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ligue et les Etats Généraux de 1588
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| 1576
:Les protestants et Monsieur, frêre du Roi obtiennent
une paix très favorable Ce qui provoque une réaction catholique,
La première ligue "de Péronne".
qui met la défense de ses objectifs au
dessus de la fidélité au roi. Jean Bodin définit la souveraineté d'une manière nouvelle et veut chasser les sorcières. 1577 : Les Etats Généraux refusent d'accorder des subsides à Henri III. 1581 Un roi critiqué pour ses dépenses somptuaires et les insolences de ses favoris. 1584 : Mort de Monsieur, frêre et héritier du roi qui fait du protestant Henri de Navarre l'héritier le plus direct du roi, Le refus de la sucession d'Henri III par la protestant Henri de Navarre, justifié par les violences protestantes en france et l'interdiction du catholicisme en Angleterre 1585 : Edit d'Union des catholiques : les revendications de la seconde ligue. A Nemours, Henri III prend la tête de la Ligue et interdit le protestantisme Les ambitions du Duc de Guise, seul près du Roi, et plus encore? |
1588
Chronologie d'une crise politique, après la
journée des barricades du 12 mai La
ligue, dirigée par les "seize" prend le contrôle
de Paris. Le rêve politique des français avant les Etats Généraux, une revalorisation massive des pouvoirs locaux contre les empiètements de l'Etat : Cahiers de Doléances du Baillage d'Orléans : pour une monarchie surveillée par les Etats Généraux : Cahiers de Doléances de Paris. Les Guises accusés de vouloir un changement de Dynastie. Le 23 décembre 1588, assasinat du duc de Guise et attaque contre les Etats Généraux, Henri III donne les raisons de son coup d'Etat. Source : Joël Cornette, ... et J.M.Constant, la Ligue, pour les cahiers de doléance |
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| Henri
III justifie son coup d'Etat contre les Etats Généraux de
1588 et l'assassinat des Guise " chacun savoit assez les grandes offenses faites à l'authorité royale par un sujet révolté contre son prince légitime, sans aucune raison raisonnablement; ... Le duc de Guise persistait en ses premiers desseins, et violait tant de promesses, et tant de sermens faits parmy les sacrées cérémonies, et en pleine assemblée des Estats, qui représentoient la face majestueuse de toute la nation françoise; il avoit renouvelé et continué les mesmes intelligences d'auparavant, avec les princes étrangers; il avoit pris de l'argent et des pensions d'Espagne, traité avec le duc de Savoie au préjudice de la couronne; et fait des brigues et des pratiques avec les Estats, pour gesner la liberté de son Prince, exclure du Royaume les successeurs légitimes, et transmettre tout le gouvernement à luy mesme, par des artifices séditieux et méchans; par toutes ces menées, il s'estoit rendu criminel de leze Majesté et fait convaincre plus d'une fois de manifeste rébellion; par conséquent, la Justice ne pouvoit, et ne devoit pas manquer à le chastier, afin d'oster pour jamais les appréhensions et les dangers continuels où il mettoit sa patrie et les gens de bien. ... On n'avoit pu observer les formalitez ordinaires pour lui faire son procès, n'y ayant point de chaisnes assez fortes, ny de prisons assez asseurées contre une si grande puissance que la sienne; aucun officier n'eust eu la hardiesse de l'interroger, aucun juge 1'asseurance de la condamner, ny aucune force le pouvoir d'en faire exécuter la sentence; [en conséquence], il [Henri III] en avoit luy-mesme fait la justice ... il en estoit bien asseuré d'avoir satisfait par cette exécution à Dieu, à l'Equité, à sa propre Conscience, au Bien public, et au commun repos du royaume. " Lettre d'Henri III au Légat du Pape ["Coup d'État est entendu ici dans le sens que Gabriel Naudé donne à cette expression dans ses Considérations sur les coups d'État (Rome, 1639) : les "coups d'État" sont définis comme "des actions hardies et extraordinaires que les princes sont contraints d'exécuter aux affaires difficiles et comme déses-pérées, contre le droit commun, sans garder même aucun ordre ni forme de justice, hasardant l'intérêt du particulier pour le bien public" (chap. 2, "Quels sont proprement les coups d'État, et de combien de sortes"). Sur la pratique royale des "coups d'État", et particulièrement sur celui d'Henri III, voir l'analyse de Yves-Marie Bercé, "Les coups de majesté des rois de France, 1588, 1617, 1661 ", in Complots et conju-rations dans l'Europe moderne. Actes du colloque international [...], Rome, 30 sept.-2 oct. 1993, Yves-Marie Bercé et Elena Fasano-Guarini éd., Rome, 1996, p. 491-505.] ... Haut de page |
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| Le
23 décembre 1588, assasinat du duc de Guise et attaque contre les
Etats Généraux Pour commettre le crime, Henri III a réuni quelques fidèles : le maréchal d'Aumont, le duc de Bellegarde, le secrétaire d'État Revol, les frères Rambouillet et Ornano Corso, colonel des gardes corses. Les exécutants furent les " quarante-cinq", la troupe de gentilshommes dont le roi s'entoure depuis quatre ans : en majorité de jeunes cadets célibataires de petite noblesse, dont beaucoup sont issus des provinces aquitaines. Parallèlement, les compagnies ordinaires de gardes du corps, français et écossais, avaient pour charge de boucler les couloirs et les abords du château de Blois. Le duc a été averti de ce qui se tramait, mais il ne tient pas compte des avertissements qui se multiplient. Le 23 décembre, le duc de Guise, puis, le lendemain, son frère, le cardinal de Lorraine sont exécutés. Suivant plusieurs témoignages, juste après l'assassinat du duc de Guise, le roi se serait rendu dans la chambre de la reine mère, malade " Ce matin je me suis rendu Roy de France, ayant fait mourir le Roy de Paris. " " Vous avez fait mourir le duc de Guise, répartit la reine, mais Dieu veuille que cette mort ne soit point cause que vous soyez Roy de rien. " Guillaume du Vair explique qu'il " estimoit avoir étouffé par cet acte tout le parti contraire et esteint dans le sang de ces deux princes les flambeaux de la guerre civile ". ... Haut de page |
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| Le
refus de la sucession d'Henri III par la protestant Henri de Navarre, justifié
par les violences protestantes en france et l'interdiction du catholicisme
en Angleterre " Et qui, messieurs les catholiques ! Voyez-vous point le danger de votre maladie? Sentez-vous point la défluxion qui vous étouffe? Que pensez-vous? Qu'attendez-vous? Que le couteau soit sous vos gorges, les hérétiques en vos maisons, le feu dans vos temples et les soldats en vos villes? Qu'attendez-vous si vous recevez le roi de Navarre sinon de voir par tout votre royaume ce que quelques villes ont vu durant les troubles ? Votre religion opprimée, votre dévotion éteinte, vos églises polluées, vos sanctuaires profanés, vos autels démolis, vos maisons pillées, et bref vous voir comme forçats réduits sous la licencieuse arrogance des ministres? Imaginez-vous ce que nous expérimentons en Angleterre; que si vous allez à la messe, si vous retirer des prêtres, si vous avez des chapelets, si vous ne révérez les ministres, vous serez crimineux de lèse-majesté. Le jour, la nuit, en toutes saisons et en toutes heures, vos maisons seront fouillées, vos meubles dérobés, votre argent pillé, sous ombre qu'on y cherchera les prêtres [pour les exécuter]. Si vous n'allez au prêche, si vous n'y faites baptiser vos enfants, si vous n'y célébrez vos mariages, on vous chargera de grosses amendes ; les tortures, les questions extraordinaires, les codeaux et les gibets ne vous manqueront jamais ; bref, estimez-vous les plus misérables créatures qui furent onc. Il est donc tant de mettre ordre à vos affaires; l'hérésie vous poursuit de près, c'est à ce coup qu'il faut résister. " Louis Dorléans, Avertissement des catholiques anglais aux catholiques français ... Haut de page |
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| La
journée des Barricades, 12 mai 1588 et ses conséquences " On donna le tocsin de toutes parts, et poursuivant ainsi de trente en trente pas, les barricades se trouvèrent faites. L'ordre en fut si ponctuel, et l'effet si prompt, qu'une ville si grande et si vaste, fust en un moment fermée de tous costez, et la soldatesque du Roy assiegée par les barricades, que l'on fit jusques aux portes de tous les corps de garde. Mais le pire fut, que le colonel Saint Paul, avec ceux du quartier Saint Eustache et de Montmartre, s'en vint de furie boucher les rues de carrefour çn carrefour, et poser sa dernière barricade aux portes mesures, et vis à vis du premier Corps de garde du Roy . " Le vendredi 13 mai, vers 18 heures, le souverain quitte la capitale pour Chartres. ... Le duc de Guise est "roi de Paris. L'un de ses premiers gestes est de s'emparer de la Bastille. Le 15 juillet. Henri III accepte de signer l'édit d'Union avec les ligueurs. Il s'engage, en particulier, à convoquer les états généraux. mais aussi à rétablir l'unité de la foi, à publier les canons du concile de Trente. Contre les prêtenttions de Henri de Navarre au trône il était spécifié qu'on ne jurerait "obéissance à prince quelconque, qui fut hérétique ou fauteur d'hérésie". Pierre de l'Estoile écrit que le roi fit ce second édit "autant contre son cur que le premier, et le vit-on pleurer en le signant, regrettant, ce bon prince, son malheur qui le contraignait, pour assurer sa personne, de hasarder son Estat". Henri III prend seul la décision de convoquer les Etats Généraux qui avaient été réclamés par le manifeste de la Ligue nobiliaire. Cette décision a été motivée, en grande partie, par le désarroi financier : les refus d'impôts se multiplient, le roi espère le consentement des députés du royaume pour permettre le retour des rentrées fiscales. La dette se monte à plus de 133 millions de livres en 1588 16 octobre 1588 Ouverture de Etats Généraux. "La harangue [d'ouverture] du Roy, qu'il prononça avec une grande éloquence et majesté, ne fust guère agréable à ceux de la Ligue, pource que ce prince, tout dissimulé qu'il estoit, donna assez à cognoistre par ses paroles que leurs actions et déportemens ne lui plaisoient point, et qu'il avoit je ne sçai quelle envie, engravée bien avant dans le coeur, de se ressentir de l'injure que lui avoient faite les Parisiens, le jour des barricades, à l'instigation du duc de Guise" (Pierre de l'Estoile). 18 octobre. Le tiers état, dont le président est l'un des plus acharnés des Seize, La Chapelle-Marteau, qui vient d'être nommé prévôt des marchands (c'est-à-dire le maire de Paris) oblige Henri III à jurer sur l'Evangile l'édit d'Union, considéré par les ligueurs comme loi fondamentale du royaume. Comme l'explique Arlette Jouanna, il s'agit là d'une rupture "constitutionnelle" fondamentale : "Non seulement les états assument en quelque sorte le rôle d'une assemblée constituante, mais, en excluant un hérétique de la succession, l'édit annule une autre loi fondamentale, la loi salique, qui assure la succession au plus proche héritier mâle " 23 et 24 décembre. Assassinat des Guise. Un coup d'État royal. Le duc de Guise, puis, le lendemain, son frère le cardinal de Lorraine, sont assassinés au château de Blois sur ordre de Henri III, au nom du droit régalien de justice directe dont il est dépositaire. Les corps des deux frères sont mis avec leurs habits dans de la chaux vive pour être consumés, de peur que les ligueurs ne les transforment en reliques. 26 décembre. À Paris, la nouvelle du double assassinat,, après un moment de stupeur (le 25 décembre), provoque une explosion des colère et de haine. Henri III est qualifié de " tyran " ; les Guise sont présentés comme des martyrs et les curés délient les paroissiens de leur devoir d'obéissance au roi. ... Haut de page |
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| Les
Guises accusés de vouloir un changement de Dynastie " l'on disoit sourdement qu'il avoit dessein de se faire déclarer, non pas par le Roy, mais par les Estats, lieutenant général, avec une pleine authorité, pour ne pouvoir pas s'en prévaloir, moins à tenir en arrest la puissance du Roy mesme (apprehendant qu'il ne retournast à sa façon ordinaire de gouverner) qu'à opprimer la Maison de Bourbon. Car faisant déclarer en pleine assemblée le Roy de Navarre incapable de succeder à la couronne, et par conséquent son successeur légitime, Charles de Bourbon ; de là se devoit ensuivre que lui (qui pour estre déjà cassé de vieillesse, ne pouvoir pas vivre longtemps) venant à mourir, la lignée royale seroit esteinte, et tous les autres de la Maison, comme suspects d'hérésie, déclarez incapables de succeder. Qu'alors rien ne pourroit empescher que le Duc, ayant l'applaudissement des peuples, et pour appuy les forces qui se trouveroient en sa puissance, n'obtint cette Eslection pour sa personne, et pour sa postérité, ou durant la vie du Roy mesme, ou du moins (s'il vouloit attendre, pour témoigner plus de modestie) après la mort de ce prince, dont il disoit, que pour estre d'une humeur débauchée, d'un naturel prodigue, d'un esprit timide et hay de ses sujets, il seroit enfin enfermé dans un monastère pour le reste de ses jours, comme un autre Chilperic. Ces contes se faisoient publiquement, suivant le caprice des uns et des autres ". H. C. Davila, Histoire des guerres civiles de France, contenant tout ce qui s'est passé de plus mémorable soubs le règne de quatre Rois, François II, Charles IX, Henry III et Henry IV, surnommé Le Grand, jusques à la Paix de Vervins, inclusivement. Traduction Jean Baudoin, Paris, 1657. ... Haut de page |
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| Après
la journée des barricades du 17 mai 1588 la ligue, dirigée
par les "seize" prend le contrôle de Paris - Élection d'un Bureau de ville insurrectionnel : le prévôt des marchands, Hector de Péreuse, est embastillé. Du 18 au 20 mai, en présence du duc de Guise, une assemblée de bourgeois porte à la prévôté maître Michel Marteau, sei-gneur de La Chapelle. Il est secondé par un avocat et trois marchands, tous ligueurs convaincus. - Un nouveau gouverneur est nommé à la Bastille : Jean Bussy-Leclerc, l'un des chefs ligueurs les plus extrêmes. - Remplacement des capitaines et lieutenants de la milice. - Remplacement des colonels des quartiers. - Noyautage de la Sorbonne. - Deux cures vacantes sont pourvues de curés ligueurs : Pierre François Pigenat à Saint-Gervais, jean Guincestre à Saint-Nicolas-des-Champs. ... Haut de page |
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| Un
roi critiqué pour ses dépenses somptuaires et les insolences
de ses favoris Mariage du favori de Henri III, le duc Anne de Joyeuse, avec Marguerite de Lorraine-Vaudérnont, la demi-soeur de la reine Louise de Lorraine, parente des Guise en septembre 1581 Les fêtes d'une durée d'une quinzaine (le jours qu: accompagnèrent le mariage frappèrent (et choquèrent) les contemporains par leur faste et leur richesse : " Et estoit tout le monde eshahi d'un si grand luxe, et tant enorme et superflue despense qui se faisoit par le Roy et par les autres de sa cour, de son ordonnance et exprès commandement. en ung temps mesmement qui n'estoit des meilleurs du monde, mais fascheux et dur pour le peuple, mangé et rongé jusques aux os, en la campagne par les gens de guerre et aux villes par nouveaux offices, imports et subsides" Pierre de l'hstoire. Le carnaval de 1584 " Le jour de Quaresme-prenant venu. ils allèrent de compagnie, suivis de leurs mignons et favoris, par les rues de Paris. à cheval et en masque, deguizés en marchans, prestres, avocas, et en toute sorte d'estas, courant a bride avallée renversans les uns, hastant les autres a coups de bassons et de perches. " ... Haut de page |
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| A
Nemours, Henri III prend la tête de la Ligue et interdit le protestantisme "Nous avons ordonné et ordonnons que tous nos dits sujets seront tenus de vivre dorénavant selon la dite Religion catholique, apostolique et romaine, et ceux qui sont de la dite Religion nouvelle de s'en départir, de réduire à la dite Religion catholique, apostolique et romaine, en faire profession dans les six mois après publication de ces présentes, et au cas qu'ils ne veulent faire la dite profession, nous voulons qu'ils aient à vider et sortir hors de notre royaume et pays de notre obéissance [...]. " Edit du roi Henri III, du 18 juillet 1585 ... Haut de page |
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| Les
ambitions du Duc de Guise, seul près du Roi, et plus encore? Mais [les Etats Généraux] ne sont pas les seuls à décider de l'avenir : les princes pèsent d'un tel poids que leur avis et leurs décisions sont autrement importants. [Le Duc Henri de Guise complotait il pour remplacer Henri III?] [Pierre d'Épinac], tête pensante et politique de la Ligue, lui suggérait de commencer une longue marche qui pourrait conduire ses enfants sur le trône de France. Il est bien sûr possible que le document ait été fabriqué ou falsifié dans le cabinet du roi, mais admettons, comme Richard l'a démontré, que ce mémoire soit entièrement authentique : il ne révèle que des objectifs traditionnels chez les princes - se rendre indispensable auprès du roi et gouverner avec lui. Sous Henri II, le connétable de Montmorency occupa une telle position et partageait l'amitié du souverain avec le maréchal de Saint-André. Sous François II, François de Guise, père de celui qui nous intéresse ici, et le cardinal de Lorraine, son frère, dirigeaient les affaires. Plus près du Balafré, d'Épernon et Joyeuse jouaient un rôle semblable. Que Pierre d'Épinal donne par écrit des conseils au duc de Guise pour se hisser lui aussi dans lette position est tout à fait dans la ligne de le que les princes ont toujours cherché à réaliser. La nouveauté est ailleurs : d'abord, dans le fait qu'Henri III n'a pas d'enfants et que la succession au trône pose un problème difficile à résoudre ; ensuite, que la maison de Lorraine a toujours prétendu - et bien avant les guerres de Religion - qu'elle descend des Carolingiens ; enfin, que nombre de ligueurs plus ou moins exaltés n'ont jamais caché que les Lorrains pourraient un jour succéder aux Valois D'Epinac envisageait en fait une décision des états généraux si le duc de Guise n'arrivait pas à [changer de garde des sceaux] par la persuasion. Si cette procédure de nomination du garde des Sceaux avait été adoptée, le caractère de la monarchie eût été profondément ébranlé. C'est en effet un énorme transfert de souveraineté qui serait passé du roi aux états généraux. Enfin, d'Épinac n'avait pas peur d'écrire : " Élargissez ... le contenu de vos lettres ... jusqu'à où s'étend votre puissance et votre faveur ", recommandant au duc d'accroître sans cesse son influence dans l'État. Il lui donnait pour modèle Charles Martel, " qui eut beaucoup de peine à être maire du palais ..., [mais] cette dignité lui servit d'échelle et degré pour monter à la grandeur à laquelle il parvint ... et depuis a institué et laissé ses enfants rois ". ... Haut de page |
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Le rêve politique des français avant les Etats Généraux Le clergé du Boulonnais est ligueur, favorable à l'édit d'union, qui doit selon lui être déclaré loi inviolable par les états généraux. Ces deux revendications politiques étaient liées à une troisième : toute levée d'impôts, toute aliénation du domaine royal, toute création d'offices nouveaux ne devaient être appliquées qu'après avis et consentement des états généraux. Des procédures furent prévues. Ainsi, à Paris, on voudrait qu'une commission composée de douze chanoines, de douze gentilshommes élus par la noblesse et de douze notables bourgeois issus de l'Hôtel de Ville et de la ville épiscopale (toujours le nombre 12 si cher aux Parisiens...) désignât trois personnes " de vie irréprochable, de qualité et de suffisance " parmi lesquelles le roi ferait son choix. La noblesse du Boulonnais allait plus loin, étendant le procédé aux curés : les paroissiens éliraient trois candidats qu'ils recommanderaient à celui qui avait le droit de patronage. Ce dernier en choisirait un parmi les trois. Enfin, le clergé du Boulonnais se montra plus vague sur ce chapitre, déclarant simplement que " l'ancienne élections des prélatures et bénéfices [serait] remise en l'état spécialement pour les évêchés, les abbayes et les prieurés ". Dans l'ensemble, les cahiers ligueurs souhaitaient donc enlever un certain nombre de pouvoirs au souverain pour les rendre à la société civile. C'est d'ailleurs ce thème si français de la limitation de l'emprise de l'État qui domine à travers tous les cahiers. En effet, tous demandèrent la suppression de quantité d'offices, certains voulant annuler les créations en remontant jusqu'à Louis XII (1498-1515), d'autres à François Ier (1515-1547), Henri II (1547-1559) et Charles IX (1559-1574), mais le rêve politique des Français, exprimé à la veille des états généraux de 1588, résidait dans de vastes autonomies où la société civile prendrait une part importante à son propre gouvernement. Ainsi, plus de vénalité dés charges, peu d'officiers de judicature, pas du tout d'officiers de finances ni de financiers, mais des tribunaux d'exception pour juger ceux qui s'enrichiraient au détriment des finances publiques, un clergé largement choisi par les paroissiens ou par leurs représentants, des gouverneurs et des chefs de guerre recrutés dans les provinces et qui mobiliseraient des soldats du cru, des nobles vivant selon les traditions chevaleresques, des villes s'administrant elles-mêmes suivant les traditions, le tout bien sûr et d'abord dans la plus totale adhésion à la religion catholique, voilà les grandes lignes du programme révélé par les cahiers de doléances ligueurs des trois ordres. ... Haut de page |
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Cahiers de Doléances de Paris Malgré quelques phrases fortes écrites par des hommes craignant la tyrannie, les Parisiens ne demandèrent pas la réunion périodique des états généraux, comme les Orléanais. Les Parisiens n'allaient pas si loin, car on peut supposer que, à la différence des provinciaux, ils étaient attachés au Parlement qu'ils voulaient réformer, parce qu'il était au coeur de leur ville et que c'était une institution familière. Néanmoins, pour eux, il ne serait pas capable de forger la loi, ce travail étant réservé aux états généraux - qui ne seraient pas un organe de gestion du quotidien mais une institution réservée aux grandes circonstances pour élaborer des " lois d'état " des " lois perpétuelles et inviolables ", des lois écrites saintes et religieuses ". Ils envisageaient que les états délibérassent une fois pour toutes et que le conseil qu'ils créaient, émanation des états, veillerait au respect de la législation et de l'engagement définitif de la France dans la. voie du salut. Au contraire, les provinciaux, et parmi eux les Orléanais, moins optimistes, pensaient que les corrections devaient se faire régulièrement. En définitive, les villes de province voulaient se donner les moyens de peser sur le pouvoir royal alors que les Parisiens, qui en étaient plus proches, étaient moins hardis sur le fond mais exprimaient un discours si philosophique dans une langue si religieuse qu'on peut avoir le sentiment à les lire que des temps nouveaux se préparaient. [Première louange à Dieu] "Louant et remerciant Dieu de toute leur puissance que son saint nom ayant été si longtemps pollué et blasphémé en ce pauvre et lamentable royaume tant par la bouche des hérétiques, ses mortels et capitaux ennemis, que par le nombre infini de vices méchants et abominables que nous avons indignement courroucé sa haute et redoutable majesté, et néanmoins, au lieu de nous punir et allumer son juste courroux justement irrité par nos injustes offenses, il aurait usé d'une douceur incroyable et d'une clémence qui n'est propre qu'à lui ; mais, nous regardant d'un oeil de pitié comme ses enfants et au lieu de nous perdre aurait touché votre coeur de son Saint Esprit vous inspirer de convoquer les états [...]. " Après ce paragraphe à la gloire de Dieu, les ligueurs parisiens adressaient leur . " seconde louange " au roi en écrivant : "Sire, la seconde louange vous est due, qui, considérant d'un oeil piteux et humain et d'une douceur qui vous est naturelle l'oppression et calamité de votre pauvre peuple, l'avez voulu soulager par la convocation des états généraux afin que ces plaintes ouïes et son mal reconnu, votre main douce et pitoyable y donnât un allégement et qu'on [pût] plus facilement remédier à ces misères." [Contre la Vénalité des Offices et charges de justice] "Tous les bons pleurent et gémissent en leurs courages. ... La liberté et licence de l'erreur avec les partialités ont germé de telle sorte, en ce pauvre royaume, que la religion s'est brisée en cent sectes, l'État en cent factions. " A quoi s'ajoute " l'indignité des nommés aux bénéfices, des pourvus aux gouvernements, avec la vénalité des offices de judicature délivrés aux plus hardis, téméraires et audacieux enchérisseurs quoy que vicieux, indignes et incapables de telles charges. Cela mêlé avec la cabale des partisans et le nouveau change à Paris a causé un tel trouble, ruine et confusion en toutes choses que, la bonde levée et le torrent de tous les malheurs desbordé sur la face de ce misérable état ..., [il] n'est resté sur le champ qu'une graine de division, d'improbité et d'impiété. " [Absence de réformes, à cause des courtisans profiteurs et machiavéliens] " Ce qui a causé tant de désordres ... et désolations ont été deux choses principales, l'une d'avoyr ouy les clameurs du peuple sans y remédier ..., l'autre que, leur ayant accordé quelque petite partie de leurs justes demandes, elles ont été étouffées en leurs semences et sont demeurées mortes. " Ainsi, pour les ligueurs parisiens, l'absence de volonté réformatrice et le laisser-aller expliquent les malheurs de la France, mais ils vont plus loin et désignent les responsables, " ceux qui bandé contre son salut, le troublent de toutes parts et avancent sa ruine. Ceux de qui les injustes armes et les frénétiques opinions troublent de si longs temps et ravagent ce royaume ..., les partisans et les pensionnaires en cour participent à leur impure religion et plus mauvaise volonté. " Enfin, ils désignent les profiteurs qui craignent un changement politique parce qu'ils auraient tout à y perdre : " [Ceux] qui, voyant leur juridiction renversée, leurs pensions ôtées, leurs pots-de-vin perdus, leurs partis retranchés et les moyens par eux de bâtir leurs maisons des ruines publiques ". On ne peut faire confiance à ces mêmes hommes pour restaurer et " étayer l'édifice " qu'ils s'attachent à détruire depuis des années parce qu'ils ont été " sourds " à " la voix, [aux] cris et [aux] larmes du peuple voire de leur pur sang ", car ils le considèrent comme " le sang de bêtes brutes ..., vil et abject ", et qu'ils " sont nourris en leur discipline de Machiavel ". L'entourage d'Henri III, visé par cet ensemble de textes, est condamné et rejeté parce que jugé incapable de faire autre chose que d'" engloutir " le royaume " comme un vaisseau perdu " dans les " abîmes " et le " naufrage ". On note aussi que leur idéal demeure celui du prince chrétien de la tradition médiévale et que les idées de Machiavel sont exécrées comme contraires à la religion catholique et inspiratrices des plus noirs desseins et des plus honteux défauts. Elles conduisent à former des " monstres de justice, peu soigneux de leurs charges quand il n'y a aucun profit [à cause de] leur avarice et insatiable cupidité, étant corrompus les uns par la faveur, les autres par dons et présents, portant des âmes basses, sordides et vénales et qui, au lieu de servir le public et d'exercer des bonnes et vertueuses fonctions, s'asser-vissent comme esclaves de robe longue sous la turpitude d'un gain déshonnête qui leur ôte la hauteur du courage et la généreuse liberté qui doit accompagner le magistrat ". Le roi, ainsi informé, est supplié avec " humilité " par les Parisiens d'entendre l'assemblée pour l'éclairer sur ses " intentions ". [Projets des parisiens] Ils voulaient réaliser cette " Jérusalem céleste ", cette " cité sainte " avec ses ,, douze portes " et ses ,, douze anges ". Ils étaient tellement fascinés par cette symbolique du nombre 12 qu'ils souhaitaient que leur conseil fût composé de douze nobles, douze ecclésiastiques et douze membres du tiers état. Les Orléanais, beaucoup moins mystiques et plus intéressés au commerce sur la Loire qu'à l'Apocalypse, ne pratiquaient pas du tout cet art du symbole. Ils ne voulaient choisir des notables que jusqu'au nombre " de dix ou douze ". On mesure par ce détail l'énorme différence entre les sentiments politiques des Orléanais et l'esprit véritablement messianique des rédacteurs du cahier parisien. Les trois seules lois d'État qu'ils exigeaient de voir promulguer n'étaient pas politiques mais religieuses, et tendaient à imposer l'unité des catholiques. D'abord ils voulaient que l'édit d'union qui avait fait suite au traité de Nemours fût proclamé loi d'État et juré par toutes les juridictions, grandes ou petites. La deuxième concerne la religion catholique, apostolique et romaine, seule acceptée dans le royaume " pour apaiser l'ire de Dieu que la diversité des religions a fait déborder en ce misérable royaume ... contre l'expresse parole de Dieu ". En conséquence, les auteurs d'édits de pacification seraient déclarés criminels de lèse-majesté. Enfin, la troisième était destinée aux hérétiques, qui " seraient déclarés déchus du droit de la couronne et déclarés inhabiles et incapables de charges, dignités, honneurs et prérogatives. ... Haut de page |
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| 1588
Cahiers de Doléances du Baillage d'Orléans D'abord, les Orléanais suivent strictement l'ordre habituel d'exposition des revendications : Église, noblesse, armée, justice, finances, université, marchandise, et comme ils ne savent où placer les problèmes politiques, qui jusque-là ne faisaient pas partie des sphères de délibération locale, ils les ajoutent à la fin du cahier. C'est d'ailleurs à propos de ces dernières questions qu'ils se révèlent le moins prolixes. En effet, ils n'y consacrent que six articles (3 % du corpus), ce qui prouve que ce n'est pas là leur centre d'intérêt principal. Les plus longs développements, ceux qui font l'objet de toute leur attention, concernent la marchandise (57 articles, 27 % du corpus). Viennent ensuite la justice (20 %), les finances (19 %), l'Église (15 %), la gendarmerie - c'est-à-dire les problèmes militaires - (6 %), la noblesse (6 %), l'université (5 %). En somme, aussi bien dans la hiérarchie des demandes que dans leur volume, le cahier du bailliage d'Orléans se révèle très traditionnel, parce que le poids de la ville, grande cité commerçante sur la Loire - l'une des artères économiques les plus importantes du royaume -, est déterminant. Le cahier parisien commence par une longue introduction qui comporte une vingtaine de doléances concernant l'état de la France et la politique qui devrait être menée pour rétablir la situation. Suivent quelques articles bien appuyés pour traiter des lois d'État. La primauté est donc accordée à la politique générale du royaume, Les Orléanais proposent ainsi quatre grandes réformes. - La première est destinée à assurer l'application de l'édit d'union et des résolutions que prendront les états généraux. Ils veulent " permettre aux habitants des villes principales et capitales de chaque province d'élire, choisir et nommer aucuns des notables habitants d'icelles jusqu'au nombre de dix ou douze pour y avoir l'oeil et recevoir les plaintes et avertissements qui leur seront donnés sur les contraventions - La deuxième prévoit un tribunal pour juger les contraventions aux édits et ordonnances, en créant dans chaque parlement une chambre composée de deux présidents, de onze conseillers, d'un avocat et d'un substitut du procureur général, tous catholiques, - non suspects d'hérésie', qui seront "élus et nommés par les états ". La troisième est d'importance puisqu'elle concerne les états généraux, qui se " tiendront de six ans en six ans ... pour remettre et redresser en ordre et état ce qui pourrait avoir été mis en désordre et corrompu ". Enfin, la quatrième prévoit un dialogue entre les provinces et le roi en proposant que chacune d'elles élise un syndic catholique " pour aller et venir et être oyant les habitants des dites provinces vers Sa Majesté " et le fameux tribunal créé. On voit que si les propositions politiques des Orléanais sont peu nombreuses, elles sont percutantes, et que leur mise en application aurait changé en profondeur le fonctionnement de la monarchie française. Le roi se voyait désormais flanqué d'états généraux réunis tous les six ans, certes non pourvus de pouvoirs nouveaux et déterminants mais accompagnés d'un conseil élu émanant des provinces, chargé d'appliquer les décisions des états, ce qui équivaut à une véritable mise en tutelle du roi. Cette nouvelle assemblée aurait un bras judiciaire pour faire respecter la loi. Quant aux provinces, elles pourraient en permanence se faire entendre du souverain par l'intermédiaire d'un syndic. Quand on sait que le cahier du bailliage d'Orléans a été rédigé par des notables royalistes et ligueurs, on mesure l'évolution de l'opinion publique et le discrédit dans lequel était tombé Henri III. ... Haut de page |
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| 1577
: Les Etats Généraux refusent d'accorder des subsides à
Henri III 1577 - 1" mars. Clôture des Etats généraux. Malgré la pression qu'il exerça sur les députés, Henri III ne put obtenir aucun secours financier. Le Tiers état se montra particulièrement intraitable. Neuf tentatives furent faites, dans le courant des mois de janvier et février, pour lui faire voter un subside de deux millions de livres ou une aliénation du domaine royal. Jean Bodin, qui prit part aux séances, comme député du Vermandois, se fit l'avocat de la tolérance civile pour les protestants. Face à Henri III, il rappela le principe de l'inaliénabilité du domaine : le roi voulait aliéner le domaine de la Couronne jusqu'à concurrence de 300 000 livres de rente pour alimenter un trésor de guerre contre les protestants. ... Haut de page |
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| 1585
: Edit d'Union des catholiques : les revendications de la seconde ligue 1585 - 28-30 mars. Déclaration, puis manifeste de Péronne : édit de l'Union, signé du seul cardinal de Bourbon, le prétendant des Ligueurs en cas de vacance du trône, car le premier prince du sang qui soit catholique, dans l'ordre de succession. Le cardinal de Bourbon y exposait les "causes" qui avaient déterminé "les Princes, les Pairs, les seigneurs des villes et communautés catholiques de ce royaume de France de s'opposer à ceux qui veulent subvertir la religion catholique et l'Etat". Le manifeste débute par un long énoncé des griefs des ligueurs : "... Outre un si grand mépris des choses sacrées, et de l'Eglise de Dieu, où l'on profane indignement toutes choses, la noblesse dédaignée, avilie, et outragée, se voit tous les jours tellement foulée d'une infinité de charges et d'exactions qu'au point où elle se trouve réduite, à peine n'a-t-elle de quoy se nourrir, et de quoy s'habiller, tant elle est misérable et incommodée. En un mot, les villes, les officiers du roy et le menu peuple n'en peuvent plus, pour le grand nombre d'imposts et d'inventions que l'on trouve pour en tirer de l'argent ; et ainsi ce qui reste à faire pour le mieux, c'est de pourveoir à ces maux, et d'y chercher quelque bon remède ... " Le manifeste se poursuit par l'annonce d'un programme "Déclarons d'avoir tous ensemble saintement promis et juré de prester mainforte à ce que la sainte Eglise de Dieu soit remise en son lustre, et en la vraye et seule Religion Catholique ; que la noblesse jouisse, comme elle doit, d'une pleine et entière liberté ; que le peuple soit soulagé, les nouveaux impôts abolis, et tous les subsides, depuis le règne de Charles IX jusque à présent, tout à fait ostez, que les parlemens puissent juger souverainement, sans estre forcez en leur conscience, et qu'on ait à maintenir tous les sujets du royaume en leurs gouvernemens, charges et offices, sans les en pouvoir priver [...], que tous les deniers qu'on levera sur le peuple, s'employent pour la deffense du royaume, et pour l'effet auquel ils sont destinez, et que de trois en trois ans, pour le plus part, on tienne les Etats généraux, sans qu'il y ait aucunes brigues, et avec une pleine liberté à chacun d'y faire ses plaintes, en cas qu'on n'y ait duement pourveu ... Nous protestons au reste, que nostre intention n'est pas de prendre les armes contre le Roy, nostre souverain Seigneur, mais plustost pour la garde et la juste deffense de sa personne, de sa vie, et de son Estat, pour qui nous promettons et jurons tous d'exposer nos biens et nos vies, jusques à la dernière goutte de nostre sang, avec la mesme fidélité que par le passé nous avons tesmoignée". .. Haut de page |
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| 1584
: Mort de Monsieur, frêre et héritier du roi qui fait du protestant
Henri de Navarre l'héritier le plus direct du roi 10 juin. Mort de Monsieur, François, duc d'Anjou, héritier du trône. Henri III, marié depuis dix ans, n'ayant pas d'enfant, l'héritier du trône, en vertu de la loi salique, devient le huguenot Henri III, roi de Navarre, descendant de Robert de Clermont, le sixième fils de saint Louis. Les conséquences de cette mort, et donc de la possibilité d'avoir un jour un roi protestant, sont capitales pour la suite des "troubles". Elle provoque la formation de la seconde Ligue. ... Haut de page |
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| Contrairement
à l'inquisition et dans une certaine mesure au Parlement de Paris,
Jean Bodin croit aux sorcières 1580 * Jean Bodin, De la démonomanie des sorciers, Paris. Treize éditions françaises de ce traité se succédèrent entre 1580 et 1616, c'est-à-dire au plus fort de la chasse aux sorcières, et le livre fut traduit dans quatre langues. Nombre de juges le possédaient dans leur bibliothèque. Jean Bodin explique que c'est un procès qu'il a été appelé à juger, en avril 1578, intenté à Jeanne Harvillier, une sorcière de Verberie, près de Compiègne, qui lui donna occasion de "mettre la main à la plume", afin de "servir à l'instruction des juges" et de répondre à ceux qui mettaient en doute la réalité de la sorcellerie : son traité était une réplique à celui d'un médecin rhénan, Jean Wier, publié en 1563, tra-duit en français en 1567 sous le titre Cinq livres de l'imposture et tromperie des diables, des enchantements et sorcelleries, pris du latin de Jean Wier. Ce dernier, qui, comme tout chrétien, ne mettait pas en doute l'existence du Diable, insistait surtout sur "l'humeur mélancolique", la vieillesse "radotée" des sorcières dont le mal devait être, selon lui, plutôt traité par des médecins que par des juges. Les arguments de Jean Bodin sont multiples mais convergents, car tous conduisent à vouloir prouver la légitimité des accusations portées contre les sorcières. ... Haut de page |
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| Jean
Bodin définit la souveraineté 1576 "La souveraineté est la puissance absolue et perpétuelle d'une République, que les Latins appellent majestatem ... Il est icy besoin de former la définition de souverai-neté, par ce qu'il n'y a ni jurisconsulte, ni philosophe politique, qui l'ait définie que. ceste puissance est perpétuelle : parce qu'il se peut faire qu'on donne puissance absolue à un ou plusieurs à certains temps, lequel expiré, ils ne sont plus rien que subjects : et tant qu'ils sont en puissance, ils ne se peuvent appeler Princes souverains, veu qu'ils ne sont que depositaires, et gardes de ceste puissance, jusques à ce qu'il plaise au peuple ou au Prince la revoquer ; qui en demeure toujours saisi ... Or la souveraineté n'est limitée, ni en puissance, ni en charge, ni à certains temps ... Poursuivons maintenant l'autre partie de nostre definition, et disons que signifient ces mots PUISSANCE ABSOLUE ... Il faut que ceux-là qui sont souverains ne soyent aucu-nement sujects aux commandements d'autruy, et qu'ils puissent donner loy aux subjectz, et casser ou aneantir les loix inutiles, pour en faire d'autres : ce que ne peut faire celuy qui est subject aux loix, ou à ceux qui ont commandement sur luy. C'est. pourquoy la loy dit, que le Prince est absous de la puissance des loix ; et ce mot de loy emporte aussi en latin le commandement de celuy qui a la souveraineté" Les seules bornes posées à cette puissance absolue sont les "lois de Dieu et de nature" : "quant aux loix divines et naturelles, tous les Princes de la terre y sont subjects, et n'est pas en leur puissance d'y contrevenir, s'ils ne veulent estre coulpables de leze majesté divine, faisant guerre à Dieu, sous la grandeur duquel tous les Monarques du monde doivent faire joug, et baisser la teste en toute crainte et reverence ; Et par ainsi la puissance absolue des Princes et seigneuries souveraines, ne s'étend aucunement aux loix de Dieu et de nature" (I, 8). De 1576 à 1641, l'oeuvre bénéficia de 37 éditions : 25 en français, 12 en latin. Charles Loyseau et Cardin le Bret (voir aux années 1610 et 1632) ont poursuivi le travail de théorisation politique entrepris par Jean Bodin 1. Une oeuvre novatrice Ce traité est rédigé en français, " pour estre mieux entendue de tous François naturels : je dy ceux qui ont désir de vouloir perpétuel de voir l'estat de ce royaume en sa première splendeur ". Une version latine fut éditée un peu plus tard. Par rapport aux juristes qui, jusqu'alors, énuméraient les pouvoirs du souverain comme Jean Ferrault en 1520, Barthélemy de Chasseneuz en 1529, Charles de Grassaille en 1538 ..., Jean Bodin opère une véritable révolution dans la définition des pouvoirs et des droits du roi, en isolant le concept de souveraineté : l'État n'est plus défini par l'action du Prince, ou par le catalogue des droits qu'il détient, mais comme une entité abstraite. La puissance existe, avant même de s'exercer, et l'obéissance est préalable aux institutions qui la rendent possible. Le mot "souveraineté" était utilisé bien avant Bodin, mais c'est dans un tout autre registre qu'il se situe : la souveraineté n'est plus pensée comme un attribut d'un puissant, mais comme la substance même de la "République" [l'État] ou, mieux, comme sa définition. " La République est un droit gouvernement de plusieurs ménages, et de ce qui leur est commun avec puissance souveraine. Nous mettons cette définition en premier lieu, parce qu'il faut chercher en toutes choses la fin principale; et puis après les moyens d'y parvenir. Or la définition n'est autre chose que la fin du sujet qui se présente : et si elle n'est bien fondée, tout ce qui se bâtira sui elle ruinera bientôt après " (I, 1). " La première marque du prince souverain c'est la puissance de donner loy à tous en général et â chacun en particulier " Mais " ce n'est pas assez, car il faut adjouster, sans le consentement de plus grand, ni de pareil, ni de moindre que soy " (I, 10). Le chapitre essentiel de l'oeuvre est le chapitre 8 du livre I, celui qui manifeste le plus clairement la nouveauté radicale, le coup de force théorique de Jean Bodin " La souveraineté est la puissance absolue et perpétuelle d'une République, qut les Latins appellent majestatem ... Il est icy besoin de former la définition de souveraineté, par ce qu'il n'y a ni jurisconsulte, ni philosophe politique, qu l'ait définie : j'açoit que c'est le point principal, et le plus nécessaire d'être entendu au traitté de la République ... Il est besoin d'esclaircir que signifie puissance souveraine. J'ay dit que ceste puissance est perpétuelle : parce que se peut faire qu'on donne puissance absolue à un ou plusieurs à certains temps lequel expiré, ils ne sont plus rien que subjects : et tant qu'ils sont en puissance, ils ne se peuvent appeler Princes souverains, veu qu'ils ne sont que depositaires, et gardes de ceste puissance, jusques à ce qu'il plaise au peuple ou at Prince la revoquer; qui en demeure toujours saisi ... Or la souveraineté n'es limitée, ni en puissance, ni en charge, ni à certains temps ... " ... Haut de page |
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| La
première ligue "de Péronne" - La paix de Beaulieu provoque la formation de la première Ligue, dite ligue de Péronne. Cette Ligue s'explique par l'indignation des catholiques devant les avantages obtenus par les huguenots. Le gouverneur de Péronne, Roye et Montdidier, Jacques d'Humières, marquis d'Encre, est à l'origine d'un Manifeste, diffusé dans tout le royaume [qui devait être remplacé par un protestant à la tête de la ville] "L'association des princes, seigneurs et gentilshommes catholiques doit estre et sera faite pour rétablir la Loi de Dieu en son entier, remettre et retenir le saint service d'iceluy selon la forme et manière de la Sainte Eglise catholique, apostolique et romaine, abjurant et renonçant toutes erreurs à ce contraires. Secondement pour conserver Henri tiers de ce nom, par la grâce de Dieu et ses prédécesseurs rois très chrétiens, en l'état, splendeur, autorité, devoir, service et obéissance qui lui sont dûs par ses sujets, ainsi qu'il est contenu dans les articles qui seront présentés aux Etats, lequels il jure et promet garder à son sacre et couronnement, avec protestation de ne rien faire au préjudice de ce qui y sera ordonné par lesdits Etats. Tiercement, pour restituer aux provinces de ce royaume et Etats d'iceluy les droits, prééminences, franchises et libertés anciennes, telles qu'elles étaient du temps du roi Clovis Ier, roi chrétien, et encore meilleures et plus profitables si elles se peuvent inventer, sous la protection susdite [de la Ligue]." Texte long "Au nom de la Saincte Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, nostre seul vray Dieu, auquel soit gloire et honneur - L'association des princes, seigneurs et gentilshommes catholiques doit estre et sera faite pour rétablir la Loi de Dieu en son entier, remettre et retenir le saint service de Lui selon la forme et manière de la Sainte Église catholique, apostolique et romaine, abjurant et renonçant toutes erreurs au contraire. - Secondement pour conserver Henri tiers de ce nom, par la grâce de Dieu et ses prédécesseurs rois très chrétiens, en l'état, splendeur, autorité, devoir, service et obéissance qui lui sont dûs par ses sujets, ainsi qu'il est contenu dans les articles qui seront présentés aux États, lesquels il jure et promet garder à son sacre et couronnement, avec protestation de ne rien faire au préjudice de ce qui y sera ordonné par lesdits États. - Tiercement, pour restituer aux provinces de ce royaume et États d'elles les droits, prééminences, franchises et libertés anciennes, telles qu'elles étaient du temps du roi Clovis 1er, roi chrétien, et encore meilleurs et plus profitables si elles se peuvent inventer, sous la protection susdite. - Au cas qu'il y ait empeschement, opposition ou rébellion à ce que dessus, par qui et de quelle part qu'ils puissent estre, seront les dits associez tenus et obligez d'employer tous leurs biens et moyens, mesmes leurs propres personnes, jusques à la mort, pour punir, chastier et courir sus à ceux qui les auront voulu contraindre et empescher, et tenir la main que toutes les choses susdites soient prises à exécution, réalement et de fait. - Au cas que quelques uns des associez, leurs subjects, amis et confédérez fussent molestez, oppressez, et recherchez pour les cas dessus-dits, par qui que ce soit, seront tenus lesdits associez employer leurs corps, biens et moyens, pour avoir vengeance de ceux qui auront faict lesdites oppresses et molestes, soit par la voye de justice ou par les armes, sans nulle acception de personnes. - S'il advenoit qu'aucun des associez, après avoir fait serment en ladite association, se vouloit retirer ou départir d'icelle, sous quelque prétexte que ce soit (que Dieu ne veuille), tels réfractaires de leurs consentement seront offensez en leurs corps et biens, en toutes sortes qu'on le pourra adviser, comme ennemis de Dieu, rebelles et perturbateurs du repos public, sans que les dits associez en puissent estre inquietez ni recherchez, soit en public ny en particulier. - Jureront lesdits associez toute prompte obeissance et service au chef qui sera député, suivre et donner conseil, confort et ayde, tant de l'entretenement et conservation de la dite association que ruyne aux contredisans à icelle, sans acceptation ny exception de personnes ; et seront les défaillans et dilyans punis par l'autorité du chef et selon son ordonnance à laquelle lesdits associez se soubmettront. - Que ceux qui ne voudront entrer en ladite association seront reputez pour ennemis d'icelle et poursuivables par toutes sortes d'offenses et de molestes. ... -Je jure Dieu le Créateur touchant cest Évangile et sur peine d'anatémization et damnation éternelle, que j'ay entré en ceste Sainte association catholique, selon la forme du traicté qui n'y a a esté leu présentement, loyaumont et sincèrement, soit pour y commander ou y obéir et y servir, et promets sous ma vie et mon honneur, de m'y conserver jusques à la dernière goutte de mon sang, sans contrevenir ou me retirer pour quelque mandement, prétexte, excuse, ny occasion que ce soit. 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| Les
protestants et Monsieur, frêre du Roi obtiennent une paix très
favorable 1576 - 3 février. Le roi Henri III de Navarre s'enfuit de la Cour où il était contraint de résider, depuis la Saint Barthélemy. Le duc d'Alençon, réfugié à Moulins, reçoit un renfort de 8 000 reîtres et lans-quenets conduits par le fils du Palatin, Jean Casimir. Il reprend les hostilités, avec le prince de Condé et le roi de Navarre comme lieutenants. - 6 mai. Édit de Beaulieu ou "paix de Monsieur". Aucun traité de pacification n'avait encore accordé aux réformés d'aussi larges garanties. L'exercice du culte réformé était autorisé "par toutes les villes et lieux du royaume, sans restriction de temps et de personnes", à l'exception de Paris où le culte n'était autorisé que dans ses faubourgs, jusqu'à deux lieues de la ville. Huit places de sûreté étaient accordées aux protestants ... Haut de page |
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