Une vision critique des origines de l'Islam
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Une remise en cause de l'histoire des origines de l'Islam
La vision classique des débuts de l'Islam contestée à partir d'un nouvel examen de ses sources historiques
L'hypothèse "judéo-nazaréenne"
Deux sortes de "nazrani" dans le Coran, des "associateurs" qui adorent trois Dieux et des amis qui adorent un Dieu Unique
L'Hégire, un nouvel Exode, Un volonté de s'emparer de Jérusalem et du reste du monde, Inspirée par des "judéo-nazaréens", Dans le contexte de la défaite des Perses par Héraclius, Pour construire un troisième Temple
Présence des "judéo-nazaréens" dans la tradition historique musulmane
Des arabes convertis au messianisme judéo-nazaréen aux musulmans, Formation du Coran
D'après Du nouveau sur les origines de l'islam, Quand la conquête est un outil pour le Salut de la Terre, Entretien avec Edouard-Marie Gallez réalisé par Guillaume de Tanoüarn et Romain Koller, Objections - n°2 - janvier 2006 et le site www.lemessieetsonprophete.com

Les Judéo-nazaréens
L'Hégire, un nouvel Exode

Si Mahomet est bien arrivé à Yathrib - qui sera renommé plus tard Médine - en 622, ce ne fut pas seulement avec une partie de la tribu des Qoréchites, mais avec ceux pour qui le repli au désert rappelait justement un glorieux passé et surtout la figure de la promesse divine. Alors, le puzzle des données apparemment incohérentes prend forme, ainsi que Michaël Cook et d'autres l'on entrevu. Le désert est le lieu où Dieu forme le peuple qui doit aller libérer la terre, au sens de ce verset: "Ô mon peuple, entrez dans la terre que Dieu vous a destinée" (Coran V, 21). Nous sommes ici dans la vision de l'histoire dont le modèle de base est constitué par le récit biblique de l'Exode, lorsque le petit reste d'Israël préparé par Dieu au désert est appelé à conquérir la terre, c'est-à-dire la Palestine selon la vision biblique.
Un volonté de s'emparer de Jérusalem et du reste du monde
Et tel fut bien le but poursuivi par l'expédition des guerriers de Mahomet dès l'année 629 ... Pour tous ces gens, la prise de la Palestine et de la Ville apparaît alors comme le gage de la conquête du monde. Sophrone, le Patriarche de Jérusalem, l'avait bien compris puisqu'il écrivit en 634 déjà dans un sermon sur le baptême que les Arabes " se vantent de dominer le monde entier, en imitant leur chef continûment et sans retenue ". C'est une telle perspective, beaucoup plus large que celle de la seule Terre d'Israël, qui est exprimée dans la Sourate VII : " la terre appartient à Dieu, il en fait hériter qui il veut parmi ses créatures et le résultat appartient aux pieux " (v. 128).
Inspirée par des "judéo-nazaréens"
Ces judéo-nazaréens sont habiles. Ils ont compris que sans l'aide d'Arabes, qui forment la réserve militaire d'appoint, autant pour l'Empire byzantin que pour celui des Perses, ils ne parviendraient jamais à prendre et garder Jérusalem. Pour faire advenir l'Ère messianique qu'ils attendaient, ils eurent l'idée de circonvenir les Arabes au nom de la descendance d'Ismaël, en étendant à eux les promesses de domination universelle que l'on trouve dans leurs livres apocalyptiques, par exemple dans le IVème livre d'Esdras où l'on peut lire: "Seigneur, tu as déclaré que c'est pour nous que tu as créé le monde. Quant aux autres nations, qui sont nées d'Adam, tu as dit qu'elles ne sont rien (...) Si le monde a été créé pour nous, pourquoi n'entrons-nous pas en possession de ce monde qui est notre héritage?" (VI, 55 sq).
Dans le contexte de la défaite des Perses par Héraclius
ceux qui quittent la Syrie en 622 pour le désert n'avaient sans doute pas envie de rencontrer les armées d'Héraclius, qui commençait la reconquête de l'Est de son Empire pris huit ans plus tôt par les Perses. Les campagnes avaient alors lieu l'été, puis on se donnait rendez-vous pour l'année suivante. En 628, les Perses finissent par être complètement battus, et l'on peut penser que certains stratèges liés aux Perses, arabes ou non, rejoignirent alors Yathrib pour se mettre au service du projet que montent les judéo-nazaréens et leurs alliés arabes autour de Mahomet. Mais l'expédition de 629 est un échec
Pour construire un troisième Temple
Les Arabes sont unis dans le projet de prendre Jérusalem et d'y reconstruire le Temple, qui sera " le Troisième ", ainsi qu'il est annoncé dans les apocryphes messianistes des judéonazaréens. ... Les sources que nous possédons s'accordent pour dire que, dès que Jérusalem est prise, " la Maison" est relevée ; et qu'il s'agit d'un cube ! Selon certains témoignages ... cette reconstruction aurait d'abord été le fait de " juifs " avant d'être celui des Arabes. ... c'est une espérance exprimée dans la sourate II qui, pour ainsi dire, se réalisait là : " Abraham (figurant les juifs et les Arabes unis) relèvera les assises (qui restent) de la Maison avec [l'aide d'] Ismaël. (figurant les Arabes) " (II, 127). ... le cube hâtivement élevé avait les dimensions exactes du cœur du temple d'Hérode ... Une source dit que Umar fit un sacrifice devant cette Maison relevée, ce qui nous renvoie évidemment aux sacrifices anciens faits au Temple, mais sans doute aussi aux pratiques judéonazaréennes dont l'Islam a d'ailleurs hérité ... dans le rite du sacrifice du mouton lors de l'aïd el-kébîr ou dans l'interdiction du vin et de l'alcool en général.
Présence des "judéo-nazaréens" dans la tradition historique musulmane

Il est clair que les juifs qui entouraient Mahomet n'étaient pas des Juifs rabbanites. À ce sujet, il suffit d'entendre attentivement ce que les traditions islamiques ont à nous dire sur le personnage de Waraqa. ... comme l'indique le dossier quasiment exhaustif réuni par Joseph Azzi sur ce personnage.
On le présente comme un cousin de Khadidja, la première femme de Mahomet, ... Il bénit leur mariage, ... il est dit " prêtre nasraniy ", ... les judéonazaréens comptaient des prêtres parmi eux, très probablement des descendants de la tribu de Lévi ; et il y avait des consacrés hommes - ceux que le Coran nomme "moines" et qui sont dits se lever la nuit pour réciter des psaumes (III, 113 ; IV, 163 ; V, 82 ; XVII, 55.78 ; LXX, 20) -, ... De Waraqa, le commentateur Al-Bukhari (mort en 870) donne la présentation suivante : " Cet homme, qui était cousin de Hadidja du côté de son père avait embrassé le nazaréisme avant l'apparition de l'islam. Il savait écrire l'hébreu et avait copié en hébreu toute la partie de l'Évangile que Dieu avait voulu qu'il transcrivît ". Il est de la tribu arabe des Qoréchites, ... " Lorsque Waraqa est décédé, la révélation s'est tarie ".
Des arabes convertis au messianisme judéo-nazaréen aux musulmans
Pour en revenir à l'attente judéonazaréenne du Messie-Jésus, je ne vous apprendrai rien en disant qu'il n'est pas redescendu du Ciel en 638. En 639 non plus. En 640, l'espérance de le voir redescendre du Ciel apparut clairement être une chimère. C'est la crise. ... Mais après 640, on imagine aisément que Umar puis son successeur Uthman aient voulu se défaire d'alliés devenus encombrants. ... les " fils d'Israël " - au moins leurs chefs - sont massacrés ...
En fait, le problème se posait aux Arabes de justifier d'une manière nouvelle le pouvoir qu'ils avaient pris sur le Proche-Orient. C'est dans ce cadre qu'apparut la nécessité d'avoir un livre propre à eux, opposable à la Bible des juifs et des chrétiens, et qui consacrerait la domination arabe sur le monde… et qui contribuerait à occulter le passé judéo-nazaréen.
Formation du Coran
Le Calife basé à l'oasis de Médine ne disposait, en fait de " textes " en arabe, que des papiers que les judéonazaréens y avaient laissés. ... C'est ainsi que les traditions musulmanes ont gardé le souvenir de " collectes " ou assemblages du Coran divergents entre eux et concurrents ... Quant aux textes assemblés dans ce qu'on nomma le " Coran ", ils continuèrent d'être adaptés à ce qu'on attendait d'eux, dans une suite de fuites en avant ... Surtout qu'il faut chaque fois rappeler les exemplaires en circulation, les détruire et les remplacer par des nouveaux - ce dont les traditions musulmanes ont gardé le souvenir et situent jusqu'à l'époque du gouverneur Hajjaj, au début du VIIIe siècle encore!
Quand il devint trop tard pour le modifier encore en ses consonnes, sa voyellisation puis son interprétation furent à leur tour l'objet d'élaborations (parfois assez savantes). Ainsi, à force d'être manipulé, le texte coranique devint de plus en plus obscur, ce qu'il est aujourd'hui. ...
pour constituer un recueil de 114 parties - le même nombre que de logia de l'évangile de Thomas, nombre lié aux besoins liturgiques selon Pierre Perrier.
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Deux sortes de "nazrani" dans le Coran, des "associateurs" qui adorent trois Dieux et des amis qui adorent un Dieu Unique
Il existe une contradiction évidente à tout lecteur entre les deux versets 51 et 82 de la Sourate 5. Au verset 51: "Ô vous qui croyez, ne prenez pas pour amis les juifs et les nazaréens". Au verset 82: ... Comment expliquer cette contradiction terme à terme? Il faut bien supposer ... que les naçara du verset 51 ne désignent pas le même groupe de personnes que les naçara du verset 82. Le Père Moussali, ... a mis en lumière la rupture de rythme qui affecte le verset 51 : la mention "et les nazaréens" est de trop, elle rompt le phrasé originel. Il doit donc s'agir d'un ajout, évidemment tardif. Dans quel but?
Dans l'ajout en question, le terme désigne nécessairement les chrétiens au sens large ... au verset 82 où il est question des plus proches amis des croyants, il ne peut pas s'agir de ces mêmes "chrétiens". ... quelle était cette secte non-trinitaire, ces "nazaréens", amis des Arabes de Mahomet, qui se distinguent radicalement de l'ensemble des chrétiens tout en comptant parmi eux des "prêtres" et des "moines"
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La vision classique des débuts de l'Islam contestée à partir d'un nouvel examen de ses sources historiques
Dans une déclaration restée fameuse, le savant français Ernest Renan écrivit en 1851 que, contrairement aux autres fondateurs des principales religions, le prophète Mahomet était né dans "la pleine lumière de l'histoire". En effet, il suffit de chercher le nom de Mahomet dans n'importe quel ouvrage de référence ... naissance en 570 à La Mecque, carrière de marchand, première révélation en 610, fuite à Médine en 622, retour triomphant à La Mecque en 630, décès en 632. ...
Mais cette biographie standard présente deux problèmes, [d'après] The Quest for the Historical Muhammad, éditée sous la direction d'Ibn Warraq (Prometheus Books).
D'abord, la masse de documentation sur Mahomet dérive exclusivement de sources écrites arabes - des biographies, des recueils des paroles et des actes du prophète, etc. - dont les plus anciennes datent d'un siècle et demi après sa mort ... composées dans un contexte de disputes partisanes intenses à propos de la vie du prophète.
Les premières [autre] sources relatant la vie du prophète qui aient survécu jusqu'à nos jours contredisent la biographie standard de manière spectaculaire.
Ce sont pour une part des sources littéraires en d'autres langues que l'arabe (araméen, grec, syriaque) et pour le reste des objets d'époque (papyrus, inscriptions, pièces de monnaie).
[cette étude critique des sources a été menée par] John Wansbrough. ... [Patricia] Crone conclut [une étude sur la présence des noms de lieux de La Mecque, ou de la base du clan des Quraysh, Kaaba et Abu Qubays dans la Syrie pré-islamique] que la carrière de Mahomet se déroula non pas à La Mecque, mais à des centaines de kilomètres plus au nord. Yehuda Nevo et Judith Koren estiment que la langue arabe classique a été développée non pas dans l'Arabie Saoudite actuelle, mais sur les côtes de l'est de la Méditerranée, et qu'elle n'atteignit l'Arabie qu'à la suite des efforts colonisateurs de l'un des premiers califes.
Ainsi, [d'après leurs monnaies] les tribus arabes qui conquirent de larges tranches de territoires au VIIe siècle n'étaient pas musulmanes; peut-être étaient-elles païennes.
Le Coran n'est pas "produit par Mahomet, ni même par l'Arabie", mais constitue un recueil d'anciens éléments liturgiques judéo-chrétiens combinés pour satisfaire aux besoins d'une époque ultérieure.
... la recherche mise ainsi à disposition dans The Quest for the Historical Muhammad soulève des questions fondamentales sur le rôle de parangon de vertu que joue le prophète, sur les sources de la loi islamique et sur la nature divine du Coran. Il n'est donc pas étonnant que les Musulmans pieux préfèrent éviter ces questions.
Daniel Pipes, Jerusalem Post, 12 mai 2000, Version originale anglaise: Who was the Prophet Muhammad?, Adaptation française: Alain Jean-Mairet, Qui fut le prophète Mahomet?