| C'est
aux Editions Fayard que l'institut Israélien de Yad Vashem a confié
l'édition de la partie française du dictionnaire qui recense
les faits et gestes des " justes des Nations " (Sous la direction
de Israel Gutman, Le Dictionnaire des Justes de France (titres décernés
de 1962 à 1999), édition établie par Lucien Lazare,
avec une préface de Jacques Chirac, Yad Vashem et Fayard 2003)
Le dictionnaire compte plus de 1200 notices,
certaines accompagnées de portraits. L'ouvrage constitue un précieux
outil de travail pour les chercheurs. Il montre surtout que des Français
ordinaires ont su ne pas se laisser aveugler par la haine et qu'il était
possible à qui le voulait d'aider des hommes, des femmes et des
enfants persécutés.
A l'occasion de la parution de ce Dictionnaire,
nous proposons de rendre hommage à quelques justes. Nous renvoyons
bien évidemment pour l'intégralité des notices et
une histoire approfondie des Justes, à l'édition originale
du Dictionnaire des Justes de France.
Marc Knobel
Observatoire des médias
A comme ANDROT, Odette :
Odette Androt était secrétaire de mairie à Prissac
(Indre). Pendant l'Occupation, une vingtaine de familles juives vinrent
se réfugier là, notamment les trois Gozland, nés
à Constantine et Marseillais d'adoption, ainsi que quatre membres
de la famille Siac, originaires de Roumanie, qui s'étaient sauvés
de la capitale occupée. Odette Androt leur donna à tous
des cartes d'identité et des cartes d'alimentation ne portant pas
le tampon " Juif ", pourtant obligatoire. Durant l'année
1943, le maire de la ville, vichyste notoire, ordonna à la secrétaire
d'établir une liste de juifs de Prissac. Lorsqu'il eut paraphé
cette liste, Odette la détruisit en secret au lieu de la transmettre
au ministère de l'Intérieur. En été 1944,
le bruit se répandit que les forces allemandes qui se retiraient
du Sud de la France pour renforcer le front de Normandie allaient se livrer
à la chasse aux Juifs. M. et Mme Siac, leur fillette de douze ans,
Thérèse, et leur fils Lucien, six ans, tentèrent
de trouver refuge chez un villageois. N'ayant pas réussi, ils firent
appel à la secrétaire de mairie qui leur donna asile chez
elle où ils restèrent pendant plusieurs jours, jusqu'à
ce que tous les Allemands aient quitté la région. Le 31
décembre 1998, Yad Vashem a décerné à Odette
Androt le titre de Juste des Nations.
Dictionnaire des Justes de France, op.cit, p. 48
B comme BELBEOCH, Roger :
Roger Belbeoch, un jeune policier de vingt et un ans affecté au
XIIe arrondissement de Paris, devint membre d'une cellule de la Résistance,
en 1941. Courageusement, il distribuait les tracts de la Résistance
au nez et à la Barbe de la police de Vichy et recueillait des informations
la nuit. Il fabriquait aussi de faux papiers d'identité qu'il remettait
notamment à des juifs persécutés. Madame Hermoza,
l'épouse juive d'un Français Chrétien, Joseph Mezan,
avait été arrêtée pour non port de l'étole
jaune. Conduite au poste de police de Belbeoch, ce dernier la remit en
liberté immédiatement, lui évitant ainsi d'être
livrée à la Gestapo. Joseph Mezan fut arrêté
au motif qu'il cachait une juive et conduit à la préfecture
où le jeune policier réussit à le faire relâcher.
Sa femme décida alors de fuir Paris avec ses deux jeunes enfants.
Munie de faux papiers fournis par Belbeoch, elle passa la ligne de démarcation
et se réfugia dans le Sud. Dénoncé par un collègue,
le jeune policier fut arrêté par les services de police du
Commissariat aux Affaires Juives (CGQJ). Torturé pour lui faire
avouer qui lui avait fourni les faux papiers, il garda le silence. Une
intervention de la Résistance au plus haut niveau le fit relâcher
avant que les forces d'occupation aient pu le récupérer.
Portant dans sons corps et dans son âme la marque de sévices
subis, Roger Belbeoch fut rétabli dans ses fonctions et affecté
à Nogent-sur-Marne. Il continua courageusement à uvrer
dans la Résistance et à venir en aide aux réfugiés
juifs ou chrétiens. Après la guerre, il reçut plusieurs
décorations pour son action dans la Résistance. Le 19 décembre
1985, Yad Vashem a décerné à Roger Belbeoch le titre
de Juste des Nations.
Dictionnaire des Justes de France, op.cit., p. 79.
B comme BROUSSE, Jeannette :
" Cette héroïne-là, il aura fallu attendre plus
de cinquante ans pour que la France lui rende hommage, par la voix de
Jacques Chirac. Mais Jeannette Brousse, 76 ans, regard vif et chevelure
poivre et sel, ne se considère pas comme une héroïne
: " Je n'ai rien fait d'extraordinaire. J'ai simplement aidé
des juifs en danger ". Jeannette a reçu la médaille
des Justes parmi les Nations. Une distinction attribuée au nom
de l'Etat d'Israël par l'institut Yad Vashem, pour honorer les non
juifs qui ont sauvé des juifs au péril de leur vie. Cette
médaille, 1700 français l'ont reçue depuis sa création
en 1963. (...) Jacques Chirac a fait savoir par un message qu'il considérait
ces Justes comme " l'honneur de la fierté de notre pays ".
(...) Jeanne a gardé des contacts avec des familles juives qu'elle
a aidées. " C'est l'une d'elles qui a dû demander la
médaille des Justes pour moi ", dit-elle, répétant
: " Je n'ai fait que mon devoir. C'est un devoir de conscience et
de solidarité que de porter assistance à personne en danger
". Aujourd'hui elle continue de militer et d'apporter son témoignage
dans les lycées, les collèges et les maisons de jeunes pour
" faire reconnaître les valeurs judéo-chrétiennes
dont nous sommes tous héritiers ".
Alain Chouffan, Le Nouvel Observateur, 06/11/1997
C comme CHAUSSAY, Paulette :
Paulette Chaussay habitait avec sa mère à Saint-Blaise-du
Buis, petit village de l'Isère, non loin de Grenoble, dans la zone
occupée par les Italiens depuis novembre 1942. Elle était
institutrice à l'école du village, et également secrétaire
du conseil municipal. Connaissant bien els dures réalités
de l'époque, elle avait pris la décision de venir en aide
au réseau clandestin juif de Grenoble. Chaque mois, pendant plus
d'une année, elle procura à ce réseau des centaines
de cartes d'identité, extraits d'actes de naissance, cartes d'alimentation,
etc. Grâce à elle, des centaines de familles juives purent
être sauvées. De plus elle hébergea dans sa maison
le petit Gabriel Abramovitz, âgé de sept ans. Son père
Mordechaï, professeur de chimie et membres de diverses organisations
juives, avait quitté Lyon lorsque les Allemands avaient occupé
le sud de la France en novembre 1942, pour s'installer avec sa famille
à Lamurette, commune située elle aussi en zone italienne.
Lorsque les Allemands occupèrent cette zone en septembre 1943,
le professeur demanda à Paulette Chaussay de cacher son petit garçon.
La chose était particulièrement dangereuse pour Paulette
et pour sa mère, car la région pullulait d'agents de la
Gestapo et de miliciens. Il vécut chez elle près d'un an,
jusqu'à la fin de l'Occupation. Cachés dans un village voisin,
ses parents restaient en contact avec lui. Pendant toute cette période,
les miliciens français, qui connaissaient bien les gens du village,
étaient à l'affût, prêts à arrêter
quiconque aidait les réseaux de résistance opérant
dans la région. Mais l'institutrice resta fidèle à
la devise qu'elle avait inscrite sur le mur de sa classe : " Mieux
vaut mourir debout que vivre à genoux. " Le 16 mars 1992,
Yad Vashem a décerné à Paulette Chaussay le titre
de Juste des Nations.
Dictionnaire des Justes de France, op.cit, pp. 162 - 163
D comme DEVAUX, Augustin ; DEVAUX, Jeanne
:
Augustin et Jean habitaient près de Condé-sur-Huisne, à
Villeray dans l'Orne, en zone occupée. Pendant l'Occupation, ils
cachèrent le petit Herman Przedborski, né en 1932. Son père
était prisonnier de guerre. En 1942, sa mère plaça
l'enfant dans la famille devaux. Il y vécut de 1942 à 1944.
Les Devaux donnèrent également asile à son cousin,
Lazare Lewin, s'occupant des deux enfants comme s'ils étaient les
leurs
Le 26 octobre 1989, Yad Vashem a décerné à
Augustin et Jeanne Devaux le titre de Juste des Nations.
Dictionnaire des Justes de France, op.cit., p. 215.
E comme EXBRAYAT, pasteur Idebert ; EXBRAYAT,
Yvonne :
Le pasteur Idebert Exbrayat, âgé d'une trentaine d'années,
vivait avec sa femme Yvonne à Rodez dans l'Aveyron, donc dans la
zone restée libre jusqu'en novembre 1942. Vers la fin du mois d'août
1942, il fut réveillé en pleine nuit par des coups frappés
à la porte. C'était son voisin le rabbin avec sa femme et
leurs cinq enfants, fuyant la police venue les arrêter. Le pasteur
ouvrit grand la porte pour faire entrer les fugitifs. Un nouveau chapitre
commençait alors dans la vie de la famille Exbrayat, qui allait
désormais de consacrer au sauvetage des Juifs
Le 13 septembre
1979, Yad Vashem a décerné au pasteur Idebert Exbrayat et
à sa femme Yvonne le titre de Juste des Nations.
Dictionnaire des Justes de France, op.cit., pp. 245 - 246.
FOLLIET, chanoine Marie Amédée
:
Le père Marie Amédée Folliet était le curé
de la paroisse de Saint-Joseph-des-Fins à Annecy en Haute-Savoie.
Il faisait également de la résistance et, sans se soucier
des graves dangers qu'il courait, venait en aide aux Juifs, aux réfugiés
et à tous les ennemis du régime nazi. Dans leur témoignage
après la guerre, deux réfugiés juifs allemands, Elisabeth
et Albert Bach, racontent comment, en automne 1942, ils s'étaient
enfuis pour échapper à la déportation et étaient
arrivés à Annecy. Ils s'étaient adressés au
père Marie Amédée, qui les cacha et les nourrit pendant
de nombreux jours (
) Elisabeth et Albert soulignent encore que le
prêtre professait l'amour de la Bible et des Juifs. Il se montrait
chaleureux vis-à-vis de ceux qu'il aidait si courageusement et
efficacement. Il poursuivait ses activités sans fléchir
jusqu'au jour où, comme elles avaient été découvertes,
il fut arrêté. Déporté dans un camp de concentration
en Allemagne, il tomba gravement malade mais survécut. A son retour
en France, il passa de longues années à l'hôpital.
Le 21 février 1967, Yad Vashem a décerné au chanoine
Marie Amédée Folliet le titre de Juste des Nations.
Dictionnaire des Justes de France, op.cit., p. 256 - 257.
G comme GANDREY-RETY, Bernard:
Léon Nerville, né à Paris, y vivait avec ses parents
et ses frères. Pendant l'Occupation, certains de ses amis s'engagèrent
dans la Résistance. A l'hiver 1943, ils lui firent faire la reconnaissance
de Bernard Gandrey-Réty. Le jeune homme, qui avait dix-neuf ans,
vivait seul dans l'appartement parisien de ses parents. Son père,
soupçonné de faire de la résistance ; avait été
arrêté ; sa mère s'était enfuie à Marseille.
Lorsque la persécution des Juifs contraignit les Nerville à
se cacher, le jeune homme leur offrit l'hospitalité dans son appartement,
en les présentant à la concierge comme des parents. Ils
vécurent chez lui pendant trois semaines, à l'abri des rafles
et des arrestations. Pendant ce temps, Bernard leur faisait faire de faux
papiers et organisait leur fuite de Paris. Il était aidé
par des fonctionnaires du ministère de l'agriculture. Ces derniers,
qui avaient l'habitude de se déplacer, en fonction des besoins,
la main-d'uvre agricole, laissaient parfois les résistants
introduire des fugitifs dans les convois. C'est ainsi qu'en février
1943, Bernard Gandrey-Réty réussit à faire quitter
Paris aux Nerville, pour les envoyer dans la spacieuse propriété
de ses parents, à Aix-les-bains, en Savoie. La villa était
une plaque tournante dans els activités clandestines et Aix abritait
de nombreux réfugiés. Bernard essaya ensuite, mais en vain,
de faire passer la frontière suisse à la famille Nerville.
Il craignait pour leur vie. Finalement, il leur suggéra de rester
à la villa, où se trouvaient déjà tant de
juifs qu'ils auraient pu y tenir des services religieux, le minyan, quorum
de dix hommes, était largement atteint. Toutefois, au bout d'un
mois, les Nerville rentrèrent à Paris où ils se trouvèrent
une nouvelle cachette, tandis que Bernard rejoignait le maquis en Haute-Savoie.
Le contact entre les deux hommes reprit après la libération.
Léon Nerville et Bernard Gandrey-Réty demeurèrent
amis. Le 6 juillet 1992, Yad Vashem a décerné à Bernard
Gandrey-Réty le titre de Juste des Nations.
Dictionnaire des Justes de France, op.cit., p. 275.
H comme HERITIER, Henri ; HERITIER, Emma:
Henri et Emma vivaient avec leur quatre enfants au Chambon-sur-Lignon
en Haute Loire. En 1943, Oscar Rosowsky vint leur demander asile. Ce résistant
Juif de vingt ans fabriquait de faux papiers qu'il fournissait à
des réfugiés juifs, leur permettant ainsi d'échapper
aux autorités d'occupation et de circuler librement. Les Héritier
qui savaient qui était le jeune homme et ce qu'il faisait, n'hésitèrent
pourtant pas à lui accorder l'hospitalité. Passant outre
aux objections de leur propriétaire, ils l'hébergèrent
dans une baraque voisine de la ferme qu'ils louaient. Il y vécut
de 1943 à la Libération (
) Le 28 décembre 1987,
Yad Vashem a décerné à Henri Héritier et son
épouse Emma le titre de Juste des Nations.
Dictionnaire des Justes de France, op.cit., p. 318.
I comme ISCHY, Ernest; ISCHY, Yannick:
Pendant l'Occupation, Ernest Ischy entrepreneur en bâtiment, vivait
à Paris. Yannick, sa femme, était infirmière à
la Croix Rouge à Beauvais. Elle y fit la connaissance du docteur
Pierre Pyse, chirurgien juif. Sachant qu'il courait de graves dangers,
Ernest et Yannick l'invitèrent à se réfugier chez
eux avec sa mère, Aline Moyse. Les Ischy avaient la nationalité
suisse et, pour assurer leur protection, l'ambassade de Suisse, pays neutre,
avait fait apposer une plaque sur leur porte. Ils étaient ainsi
à l'abri des perquisitions des Allemands. Lorsque le médecin
et sa mère s'installèrent chez eux vers la fin de 1942,
ils expliquèrent qu'il s'agissait de parents éloignés
venus effectuer un court séjour (
) Le 31 octobre 1991, Yad
Vashem a décerné à Ernest et Yannick le titre de
Juste des Nations.
Dictionnaire des Justes de France, op.cit., p. 324.
J comme JEAN, Ferdinand : Ferdinand Jean,
artisan à Lyon, était un résistant. En 1943, il sauva
les Lévy, une famille juive amie, composée de quatre personnes,
ainsi que trois de leurs cousins, les Kruk, qui habitaient chez eux à
Lyon (
) Le 29 janvier 1990, Yad Vashem a décerné à
Ferdinand Jean le titre de Juste des Nations.
Dictionnaire des Justes de France, op.cit., p. 328.
R comme ROGER, Marie-Elise :
Allocution prononcée par David FUCHS le 14 novembre 1999, lors
de la remise de la médaille des Justes parmi les Nations à
Marie-Elise Roger :
" Monsieur le Conseiller de l'Ambassade
d'Israël, Monsieur le Préfet de Vendée, Monsieur le
Président du Conseil Général de Vendée,Monsieur
le Maire de Chavagnes en Paillers,Messieurs et Mesdames les Représentants
des ordres constitués, Chers Amis et " Ah'aron, Ah'aron, H'aviv'
", ce qui peut se traduire par Dernière et Bien-aimée
Marie-Elise, Tu tiens maintenant en main la médaille qui t'honore
du titre de " Juste parmi les Nations " et je sais qu'en cet
instant encore, tu considères que tu n'as agi que très naturellement.
Oui, moi aussi je considère que nous avons vécu ces moments
de la guerre, tout à fait naturellement, comme j'ai mis ce matin
mon col blanc sur ma veste ainsi que tu le faisais il y a 55 ans !
Il m'en a donc fallu du temps, tout ce temps pour faire que ces moments
intimes de bonheur, soient étalés sur la place publique.
En fait le même temps pour qu'un Papon se retrouve enfin dans une
cellule d'une prison française. Et ce rappel, donne pour moi, son
sens aux actes de tous ceux qui, comme toi, au lieu de se réfugier
derrière les ordres d'un Etat et d'un gouvernement renégats,
ont agi comme des êtres humains devant le malheur d'autres êtres
humains. Oui, comme d'autres, tu as mérité cette distinction
du Peuple Juif pour rappeler aux générations futures, à
commencer par tes enfants et petits-enfants, mes enfants et petits-enfants,
que tu m'as sauvé la vie, qu'en plus tu m'as aimé comme
on peut aimer un enfant, et m'as donné ainsi la force de mener
une vie riche de ces souvenirs, qui me permettent de m'acquitter de cette
dette de vie, en essayant d'agir moi aussi au sein de la vie juive.
Alors je suis heureux de te dire publiquement, merci, simplement; un merci
que je partage avec tous ceux qui, même encore inconnus à
ce jour, en nous aidant, ont mérité d'être Justes
parmi les Nations ! Et à l'hébreu du début j'ajouterai
en latin:
" Ave Maria ", je te salue Marie, Marie-Elise ! "
Le 30 mars 1999, Yad Vashem a décerné
à Marie-Elise Roger le titre de Juste des Nations.
S comme STORCK, Joseph :
De nombreuses personnes ont assisté hier à la cérémonie
qui s'est déroulée dans l'une des salles de la synagogue
de la Paix à Strasbourg et durant laquelle, Joseph Storck, l'ancien
maire de Guebwiller, a été décoré à
titre posthume de la médaille des Justes. Cette décoration
est la marque de reconnaissance décernée depuis 1963 par
l'Institut Yad Vashem et l'Etat d'Israël, au nom du peuple juif,
à celles et ceux qui ont sauvé des juifs sous l'occupation,
au péril de leur vie. Pendant la guerre Joseph Storck était
proviseur de lycée à Limoges. A ce poste il a sauvé
de nombreux enfants en les cachant lors des perquisitions de la Gestapo
et de la milice. C'est un "héros de la Résistance civile"
qui a été salué hier comme l'ont souligné
les différents intervenants, parmi lesquels le grand rabbin de
Strasbourg René Gutman, le vice-président du comité
français pour Yad Vashem, Louis Grobart ou encore Jean Kahn, président
du Consistoire central et du Consistoire du Bas-Rhin. Louis Grobart a
rappelé que si plus de 1800 Justes ont été reconnus
en France, ce qui est "trop peu" à son sens, d'autres
Justes resteront malheureusement anonymes, faute de témoignages.
Connus ou inconnus, ceux qui ont été comme "des phares
au moment de la nuit noire de la conscience du monde" ont cependant
tous contribué à sauver l'humanité tout entière
en sauvant ne serait-ce qu'une vie humaine, selon la parole de la Torah
qui a été citée à plusieurs reprises hier.
Joseph Storck étant décédé il y a dix ans,
c'est à ses enfants, et plus particulièrement à l'aînée
de la famille, Madame Raymonde Cahuzac, que Monsieur Yigal Palmor, le
représentant de l'ambassadeur d'Israël en France a remis médaille
et diplôme, sous le regard des deux autres enfants de Joseph Storck,
Françoise Scheffel et le professeur Daniel Storck. Le 14 juin 1998,
Yad Vashem a décerné à Joseph Storck le titre de
Jute des Nations.
Extraits de
Sous la direction de Israel Gutman, Le Dictionnaire des Justes de France
(titres décernés de 1962 à 1999
Source : http://www.lyceestorck.org/0presentation/bibli%20storck/vie%20storck/pp10.htm
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