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d'histoire des mentalités
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"J'accuse"
E. Zola : nom de l'humanité qui a tant souffert
Nietzsche : Dieu est mort, effondrement
de la morale européenne, logique de terreur ou lumière nouvelle
et libératrice
Sainte Thérèse de l'enfant
Jésus : poème Au Sacré Coeur de Jésus, la
recherche d'une rencontre
Zweig entre la belle époque et l'entre
deux guerres : perte des liberté de l'âme et de l'individu,
mais libres camaraderies entre hommes et femmes
Le meilleur des Mondes
Slogans de mai 68 |
Zweig
entre la belle époque et l'entre deux guerres : perte des liberté
de l'âme et de l'individu, mais libres camaraderies entre hommes et
femmes
Plus de libertés individuelles avant 1914
Certes, nous avons joui de plus de libertés civiques que la génération
d'aujourd'hui soumise au service militaire, au service du travail, dans
beaucoup de pays à une idéologie de masse, et dans tous, en
réalité, livrée sans défense à l'arbitraire
d'une politique mondiale stupide.
Nous pouvions nous consacrer à notre art, à nos inclinations
spirituelles, perfectionner notre vie intérieure, d'une manière
plus personnelle et plus individuelle, en étant moins dérangés.
Une existence cosmopolite nous était possible, le monde entier
nous était ouvert. Nous pouvions voyager sans passeport ni visa
partout où il nous plaisait, personne n'examinait nos opinions, notre
origine, notre race ou notre religion. Nous avions de fait - je ne le nie
pas --infiniment plus de liberté individuelle, et nous ne l'avons
pas seulement aimée, nous l'avons utilisée.
Mais comme Friedrich Hebbel le disait un jour fort joliment " Tantôt
nous manque le vin, tantôt la coupe. " Rarement l'un et l'autre
sont accordés à la même génération. Si
les moeurs laissent à l'homme quelque liberté, c'est l'État
qui le contraint. Si l'État ne l'opprime pas, ce sont les moeurs
qui tentent de le modeler. Nous avons davantage et mieux fait l'expérience
du monde, mais la jeunesse d'aujourd'hui vit davantage et fait plus consciemment
l'expérience de sa propre jeunesse.
Une jeunesse libre de vivre une insouciante camaraderie
Quand je vois de nos jours les jeunes gens revenir de leur école,
de leur collège, le front haut et lumineux, le visage serein, quand
je les vois ensemble, jeunes gens et jeunes filles, unis dans une libre
et insouciante camaraderie, sans fausse pudeur ni fausse honte, à
l'étude, au sport et au jeu, glissant sur leurs skis par-dessus
les champs de neige, rivalisant librement, à la manière antique,
dans les grands bains publics, roulant à deux en auto, à travers
la campagne, fraternellement rassemblés dans toutes les manifestations
d'une vie saine, insouciante, sans rien qui les oppresse soit du dedans,
soit du dehors, il me paraît toujours que ce ne sont pas quarante
mais mille années qui nous séparent, eux et nous qui, pour
donner, pour éprouver de
l'amour devions toujours rechercher l'ombre et les cachettes.
C'est d'un regard sincèrement réjoui que je constate quelle
prodigieuse révolution des moeurs s'est opérée au profit
de la jeunesse, combien elle a reconquis de liberté dans la vie et
dans l'amour et combien, dans cette nouvelle liberté, elle s'est
assainie physiquement et moralement.
Les femmes me semblent plus belles depuis qu'il leur est permis de montrer
leurs formes, leur port plus droit, leurs yeux plus clairs, leur conversation
plus spontanée.
De la surveillance souçonneuse à la libre responsabilité
Quelle assurance a gagnée cette nouvelle jeunesse, qui n'a à
rendre compte de ses faits et gestes qu'à elle-même et à
son propre sentiment de la responsabilité, qui s'est libérée
du contrôle des mères, des pères, des tantes et des
maîtres, et depuis longtemps ne soupçonne plus rien de toutes
les contraintes et de toutes les intimidations, de toutes les tensions par
lesquelles on a entravé notre développement, cette jeunesse
qui ne sait plus rien de ces détours et de ces cachotteries auxquels
il nous fallait recourir pour obtenir subrepticement, comme défendu,
ce qu'à bon droit elle éprouve comme son dû. Elle jouit
de son âge, heureuse, avec l'élan, la fraîcheur, la légèreté
et l'insouciance qui sont de cet âge. Mais dans ce bonheur même,
le plus beau bonheur me paraît être qu'elle n'a pas à
mentir devant les autres, qu'elle peut être sincère envers
elle-même, sincère dans ses sentiments et ses désirs
naturels.
L'effacement de bien des délicatesses dans la tendresse
Il se peut que, du fait de cette insouciance avec laquelle les jeunes
gens d'aujourd'hui avancent dans leur vie, il leur manque quelque chose
de cette vénération des choses spirituelles qui animait notre
jeunesse. Il se peut que par cette facilité toute naturelle à
prendre et à donner, bien des choses en amour se soient perdues pour
eux, qui nous semblaient particulièrement précieuses et pleines
d'attraits, bien des freins mystérieux de la pudeur et de la honte,
et bien des délicatesses dans la tendresse. Peut-être même
qu'ils ne soupçonnent pas du tout à quel point le frisson
que donnent interdiction et refus augmente secrètement la volupté.
Mais tout cela me paraît peu de chose auprès de cette seule
évolution, de cette évolution libératrice : la jeunesse
d'aujourd'hui est affranchie de la crainte et de l'oppression et jouit pleinement
de ce qui nous a été refusé - du sentiment de la confiance
en soi et de l'assurance intérieure.
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Sainte
Thérèse de l'enfant Jésus : poème Au Sacré
Coeur de Jésus, la recherche d'une rencontre
|
1 Au sépulcre saint, Marie-Madeleine
Cherchant son Jésus, se baissait en pleurs
Les anges voulaient adoucir sa peine
Mais rien ne pouvait calmer ses douleurs.
Ce n'était pas vous, lumineux archanges
Que cette âme ardente venait chercher
Elle voulait voir Le Seigneur des anges
Le prendre en ses bras, bien loin l'emporter.....
2 Auprès du tombeau, restée
la dernière
Elle était venue bien avant le jour
Son Dieu vint aussi, voilant sa lumière
Marie ne pouvait le vaincre en amour !
Lui montrant d'abord sa Face Bénie
Bientôt un seul mot jaillit de son Coeur
Murmurant le nom si doux de : Marie
Jésus lui rendit la paix, le bonheur.
3 Un jour, ô mon Dieu, comme
Madeleine,
J'ai voulu te voir, m'approcher de toi
Mon regard plongeait dans l'immense plaine
Dont je recherchais le Maître et le Roi
Et je m'écriais, voyant l'onde pure,
L'azur étoilé, la fleur et l'oiseau :
" Si je ne vois Dieu, brillante nature,
" Tu n'es rien pour moi, qu'un vaste tombeau.
4 " J'ai besoin d'un coeur
brûlant de tendresse
" Restant mon appui sans aucun retour
" Aimant tout en moi, même ma faiblesse...
" Ne me quittant pas, la nuit et le jour. "
Je n'ai pu trouver nulle créature
Qui m'aimât toujours, sans jamais mourir
Il me faut un Dieu prenant ma nature
Devenant mon frère et pouvant souffrir
|
5 Tu m'as entendue, seul Ami que
j'aime
Pour ravir mon coeur, te faisant mortel
Tu versas ton sang, mystère suprême !...
Et tu vis encor pour moi sur l'Autel.
Si je ne puis voir l'éclat de ta Face,
Entendre ta voix remplie de douceur
Je puis, ô mon Dieu, vivre de ta grâce
Je puis reposer sur ton Sacré Coeur !
6 O Coeur de Jésus, trésor
de tendresse
C'est toi mon bonheur, mon unique espoir,
Toi qui sus charmer ma tendre jeunesse
Reste auprès de moi jusqu'au dernier soir
Seigneur, à toi seul j'ai donné ma vie
Et tous mes désirs te sont bien connus
C'est en ta bonté toujours infinie
Que je veux me perdre, O Coeur de Jésus !
7 Ah ! je le sais bien, toutes nos
justices
N'ont devant tes yeux aucune valeur
Pour donner du prix à mes sacrifices
Je veux les jeter en ton Divin Coeur
Tu n'as pas trouvé tes anges sans tache
Au sein des éclairs tu donnas ta loi !..
En ton Coeur Sacré, Jésus, je me cache
Je ne tremble pas, ma vertu, c'est Toi !...
8 Afin de pouvoir contempler ta
gloire
Il faut, je le sais, passer par le feu
Et moi je choisis pour mon purgatoire
Ton Amour brûlant : ô Coeur de mon Dieu !
Mon âme exilée quittant cette vie
Voudrait faire un acte de pur amour
Et puis s'envolant au Ciel sa Patrie
Entrer dans ton Coeur sans aucun détour.
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Nietzsche
: Dieu est mort, effondrement de la morale européenne, logique de
terreur ou lumière nouvelle et libératrice
Le plus important des événements récents, - le fait
que "Dieu est mort", que la foi en le Dieu chrétien
a été ébranlée - commence déjà
à projeter sur l'Europe ses premières ombres.
Du moins pour le petit nombre de ceux dont le regard, dont la méfiance
du regard sont assez aigus et assez fins pour ce spectacle, un soleil semble
s'être couché, une vieille et profonde confiance s'être
changée en doute : c'est à eux que notre vieux monde doit
paraître tous les jours plus crépusculaire, plus suspect, plus
étrange, plus "vieux". On peut même dire, d'une façon
générale, que l'événement est beaucoup trop
grand, trop lointain, trop éloigné de la compréhension
de tout le monde pour qu'il puisse être question du bruit qu'en a
fait la nouvelle, et moins encore pour que la foule puisse déjà
s'en rendre compte - pour qu'elle puisse savoir ce qui s'effondrera,
maintenant que cette foi a été minée, tout ce qui s'y
dresse, s'y adosse et s'y vivifie : par exemple toute notre morale européenne.
Cette longue suite de démolitions, de destructions, de ruines et
de chutes que nous avons devant nous, qui donc aujourd'hui la devinerait
assez pour être l'initiateur et le devin de cette énorme logique
de terreur, le prophète d'un assombrissement et d'une obscurité
qui n'eurent probablement jamais leur pareil sur la terre?
Nous-mêmes, nous autres devins de naissance, qui restons comme en
attente sur les sommets, placés entre hier et demain, haussés
parmi les contradictions d'hier et de demain, nous autres premiers-nés,
nés trop tôt, du siècle à venir, nous qui devrions
apercevoir déjà les ombres que l'Europe est en train de projeter
: d'où cela vient-il donc que nous attendions nous-mêmes, sans
un intérêt véritable, et avant tout sans souci ni crainte,
la venue de cet obscurcissement ? Nous trouvons-nous peut-être encore
trop dominés par les premières conséquences de cet
événement ? - et
ces premières conséquences, à l'encontre de
ce que l'on pourrait peut-être attendre, ne nous apparaissent nullement
tristes et assombrissantes, mais, au contraire, comme une espèce
de lumière nouvelle, difficile à décrire, comme
une espèce de bonheur, d'allègement, de sérénité,
d'encouragement, d'aurore...
En effet, nous autres philosophes et "esprits libres", à
la nouvelle que "le Dieu ancien est mort", nous nous sentons illuminés
d'une aurore nouvelle; notre cur en déborde de reconnaissance,
d'étonnement, d'appréhension et d'attente, - enfin l'horizon
nous semble de nouveau libre, en admettant même qu'il ne soit
pas clair, - enfin nos vaisseaux peuvent de nouveau mettre la voile, voguer
au-devant du danger ; tous les coups de hasard de celui qui cherche la connaissance
sont de nouveau permis; la mer, notre pleine mer s'ouvre de nouveau devant
nous, et peut-être n'y eut-il jamais une mer aussi "pleine".
Le Gai Savoir (1882-1887), livre V, § 343,
Traduction de Henri Albert (Société du Mercure de France,
1899).
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Le
meilleur des Mondes
(...) C'est la qu'est le secret du bonheur et de la vertu: aimer ce que
l'on est oblige de faire. Tel est le but de tout conditionement, faire
aimer aux gens la destination sociale a laquelle ils ne peuvent echapper.
(...) Les primeveres et les paysages ont un defaut grave: ils sont gratuits.
L'amour de la nature ne fournit de travail a nulle usine. On decida, du
moins parmi les basses classes d'abolir l'amour de la nature, mais non point
la tendance a consommer du transport. (...) Nous condtionnons les masses
a detester la campagne. Mais simultanement, nous les conditionnons a rafoler
de tous les sports en plein air. En meme temps, nous faisons le necessaire
pour que tous les sports de plein air necessitent l'emploi d'appareils compliques.
De sorte que l'on consomme des articles manufactures aussi bien que du transport.
(...) (a propos du conditionnement) jusqu'a ce qu'enfin l'esprit de l'enfant,
ce SOIT ces choses suggeres, et que la somme de ces choses suggeres, ce
SOIT l'esprit de l'enfant. Mais egalement l'esprit de l'adulte, pour toute
sa vie. L'esprit qui juge, et desire, et decide, constitue par ces choses
suggérées. Mais toutes ces choses suggeres, ce sont celles
que nous suggerons, nous!
(...) Les etudiants acquiescerent d'un signe de tete, marquant leur accord
sur une affirmation que plus de 62 000 repetitions leur avaient fait
accepter, non pas simplement comme vraie, mais comme axiomatique,
evidente en soi, totalement indiscutable.
(...) Vous vous offrez un conge hors de la realite chaque fois que
vous en avez envie, et vous revenez sans le moindre mal de tete, ni la moindre
mythologie.
(...) Pas de stabilite sociale, sans stabilite individuelle.
(...) Ceux qui avaient de bonnes intentions se conduisaient de la meme maniere
que ceux qui en avaient de mauvaises.
(...) C'est ce genre d'idee qui pourrait facilement deconditionnerles esprites
les moins solidement arretes parmi les castes superieures, qui pourrait
leur faire perdre la foi dans le bonheur comme Souverain Bien, et leur
faire croire, a la place, que le but est quelque part au dela, quelque part
en dehors de la sphere humaine presente; que le but de la vie, n'est
pas le maintien du bien etre, mais quelque renforcement, quelque raffinement
de la conscience, quelque accroissement du savoir...
(...) (Le sauvage: ) J'aimerai mieux etre malheureux que de connaitre cet
espece de bonheur faux et menteur dont vous jouissez ici !
(...) le systeme des castes. Constamment proposé, constamment rejeté.
Il y avait quelque chose qui s'appelait la démocratie. Comme si les
hommes etaient egaux autrement que physico-chimiquement...
Retour au meilleur des mondes
... Par le moyen de méthodes toujours plus efficaces de manipulation
mentale, les démocraties changeront de nature. Les vieilles
formes pittoresques - élections, parlements, hautes cours de justice
- demeureront mais la substance sous jacente sera une nouvelle forme de
totalitarisme non-violent. Toutes les appellations traditionnelles, tous
les slogans consacrés resteront exactement ce qu'ils étaient
au bon vieux temps, la démocratie et la liberté seront les
thèmes de toutes les émissions radiodiffusées et de
tous les éditoriaux mais (...) l'oligarchie au pouvoir et son
élite hautement qualifiée de soldats, de policiers, de fabricants
de pensée, de manipulateurs mentaux mènera tout et tout le
monde comme bon lui semblera." Aldous Huxley - Retour au meilleur
des mondes - Librairie Plon, 1959, p.169
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Slogans
de mai 68
· À bas
la charogne stalinienne
À bas les groupuscules récupérateurs
Rue d'Ulm
· À bas la société de consommation.
· À bas la société spectaculaire-marchande.
· À bas le crapaud de Nazareth
Sorbonne
· À bas le réalisme socialiste. Vive le surréalisme.
Condorcet
· À bas les journalistes et ceux qui veulent les ménager
Sorbonne, hall grand amphi.
· À bas l'État.
· À bas le sommaire
Vive l'éphémère
Jeunesse Marxiste Pessimiste
Vive l'Association Internationale des Travailleurs
Sorbonne
· À bas l'objectivité parlementaire des groupuscules.
L'intelligence est du côté de la bourgeoisie. La créativité
est du côté des masses. Ne votez plus.
Sorbonne
· Abolition de l'aliénation.
· Abolition de la société des classes.
· L'aboutissement de toute pensée, c'est le pavé
dans ta gueule, C.R.S.
Rue de Rennes
· L'action ne doit pas être une réaction mais
une création
Censier
· L'action permet de surmonter les divisions et de trouver
des solutions.
· L'âge d'or était l'âge où l'or
ne régnait pas. Le veau d'or est toujours de boue.
Odéon, foyer
· L'agresseur n'est pas celui qui se révolte mais celui
qui affirme
Nanterre
· L'agresseur n'est pas celui qui se révolte mais celui
qui réprime
Rue Saint-Jacques
· Aimez-vous les uns sur les autres
Censier
· L'alcool tue. Prenez du L.S.D.
· "Amnistie : acte par lequel les souverains pardonnent
le plus souvent les injustices qu'ils ont commises." (Ambrose
Bierce)
[La définition dans le Devil's Dictionary de Bierce est plus
précisément : "magnanimité de l'État
envers les contrevenants qu'il serait trop coûteux de punir".]
· L'anarchie c'est Je
Nanterre, entrée côté A1
· L'aptitude de l'étudiant à faire un militant
de tout acabit en dit long sur son impuissance. -Les filles enragées.
· Les armes de la critique passent par la critique des armes
Odéon, rue Rotrou
· L'art est mort. Godard n'y pourra rien.
Sorbonne
· L'art est mort, libérons notre vie quotidienne.
· L'art est mort, ne consommez pas son cadavre.
· Attention : les arrivistes et les ambitieux peuvent se travestir
en "socialards".
· Attention les cons nous cernent. Ne nous attardons pas au
spectacle de la contestation, mais passons à la contestation
du spectacle.
Odéon
· "Au grand scandale des uns, sous l'oeil à peine
moins sévère des autres, soulevant son poids d'ailes,
ta liberté."
André Breton, "Ode à Charles Fourier", Salle
C20, Nanterre
· Autogestion de la vie quotidienne
Place du Panthéon
· Autrefois, nous n'avions que le pavot. Aujourd'hui, le pavé.
Nanterre
· Avant donc que d'écrire, apprenez à penser.
· À vendre, veste en cuir spéciale manifestation,
garantie anti-CRS, grande taille, prix 100 F
Nanterre
· Ayez des idées
Faculté de droit du Panthéon
· Baisez-vous les uns les autres sinon ils vous baiseront
Sorbonne, hall Richelieu
· Bannissons les applaudissements, le spectacle est partout.
· La barricade ferme la rue mais ouvre la voie
Place Saint-Michel et/ou Nanterre, amphi musique
· Le bâton éduque l'indifférence
Sorbonne
· Belle, peut-être pas, mais ô combien charmant.
La vie contre la survie.
· Bien creusé vieille taupe
Rue de la Montagne-Sainte-Geneviève
· Le bleu restera gris tant qu'il n'aura pas été
réinventé
Nanterre
· Le bonheur est une idée neuve.
· Un bon maître nous en aurons dès que chacun
sera le sien
Hall Sc. Po.
· La bourgeoisie n'a pas d'autre plaisir que de les dégrader
tous
Assas
· Cache-toi, objet
Sorbonne, hall Richelieu
· Camarades, 5 heures de sommeil sur 24 sont indispensables
: nous comptons sur vous pour la révolution.
· Camarades, l'amour se fait aussi à Sc. Po., pas seulement
aux champs
Sciences Po
· Camarades, lynchons Séguy !
· Camarades, si tout le peuple faisait comme nous...
· Camarades, vous enculez les mouches
Nanterre, amphi. musique
· Céder un peu c'est capituler beaucoup
Beaux-Arts
· Celui qui peut attribuer un chiffre à une (é)motion
est un con
Sorbonne
· Ce n'est pas seulement la raison des millénaires qui
éclate en nous, mais leur folie, il est dangereux d'être
héritier
Nanterre
· C'est en arrêtant nos machines dans l'unité
que nous démontrons leur faiblesse.
· "C'est parce que la propriété existe qu'il
y a des guerres, des émeutes et des injustices." (Saint
Augustin)
· C'est pas fini !
Boulevard Saint-Michel
· Ceux qui ferment les portes à clé sont des
froussards donc des ennemis
Censier
· Ceux qui font les révolutions à moitié
ne font que se creuser un tombeau.
· Ceux qui parlent de révolution et de lutte des classes
sans se référer à la réalité quotidienne
parlent avec un cadavre dans la bouche
Lycée Henri IV
· Changez la vie, donc transformez son mode d'emploi
Odéon, rue Rotrou
· Chassez le flic de votre tête.
· Colle-toi contre la vitre. Croupis parmi les insectes
Nanterre
· "Le combat est père de toute chose." (Héraclite)
· Comment penser librement à l'ombre d'une chapelle
?
Sorbonne
· Concours du prof le plus bête. Osez donc signer les
sujets d'examen.
Sorbonne
· Le conservatisme est synonyme de pourriture et de laideur
Nouvelle faculté de médecine, Grand Hall
· Consommez plus, vous vivrez moins
Rue de Rennes et/ou Sorbonne, hall Richelieu
· Construire une révolution, c'est aussi briser toutes
les chaînes intérieures
Médecine
· Contestation. Mais con d'abord
Nanterre, escalier C
· Cours camarade, le vieux monde est derrière toi
Sorbonne et/ou Odéon, rue Rotrou et/ou Sorbonne, hall grand
amphi.
· Créez.
· Crier la mort c'est crier la vie
Nanterre, salle C20
· C.R.S. qui visitez en civil, faites très attention
à la marche en sortant
Odéon
· La culture c'est l'inversion de la vie
Rue de Vaugirard
· "Dans la révolution, il y a deux sortes de gens
: ceux qui la font et ceux qui en profitent." (Napoléon)
· Dans le décor spectaculaire, le regard ne rencontre
que les choses et leur prix.
· Dans les chemins que nul n'avait foulés, risque tes
pas ! Dans les pensées que nul n'avait pensées, risque
ta tête !
Odéon, escalier hall
· Debout les damnés de l'Université.
· Déboutonnez votre cerveau aussi souvent que votre
braguette
Odéon
· Déchristianisons immédiatement la Sorbonne
Sorbonne
· Déculottez vos phrases pour être à la
hauteur des Sans-culottes
Rue d'Ulm et/ou Cour Sorbonne
· Déjà 10 jours de bonheur
La Mutualité et/ou Censier
· Défense de ne pas afficher
Sc. Po
· Désirer la réalité, c'est bien ! Réaliser
ses désirs, c'est mieux
Sorbonne, Hall Grand amphi.
· Dessous les pavés c'est la plage...
Sorbonne
· Dieu, je vous soupçonne d'être un intellectuel
de gauche
Condorcet
· Le discours est contre-révolutionnaire.
· Le droit de vivre ne se mendie pas, il se prend
Nanterre
· L'économie est blessée, qu'elle crève
!
Rue Linné
· Écrivez partout !
· L'éducateur doit être lui-même éduqué
Sorbonne
· Élections pièges à cons
Place Saint-Michel
· L'émancipation de l'homme sera totale ou ne sera pas
Censier
· Embrasse ton amour sans lâcher ton fusil
Odéon
· L'ennemi du mouvement, c'est le scepticisme. Tout ce qui
a été réalisé vient du dynamisme qui découle
de la spontanéité.
· L'ennui est contre-révolutionnaire.
· Enragez-vous
Nanterre, amphi. Musique et/ou Censier, les C.A.
· En tout cas pas de remords !
· Espérance : ne désespérez pas, faites
infuser davantage.
Sorbonne, Cour
· Est prolétaire celui qui n'a aucun pouvoir sur l'emploi
de sa vie quotidienne et qui le sait
Nanterre et/ou Odéon
· Et cependant, tout le monde veut respirer et personne ne
peut respirer et beaucoup disent "nous respirerons plus tard".
Et la plupart ne meurent pas car ils sont déjà morts.
· Êtes-vous des consommateurs ou bien des participants
?
· Être libre en 1968, c'est participer.
· Être réactionnaire c'est justifier et accepter
la réforme sans y faire fleurir la subversion
E.S. Saint-Louis
· Être riche c'est se contenter de sa pauvreté
?
Censier
· Et si on brûlait la Sorbonne ?
Sorbonne
· L'état c'est chacun de nous
Quai Malaquais
· Les étudiants sont cons.
· Exagérer c'est commencer d'inventer
Censier
· Exagérer, voilà l'arme
Censier
· Examens = servilité, promotion sociale, société
hiérarchisée.
· Explorons le hasard
Boulevard Saint-Germain
· Fais attention à tes oreilles, elles ont des murs
Censier
· Faites l'amour et recommencez
Rue Jacob et/ou Odéon
· Faites la somme de vos rancoeurs et ayez honte
Censier
· Le feu réalise !
Nanterre
· Fin de l'Université.
· Un flic dort en chacun de nous, il faut le tuer
Censier
· La forêt précède l'homme, le désert
le suit.
Sorbonne, hall grand amphi.
· Les frontières on s'en fout.
· Les gens qui travaillent s'ennuient quand ils ne travaillent
pas. Les gens qui ne travaillent pas ne s'ennuient jamais
Sorbonne
· Godard : le plus con des Suisses pro-chinois !
· L'homme n'est ni le bon sauvage de Rousseau, ni le pervers
de l'église et de La Rochefoucauld. Il est violent quand on
l'opprime, il est doux quand il est libre.
· Un homme n'est pas stupide ou intelligent : il est libre
ou il n'est pas
Médecine
· D'un homme, on peut faire un flic, une brique, un para, et
l'on ne pourrait en faire un homme ?
Nanterre, amphi. musique
· L'humanité ne sera heureuse que quand le dernier capitaliste
sera pendu avec les tripes du dernier gauchiste
Condorcet
· L'humanité ne sera vraiment heureuse que lorsque le
dernier des capitalistes aura été pendu avec les tripes
du dernier des bureaucrates
Rue Lhommond
· Hurle.
· Ici, bientôt, de charmantes ruines.
· Ici, on spontane
Censier
· Il est douloureux de subir les chefs, il est encore plus
bête de les choisir.
· Il est interdit d'interdire
Rue Saint-Jacques et/ou Nanterre, amphi musique
· Il est interdit d'interrompre
Hall, Sciences Po.
· "Il faut porter en soi un chaos pour mettre au monde
une étoile dansante." (Nietzsche)
· Il faut systématiquement explorer le hasard
Censier
· Il n'est pas de pensées révolutionnaires. Il
n'est que des actes révolutionnaires
Rue Gay-Lussac
· Il n'y a de mortel, de temporel, de limitée et d'exclusif
que dans l'organisation et dans les structures
Nanterre, hall A1
· Il n'y aura plus désormais que deux catégories
d'hommes : les veaux et les révolutionnaires. En cas de mariage,
ça fera des réveaulutionnaires.
Educat. surveillée
· Ils pourront couper toutes les fleurs, ils n'empêcheront
pas la venue du printemps
?
· Il y a, en France, 38 000 communes... nous en sommes à
la seconde
Sciences-Po
|
· "Imagination
n'est pas don mais par excellence objet de conquête." (Breton)
· L'imagination prend le maquis
Sorbonne
· L'imagination prend le pouvoir
Rue de Seine et/ou Science Po., escalier
· L'insolence est la nouvelle arme révolutionnaire
Médecine
· Interdit d'interdire. La liberté commence par une
interdiction : celle de nuire à la liberté d'autrui.
Sorbonne
· Inventez de nouvelles perversions sexuelles (je peux pus
!)
Nanterre, devant cafetaria hall C
· J'aime pas écrire sur les murs.
· J'ai quelque chose à dire mais je ne sais pas quoi
Censier
· Je décrète l'état de bonheur permanent
Sc. Po., escalier
· Je joue
Nanterre
· Je jouis dans les pavés
Rue Gay-Lussac
· "Je me propose d'agiter et d'inquiéter les gens.
Je ne vends pas le pain mais la levure." (Unamuno)
· J'emmerde la société et elle me le rends bien
Condorcet
· Je ne sais qu'écrire mais j'aimerais en dire de belles
et je ne sais pas
Censier
· Je ne suis au service de personne, le peuple se servira tout
seul
Sorbonne
· Je ne suis au service de personne (pas même du peuple
et encore moins de ses dirigeants) : le peuple se servira tout seul.
Censier
· Je participe.
Tu participes.
Il participe.
Nous participons.
Vous participez.
Ils profitent.
· Je plane/hashich
Nanterre, ascenseur bâtiment GH
· Je prends mes désirs pour la réalité
car je crois en la réalité de mes désirs
Sorbonne, hall Grand amphi.
· Je rêve d'être un imbécile heureux
Nanterre, amphi. musique
· Je suis marxiste, tendance Groucho
Nanterre, salle C20
· Je suis venu, j'ai vu, j'ai cru
Sorbonne
· Je t'aime !!! Dites-le avec des pavés
Gare de Nanterre
· Jeunes femmes rouges toujours plus belles
Faculté de médecine
· Les jeunes font l'amour, les vieux font des gestes obscènes.
· Jouissez ici et maintenant
Nouvelle Faculté de médecine
· Jouissez sans entraves, vivez sans temps morts, baisez sans
carotte
Nanterre, cité universitaire, ascenseur
· Laissons la peur du rouge aux bêtes à cornes...
et la peur du noir aux staliniens
Rue Bonaparte et/ou Beaux-Arts
· Les larmes des Philistins sont le nectar des dieux
Sorbonne, hall Grand amphi.
· La liberté, c'est la conscience de la nécessité
Place de la Sorbonne
· La liberté, c'est le crime qui contient tous les crimes,
c'est notre arme absolue
Sorbonne, hall Grand amphi.
· La liberté, c'est le droit au silence
Censier
· La liberté commence par une interdiction. Celle de
nuire à la liberté d'autrui
Nanterre
· La liberté d'autrui étend la mienne à
l'infini.
· La liberté est le crime qui contient tous les crimes.
C'est notre arme absolue.
· La liberté n'est pas un bien que nous possédions.
Elle est un bien que l'on nous a empêché d'acquérir
à l'aide des lois, des règlements, des préjugés,
ignorance...
Nanterre
· Libérez nos camarades.
· Luttons contre la fixation affective qui paralyse nos potentialités.
-Comité des femmes en voie de libération.
· Lynchons Séguy ! La marchandise, on la brûlera
!
Institut pédagogique
· Le mandarin est en vous
Nouvelle faculté de médecine, grand hall
· Mangez vos professeurs
Sorbonne
· Manquer d'imagination, c'est ne pas imaginer le manque
Nanterre, amphi. musique
· La marchandise, on la brûlera
Sorbonne, hall Richelieu
· Le masochisme aujourd'hui prend la forme du réformisme
Sorbonne
· Make love, not war.
· La marchandise est l'opium du peuple.
· Même si Dieu existait, il faudrait le supprimer.
· Merde au bonheur (vivez)
Sorbonne
· Mes désirs sont la réalité
Nanterre, C 24
· Métro, boulot, dodo
· Mettez un flic sous votre moteur
Rue Daubenton et/ou Censier
· Millionnaires de tous les pays, unissez-vous, le vent tourne.
· Mort aux tièdes
Censier
· La mort est nécessairement une contre révolution
Langues orientales
· Les motions tuent l'émotion
Censier
· Mutation lave plus blanc que révolution ou réformes
Censier
· Mur baignant infiniment dans sa propre gloire
Nanterre, Hall A
· Les murs ont des oreilles. Vos oreilles ont des murs
Condorcet
· N'admettez plus d'être / immatriculés / fichés
/ opprimés / réquisitionnés / prêchés
/ recensés / traqués /
Odéon, escalier foyer
· La nature n'a fait ni serviteurs ni maîtres, je ne
veux donner ni recevoir de lois
Hall, Sciences Po.
· Ne changeons pas d'employeurs, changeons l'emploi de la vie
Sorbonne
· Ne consommons pas Marx
Censier
· Ne dites plus : Monsieur le Professeur, dites : crève
salope !
Rue Cujas
· Ne dites plus : urbanisme, dites : police préventive
Beaux-Arts
· Ne me libère pas, je m'en charge
Nanterre, bâtiment GH, ascenseur
· Ne nous attardons pas au spectacle de la contestation, mais
passons à la contestation du spectacle.
· Ne nous laissons pas bouffer par les politicards et leur
démagogie boueuse. Ne comptons que sur nous-mêmes. Le
socialisme sans la liberté, c'est la caserne.
· Ne prenez plus l'ascenseur, prenez le pouvoir
107, avenue de Choisy
· Ne travaillez jamais !
Nanterre et/ou Sorbonne
· Ne vous emmerdez pas, merdifiez
Censier
· Ne vous emmerdez plus, emmerdez les autres
Nanterre, Hall C. Rz.
· Le n'importe quoi érigé en système
Nanterre
· Le nihilisme doit commencer par soi-même
Censier
· Ni maître, ni Dieu. Dieu, c'est moi
Censier
· Ni robot, ni esclave
Censier
· Non à la révolution en cravate.
· Notre espoir ne peut venir que des sans-espoir
Hall Sc. Po.
· Nous avons une gauche préhistorique
· Hall Sc. Po.
· Nous n'avons fait que la 1ère insurrection de notre
révolution
"Or, les vraies vacances, c'était le jour où nous
pouvions regarder une parade gratuitement, où nous pouvions
allumer un feu géant au milieu de la rue sans que les flics
nous en empêchent." Harpo Marx (Harpo speaks)
Sorbonne
· Nous ne voulons pas d'un monde où la certitude de
ne pas mourir de faim s'échange contre le risque de mourir
d'ennui.
Sorbonne (une autre source mentionne "garantie" au lieu
de "certitude")
· Nous refusons d'être H.L.M.isés, diplômés,
recencés, endoctrinés, sarcellisés, sermonés,
matraqués, télémanipulés, gazés,
fichés.
· Nous sommes des rats (peut-être) et nous mordons. Les
enragés
Sorbonne
· Nous sommes rassurés : 2 + 2 ne font plus 4
Censier
· Nous sommes tous des "indésirables".
· Nous sommes tous des juifs allemands
Gare de Lyon
· Nous voulons : les structures au service de l'homme et non
pas l'homme au service des structures. Avoir le plaisir de vivre et
non plus le mal de vivre
Odéon
· Nous voulons une musique sauvage et éphémère.
Nous proposons une régénération fondamentale
: grève de concerts, des meetings sonores : séances
d'investigation collectives, suppression du droit d'auteur, les structures
sonores appartiennent à chacun.
· Nous voulons vivre.
· La nouveauté est révolutionnaire, la vérité
aussi
Censier
· Nul n'arrive à comprendre s'il ne respecte, conservant
lui-même sa propre nature, la libre nature d'autrui
Censier
· L'obéissance commence par la conscience et la conscience
par la désobéissance
Censier
· Occupation des usines.
· O gentils messieurs de la politique, vous abritez derrière
vos regards vitreux un monde en voie de destruction. Criez, criez,
on ne saura jamais que vous avez été castrés.
Sorbonne, galeries Lettres
· On achète ton bonheur, vole-le !
Sorbonne, hall Richelieu
· On n'a... pas le temps d'écrire !!!
· On n'efface pas la vérité (ni d'ailleurs le
mensonge)
Nanterre, salle C20
· On ne revendique rien, on prend
Faculté de médecine
· On ne revendiquera rien, on ne demandera rien, on prendra,
on occupera
Sorbonne, hall grand amphi.
· L'orthografe est une mandarine
Sorbonne
· Ôsons
Nanterre
· "Ôsons ! Ce mot renferme toute la politique de
cette heure." (Saint-Just)
· Oubliez tout ce que vous avez appris. Commencez par rêver
Sorbonne
· Ou vous vous emparez des usines, des bureaux, des banques,
de tous les moyens de distribution, ou vous disparaîtrez sans
laisser de traces ! La révolution a besoin d'argent et vous,
aussi; les banques sont là pour nous en fournir ! Une organisation,
oui ! Une autorité ou un parti, NON ! (Bonnot and Clyde)
Rue de l'Estrapade
· Ouvrez les fenêtres de votre coeur
Censier
· Ouvrons les portes des asiles, des prisons et autres facultés
Nanterre, amphi. Musique
· La paresse est maintenant un crime, oui, mais en même
temps un droit
Censier
· Parlez à vos voisins (et à vos voisines, bordel
!)
Rue Racine et/ou Censier
· Participez au balayage. Il n'y a pas de bonnes ici
Beaux-Arts
· Pas de liberté aux ennemis de la liberté.
· Pas de replâtrage, la structure est pourrie.
· "La passion de la destruction est une joie créatrice."
(Bakounine)
· Le patron a besoin de toi, tu n'as pas besoin de lui.
· Au pays de Descartes les conneries se foutent en cartes
Lycée Condorcet
· La pègre, c'est nous
Rue Moufetard
· Une pensée qui stagne est une pensée qui pourrit
Rue des Fossés-Saint-Jacques et/ou Sorbonne
· Penser ensemble, non. Pousser ensemble, oui
Assas, faculté de droit
· La perspective de jouir demain ne me consolera jamais de
l'ennui d'aujourd'hui
Nanterre, escalier C, 1er étage
· Plébicite : qu'on dise oui qu'on dise non, il fait
de nous des cons.
· Pluie. Pluie et vent et carnage ne nous dispersent pas mais
nous soudent (Comité d'agitation culturelle)
Sorbonne
· La plus belle sculpture, c'est le pavé que l'on jette
sur la gueule des flics.
· Plus jamais Claudel
Nanterre, Hall E
· Plus je fais l'amour, plus j'ai envie de faire la révolution.
Plus je fais la révolution, plus j'ai envie de faire l'amour
Sorbonne
· La poésie est dans la rue
Odéon, rue Rotrou
· La politique se passe dans la rue.
· Pour mettre en question la société où
l'on "vit", il faut d'abord être capable de se mettre
en question soi-même.
· Pourvu qu'ils nous laissent le temps...
· Le pouvoir avait les universités, les étudiants
les ont prises. Le pouvoir avait les usines, les travailleurs les
ont prises. Le pouvoir avait l'O.R.T.F., les journalistes lui ont
pris. Le pouvoir a le pouvoir, prenez-le lui !
Sc. Po., hall d'entrée
· Le pouvoir est au bout du fusil (est-ce que le fusil est
au bout du pouvoir ?)
Nanterre, hall C Rz
· Le pouvoir sur ta vie tu le tiens de toi-même
Rue Dauphine et/ou Odéon, rue Rotrou
· Prenons la révolution au sérieux, mais ne nous
prenons pas au sérieux
Odéon
· Professeurs, vous êtes aussi vieux que votre culture,
votre modernisme n'est que la modernisation de la police, la culture
est en miette (les enragés)
Sorbonne
· Professeurs, vous nous faites vieillir
Rue Soufflot
· Quand l'assemblée nationale devient un théâtre
bourgeois, tous les théâtres bourgeois doivent devenir
des assemblées nationales
Odéon
· Quand le dernier des sociologues aura été étranglé
avec les tripes du dernier bureaucrate, aurons-nous encore des "problèmes"
? |
Voici ma collection de slogans et graffitis
de Mai 68. Je les ai trouvés dans des livres, pas sur place. À
chaque fois que le renseignement était donné, j'ai indiqué
le lieu où le slogan ou graffiti a été écrit.
Parfois, différentes sources donnent des endroits différents,
ce qui explique le "et/ou" dans certaines indications de lieu.
Les références bibliographiques sont données en fin
de document.
Remarques, corrections, humeurs, ajouts : écrivez-moi à l'adresse
ddz@skynet.be. - Daniel DZIERZGOWSKI.
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"J'accuse"
Emile Zola
Monsieur le Président,
La vérité, je la dirai, car j'ai promis de la dire, si la
justice, régulièrement saisie, ne la faisait pas, pleine et
entière. Mon devoir est de parler.
J'accuse le lieutenant-colonel du Paty de Clam d'avoir été
l'ouvrier diabolique de l'erreur judiciaire.
J'accuse le général Mercier de s'être rendu complice.
J'accuse le général Billot d'avoir eu entre les mains les
preuves certaines de l'innocence ce de Dreyfus et de tes avoir étouffées.
J'accuse les trois experts en écriture, les sieurs Belhomme, Varinard
et Couard, d'avoir fait des rapports mensongers et frauduleux, à
moins qu'un examen médical ne les déclare atteints d'une maladie
de la vue et du jugement.
J'accuse les bureaux de la guerre d'avoir mené dans la presse, particulièrement
dans L'Éclair et dans L'Écho de Paris, une campagne abominable,
pour égarer l'opinion et couvrir leur faute.
J'accuse enfin le premier conseil de guerre d'avoir violé le droit,
en condamnant un accusé sur une pièce restée secrète,
et J'accuse le deuxième conseil de guerre d'avoir couvert cette illégalité,
par ordre, en commettant à son tour le crime juridique d'acquitter
sciemment un coupable.
En portant ces accusations, je n'ignore pas que je me mets sous le coup
des articles 30 et 31 de la loi sur la presse du 29
juillet 1881, qui punit les délits de diffamation. Et c'est volontairement
que je m'expose. L'acte que j'accomplis ici n'est
qu'un moyen révolutionnaire pour hâter l'explosion de la vérité
et de la justice.
Je n'ai qu'une passion, celle de la lumière, au nom de l'humanité
qui a tant souffert et qui a droit au bonheur. Ma protestation enflammée
n'est que le cri de mon âme. Qu'on ose donc me traduire en cours d'assises
et que l'enquête ait lieu
au grand jour ! J'attends.
Extraits de la lettre d'Émile Zola parue dans L'Aurore, 13 janvier
1898.
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