| Persécutions
anti-religieuses pendant la guerre d'Espagne
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république espagnole exclut du gouvernement
la droite modérée et caholique qui a gagné les
élections de 1933. En 1936, La courte victoire
électorale du Front Populaire lui donne tous les pouvoirs. Un bilan rapide des actes violents commis sous la Seconde République entre avril 1931 et juillet 1936. Extermination des prêtres et des catholiques pratiquants en zone républicaine, Le prétexte mensonger d'une Eglise armée au secours de la rébellion. Une perséction plus religieuse que politique, qui s'attaque aussi aux catholiques catalans et progressistes Destructions massives d'Eglises, soutenues par les pouvoirs en place, Les contre-rites de l'iconoclasme républicain, Exhumer la décomposition et la pourriture des corps cléricaux |
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république espagnole exclut du gouvernement la droite modérée
et caholique qui a gagné les élections de 1933 La C.E.D.A. (Confédération espagnole des droites autonomes). ... était devenue le groupe politique le plus important aux Cortes. Longtemps, la C.E.D.A. resta néanmoins écartée du gouvernement. Gil Robles exigea d'entrer au gouvernement. Le 1° octobre 1934, un nouveau gouvernement était formé, dirigé par Leroux, il comprenait trois ministres de la C.E.D.A. La C.E.D.A. était minoritaire au sein du gouvernement. Zamora refusa de donner à Gil Robles, qui l'exigeait, la direction du gouvernement. En septembre 1935, le gouvernement Lerroux était contraint de démissionner. Les Cortes devenaient ingouvernables. Zamora se résigna à les dissoudre Les élections de février 1936 marquèrent un tournant décisif. ... Haut de page La courte victoire électorale du Front Populaire lui donne tous les pouvoirs La loi électorale, La liste ayant recueilli le plus de voix au premier et unique tour des élections obtenait automatiquement 80 % des députés. les listes du Front populaire. avec quelques centaines de milliers de voix d'écart, obtenaient une confortable majorité de députés aux Cortes : 287 sièges contre 132 à la droite et 32 au centre. 84 députés à la Gauche républicaine d'Azaña, 37 à l'Union républicaine de Martinez Barrio, 38 à l'Esquerra de Companys, 90 au parti socialiste, 16 au P.C.E., 1 au P.O.U.M., 1 au parti syndicaliste de Pestaña. Certes, au nombre de suffrages, 4 838 449 voix contre 4 446 251, la majorité des listes Front populaire était faible Mais, dès le lendemain des élections Les grèves s'étendent. Eglises et couvents flambent Les employée des tramways de Madrid décident de gérer eux-mêmes la compagnie. En riposte à l'assassinat d'un lieutenant des gardes d'assaut qui instruisait les milices socialistes, une quinzaine de gardes d'assaut s'emparent du leader monarchiste Calvo Sotelo et l'exécutent. ... Haut de page Un bilan rapide des actes violents commis sous la Seconde République entre avril 1931 et juillet 1936 2 225 assassinats politiques furent perpétrés durant la période, en partie par les anarchistes, à commencer par les 1 500 mineurs tués lors de l'insurrection des Asturies en octobre 1934 lors du retour des forces de gauche au pouvoir en février 1936, l'Espagne connut une période de violence intense qui fit près de 270 morts et culmina le 13 juillet avec l'assassinat du député conservateur Calvo Sotelo. ... Haut de page Extermination des prêtres et des catholiques pratiquants en zone républicaine Le calcul le plus digne de foi, réalisé par Monseigneur Montero Moreno dans un travail publié en 1961 et qui énumère une par une les victimes de cette violence, en spécifiant l'identité, la condition religieuse, la date, le lieu et, souvent, les circonstances de la mort, fournit les chiffres suivants : clergé séculier 4184 victimes, religieux 2365, religieuses 283, soit un total de 6832 victimes [A. Montero Moreno, Historia de la persecucion religiosa en Espana 1936-1939, Madrid, 1961, p 762. ]. les assassinats atteignirent dans certains [diocèses] la dimension d'une véritable extermination. Dans celui de Barbastro, par exemple, 88% du clergé fut éliminé, 66% dans celui de Lérida, 48% à Toledo. A Madrid, 334 prêtres furent tués (30%), 279 à Barcelone (22%), 327 à Valence (27%). ... Haut de page Le prétexte mensonger d'une Eglise armée au secours de la rébellion Marcelino Domingo, artisan de la réforme agraire, faisait la déclaration suivante au journal français L'Oeuvre : "Il est vrai que certaines églises ont été brûlées, beaucoup moins que ce qui a été dit. Il est exact qu'en Espagne certains prêtres ont été persécutés quasiment toutes les églises ont été converties en forteresses, Si l'Eglise, concluait-il, ne s'était pas alliée à l'armée rebelle, elle aurait pu faire entendre du haut de ses clochers les invocations chrétiennes de paix et il n'y aurait pas eu de persécution religieuse" [Marcellino Domingo ministre de la réforme agraire, L'Oeuvre du 30 septembre 1936]. Ce type de justification fut amplement propagé à travers la presse. "Le 19 juillet, écrivait par exemple le journal barcelonais L'Esquella de la Torratxa, " Le peuple, constate que dans toutes les paroisses il y a des mitraillettes avec lesquelles le peuple est agressé Et le peuple, agité par une légitime indignation, détruit aveuglément ceux qui se sont présentés comme les foyers de la réaction agressive Le cri "Vive le Christ Roi !" résonne dans les rangs des traîtres !" [Cité dans J. Massot "Els catolics catalans durant la guerra civil" in Questions de vida cristiana, n° 131-132, 1986, p 61-62.]. Les accusations de participation proprement "militaire" étaient en réalité infondées, se limitant à quelques rares épisodes à la dynamique incertaine [L'unique épisode confirmé d'"église-petit fort" fut, dans la région catalane, celle de l'église des Carmélites de la Diagonal de Barcelone où se barricadait un groupe de militaires insurgés.] ... Haut de page Une perséction plus religieuse que politique, qui s'attaque aussi aux catholiques catalans et progressistes Il restait comme justification de cette violence une motivation politique : l'Eglise est ennemie de la République, [mais] cette violence "touche particulièrement ces ecclésiastiques qui avaient le plus travaillé en faveur d'une Eglise catalane plus ouverte et plus progressiste ... Des milliers de catalans démocrates persécutés pour leur catholicisme ont dû chercher refuge dans l'Espagne franquiste" [J. Benet "Un trauma per a la Església catalana", in Questions de vida cristriana, 1986, n° 131-132, p 9-10. ]. ... Haut de page Destructions massives d'Eglises, soutenues par les pouvoirs en place dans le diocèse de Valence, 800 églises sont indiquées comme totalement rasées, 354 dans celui d'Oviedo. des études récentes, d'origine non cléricale, confirment également l'importance du phénomène. Selon l'une d'entre elles par exemple, seules deux modestes chapelles de la ville de Gerona furent totalement épargnées de toute espèce d'assaut et de spoliation. pour une grande part, elles furent destinées à d'autres fonctions : magasins, garages, écoles, prisons, musées - on a réussi sous cette forme à préserver la cathédrale de la destruction -, on incendiait l'église paroissiale dans certains endroits davantage pour éviter d'être suspectés par les comités révolutionnaires d'autres localités, d'une adhésion trop timide à la cause républicaine à Vélez Rubio où, selon le curé, "la destruction des images fut due aux pressions des éléments étrangers et à la faiblesse des gens du pays qui craignaient de rencontrer des problèmes plus graves s'ils ne consentaient pas à leur prétention" [AHN, CG, Almeria, f. 1164]. ... Haut de page Les contre-rites de l'iconoclasme républicain les nombreux cas de villages où l'unique victime de la révolution fut justement le curé. les témoins [de procès de béatification] insistent beaucoup sur les déclarations des meurtriers selon lesquelles l'acte qu'ils commettaient était motivé essentiellement par la haine de la religion La destruction d'un Christ ou d'une Vierge peut, d'une certaine manière, être considérée comme celle d'une croix gammée ou d'une faucille et d'un marteau. Mais La destruction est en effet souvent précédée de mutilations ou d'autres faits profanateurs. les coups portés aux effigies saintes avec des fouets et des bâtons sous le comportement transparaît le besoin d'une communication, même sous une forme agressive, avec la divinité. Tel est le cas quand la statue du Christ ou d'un saint est portée dans l'étable ou parmi les porcs, portée à l'auberge pour "boire du vin Ces parodies ont le caractère du contre-rite. ... Haut de page Exhumer la décomposition et la pourriture des corps cléricaux Mais peut-être que l'indicateur le plus significatif d'un mobile non politique de l'ensemble de ces actes de violence dirigés contre l'Eglise dans la zone républicaine est la profanation des tombes conservant les corps des ecclésiastiques. La multiplicité des cas, indiquent qu'ils ne doivent pas être considérés comme des aberrations circonscrites [les cadavres d'ecclésiastiques exposés aux portes des Eglises] se révèlent dépourvus de sainteté mais surtout ils manifestent que la pourriture à laquelle ils sont réduits est le miroir de leur pourriture morale. A Madrid, en 1936, les photos de deux cadavres de soeurs de l'Eglise des Carmélites, avec dans leur tombe ceux de nouveaux nés, furent publiées, pour démontrer leurs amours illicites, [A. Montero Moreno, op. cit., p 431, note 3] "Pour provoquer la fureur de la foule, ils propagèrent à travers la ville la nouvelle qu'à côté des cadavres des religieuses carmélites exhumés de la chapelle du Santissimo de l'église paroissiale (de Nuestra Senora del carmen di Manresa), il y avait des cadavres d'enfants et de jeunes filles assassinés par les prêtres" [AHN, CG, Barcelone, 1647-2] ... Haut de page |