'État le Parti
ou quelque autre appareil. Je désire prouver en cette circonstance
que l'Angleterre n'est pas la seule à pouvoir gouverner des masses
considérables avec une classe supérieure mince comme du
papier à cigarette, nous aussi. Pour parvenir à ce but,
il faut faire usage de l'asservissement des Polonais et des Ukrainiens
à leur église et de la cupidité de leur prêtraille.
Le bon vouloir de cette prêtraille ainsi que d'autre: Polonais
et Ukrainiens ayant une meilleure situation, que l'on devra rendre responsables
sur leur vie de la livraison, des récoltes et de la main-d'oeuvre,
constitue l'autre garantie tout aussi solide.
La prêtraille, en particulier, doit être intéressée
pécuniairement, a tout envoi d'un Polonais ou d'une Polonaise
dans le Reich, de même qu'à toute année ou demi-année
de travail irréprochable et assidu certifiée dans le livret
de travail d'une recrue embauchée. Mais la part due pour une
telle recrue ne sera versée en totalité au curé
et dans bien dès cas également au professeur qu'à
la fin d'une année de travail irréprochable. Dans le cas
contraire, si les ouvriers désertent ou sont paresseux, le curé
ou l'intermédiaire quel qu'il soit sera frappé d'une lourde
amende.
On procédera exactement de même pour la livraison des récoltes
de grains, pommes de terre, betteraves, légumes, bovins, volailles,
corps gras, oeufs, fruits et divers. C'est le curé qui doit les
recueillir et il sera intéressé aux résultats.
Sur tout ce qui dépassera les 100%, il aura 20% en nature. Au
reste, nous sommes prêts à lui racheter ces produits en
surplus. J'insiste pour que l'on évite toutes les mesquineries
de la bureaucratie allemande stupide qui, avec les moyens normaux, ne
ferait pas rentrer la moitié des quantités exigées.
L'essentiel est de nous procurer des masses énormes de denrées
alimentaires sans avoir à édifier pour cela un appareil
dévoreur d'hommes.
Dans le même temps, le curé et autres notables du village
seront responsables, en tant qu'otages laissés en liberté,
de toutes les pertes ou vols au détriment des produits alimentaires
stockés. Rémunérations et pourcentages ne seront
donnés qu'après livraison au centre de collecte le plus
proche sur la voie ferrée. Nos racoleurs ecclésiastiques
doivent donc également organiser le transport.
pour entreposer les produits, il faudra utiliser les écoles et
non pas les églises, car je tiens à ce que nos acheteurs
en gros parlent au nom de Dieu à leurs ouailles dans le local
où ils ont l'habitude de s'assembler et leur présentent
la livraison des récoltes ainsi que le travail en Allemagne comme
une loi divine sous la menace des peines de l'enfer. Je, tiens beaucoup
à ce que, au cours de cette année, le curé, quelque
gros paysan, ou un propriétaire terrien influent dans chaque
village, un marchand, un instituteur ou un autre notable soit gagné
à nos vues pour remplir cette tâche. Je souligne avec la
dernière énergie qu'aucun service ne doit par quelque
chicanerie financière ou autre empêcher de gagner un de
ces ramasseurs clans un village. Celui qui sera gagné la première
année, je le tiendrai pour toujours, car il aura à craindre
la vengeance de ses voisins et de plus il ne voudra pas laisser échapper
un si beau bénéfice.
Donc, je résume : J'attends au cours de cette année la
livraison à 100 % de la main-d'oeuvre exigée par le Reich,
la couverture à 200 % des besoins en main-d'oeuvre du gouvernement
général, ainsi que l'incorporation dans le processus de
tous les traîne-la-guenille et les fainéants qui se sont
jusqu'à maintenant agités dans les mouvements de résistance.
Dans le domaine dès denrées alimentaires, 100 à
125 % des quantités exigées. Il n'est pas question de
diminuer ces taux: ni de rester au-dessous : les forces mêmes
de l'adversaire nous servent d'organisation.
Interdiction de faire des copies de cette lettre et de prendre des notes
à son sujet. Elle devra être communiquée verbalement
aux personnalités allemandes intéressées. Toutes
les forces de police et les effectifs administratifs de l'État
soutiendront bien entendu ces activités avec la dernière
énergie Seul compte le succès. Les indications ci-dessus
ne peuvent constituer que des lignes directrices. Tous les moyens garantissant,
ou augmentant le succès sont bons. Je joins sous ce pli les points
essentiels qui pourront servir de base à une déclaration
appropriée et destinée, celle-là, a être
publiée.
Heil Hitler
s. H. Himmler
136
12. 8. 1942 (secret) RF à SS-ogruf Oswald Pohl, chef de la WHVA.
Cher Pohl,
1) C'est seulement aujourd'hui, au retour de mon voyage en Finlande
que je peux vous accuser réception de votre lettre du 3.2.1942
et vous donner mon avis sur le mémoire du SS-Haupsturmführer
Dr. Schenck que j'avais cependaitt lu dès le mois de mars.
2) Sur le plan général, j'estime que la place de Schenck
n'est plus sur le front, mais qu'il doit prendre en main dans votre
Direction centrale avec des pouvoirs très étendus, la
réforme et la réglementation de la nourriture des troupes,
d'abord dans l'ensemble de la SS, en Russie, de la SS et de police.
j'ai appris par expérience que les tâches dont un homme
n'est pas nommément et personnellement responsable ne sont en
pratique jamais faites. Nous n'arriverons pas à mener à
bien la lutte contre les parasites et les mouches a si vous ne proposez
pas pour cela un homme qui soit un spécialiste
un homme qui se tienne à sa table de travail et garantisse par
son énergie la réussite de cette lutte. A de rares exceptions
près, nos médecins ont complètement échoué
dans ce domaine.
Maintenant pour ce qui est du mémoire en lui-même.
La question de la nourriture dans les climats chaud, en particulier
les conclusions du professeur italien Castellan doivent être étudiées
sans délai et soumises à des expériences pratiques,
si possible en Afrique, sinon dans la partie sud de la Crimée.
5) J'ai pris connaissance du mémoire de Schenck sur les soins
et la nourriture pour la garde du corps.
6) La cuisine roulante russe citée à la p. 14 de ce mémoire
doit être essayée immédiatement. Que la Direction
centrale de l'Administration économique SS en liaison avec l'Office
central de direction SS mette au point un modèle idéal
pour une cuisine roulante.
7) Il faut prescrire avec la dernière énergie à
toutes les unités de griller leur pain. Il n'existe pas de circonstances,
même au milieu d'un marécage, où le pain ne puisse
être coupé en tranches, chauffé et grillé
sur un feu de bois comme à la chasse et devenir ainsi un produit
diététique aussi facile à digérer que la
biscotte pour ceux qui souffrent de l'intestin
8) Dans l'annexe -2, " Principes pour l'entretien de la Waffen-SS
après la guerre ", l'idée d'une base spéciale
pour la nourriture de la Waffen-SS est avancée. J'y souscris
pour les garnisons à l'Est, je m'y oppose en général
pour les garnisons de l'Ancien Reich. Seules les denrées spécifiques,
celles qui ont une influence sur notre manière de vivre doivent;
être achetées par nous : fruits et tout particulièrement
fruits à amande, noix surtout pour l'hiver, en quantités
illimitées, eaux minérales provenant de sources naturelles,
jus de fruits, flocons d'avoine et huile pour la cuisine. Toutes les
autres denrées alimentaires, céréales, légumes,
graisses peuvent nous être fournies dans le cadre d'une vie économique
normale. Il faut éviter par tous les moyens l'accumulation excessive
à l'intérieur des frontières du Reich des biens
fonciers de mainmorte comme l'Église l'avait réalisée
au Moyen Age. Notre tâche doit se borner à orienter et
à déterminer la préparation de cet aliment par
l'obligation imposée à certaines boulangers de moudre
à la main et par le travail à la main dans celles des
quartiers d'habitation.
9) Je tiens ces principes pour nécessaires à la création
d'une industrie de transformation et de conservation dans les points
d'appui à l'Est; cependant je ne veux pas qu'elle ait le caractère
d'une industrie, mais plutôt d'une activité familiale et
agricole élargie. A partir de là, on pourra satisfaire
à une importante partie des besoins de nos unités et de
nos familles dans les lieux d'origine du Reich. Je désire en
outre que nous imposions à l'essentiel de la production agricole
nos exigences de qualité et de rendement, car ce faisant nous
agirons non seulement dans notre intérêt propre, mais dans
celui du peuple allemand tout entier.
10) L'éducation des membres de la SS et de leur famille doit
être menée à bien par tous les moyens possibles
a) En premier lieu par l'accoutumance à notre diététique
naturelle dans les établissements d'enseignement national politique,
les casernes, les écoles de Junkers, les foyers d'étudiants,
les maisons de la Fontaine de Vie, de manière que par, la suite
les jeunes ne mangent pas autre chose.
b) Par la création de nombreux commerces vendant ces produits
à bon marché, économiquement viables et dirigés
par nous dans nos quartiers de la SS et dans les villes. La Direction
centrale de la SS devra entreprendre l'étude et l'expliation
des problèmes de l'alimentation dans ses cahiers de direction
. J'envisage de les transformer en temps de paix, de manière
que non seulement l'homme de la SS mais sa femme et sa famille puissent
les lire dans leur foyer.
11) Il ne faudra pas que l'inspection supérieure de ces questions,
soit un service ou un bureau, car celui ci devrait alors s'occuper d'un
nombre effrayant de problèmes administratifs et d'organisation
et serait mort. Je me représenterais volontiers une appellation
comme " Le curateur-diététicien de la SS " ou
" Le responsable diététicien ". Les structures
et organes sous son autorité seraient d'une part le chef de l'intendance,
les commandants et chefs de compagnie, en ce qui concerne les troupes.
Pour la grande famille de la SS, le responsable de l'entretien dans
les Oberabschnitt et les Standarte.
12) J'interdis de placer les domaines agricoles et les centres d'implantation
sous l'autorité de ce curateur, il n'a rien à y voir.
Ils ressortent en partie du ministère de l'Agriculture et en
partie de la commission du Reich pour l'Affirmation de la Race allemande.
Le curateur devra en tant que premier consommateur - et déterminant
pour nous - imposes des normes de qualité et des spécifications,
c'est là qu'il devra faire sentir son influence.
13) Il faudra provoquer la diminution du goût pour la viande dans
les générations à venir, lentement, imperceptiblement,
judicieusement. Je ne veux pas d'actes arbitraires et brutaux dans ce
domaine, mais l'abandon régulier d'erreurs, et d'égarements
séculaires pour arriver à un avenir meilleur. C'est seulement
quand la viande de boucherie et la charcuterie auront été,
sans qu'on le remarque, remplacées par quelque chose d'aussi
savoureux, qui satisfasse le palais et les besoins du corps, que l'on
pourra escompter un succès: Les prêches et les exhortations
morales ne servent à rien du tout.
Nous sommes bien les premiers à savoir que seules de bonnes eaux
minérales pas chères et d'excellents jus de fruits ainsi
que du bon lait pas cher peuvent supplanter l'alcool.
14) En ce qui concerne le temps de paix, je réglerai et ordonnerai
d'abord pour 5 ans, puis pour toujours, l'approvisionement des membres
de la SS ainsi que de leur famille, par une loi fondamentale que le
chef de la Direction centrale dés l'Administration économique
SS devra me soumettre.
15) Je me réserve personnellement le droit d'approuver l'organisation
de l'état-major du curateur-diététicien.
16) Je charge le curateur-diététicien de monter sans délai
dans les camps de concentration des expériences de toute sortes
sur l'alimentation. Des propositions devront m'être, soumises
sur les ordres de priorité pour les expériences ainsi
que des rapports trimestriels.
17) Il faudrait envisager la création de " surveillants
de la nourriture " dans les régiments, les bataillons et
les compagnies. Mais ils devraient s'intéresser personnellement
à ces questions et être animés par une conviction
intime agissante. Mieux vaut laisser le poste vide que de désigner
l'officier le plus incapable et le plus bête pour l'occuper. Je
demande que l'on examine encore à fond avec moi ces créations,
car si l'on ne circonscrit pas avec beaucoup de netteté les tâches
et les moyens, on risque de se retrouver avec des conseils de soldats,
ou des instruments d'agitation politique.
18) La tâche la plus urgente me paraît être l'établissement
de cantines, ce qui est faisable dans tous les cas et impératif
pour les troupes. Il faudra y servir au moins trois fois et en hiver
cinq fois par semaine un dîner chaud sous forme de soupe, de pommes
de terre à la peau et d'un supplément froid. Tous les
soirs une bonne infusion naturelle. Elles devront être installées
non pour que l'esprit étroit et borné d'un homme de peu
y trouve son expression, mais dans le dessein de fournir un repas riche
en vitamines et bien équiibré, même en temps de
guerre.
19) Interdiction formelle de servir des pommes de terre salées.
20) Où en est l'introduction d'une carrière de cuisinier?
Sans ces équipes de spécialistes intéressées
à son avenir, jamais on ne pourra envisager une modification
ni une amélioration de la nourriture des troupes.
21) La formation des cuisiniers et l'organisation de cours qui ne durent
pas seulement 3 jours doivent être poussées par tous les
moyens.
22) Le chef de la Direction centrale de l'Administration économique
voudra bien, conjointement avec le chef d'état-major de l'Office
central de commandement, me soumettre un projet d'ordre aux commandants
d'unités sur cette question si importante de la nourriture et
la responsabilité du commandant et du chef de compagnie. J'envisage,
comme mesure éducative, l'ouverture quelque part en Allemagne
d'une maison où l'on servira le mauvais ordinaire typique de
la troupe. Les commandants et les chefs de compagnie qui ne se soucient
pas de la nourriture de leurs troupes seront invités par moi
à venir pendant 14 jours à 4 semaines dans cette maison,
pour y tâter de l'ordinaire typique de la troupe.
s. H. Himmler
234
12. 5. 1943 RF à SS-gruf Dr. Ernst Kaltenbrunner chef du RSHA
Cher Kaltenbrunner,
J'ai commandé une grosse quantité du livre intitulé
Les meurlres rituels juifs et je le fais distribuer jusqu'aux Standartenführer.
Je vous en envoie 100 exemplaires de plus afin que vous puissiez les
distribuer à vos groupes d'intervention, mais surtout aux hommes
qui s'occupent de la question juive, j'assigne les missions suivantes
en liaison avec ce livre
1) Partout des recherches devront être entreprises, sur meurtre
rituel des juifs, dans la mesure où ceux-ci n'ont pas déjà
été évacués. Les cas relevés me seront
soumis. Il nous faudra ensuite faire de nombreux procès dans
ce sens.
2) Toute la question du meurtre rituel devra être étudiée`
par des spécialistes en Roumanie, Hongrie et Bulgarie. J'envisage
que nous fassions ensuite état de ces meurtres rituels dans notre
presse, de manière à faciliter le retrait des juifs de
ces pays.
Bien entendu, ces opérations ne peuvent s'effectuer qu'en accord
avec le ministère des Affaires étrangères.
3) Examinez donc s'il ne serait pas possible, en collaboration avec
le ministère des Affaires étrangères, de réaliser
un émetteur clandestin purement antisémite pour l'Angleterre
et l'Amérique. Il serait alimenté de documents appropriés
comme le Stürmer à l'époquede nos combats destinés
aix Anglais et aux Américains. Une révélation sensationnelle
me semblerait très importante à cet égard. Mettez-vous
en rapport avec le Dr. Martin a pour avoir l'un ou l'autre des collaborateurs
du Stürmer. En outre, il faudra enrôler immédiatement
des gens qui suivront les chroniques judiciaires et les, communiqués
de la police signalant la disparition d'un enfant, de manière
que nous puissions faire diffuser par notre émetteur de courtes
informations disant qu'un enfant a disparu dans tel endroit et qu'il
s'agit probablement d'un meurtre rituel juif.
Dans l'ensemble, je crois que nous pourrions donner une impulsion énorme
à l'antisémitisme dans le monde par une grande propagande
en anglais, voire aussi en russe, basée sur le meurtre rituel.
Je vous demande de débattre ces questions avec vos collaborateurs
et de prendre déjà certaines mesures préliminaires
pour pouvoir me soumettre des propositions.
Heil Hitler! Votre HH
238
21. 6. 1943 (secret); RF à SS-Staf. Max Sollmann, président
des la Société et chef du Service "Fontaine de Vie"
à l'ét. m. Pers. RFSS.
Cher Sollmann,
Je vous charge d'entrer immédiatement en rapport avec le SS-Obergruppenführer
Frank 2 à Prague. Le mieux serait: d'aller le voir. Le problème
à résoudre est celui des soins, de l'instruction et de
l'établissement à assurer aux enfants tchèques
dont le père ou les deux parents devront être exécutés
. Il faudra bien entendu trouver une solution judicieuse. Les mauvais
enfants seront placés dans des camps spéciaux; ceux de
bonne race qui pourraient bien entendu devenir les vengeurs les plus
dangereux de leurs parents s'ils ne sont pas élevés humainement
et équitablement, devront, à mon avis, être mis,
d'abord à titre d'expérience, dans un orphelinat Fontaine
de Vie, puis une fois leur caractère reconnu dans toute la mesure
du possible, placés dans des, familles allemandes soit comme
pupilles, soit comme, enfants adoptifs.
Heil Hitler! Votre s. H. Himmler
239
21.6.1943 (secret), RF à HSSPF Pays baltes (Riga) et chef du
WVHA
1) J'ordonne que tous les juifs se trouvant encore clans le. ghettos
de la région des pays baltes soient rassemblés dans des
camps de concentration.
2) Je défends, à dater du 1. 8. 1943 toute sortie de juifs
d'un camp de concentration pour un travail à l'extérieur.
3) Un camp de concentration sera édifié près de
Riga dans lequel seront transférées toutes les fabriques
d'armes et de vètements que la Wehrmacht possède actuellement
à l'extérieur. Toutes les firmes privées seront
éliminées. Les entreprises deviendront purement concentrationnaires.
Le chef de la Direction centrale de l'Administration économique
SS voudra bien veiller à ce que la réorganisation ne provoque
aucun retard dans les livraisons dont la Wehrmacht a besoin.
4) Le plus grand nombre possible des Juifs mâles sera transporté
dans le camp de concentration de la région des schistesn bitumineux
pour l'extraction de ceux-ci.
5) Les habitants inutiles des ghettos juifs seront évacués
vers l'Est .
251
8. 4. 1943 (secret); RF à toutes les Directions centrales, neuf
HSSPF et sept autres destinataires.
Je suis amené à préciser une fois encore mon point
de vue sur la question suivante. Il arrive constamment que des femmes
et des jeunes filles allemandes travaillant clans les territoires et
régions occupés de l'Ouest, de l'Est, du Nord et du Sud,
en dehors du Grand Reich allemand, attendent un enfant. Maintes fois
le voeu a été exprimé que l'on crée pour
elles à l'étranger des maisons d'accouchement afin d'éviter
à la fois la dissimulation et des répercussions peu souhaitables
dans le pays. Je tiens à faire connaître une fois de plus
mon hostilité à ce point de vue. Toutes les femmes et
les jeunes filles allemandes qui attendent un enfant dans ces régions
occupées doivent revenir dans le territoire du Reich allemand.
Dans le territoire du Reich allemand, la possibilité leur sera
donnée, grâce aux maisons des femmes nationales socialistes.,
de l'assistance sociale nationale socialiste et de la Fontaine de Vie,
d'attendre leur enfant dans le calme et la sécurité, toute
la discrétion nécessaire et désirable étant
assurée.
Un tout autre problème est celui des étrangères
enceintes des oeuvres de soldats ou d'autres ressortissants allemands
dans ces régions. Nous avons créé pour elles de
nombreuses maisons d'accouchement dans ces régions - ainsi qu'en
France et en Norvège. Dans ces cas-là, notre but doit
être de récupérer chaque enfant à naître
dont le père est de sang allemand, d'évaluer sa valeur
raciale ainsi que celle de la mere, puis de faire en sorte qu'au moment
voulu, il entre (dans le Reich, soit seul, soit avec sa mère,
l'un comme porteur de sang allemand, l'autre comme mère d'un
enfant allemand. Dans les pays occupés - surtout ceux de l'Ouest
et du Nord - on doit s'efforcer de désigner comme gynécologues
des médecins allemands dignes de confiance et connus, auxquels
les femmes et jeunes filles allemandes qui attendent un enfant pourront
s'adresser discrètement et en confiance sans que leur secret
soit ébruité. Ces médecins auront d'abord. pour
tâche de mettre ces femmes en rapport avec les organisations d'assistance
allemandes puis de leur apporter leur secours. De cette façon,
on évitera dans tous les cas que les` femmes et les jeunes filles
allemandes qui attendent un enfant s'adressent à des médecins
étrangers pour se faire avorter, Ces mesures d'aide seront prises
avec discrétion, tact et humanité, mais tous nos services
n'en auront pas moins l'obligation primordiale de lutter avec la plus
grande rigueur contre toute tentative d'avortement, à la fois
par la radiation, du médecin étranger et par le transfert
de la femme coupablé en Allemagne où la peine habituelle
lui sera appliquée.
H. Himmler
271
30.9.1943 (secret); SS-Gruf. Prof. Dr. Ernst-Robert Grazoilz,,;j médecin
en chef de la SS et de la Police à RF.
Reichsführer.
Le SS-Brigadeführer Prof. Dr. Brandt nous a adressé une
demande concernant des essais pratiques avec une pommade nouvelle, encore
au stade expérimental, pour les brûlures, dues au phosphore.
Étant donné d'une part qu'à mon avis l'expérimentation
de cette pommade sur des compatriotes lors d'attaques terroristes prendrait
trop de temps et serait peu sûre en raison des méthodes
de travail, d'autre part qu'en raison de l'importance du problème
les essais sur les animaux ne me paraissent pas assez convaincants,
je demande en toute obéissance votre autorisation de principe,
Reichsführer, pour faire poursuivre: des expériences appropriées
au camp de concentration du Sachsenhausen sur des prisonniers rendus
inaptes au travaill par la maladie.
284
2.11.1943 (secret); SS-Ostubaf. Dr. Brandt à SS-Ogruf. Dr. Ernst
Kaltenbrunner, chef du RSHA.
Obergruppenführer,
Je vous fais suivre ci-joint copie de la lettre du SS-Brigade-führer
Prof. Brandt du 22.9.4.3, le double de ma réponse ainsi que les
pièces annexées.
Le Reichsführer-SS a pris connaissance de l'affaire. Il me charge
de vous faire savoir ce qui suit : la première fois qu'un curé
mourra à Münster, des soupçons devront exprimés
de la même manière que l'évêque le fait aujourd'hui.
Il faudra dire que le curé en question a été supprimé
par ses ouailles parce qu'il avait dit ceci ou cela contre l'évêque.
Prévenez le Reichsführer-SS dès que se produira un
décès susceptible d'être exploité de cette
façon.
Heil Hitler!
R. Br
SS-O bersturmbannführer