XXe siècle : L'Eglise face aux totalitarisme nazi
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Condamnations du racisme et du totalitarisme, actions et protestations contre le génocide
Les Eglises face aux totalitarismes:
une déclaration du Pape en faveur des juifs
Chronologie
Les Eglises face au totalitarisme
condamnations répétées du racisme

Juifs et chrétiens sous le régime de Vichy
Hitler contre l'Eglise
volonté de détruire l'Eglise
La condamantation par Pie XI du nazisme
la lettre encycilque de Pie XI "Mit Brenneder Sorge"
une constante condamnation de l'antisémitisme
un programme de lutte contre le racisme nazi adressé aux écoles catholiques
reconnaissance du Grand Rabbin de Paris
La condamnation simultannée du communisme L'encyclique "Divini Redemptoris"
"Divini Redemptoris"
Vichy, un Prince esclave.
un armistice ambigu, les lois allemandes sont imitées par les françaises
Le manifeste du journal clandestin "Témoignage Chrétien"
Pour Gaston Fessard qui le qualifie de Prince esclave
Pie XII et les persécutions raciales
Connaissance du génocide par des témoignages, des rumeurs et l'absence de nouvelles
Le message de 1942, rapide, mais compréhensible, mais avec prudence, le silence de la Croix Rouge.
Intervention diplomatique auprès de la Hongrie
Intervention pour sauver les juifs de Rome.

Réactions des autorités religieuses en France

condamnations des persécutions nazies par les autorités religieuses , Mgr Verdier, le Pasteur Boegner , les évêques de la zone occupée,Mgr Saliège, Mgr Théas ...
Protestation des Etudiants Allemands de la Rose Blanche: Les nazis démasqués, Après Stalingrad.
Résumé des documents
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Lettre du Pape Aux archevêques et aux évêques d'Allemagne contre les persécutions antijuives.
Une maison d'édition catholique publie en 1940 un livre sur les persécutions antijuives qui reprend une déclaration du Pape en faveur des juifs et contre les accusations de meurtre rituel. Rédigée en 1247 elle pouvait s'appliquer à la situation de 1940.
LES EGLISES FACE AUX TOTALTTARISMES (1920-1945) CHRONOLOGIE SOMMMAIRE DES EVENEMENTS
Les Eglises face au totalitarisme du nazisme, du communisme et laïcisme, en particulier mexicain.
Le saint Siège dans les relations internationales: condamnations répétées du racisme nazi et de la "statolâtrie" fasciste.
JUIFS ET CHRETIENS SOUS LE REGIME DE VICHY
Juifs et chrétiens sous le régime de Vichy: Protestations publiques contre les conditions d'internement puis contre les rafles de juifs
HITLER ET son programme de destruction de L'EGLISE
Hitler manifestait souvent sa volonté de détruire l'Eglise, et de la remplacer par une nouvelle Eglise du culte de la race et de la force, en commençant par la jeunesse, il le faisait au cours de conversations privées comme celles rapportées par Hermann Rauschning.
PIE XI ET L'ESSENCE DU NAZISME: "Mit Brennender Sorge"
La condamnation du nazisme par la lettre encycilque de Pie XI "Mit Brenneder Sorge", largement rédigée par le cardinal Pacelli, futur Pie XII, récuse une divinisation du monde, du "sombre et impersonnel Destin" et de la race qui éloigne de la vraie foi en Dieu. L'Ancien Testament apporte des trésors de sagesse et l'ancienne et la nouvelle alliance sont inséparables. Contre la volonté nazie de s'emparer de la jeunesse, le Pape affirme le droit a des organisations de jeunes respectueuses de la consicence des parents et de leurs enfants. Il refuse les accusations d'anti patriotisme portées contre les jeunes chrétiens et les exhorte au témoignage par le service de la vérité, lerefus de toute collaboration et par la charité. Il affirme aussi la supériorité absolue des droits de la personne sur toutes les lois civiles et proclame son espérance d'une victoire finale sur le nazisme.
PIE XI ET LE COMMUNISME ATHEE L'encyclique "Divini Redemptoris"
Protestant aussi contre le communisme en Russie, en Espagne et au Mexique, il lui reproche de faire de fausses promesses et de s'attribuer des réussites qui ne lui doivent rien, étant fondées sur la mise au travail forcé, et l'exploitation de ressources naturelles et techniques qui ne lui doivent rien. Il décrit la volonté de destruction de toute trace de christianisme dans ses prêtres, ses monuments et par le massacre des fidèles laïques Son échec économique, explicable par le refusd'une morale de la responsabilité au profit d'une terreur généralisée est déjà visible. Tout cela fait que la collaboration avec un communisme intrinsèquement pervers ne peut aboutir qu'à une persécution violente.
PIE XI condamne L'ANTISEMITISME
Le Pape Pie XI manifeste une constante condamnation de l'antisémitisme
qui lui inspire un programme de lutte contre le racisme nazi adressé aux écoles catholiques sous la forme de propositions à réfuter (syllabus) et lui vaut la reconnaissance du Grand Rabbin de Paris
PIE XII, VICHY ET LES PERSECUTIONS ANTISEMITES

Face aux persécutions, Vichy se livre à un armistice ambigu qui permet aux nationaux socialistes de se faire livrer les émigrés allemands, y compris juifs; et les lois allemandes sont imitées par les françaises

PIE XII ET LES PERSECUTIONS RACIALES
Pie XII intervient diplomatiquement auprès de la Hongrie Ayant connaissance du génocide par des témoignages, des rumeurs et l'absence de nouvelles de millions de juifs, le Pape intervient dans son message de Noël 42, en écho à la charte de l'Atlantique. Il le fait de manière rapide, mais compréhensible, mais avec prudence, pour ne pas aggraver les persécutions, en particulier pour les juifs cachés dans des établissements religieux. Ses arguments sont les même que ceux qui expliquent le silence de la Croix Rouge. Pie XII obtient l'arrêt des rafles de Juifs dans Rome après la capture d'un millier d'entre eux en menacant recondamner publiquement l'antisémitisme et ses conséquences, sauvant ainsi 8 à 13 000 autres qui étaient cachés au Vatican et dans les établissements religieux de Rome.Il le fait par un dialogue avec l'ambassadeur d'Allemagne au Vatican.
"FRANCE PRENDS GARDE DE PERDRE TON AME" (novembre 1941)

Le manifeste du journal clandestin "Témoignage Chrétien" explique que la collaboration revient à une acceptation des principes spirtuesl nazis. Cela se manifeste en particulier dans la littérature, et dans la presse. Les thèses antichrétiennes de Maurras contre le "poison juif" servant a acclimater plus facilement l'antisméitisme nazi. Son auteur, Gaston Fessard décide, malgré l'amalgame du gouvernement du Vichy et des nazis et les apples au silence devant la persécution, de ne plus se taire.

LE TRACT DIT DU "PRINCE ESCLAVE" (août-septembre 1942)
Pour Gaston Fessard qui le qualifie de Prince esclave, le gouvernement collaborateur doit être obéi comme Prince quand il défend les populations et restaure les valeurs nationales, mais on doit lui résister quand la pression du vainqueur
partiel le conduit à renier les valeurs fondamentales.

LES REACTIONS DES AUTORITES RELIGIEUSES EN FRANCE

Les condamnations des persécutions nazies par les autorités religieuses ont souvent été faites localement, dès avant la guerre l'archevêque de Paris, Mgr Verdier, le président des protestants luthériens de France, le Pasteur Boegner le 26 mars 41, et juste après la raffle du Vel d'Hiv, les évêques de la zone occupée protestent auprès du gouvernement et plusieurs le font publiquement dont Mgr Saliège a Toulouse et Mgr Théas à Montauban.
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Letre du Pape Aux archevêques et aux évêques d'Allemagne contre les persécutions antijuives.
Une maison d'édition catholique publie en 1940 un livre sur les persécutions antijuives qui reprend une déclaration du Pape en faveur des juifs et contre les accusations de meurtre rituel. Rédigée en 1247 elle pouvait s'appliquer à la situation de 1940.
"Nous avons entendu parler de la situation déplorable des Juifs contre lesquels quelques princes spirituels et temporels et d'autres seigneurs puissants en vos pays et évêchés imaginent toutes sortes de prétextes, afin de les attaquer, de les piller et de les dépouiller de leurs biens d'une manière injuste. Quoique l'Ecriture Sainte leur dise:"Tu ne tueras pas" et leur interdise de toucher pendant la Pâque à quelque chose de mort, on leur impute le crime de communier, ce jour-là, avec le coeur d'un enfant tué, et on fait comme si la loi le leur prescrivait, alors que cet acte serait clairement contraire à la Loi ... Se prévalant de cette intervention ainsi que de beaucoup d'autres, on les assaille et on les dépouille de tous leurs biens, sans accusation, sans aveu et sans preuve, contrairement à la justice, on les jette dans les geôles, on les opprime, et on condamne beaucoup d'entre eux à une mort honteuse, de sorte que sous ces princes et seigneurs, ils se trouvent dans une situation pire que leurs ancêtres sous les Pharaons d'Egypte, et qu'ils sont contraints à quitter les villes et les lieux où leurs pères habitaient déjà depuis des temps immémoriaux.
Craignant ainsi leur destruction ... ils se sont adressés au Saint-Siège... Et Nous ordonnons de rétablir l'état antérieur et de ne plus les importuner à l'avenir d'une façon ou d'une autre."
Innocent IV (1247) à l'épiscopat allemand cité dans Johannes Oesterreicher, Racisme, antisémitisme, antichritianisme, Cerf, 1940, p 61-62
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LES EGLISES FACE AUX TOTALTTARISMES (1920-1945) CHRONOLOGIE SOMMMAIRE DES EVENEMENTS
Les Eglises face au totalitarisme du nazisme, du communisme et laïcisme, en particulier mexicain.
Le saint Siège dans les relations internationales: condamnations répétées du racisme nazi et de la "statolâtrie" fasciste.

I) LE SAINT-SIEGE DANS LES RELATIONS INTERNATIONALES (jusqu'en 39)

1922: Encyclique Ubi Arcano: "instaurer le règne du Christ dans toute la vie".
1925: Parution en allemand de Mein Kampf .
Excommunication des nazis??
1925: Dans son allocution consistoriale du 14 décembre, Pie XI accueille favorablement le pacte de Locarno entre Briand et Stresemann.
1926: Condamnation de l'Action française et mise à l'Index du journal l'Action française.
1928: (21 mars) décret du Saint Office condamnant l'antisémitisme
1929: Accords du Latran.
1931: Non abbiamo bisogno de Pie XI dénonçant la "statolâtrie" (divinisationde l'État fasciste) et défendant les écoles et les mouvements de jeunesse catholiques.
1931: Parution de l'avenir du XXè siècle, justification théorique du racisme nazi par Alfred Rosenberg..
1933: (20 juillet) Concordat avec l'Allemagne.
1934: Mise à l'Index de nombreux ouvrages nazis. Nuit des Longs couteaux, assassinat de Von Klausener chef de l'Action catholique allemande.
1937 (mars): Mit Brennender Sorge , "sur la situation de l'Eglise catholique dans l'Empire allemand", Divini Redemptoris "sur le communisme athée", Firmissimam constantiam (sur la persécution religieuse au Mexique et le massacre des christeros par les francs maçons au pouvoir).
1938 (mars): Hitler est reçu par Mussolini à Rome: Pie XI se retire à Castel-Gondolfo, ferme les musées du Vatican, interdit au clergé et au nonce toute visite officielle et renouvelle ses condamnations du racisme allemand.
Avril : Huit propositions racistes sont condamnées et envoyées aux Universités catholiques du monde entier (syllabus contre le racisme).
1938: Décret-loi italien écartant des écoles reconnues par le gouvernement tous les professeurs et les élèves juifs. Pie XI ouvre dans le même temps son Académie des Sciences aux savants juifs italiens. Il est condamné par Pie XI au cours d'un congrès de prêtres de l'Action Catholique.
Juin 38: Projet d'encyclique sur le racisme et l'antisémitisme Humani Generis Unitas
1938: (20 novembre) Déclaration du cardinal Verdier au Figaro
1939: (octobre) Première encyclique de Pie XII Summi pontificatus rappelant l'unité du genre humain, l'existence d'un droit international naturel, condamnant toute "statolâtrie", priant pour la résurrection de la Pologne dépecée condamnant le "Lebensraum nazi"
Septembre 1939: Les évêques de France affirment "l'entière légitimité morale" de l'entrée en guerre de la France venue au secours de la Pologne. Le cardinal Verdier archevêque de Paris dénonce à la suite de Pie XI le racisme et le bolchevisme unis par le pacte germano-soviétique, "apôtres du paganisme renaissant" et salue nos soldats qui commencent "la croisade de la liberté, de la fraternité chrétienne"
Du côté protestant, le théologien suisse Karl Barth appelle les chrétiens de France à la mobilisation contre le paganisme hitlérien en insistant sur la nature nouvelle du conflit par rapport à celui de 14.
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JUIFS ET CHRETIENS SOUS LE REGIME DE VICHY

Juifs et chrétiens sous le régime de Vichy: Protestations publiques contre les conditions d'internement puis contre les rafles de juifs mais pas contre la légitimité du régime de Vichy ou le statut des juifs ?
Juin 1940: La convention d'armistice prévoit la livraison éventuelle au Reich des Allemands aryens ou non aryens réfugiés dans les camps du Sud Ouest de la France (Zone libre).
Juillet 40: La police allemande met les scellées sur le QG des Scouts de France.
Août 40: Le nonce Valerio Valeri qui a recommandé au journal "La Croix" de ne pas parler de "vengeance divine" incite les cardinaux et archevêques de la zone sud réunis le 31 août 40 à prononcer une mise en garde contre les excès de culpabilisme.
Sept 40: le 27 Les allemands instaurent une obligation d'enregistrement des juifs enzone occupée.
Oct. 40: Le cardinal Suhard rejette le projet d'union entre la jeunesse catholique et les Jeunesses hitlériennes.
3 Oct. 40 :Premier statut des juifs. Pétain: "Aucun Juif ni dans la justice ni dans l'enseignement "Débuts de la législation antisémite en France. Lois sur le statut des Juifs", Juifs étrangers et juifs d'Algérie.
Arrivée de Juifs allemands dans les camps de la zone Libre.
18 Oct 40: Les allemands bloquent les capitaux des "entreprises juives" et interdisent certains métiers aux juifs.
Décembre 40: Protestation du cardinal Gerlier (alerté par l'abbé Glasberg) archevêque de lyon contre les conditions d'internement des Juifs. Le Pape se félicite en privé d'avoir pu envoyer des secours aux déportés, en particulier non aryens
Mars 41: Création du commissariat aux questions juives qui promulgue un deuxième statut des Juifs.
26 Mars 1941: Lettre du pasteur Boegner au rabbin Schwartz divulguée par la feuille collaborationniste Le Pilori
avril 1941 le père jésuite Henri de Lubac alerte ses supérieurs sur la gravité morale de la situation des Juifs.
2 Juin 41: Aggravation par Vichy du statut des juifs Désormais une personne juive est soumise au statut des juifs mêmesi son conjoint même si son conjoint est un non Juif .
24 Juillet 1941: L'A.C.A (Assemblée des Cardinaux et archevêques) rejette le projet d'une Jeunesse unique L'A.C.A déclare :"Nous voulons que, sans inféodation, soit pratiqué un loyalisme sincère et complet envers le pouvoir établi" L'A.C.A.alertée par l'abbé Chaîne, et le père jésuite Riquet rappelle "le sens du respect de la personne humaine, de sa dignité de ses libertés essentielles."
août 1941 Pie XII envoie des dons aux internés du camp de Gurs.
Novembre 41: Première parution du journal Témoignage chrétien: "France, prends garde de perdre ton âme" du père jésuite Gaston Fessard.
Septembre 41: Pie XII lève les scrupules des catholiques américains qui s'interrogent sur le bien-fondé de l'aide apportée à l'URSS.
Janvier 42 :Conférence (secrète) de Wannsee : la "solution finale".
Mars 42: Dons de Pie XII pour les internés (aux bons soins de Mgr Saliège)
Avril 42: Synode protestant de Valence condamnant le statut des Juifs.
16 Juillet 42: Protestation (non publique) de l'A.C.A. (Assemblée des Cardinaux et archevêques) de zone occupée contre les rafles des 12000 juifs étrangers entassés au Vélodrome d'Hiver.
Août 42 :Déportation des Juifs de zone sud (env. 40000) vers les camps de concentration et d'extermination.Lettre de Gerlier (informé par le grand rabbin Kaplan et le père Chaillet de Témoignage chrétien) à Pétain contre la déportation des Juifs.
23-30 août 42: Protestations publiques des évêques de la zone sud contre les déportations: Saliège, Théas, Delay, Moussaron.
Sept 42: Laval se plaint auprès du SS Oberg de "l'opposition du clergé" L'ambassadeur français auprès du Saint-Siège envoie à Pétain un rapport prétendant établir que Rome est favorable au statut de Vichy sur les Juifs: protestation du nonce Valerio Valeri auprès du maréchal
Aout septembre 42 Tract de Fessard sur "Le Prince esclave."
Oct 42.La presse collaborationniste se déchaîne contre Gerlier et Saliège.(voir annexe)
31 Oct 42: Pie XII, à la radio, condamne implicitement l'invasion nazie en Russie.
17 Décembre 42: déclaration des alliés sur le sort des juifs.
Noël 42: Radio message de Pie XII sur ceux qui "du seul fait de leur nationalité ou de leur origine ethnique ont été voués à la mort"
12 Février 1943: rapport secret de laCroix Rouge sur les massacres des nazis et constatation du fait qu'il est impossible d'intervenir, en particulier en public.
5 Mai 1943: Mémorandum de la secrétairie d'Etat concluant à la quasi certitude d'un massacre généralisé des juifs.
Mai 43: Sur l'instigation du cardinal Liénart, à propos du S.T.O., l'A.C.A. déclare qu'il n'y a pas d'obligation de conscience."
Printemps 43: Mgr Chappoulie et Gerlier font pression sur le gouvernement et parviennent à le faire renoncer au projet de dénaturalisation des Juifs devenus français depuis la loi de 1927.
Août 43: Les Allemands arrêtent l'abbé Guérin, le fondateur de la J.O.C. française.
Octobre 43: Les évêques rejettent l'argumentation de ceux qu'ils appellent "les théologiens sans mandat" dont "les conclusions sont opposées à l'autorité et à la légitimité du régime"
Décembre 43: Décret de persécution de Kaltenbrunner contre l'apostolat catholique français en Allemagne.
23 Mars 1944: invasion nazie de son ex-alliée, dictature conservatrice, mais non antisémite de Hongrie. Déportations vers les camps de la mort, interrompue après l'intervention diplomatique de Pie XII le 25 juin 1944, jusqu'à l'occupation complète du pays en octobre 1944.
15 octobre 1944: Intervention du Pape pour sauver les juifs de Rome cachés sur son ordre dans des institutions religieuses.
BILAN: Sur les 300000 Juifs en France, 75000 périssent (dont deux tiers d'étrangers et un tiers de Français. Sur les trois millions d'étrangers qui se trouvaient en france en 1939, 65000 seulement étaient des juifs réfugiés en France depuis 1933

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HITLER ET son programme de destruction de L'EGLISE
Hitler manifestait souvent sa volonté de détruire l'Eglise, et de la remplacer par une nouvelle Eglise du culte de la race et de la force, en commençant par la jeunesse, il le faisait au cours de conversations privées comme celles rapportées par Hermann Rauschning. Texte à l'authenticité controversée ?
"Et nous, quel programme devrons-nous suivre? Exactement celui de l'Eglise catholique, lorsqu'elle a imposé sa religion aux païens: conserver ce qu'on peut conserver et réformer le reste. Par exemple Pâques ne sera plus la Résurrection mais l'éternelle rénovation de notre peuple. Noël sera la naissance de notre sauveur, c'est-à-dire de l'esprit d'héroïsme et d'affranchissement(...) Il ne faut pas que les hommes noirs ( prêtres catholiques ) se fassent des illusions(...) Leur temps est révolu. Ils ont perdu la partie(...) Je sais de quelle manière on peut attaquer ces gens là. Bismarck a été stupide(...) Moi,je ne me lancerai pas dans un nouveau Kulturkampf, ce serait vraiment trop bête. Je ne tiens pas à ce que les hommes noirs puissent se parer de la couronne des martyrs devant de pauvres femmes.Mais je saurai les mater, soyez en sûrs.(...)
Je vous garantis que, si je le veux, j'anéantirai l'Eglise en quelques années, tant cet appareil religieux est creux, fragile et mensonger. Il suffira d'y porter un coup sérieux pour le démolir. Nous les prendrons par leur rapacité et leur goût proverbial des bonnes choses. Je leur donne tout au plus quelques années de sursis. Pourquoi nous disputer? Ils avaleront tout, à la condition de pouvoir conserver leur situation matérielle(...) Certes l'Eglise a été quelque chose autrefois. A présent, nous sommes ses héritiers, nous sommes nous aussi, une Eglise. (...) Dès l'instant où j'ai la jeunesse avec moi, les vieux peuvent aller moisir au confessionnal si ça leur chante. Mais pour la jeunesse c'est autre chose, et c'est moi que cela regarde."
Hermann Rauschning (Ancien chef National-Socialiste du Gouvernement de Dantzig) Hitler m'a dit, Paris, Coopération 1939, traduit de l'allemand par Albert Lehman
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PIE XI ET L'ESSENCE DU NAZISME: "Mit Brennender Sorge"

La condamnation du nazisme par la lettre encycilque de Pie XI "Mit Brenneder Sorge", largement rédigée par le cardinal Pacelli, futur Pie XII, récuse une divinisation du monde, du "sombre et impersonnel Destin" et de la race qui éloigne de la vraie foi en Dieu. L'Ancien Testament apporte des trésors de sagesse et l'ancienne et la nouvelle alliance sont inséparables. Contre la volonté nazie de s'emparer de la jeunesse, le Pape affirme le droit a des organisations de jeunes respectueuses de la consicence des parents et de leurs enfants. Il refuse les accusations d'anti patriotisme portées contre les jeunes chrétiens Voir rose blanche et les exhorte au témoignage par le service de la vérité, lerefus de toute collaboration et par la charité. Il affirme aussi la supériorité absolue des droits de la personne sur toutes les lois civiles et proclame son espérance d'une victoire finale sur le nazisme.
C'est avec une vive inquiétude et un étonnement croissant que depuis longtemps Nous suivons des yeux les douloureuses épreuves de l'Eglise et les vexations de plus en plus graves dont souffrent ceux et celles qui lui restent fidèles par le coeur et la conduite, au milieu du pays et du peuple auxquels saint Boniface a porté autrefois le lumineux message, la bonne nouvelle du Christ et du Royaume de Dieu (...)
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Condamnation du paganisme nazi

"Quiconque indentifie, dans une confusion panthéistique, Dieu et l'univers, abaissant Dieu aux dimensions du monde ou élevant le monde à celles de Dieu, n'est pas de ceux qui croient en Dieu.
Quiconque, suivant une prétendue conception des anciens Germains d'avant le Christ, met le sombre et impersonnel Destin à la place du Dieu personnel, nie par le fait laSagesse et la Providence de Dieu (...) celui-là ne peut pas prétendre à être mis au nombre de ceux qui croient en Dieu".
Quiconque prend la race, ou le peuple, ou l'Etat, ou la forme de l'Etat, ou les dépositaires du pouvoir, ou tout autre valeur fondamentale de la communauté humaine- toutes choses qui tiennent dans l'ordre terreste une place nécessaire et honorable,-quiconque prend ces notions pour les retirer de cette échelle de valeurs, même religieuses et les divinise par un culte idôlatrique, celui-là renverse et fausse l'ordre des choses créé et ordonné par Dieu: celui-là est loin de la vraie foi en Dieu et d'une conception de la vie répondant à cette foi.(...)

Défense de l'Ancien Testament
"Seuls l'aveuglement et l'orgueil peuvent fermer les yeux devant les trésors d'enseignement sauveur que recèle l'Ancien Testament. Qui veut voir bannies de l'Eglise et de l'école l'histoire biblique et la sagesse des doctrines de l'Ancien Testament blasphème le Nom de Dieu, blasphème le plan de salut du Tout-Puissant, érige une pensée humaine étroite et limitée en juge des desseins divins sur l'histoire du monde. Il renie la foi au Christ véritable, tel qu'il est apparu dans la chair, au Christ qui a reçu son humaine nature d'un peuple qui devait le crucifier. Il demeure sans rien y comprendre devant le drame universel du Fils de Dieu, qui opposait au sacrilège de ses bourreaux la divine action sacerdotale de sa mort rédemptrice, donnant ainsi, dans la nouvelle alliance, son accomplissement, son terme et son couronnement à l'ancienne.
Le mythe du sang et de la race
Le point culminant de la Révélation atteint dans l'Evangile de Jésus-Christ est définitif, il oblige pour toujours. Cette Révélation ne connait pas de complément apporté de main d'homme, elle n'admet pas davantage d'être évincée et remplacée par d'arbitraires "révélations" que certains porte-parole du temps présent prétendent faire dériver de ce qu'ils appellent le Mythe du Sang et de la Race.

A la jeunesse allemande

Beaucoup, beaucoup d'entre vous, à cause de leur fidélité à la foi et à l'Eglise, à cause de leur affiliation à des associations religieuses, garanties par le Concordat, ont dû et doivent encore, Nous le savons, subir cette tragique épreuve de voir incomprise, suspectée, outragée, niée même, leur fidélité à la patrie, souffrir en outre toutes sortes de dommages dans leur vie professionnelle et sociale. Nous ne sommes pas non plus sans savoir qu'il y a dans vos rangs plus d'un obscur soldat du Christ qui, le coeur en deuil, mais la tête haute, supporte son sort et trouve son unique consolation dans la pensée de souffrir des affronts pour le Nom de Jésus (Act. Ap. ,V, 41)
Aujourd'hui, la voyant sous la menace de nouveaux dangers et de nouvelles tracasseries, Nous disons à cette jeunesse: si quelqu'un voulait vous annoncer un évangile autre que celui que vous avez reçu sur les genoux d'une pieuse mère, des lèvres d'un père croyant, ou par l'enseignement d'un éducateur fidèle à son Dieu et à son Eglise, "qu'il soit anathème" (Gal., 1,9). Si l'Etat fonde une Jeunesse nationale, cette organisation obligatoire doit être ouverte à tous, et c'est alors-sans préjudice des droits et des associations religieuses- pour les jeunes gens eux-mêmes et pour les parents qui répondent devant Dieu, un droit incontestable et inaliénable d'exiger que cette organisation d'Etat soit purgée de toutes les manifestations qui, tout récemment encore et aujourd'hui même, mettent la conscience des parents chrétiens dans une insoluble alternative, puisqu'ils ne peuvent donner à l'Etat ce qu'il exige qu'en dérobant à Dieu ce qui est à Dieu.

Trois exhortations: témoigner,résister, secourir

"Le premier don de l'amour du prêtre à son entourage, celui qui s'impose le plus évidemment, c'est celui qui consiste à servir la vérité, toute la vérité, à dévoiler et à réfuter l'erreur sous quelque forme, sous quelque masque ou déguisement qu'elle se présente.(...)" C'est pour quiconque confesse le Christ, un devoir de dégager nettement sa responsabilité de celle du camp adverse , de libérer sa conscience de toute coopération coupable à une telle machination et à une telle corruption".(...) Ne vous lassez pas, bien aimés Fils, qui participez avec Nous aux saints mystères, d'exercer, à la suite du Souverain Prêtre éternel, Jésus Christ, la charité et la sollicitude du bon Samaritain."
Pie XI, Mit Brennender Sorge , Paris, Desclée 1991 (extraits)
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PIE XI ET LE COMMUNISME ATHEE L'encyclique "Divini Redemptoris"
Protestant aussi contre le communisme en Russie, en Espagne et au Mexique, il lui reproche de faire de fausses promesses et de s'attribuer des réussites qui ne lui doivent rien, étant fondées sur la mise au travail forcé, et l'exploitation de ressources naturelles et techniques qui ne lui doivent rien. Il décrit la volonté de destruction de toute trace de christianisme dans ses prêtres, ses monuments et par le massacre des fidèles laïques Son échec économique, explicable par le refusd'une morale de la responsabilité au profit d'une terreur généralisée est déjà visible. Tout cela fait que la collaboration avec un communisme intrinsèquement pervers ne peut aboutir qu'à une persécution violente.
Contexte"Dans nos Encycliques (...), nous avons fait entendre une solennelle protestation contre les persécutions déchaînées en Russie, au Mexique et en Espagne(...)
Nous voulons donc encore une fois, dans une brève synthèse, exposer les principes du communisme athée, tels qu'ils se manifestent surtout dans le bolchévisme, et montrer ses méthodes d'action. A ces faux principes, Nous opposerons la lumineuse doctrine de l'Eglise, Nous indiquerons de nouveau, avec insistance par quels moyens la civilisation chrétienne, la seule "Cité" vraiment "humaine", peut échapper à ce fléau satanique et se développer encore davantage pour le véritable bien-être de l'humanité.

Une religion de remplacement

Le communisme d'aujourd'hui, d'une manière plus accusée que d'autres mouvements semblables du passé, renferme une idée de fausse rédemption. Un pseudo-idéal de justice, d'égalité et de fraternité dans le travail, imprègne toute sa doctrine et toute son activité d'un certain faux mysticisme qui communique aux foules, séduites par de fallacieuses promesses, un élan et un enthousiasme contagieux, spécialement en un temps comme le nôtre, où par suite d'une mauvaise répartition des biens de ce monde règne une misère anormale. On vante ce pseudo-idéal, comme s'il avait été le principe d'un certain progrès économique: quand il est réel, ce progrès s'explique par bien d'autres causes, comme l'intensification de la production industrielle dans des pays qui en étaient presque privés, la mise ne valeur d'énormes richesses naturelles, l'emploi de méthodes brutales pour faire d'immenses travaux à peu de frais.(...)

La guerre d'Espagne

Et là où, comme en Notre chère Espagne, le fléau communiste n'avait pas eu le temps encore de faire sentir tous les effets de ses théories, il s'est déchaîné, hélas! avec une violence plus furieuse. Ce n'est pas l'une ou l'autre église, tel ou tel couvent qu'on a abattus, mais quand ce fut possible, ce sont toutes les églises et tous les couvents et toute trace de la religion chrétienne qu'on a voulu détruire, même quand il s'agissait des monuments les plus remarquables de l'art et de la science! La fureur communiste ne s'est pas contentée de tuer des évêques et des milliers de prêtres, de religieux et de religieuses, s'en prenant plus particulièrement à ceux et à celles qui justement s'occupaient avec plus de zèle des ouvriers et des pauvres, mais elle fit un nombre beaucoup plus grand de victimes parmi les laïques de toute classe, qui, encore maintenant, chaque jour, peut-on dire sont massacrés en masse pour le seul fait d'être bons chrétiens ou du moins opposés à l'athéisme communiste(...)

Pie XI annonce l'échec économique du communisme en Russie

C'est hélas! le spectacle qui s'offre à nous: pour la première fois dans l'histoire nous assistons à une lutte froidement voulue et savamment préparée de l'homme contre " tout ce qui est divin" (cf II Thess.,Il,4)
Mais on ne foule pas impunément la loi naturelle et son Auteur: le communisme n'a pu et ne pourra réaliser son but, pas même sur le plan purement économique. Il est vrai qu'en Russie, il a contribué à secouer hommes et choses d'une longue et séculaire inertie et à obtenir par des moyens souvent sans scrupules quelque succès matériel; mais nous savons par des témoignages non suspects, dont certains sont récents, que de fait, ce qu'il s'était promis, il ne l'a pas atteint; sans compter l'esclavage que le terrorisme a imposé à des millions d'hommes. Même sur le terrain économique, on ne peut se passer de la morale, du sentiment moral de la responsabilité, pour lequel il n'y a pas de place dans un système aussi matérialiste que le communisme. Pour en tenir lieu, il n'y a que le terrorisme, tel que, précisément nous le voyons maintenant en Russie, où les anciens camarades de conspiration et de lutte se détruisent les uns les autres: un terrorisme qui, au demeurant, ne réussit pas à endiguer la corruption morale ni même à empêcher la désorganisation de la structure sociale. (...)

Le communisme est "intrinsèquement pervers"

Veillez,Vénérables Frères, à ce que les fidèles ne se laissent pas tromper. Le communisme est intrinsèquement pervers,et l'on ne peut admettre sur aucun terrain la collaboration avec lui de la part de quiconque veut sauver la civilisation chrétienne. Si quelques-uns, induits en erreur, coopéraient à la victoire du communisme dans leur pays, ils tomberaient les premiers, victimes de leur égarement; et plus les régions où le communisme réussit à pénétrer se distinguent par l'antiquité et la grandeur de leur civilisation chrétienne, plus la haine des "sans-Dieu" se montrera dévastatrice."
Pie XI , Divini Redemptoris , Paris, Desclée 1991 (exraits)
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PIE XI condamne L'ANTISEMITISME

Le Pape Pie XI manifeste une constante condamnation de l'antisémitisme
qui lui inspire un programme de lutte contre le racisme nazi adressé aux écoles catholiques sous la forme de propositions à réfuter (syllabus) et lui vaut la reconnaissance du Grand Rabbin de Paris
"Le Siège apostolique condamne de la façon la plus nette la haine contre le peuple qui était autrefois le peuple élu de Dieu, cette haine qu'on désigne aujourd'hui en général sous le nom d'antisémitisme"
Décret du Saint Office du 21 mars 1928
" Par le Christ et dans le Christ, nous sommes de la descendance spirituelle d'Abraham. Non, il n'est pas possible aux chrétiens de participer à l'antisémitisme. Nous reconnaissons à quiconque le droit de se défendre, de prendre les moyens de se protéger contre tout ce qui menace ses intérêts légitimes. Mais l'antisémitisme est inadmissible. Nous sommes spirituellement des sémites"
Allocution privée de Pie XI aux dirigeants de la radio catholique belge, 6 septembre 1938

Condamnation de la législation raciste de l'Italie mussolinienne

" Il y a quelque chose de bien pire que l'une ou l'autre formule de racisme et de nationalisme, c'est l'esprit qui les dicte. Il y a quelque chose de particulièrement détestable, c'est cet esprit de séparatisme, de nationalisme exagéré, qui précisément parce qu'il n'est pas chrétien, parce qu'il n'est pas religieux, finit par n'être même pas humain."
Allocution du pape devant le clergé de l'Action catholique italienne, 21 juillet1938
"Catholique signifie universel, non raciste, non nationaliste, au sens séparatiste de ces deux attributs(...) on oublie que le genre humain, tout le genre humain, est une seule, grande, universelle race humaine(...) On peut donc se demander comment il se fait que, malheureusement, l'Italie ait eu besoin d'imiter l'Allemagne."
Allocution du pape devant le collège de la Propagande ( pour la diffusion de la Foi) 28 juilllet 1938

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Reconnaissance juive de l'action de Pie XI contre l'antisémitisme
"A la vénération universelle qui entourait l'auguste pontife, le judaïsme s'associe de tout coeur, admirant et honorant en lui un grand serviteur de Dieu, un véritable apôtre de la justice sociale, de la paix et de la fraternité humaine. A plusieurs reprises, Pie XI dénonça avec une fermeté et une netteté lumineuses, les pernicieuses erreurs du paganisme raciste, et il a condamné l'antisémitisme comme inconciliable avec la. foi chrétienne"
Déclaration de Julien Weil, grand rabbin de Paris à la mort de Pie XI (1939)
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LE SYLLABUS CONTRE LE RACISME adressé aux séminaires et aux unversités catholiques

" En avril 1938, La Sacrée congrégation des séminaires et universités publie à la demande de Pie XI un Syllabus condamnant les théories racistes qui est adressé aux établissements catholiques du monde entier. Il est déclaré dans le préambule que " les maîtres devront s'appliquer de tous leurs moyens, à emprunter à la biologie, à l'histoire, à la philosophie, à l'apolpogétique, aux sciences juridiques et morales, des armes pour réfuter avec solidité et compétence les assertions insoutenables qui suivent:
l°) " Les races humaines, par leurs caractères naturels et immuables, sont tellement différentes que la plus humble d'entre elles est plus loin de la plus élevée que de l'espèce animale la plus haute.
2°) Il faut, par tous les moyens, conserver et cultiver la vigueur de la race et la pureté du sang; tout ce qui conduit à ce résultat est, par le fait même honnête et permis.
3°) C'est du sang, siège des caractères de la race, que toutes les qualités intellectuelles et morales de l'homme dérivent comme de leur source principale.
4°) Le but essentiel de l'éducation est de développer les caractères de la race et d'enflammer les esprits d'un amour brûlant de leur propre race comme du bien suprême.
5°) La religion est soumise à la loi de la race et doit lui être adaptée.
6°) La source première et la règle suprême de tout l'ordre juiridique est l'instinct racial
7°) Il n'existe que le Kosmos ou l'Univers être vivant; toutes les choses, y compris l'homme, ne sont que les formes diverses s'amplifiant au cours des âges de l'universel vivant.
8°) Chaque homme n'existe que par l'État et pour 1'Etat. Tout ce qu'il possède de droit dérive uniquement d'une concession de 1'Etat. A ces propositions si détestables, on pourra d'ailleurs en ajouter facilement d'autres."
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PIE XII, VICHY ET LES PERSECUTIONS ANTISEMITES

Face aux persécutions, Vichy se livre à un armistice ambigu qui permet aux nationaux socialistes de se faire livrer les émigrés allemands, y compris juifs; et les lois allemandes sont imitées par les françaises

L'armistice
"Prenons maintenant le texte de l'armistice franco-allemand. Bien entendu, on n'y trouve pas un mot sur les Juifs.Un seul article (Art. 19,parag.2) peut sans les nommer, impliquer des juifs allemands :" le Gouvernement français est tenu de livrer sur demande tous les ressortissants allemands désignés par le Gouvernement du Reich et qui se trouvent en France, de même que dans les possessions françaises(...)"Notons que dans la discussion de cet article, Keitel dit ceci: "l'armée et la nation allemandes considèrent les émigrés allemands comme les plus grands incitateurs à la guerre et à la haine et comme des traîtres à leur propre nation(...) mais je déclare que, dans la pratique, nous nous bornerons à demander la livraison des incitateurs à la guerre de nationalité allemande."Le général Huntziger en prend acte. Le caractère vague de l'expression fait qu'elle n'est guère rassurante."
Cité et commenté par Jean-Baptiste Duroselle,dans La France et la question juive 1940-1944, La politique de Vichy, l'attitude des eglises et des mouvements de résistance, Actes du colloque du Centre de Documentation juive contemporaine, (10-12 mars 1979) publié sous la direction de georges Wellers, André Kaspi et serge Klarsfeld et avec le concours de la Memorial Foundation for Jewish culture, Paris, Editions Sylvie Messinger, 1981 p 15
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Les deux législations contre les Juifs de France
I) Législation allemande

27 septembre 19-10 -24 mars 1942:
Définit les caractères des personnes juives "ceux qui appartiennent à la religion juive ou ceux qui ont plus de deux grands-parents juifs" (Loi du 27 septembre), contraint chaque personne dans ce cas à se faire recenser avant le 20 octobre "auprès du sous-préfet de son arrondissement". (moins de 10% des juifs de la zone occupée n'ont pas obtempéré à l'obligation de se déclarer)
La loi du 18 octobre 1941: définit les entreprises juives à caractère économique
L'exercice de certains métiers est interdit aux Juifs et les Juifs n'ont plus la libre disposition de leurs capitaux ni la libre circulation de leurs marchandises. Couvre feu imposé aux Juifs entre 20 heures et six heures et port de l'étoile jaune(29 mai 1942)

II) Législation française
-Le 3 octobre l940 : Premier " Statut des Juifs": qui s'applique à l'ensemble du territoire français et vise à exclure les Juifs français de toute fonction publique (à l'exception des anciens combattants pour quelques postes subalternes). professions à influence culturelle interdites (cinéma, théâtre, radion, journalisme) Numerus clausus dans les professions libérales, seuls commerce et industrie restent ouverts.
- Le 2 juin 1941 second "statut des Juifs": Désormais , le fait d'avoir un conjoint non juif n'entre plus en ligne de compte contrairement au premier statut.
-Par ailleurs, obligation désormais faite aux Juifs de la zone non-occupée de se faire recenser auprès des préfets. Cette décision sera suivie , en décembre 1942, de l'obligation de faire figurer sur les cartes d'identité et d'alimentation la mention "juif".
-mesures contre les Juifs étrangers (4 octobre) les préfets pouvaient les assigner à résidence ou les interner dans des camps spéciaux -Abrogation du décret Crémieux accordant aux Juifs d'Algérie la nationalité française (7 octobre 1940)
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PIE XII ET LES PERSECUTIONS RACIALES
Pie XII intervient diplomatiquement auprès de la Hongrie Ayant connaissance du génocide par des témoignages, des rumeurs et l'absence de nouvelles de millions de juifs, le Pape intervient dans son message de Noël 42, en écho à la charte de l'Atlantique. Il le fait de manière rapide, mais compréhensible, mais avec prudence, pour ne pas aggraver les persécutions, en particulier pour les juifs cachés dans des établissements religieux. Ses arguments sont les même que ceux qui expliquent le silence de la Croix Rouge. Pie XII obtient l'arrêt des rafles de Juifs dans Rome après la capture d'un millier d'entre eux en menacant recondamner publiquement l'antisémitisme et ses conséquences, sauvant ainsi 8 à 13 000 autres qui étaient cachés au Vatican et dans les établissements religieux de Rome.Il le fait par un dialogue avec l'ambassadeur d'Allemagne au Vatican.
Pie XII et le sort de la Pologne envahie
Le 11 septembre, l'offensive allemande se déchaîne sur la Pologne sans souci d'épargner davantage les populations civiles que les militaires. Le 30 septembre le pape adresse à la colonie polonaise de Rome en présence du cardinal Hlond primat de Pologne, un discours de consolation et d'espoir. Mais c'est surtout dans sa première encyclique "Summi pontificatus" que Pie XII fait mention de la Pologne où le pouvoir nazi entreprend la destruction de l'Église polonaise. Dès les premiers mois de l'occupation, des centaines de prêtres sont arrêtés et fusillés, les intellectuels catholiques, clercs ou laïcs, envoyés en camp de concentration d'Orianienburg. A la base de ces mesures il v avait le dessein d'éliminer l'élite intellectuelle et l'influence traditionnelle des clercs.
"Le sang d'innombrables être humains même non combattants élève une funèbre lamentation déchirante, spécialement sur une nation bien-aimée, la Pologne, qui, pour sa fidélité à l'Église, pour ses glorieux mérites envers la civilisation chrétienne, inscrits en caractères indélébiles dans les fastes de l'histoire, a droit à la sympathie humaine et fraternelle du monde, et attend, confiante dans la puissante intercession de Marie, Auxilium christianorum,l'heure de la résurrection dans la justice et dans la paix."
Encyclique "Summi Pontificatus" Citée par Piere Blet dans Pie XII et la seconde guerre mondiale d'après les archives du Vatican,Paris, Perrin 1997 p 85
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L'aide aux victimes de la guerre et des persécutions raciales et les demandes auprès des gouvernements
Le voeu de la fin des combats en faveur de toutes les victimes. Allocution au consistoire de Noël, décembre 1940 le pape dit son réconfort " d'avoir été en mesure de consoler, par l'aide morale et spirituelle de nos représentants ou par l'obole de nos subsides, un nombre immense de réfugiés, d'expatriés, d'émigrants, spécialement parmi les non-aryens"
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Intervention auprès de l'Amiral Horty, dictateur de la Hongrie pour faire arrêter les déportations commencées avec l'occupation nazie de mars 1944.
Le 23 mars 1944 la Wehrmacht entra en Hongrie et les Allemands prennent le contrôle du pays. A plusieurs reprises à la demande des autorités juives de Jérusalem et de Londres le Vatican est sollicité pour empêcher les Juifs réfugiés en Hongrie d'être livrés au pouvoir nazi. Le 25 juin 1944,après maints appels de la nonciature,Pie XII s'adresse à l'amiral Horthy, régent de Hongrie et de confession protestante . La démarche du Vatican entraîne l'arrêt momentané des déportations.. jusqu'à la chute du régent Horthy(octobre 44)
"De plusieurs côtés, on Nous supplie de tout mettre en oeuvre pour que, dans cette noble et chevaleresque nation, ne soient étendues et aggravées les souffrances déjà si lourdes, endurées par un grand nombre de malheureux à cause de leur nationalité ou de leur race. Notre coeur de Père ne pouvant demeurer insensible à ces instantes supplications en raison de Notre ministère de charité qui embrasse tous les hommes, Nous Nous adressons personnellement à Votre Altesse, faisant appel à ses nobles sentiments, dans la pleine confiance qu'elle voudra bien faire tout ce qui est en son pouvoir pour que soient épargnés à tant de malheureux d'autres deuils et d'autres douleurs."
Cité par Pierre Blet p221
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Le sauvetage des juifs de Rome par un dialogue avec l'ambassadeur d'Allemagne.
La plupart des Juifs de Rome (environs huit mille) ont pu être sauvés grâce à l'action discrète du Vatican menaçant de formuler une protestation publique contre la répression menée par les autorités allemandes dans la ville éternelle. Après une rafle d'un millier de Juifs opérée par les SS, (dans la nuit du 15 au 16 octobre1944). le cardinal Maglione convoque l'ambassadeur d'Allemagne Weizsacker.
"La première réaction de ce haut fonctionnaire du Reich, intérieurement hostile à la politique de son gouvernement, fut une confession personnelle: "Je m'attends toujours à ce que vous me demandiez: pourquoi donc restez-vous à votre place?" Non, répondit Maglione: "je vous dis simplement: Excellence, vous qui avez un coeur tendre et bon, essayez de sauver tant d'innocents. Il est douloureux pour le Saint-Père, douloureux au-delà de ce qu'on peut dire, qu'à Rome même, sous les yeux du Père commun, on fasse souffrir tant de personnes, uniquement parce qu'elles appartiennent à une certaine race." Alors l'ambassadeur posa la question pratique: "Que ferait le Saint-Siège si les choses devaient continuer"? Maglione répondit: "Le saint-Siège ne voudrait pas être placé devant la nécessité de dire son mot de désapprobation." Weizsacker observa que jusqu'alors le Saint-Siège avait su guider sa barque en évitant les écueils ; fallait-il maintenant tout risquer, au moment d'arriver au port? Car les directives venaient de très haut. Et il conclut: "Que votre Eminence me laisse libre de ne pas faire état de cette conversation officielle. "Le cardinal Maglione accepta. Il souligna que le Saint-Siège avait toujours pris soin de ne pas donner au peuple allemand l'impression d'avoir fait ou de vouloir faire la plus petite chose contre l'Allemagne durant une guerre terrible. Mais il ne fallait pas mettre le Saint-Siège dans la nécessité de protester; s'il s'y trouvait obligé, il s'abandonnerait pour les conséquences à la divine Providence. Et le cardinal conclut:"Votre Excellence m'a dit qu'elle chercherait à faire quelque chose pour les pauvres Juifs. Je l'en remercie. Je m'en remets pour le reste à son jugement. Si vous croyez plus opportun de ne pas faire mention de nore conversation, soit."
Cité par Pierre Blet p244
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Les sources d'information sur le génocide
: Le mémorandum de la secrétairerie d'Etat du 5 mai 1943
Juifs; Situation épouvantable. En Pologne, ils étaient avant la guerre environ 4 500 000; on calcule aujou'd'hui avec tous ceux qui sont venus des autres pays occupés par les Allemands qu'il n'en reste même pas 100 000. A Varsovie, on avait frmé un ghetto qui en contenbait environ 650 000; il y en aurait aujourd'hui 20 à 25 000. Naturellement, quelques-uns ont échappé au contrôle. Mais il n'y a pas de doute que la plus grande partie n'ait été supprimée. Après des mois et des mois de transport, des milliers et des milliers de personnes n'ont plus rien fait savoir d'elles. Chose qui ne s'explique pas autrement que par la mort, attendu surtout le caractère entreprenant du Juif, lequel, s'il vit, d'une façon ou d'une autre se manifeste (se vive si fa vivo). Camps spéciaux de ma mort dans le voisinage de Lublin (Treblinka) et près de Brest Litovsk. On raconte qu'ils sont enfermés par centaines dans des chambres où ils finiraient par l'action des gaz. Transportés dans des wagons à bestiaux hermétiquement clos avec un plancher à la chaux vive.
qui s'inspire probablement du rapport de la Croix-Rouge du 12 février 1943 Cité par Pierre Blet p 187
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Les déclarations de Pie XII
Le Radio-message de Noël 1942
Après la déclaration des Alliés du 17 décembre 1942 sur l'extermination du peuple juif d'Europe , le pape à la demande des Alliés avait terminé son radio message de Noël en évoquant indirectement le sort des Juifs.
"Il faut que sur les ruines d'un ordre public qui a donné les preuves tragiques de son incapacité à procurer le bien du peuple, tous les coeurs droits s'unissent dans la promesse solennelle de ne se donner aucun repos jusqu'à ce que dans tous les peuples et toutes les nations de la terre ceux qui sont décidés à se dévouer au service de la personne humaine et de la communauté anoblie en Dieu. L'humanité doit cette promesse aux innombrables morts enterrés sur les champs de bataille; le sacrifice de leur vie dans l'accomplissement de leur devoir fut offert pour un nouvel ordre social meilleur.
L'humanité doit cette promesse à la multitude infinie des mères, des veuves, des orphelins...
L'humanité dit cette promesse aux innombrables exilés ... arrachés à leur patrie et dispersés en terre étrangère et qui pourraient faire leur la plainte du prophète:"Notre héritage a passé à des étrangers, nos maisons à des inconnus"(Jérémie V,2)
L'humanité doit cette promesse aux centaines de milliers de personnes qui, sans aucune faute de leur part, pour le seul fait de leur nationalité ou de leur origine ethnique, ont été voués à la mort ou à la disparition progressive..."
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"Dans noire message de Noël, nous avons dit un mot de ce qui se fait actuellement contre les non-aryens dans les territoires soumis à l'autorité allemande. Ce fut court, mais cela a été bien compris."
Lettre du pape à l'évêque de berlin, Mgr von Preysing, 30 avril 1943 (ADSS tlO)

Des interventions publiques volontairement prudentes
S'adressant au Sacré Collège, le 2 juin 1943, un mois après la rédaction du mémorandum, le pape évoque la déportation et fait allusion aux Polonais mais aussi aux Juifs:
" Ne vous étonnez pas, Vénérables Frères et chers Fils, si Nous répondons avec une sollicitude particulièrement empressée aux prières de ceux qui se tournent vers Nous, les yeux pleins d'une imploration angoissée, en butte comme ils le sont, à cause de leur nationalité ou de leur race, à des catastrophes encore plus grandes et à des douleurs plus vives, et sont parfois destinés, même sans faute de leur part, à des contraintes exterminatrices. Que les chefs des peuples n'oublient pas, pour employer le langage de l'Ecriture, que celui qui porte le glaive ne peut disposer de la vie et de la mort des hommes que selon la loi de Dieu, de qui vient toute puissance. Toute parole de Notre part, adressée à ce propos aux autorités compétentes, toute allusion publique doivent être considérées et pesées avec un sérieux profond, dans l'intérêt même de ceux qui souffrent, de façon à ne pas rendre leur position encore plus difficile
et plus intolérable qu'auparavant
, même par inadvertance et sans le vouloir."
Cité par Pierre Blet p188
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Déclaration de Pie XII, après guerre sur sa discrétion sur le génocide.
"En aucune occasion, Nous n'avons voulu dire un mot qui fût injuste ni manquer à Notre devoir de réprouver toute iniquité, tout acte de réprobation, en évitant néanmoins, alors même que les faits l'eussent justifiée, telle ou telle expression qui fût de nature à faire plus de mal que de bien, surtout aux populations innocentes courbées sous la férule de l'oppresseur." Allocution de Pie XII du 25 février 1946, devant le corps diplomatique
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La croix rouge renonce elle aussi à protester publiquement contre la génocide pendant la guerre.
L'avis du Comité de la Croix-Rouge au sujet de l'aide aux Juifs sous domination nazie (Genève 12 février 1943)
" Le comité reçoit de tous côtés de nomreuses demandes de nouvelles concernant les Juifs résidant dans les pays occupés par l'Allemagne. Il ne peut se désintéresser de ces malheureux. Il a fait tout ce qui était en son pouvoir, mais il s'est heurté à des difficultés insurmontables.
On s'étonne que le comité international ne proteste pas auprès des gouvernements. Tout d'abord les protestations ne servent de rien; en outre, elles peuvent rendre un très mauvais service à ceux à qui l'on voudrait venir en aide. Enfin le comité international doit s'occuper en premier lieu de ceux à qui il est destiné, c'est-à-dire les prisonniers de guerre. Aussi, en présence de ces nombreuses difficultés, le Comité international a-t-il abandonné la question des demandes de nouvelles."
Cité par Pierre Blet Pie XII et la seconde guerre mondiale d'aprèsles archives du Vatican Perrin, 1997 pl84-185
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PIE XII Contre l'AGRESSION ALLEMANDE CONTRE L'URSS

Pie XII s'oppose à l'agression nazie contre l'URSS; dès septembre 1941 Pie XII autorise les catholiques américains à particper à l'aide de Roosevelt à l'URSS, il se met aussi publiquement du côté de la Russie contre les "néo-païens" en octobre 1942. et confirme son choix d'une absence totale d'approbation de la "croisade antibolchevique", qui contraste avec ses interventions contre le racisme anti-juif.
Au matin du 22 juin 1941 Hitler déclenche contre la Russie l'offensive qu'il méditait depuis les derniers mois de1940. Le Saint-Siège devait rappeler que l'encyclique de Pie XI "Divini Redemptoris" condamnait le communisme athée, non le peuple russe qui en était le plus souvent la victime. Le saint-Siège refusait donc de confondre communisme et peuple russe tout comme il s'était refusé de confondre nazisme et peuple allemand dans son entier. Suite aux scrupules des catholiques américains répugnant à venir en aide aux Russes ou à entrer en guerre à leurs côtés, le Saint-Siège invitait au contraire les prélats américains à soutenir l'aide de Roosevelt à la Russie.
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Prière publique à la Vierge Marie pour lui demander d'arrêter l'invasion "néo-païenne" en Russie

Dans un radiomessage adressé le 31 octobre 1942 au peuple portugais le pape Pie XII prononce une prière de consécration au Coeur immaculé de Marie qui contient une condamnation implicite de l'agression allemande contre la Russie.
"Aux peuples séparés par l'erreur et la discorde, et particulièrement à ceux qui professent pour vous une singulière dévotion et chez lesquels il n'y avait pas de maison qui n'honorât votre vénérable icône (peut-être aujourd'hui cachée et réservée pour des jours meilleurs), donnez la paix et reconduisez-les à l'unique bercail du Christ, sous l'unique vrai Pasteur. Obtenez à la Sainte Eglise de Dieu paix et liberté complètes; arrêtez le déluge envahissant du néo-paganisme."
Cité par Gaston Fessard dans Au temps du Prince esclave, Critérion 1989
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En 1946 Pie XII s'explique sur son silence face à la "croisade antibolchévique"
"Nous Nous sommes gardés, malgré certaines pressions tendancieuses, de laisser échapper de Nos lèvres ou de Notre plume une seule parole, un seul indice d'approbation ou d'encouragement en faveur de la guerre entreprise contre La Russie en 1941"
Cité par René Coste, Le problème du droit de guerre dans la pensée de Pie XII, Paris, Aubier 1962 p226
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"FRANCE PRENDS GARDE DE PERDRE TON AME" (novembre 1941)

Le manifeste du journal clandestin "Témoignage Chrétien" explique que la collaboration revient à une acceptation des principes spirtuesl nazis. Cela se manifeste en particulier dans la littérature, et dans la presse. Les thèses antichrétiennes de Maurras contre le "poison juif" servant a acclimater plus facilement l'antisméitisme nazi. Son auteur, Gaston Fessard décide, malgré l'amalgame du gouvernement du Vichy et des nazis et les apples au silence devant la persécution, de ne plus se taire.
Mais voici où gît l'équivoque: la "collaboration" n'est en fait qu'un esclavage que le vainqueur exerce sur le vaincu, dosant sa contrainte, sa "générosité" et ses punitions, suivant que l'esclave rend plus ou moins et accepte de plus ou moins bon coeur sa situation de fait; et l'adhésion à l"'ordre nouveau" c'est en réalité la reconnaissance de la valeur des principes spirituels de la "conception du monde" National-Socialiste d'après laquelle l'Europe devra s'organiser demain sous la domination de l'Allemagne. Ainsi l'Eglise et les chrétiens risquent aussi, grâce à cet intermédiaire, de collaborer à l'instauration de l' "ordre nouveau", c'est-à-dire très exactement, de reconnaître la valeur des principes spirituels du National-Socialisme et de contribuer pour leur part, à les faire régner en France et en Europe.
Dans la mesure même où le catholique est dupe de cette équivoque et s'engage dans cette voie sans voir où elle conduit, il est compromis et "commence de perdre son âme".(...)
Antisémitisme à la française
Avant même l'application progressivement inique de cette loi, les camps de concentration sont remplis de Juifs laissés dans un abandon qui défie toute humanité, tel le fameux camp de Gurs entre bien d'autres. Tout récemment encore, à paris, 5000 pères de famille juifs sont emmenés sans autre forme de procès dans un camp de travail forcé dans le Loiret, pendant que toute allocation et secours sont refusés à leurs femmes et enfants ... Le Français ignore tout de ces faits et ce sont des comités internationaux américains, suisses ou suédois, qui doivent s'ingénier pour apporter quelque soulagement à ces malheureux plus maltraités que des bêtes.
En même temps littérature et cinéma font passer l'antisémitisme dans les âmes. A Paris, chaque semaine, 12 cinémas sur 160 environ font passer l'ignoble film le Juif Suss. Film projeté également en zone libre. Si un hebdomadaire comme "Temps Nouveau" dénonce le "caractère antichrétien de cette production d'importation étrangère", il est supprimé pour un mois. Quotidiens et hebdomadaires participent à la même campagne. Tous ceux de la zone occupée naturellement , en particulier "Au pilori", et plusieurs de la zone libre, notamment l'Action française, Candide et surtout Gringoire...Des livres enfin vulgarisent les thèses racistes de Rosenberg: tel "le Juif cet Inconnu" de Fayolle-Lefort qui développe le thème suivant: "les valeurs raciales juives sont diamétralement opposées aux valeurs raciales européennes" Le christianisme et la charité n'y sont pas encore ouvertement attaqués, l'auteur y fait même gloire au catholicisme du moyen-âge d'avoir su se "cabrer instinctivement devant la notion juive de justice", p 50. Simple atténuation qui a l'avantage de retrouver une thèse maurrassienne -neutralisation du "poison juif" par le catholicisme romain- non moins antichrétienne que celle de Rosenberg, mais plus familière aux Français. La première leur permettra d'assimiler peu à peu la seconde."(...)
Une collusion perverse
Tout le machiavélisme de la tactique nazie consiste à faire passer dans les faits l'identité suivante: COLLABORATION AU GOUVERNEMENT DU MARECHAL = COLLABORATION A L'ORDRE NOUVEAU = COLLABORATION AU TRIOMPHE DES PRINCIPES NAZIS. Grâce à cette identification qui s'opère sous le manteau d'un "ordre nouveau", en apparence excellent ou du moins innofensif et purement politique, notre ennemi espère transformer le meilleur en pire: tout le dévouement et toute la loyauté, requis et obtenu par le Maréchal, seront détournés pour servir au triomphe des principes nazis.(...)
Le témoignage chrétien
Prêtres, religieux, catholiques influents, seront les premiers visés par cet espionnage. Au début on essaiera de les amener d'eux-mêmes au silence par des avis bienveillants, ou en faisant appel comme le cardinal Baudrillart à l'obéissance ! Comme si l'obéissance la plus sacrée n'avait pas toujours une limite: celle du péché ! Si l'intimidation ne suffit pas, on ira plus loin. car il faut à tout prix empêcher la lumière de dissiper l'équivoque.
Catholiques et chrétiens de France doivent donc s'attendre à être calomniés, salis, emprisonnés et même à subir un sort pire à proportion de leur courage et de leur fidélité au Christ. Déjà, à Paris, plusieurs curés et vicaires ont été emprisonnés.
Pour nous, notre décision est prise. Car autant l'intérêt majeur des Allemands et de leurs serviteurs est d'entretenir et d'étendre l'équivoque, autant notre devoir de Français et de chrétien est de la dissiper: Nous ne cesserons donc de nous opposer au triomphe des principes nazis quelles que soient les formes qu'ils revêtent.
" La parole de Dieu n'est pas enchaînée", s'écriait saint Paul du fond de sa prison. la voix du Vatican nous exhortait naguère au même courage(...)
Il ne faut jamais donner le spectacle de chrétiens qui, pour se sauver, pactisent avec les ennemis de Jésus. c'est donner à ceux-ci plus d'audace et les moyens de continuer leur besogne de mort. Il y a des moments où il ne faut pas céder et où la justice domine la charité, car la charité qui sacrifie la justice est une mauvaise charité. Elle ruine la justice et finalement la charité. la charité sans la justice ou qui laisse mourir la justice dans la conscience des hommes est une fausse charité, une faiblesse indigne du chrétien. Les biens que l'on garde par une paix apparente et momentanée mais en perdant l'honneur de chrétien, sont des biens frappés à mort. Nous n'en jouirons pas et une paix de compromis ne dure jamais et sert seulement à couvrir des entreprises mauvaises et la ruine de la chrétienté"
Gaston Fessard, Au temps du Prince esclave, Ecrits clandestins 1940-1945 Limoges, Critérion 1989
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LE TRACT DIT DU "PRINCE ESCLAVE" (août-septembre 1942)

Pour Gaston Fessard qui le qualifie de Prince esclave, le gouvernement collaborateur doit être obéi comme Prince quand il défend les populations et restaure les valeurs nationales, mais on doit lui résister quand la pression du vainqueur
partiel le conduit à renier les valeurs fondamentales
Le principe fondamental, guide de toute cette étude, est la double parole de Léon XIII: "Le Bien commun est après Dieu, dans la société la loi première et dernière"(16 février 1892) "Le Bien commun est le principe créateur et l'élément conservateur de la société humaine. d'où il suit que tout vrai citoyen doit le vouloir et le procurer à tout prix ".(3 mai 1892) (...)
Du point de vue national, le gouvernement issu de la défaite est, par rapport au Bien commun dans une position radicalement ambigüe:
D'une part, ayant conclu l'armistice qui assure l'existence et la sécurité du peuple, il a plus de titres que le gouvernement légitime a à être reconnu " de droit", puisque celui-ci porte la responsabilité de la défaite, mal commun.
mais, d'autre part, n'ayant obtenu ce bien commun élémentaire qu'en renonçant, au moins momentanément, à la juste cause où se déterminaient la Valeur et la Mission historique du peuple, il se trouve dans l'impossibilité de procurer le Bien commun supérieur qui seul cependant peut le légitimer.
Le profond désaccord des esprits et des coeurs auquel le gouvernement se heurte en cette nation ne fait que manifester cette division des fins du Bien commun dont l'une n'est atteinte que parce que l'autre est manquée. Il en résulte en effet que ce gouvernement de fait se trouve radicalement empêché de parvenir à la légitimité véritable d'un gouvernement de droit et d'être reconnu comme tel par le peuple. Si bien qu'on ne pourra jamais lui appliquer sans réserve les règles qui valent pour l'autorité d'un Etat véritablement souverain et libre, tant du moins que la solution du conflit international ne viendra mettre un terme à sa situation paradoxale. Le gouvernement de la nation vaincue et en révolution n'est en réalité qu'un Prince esclave. (...) Dans la mesure où les ordres du Prince esclave tendent à assurer l'existence et la sécurité du peuple, à rétablir l'ordre de droit et à restaurer les Valeurs nationales, ils sont conformes au Bien commun et par conséquent doivent être obéis comme ceux d'un gouvernement légitime.
Dans la mesure où, à cause de la pression du vainqueur, ils tendent au contraire à modifier l'Idéal national et, par le moyen de l'ordre de droit, à entraîner le peuple vers le reniement de sa Valeur et de la justice de sa cause, ils sont opposés au Bien commun et par conséquent une légitime défense peut leur être opposée. En d'autres termes, le prince esclave mérite respect et obéissance en tant que Prince et non en tant qu'esclave.(...)
Ainsi, plus le prince esclave est réduit à s'avancer dans la voie de la "collaboration", plus son peuple doit s'ancrer dans une résistance obstinée.(...)
Il est impossible, dans une telle situation, d'attribuer sans réserve au prince esclave une autorité légitime, au sens habituel de ce mot. Son pouvoir de fait tend sans doute à se légitimer, mais il ne peut y parvenir.
Lui reconnaître sans réserve une autorité de droit serait le desservir plus que le servir et lier indûment la conscience du citoyen au vainqueur partiel. En effet, c'est reconnaître équivalemment à celui-ci une part légitime dans la détermination du Bien commun national, celle même qui manque au prince esclave pour être prince tout court. Comme de plus, le vainqueur partiel peut réduire insensiblement le Prince esclave à être simplement esclave, c'est s'exposer à identifier en définitive fait et droit."
Gaston Fessard Au temps du prince esclave op cit.
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LES REACTIONS DES AUTORITES RELIGIEUSES EN FRANCE

Les condamnations des persécutions nazies par les autorités religieuses ont souvent été faites localement, dès avant la guerre l'archevêque de Paris, Mgr Verdier, le président des protestants luthériens de France, le Pasteur Boegner le 26 mars 41, et juste après la raffle du Vel d'Hiv, les évêques de la zone occupée protestent auprès du gouvernement et plusieurs le font publiquement dont Mgr Saliège a Toulouse et Mgr Théas à Montauban.
Avant la guerre, de nombreuses prises de position en faveur des Juifs d'Allemagne provenaient d'intellectuels ou d'hommes politiques chrétiens tels que Maritain, Marc Sangnier, Georges Bidault. Citons aussi une déclaration du cardinal Verdier archevêque de Paris dans Le Figaro du 20 novembre 1938
" Tout près de nous, au nom des droits de la race, des milliers et des milliers d'hommes sont traqués comme des bêtes fauves, dépouillés de leurs biens véritables parias qui cherchent en vain au sein de la civilisation un asile et un morceau de pain. Plus que jamais attachons-nous à ces idées de fraternité universelle, de sage liberté, de respect pour tout ce qui est humain et de prédilection pour les membres souffrants de la grande famille humaine".
Cité dans Histoire de la France religieuse sous la direction de Jacques Le Goff et de René Rémond Paris, Seuil 1992 p 311
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Lettre de M. le pasteur Marc Boegner, président du Conseil national de l'Eglise réformée de France au Grand rabbin de France.Nîmes le 26 mars 1941
Monsieur Le Grand rabbin,
Le conseil national de l'Eglise réformée de France vient de se réunir pour la première fois depuis la mise en application de la loi du 3 octobre 1940. Il m'a chargé de vous exprimer le douleur que nous ressentons tous à voir une législation raciste introduite dans notre pays et à constater les épreuves et les injustices sans nombre dont elle frappe les israélites français.
Ceux parmi nous qui pensent qu'un grave problème a été posé devant l'Etat par l'immigration massive d'un grand nombre d'étrangers, Juifs ou non, et par des nationalisations hâtives et injustifiées ont toujours exprimé la conviction que la solution de ce problème doit s'inspirer du respect de la personne humaine, de la fidélité aux engagements de l'Etat, des exigences de la justice dont la France n'a jamais cessé d'être le champion. Ils n'en sont que plus émus par l'application rigoureuse d'une loi qui, frappant exclusivement les Israélites, frappe indistinctement les Israélites français depuis de longues générations et souvent depuis des siècles, et les naturalisés d'hier.
Notre Eglise, qui a connu jadis toutes les souffrances de la persécution, ressent une ardente sympathie pour vos communautés dont en certains endroits la liberté du culte est déjà compromise et dont les fidèles viennent d'être si brusquement jetés dans le malheur. Elle a déjà entrpris et ne cessera pasde poursuivre des démarches en vue d'une réforme indispensable de la loi.
Entre vos communautés et les Enlises de La Réforme existe un lien que les hommes ne peuvent briser: la Bible des Patriarches, desprophètes et des Psalmistes, l'Ancien Testament dont Jésus de Nazareth a nourri son âme et sa pensée, et où ses disciples de tous les siècles entendent la Parole de Dieu Notre Eglise sait tout ce que Dieu lui donne dans la méditation des Livres Saints, et song intercession pour les Israélites français, si durement traités, n'en est que plus fervente.
veuillez agréer, Monsieur le Grand rabbin, l'expression de nos sentiments les plus dévoués. Marc Boegner
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Déclaration des Cardinaux et Archevêques de zone nord adressée au gouvernement le jour de la rafle du vel' d'Hiv (16 juillet 1942)
"Profondément émus par ce qu'on nous apporte des arrestations massives d'Israélites(...) et les durs traitements qui leur ont été infligés(...) nous ne pouvons étouffer le cri de notre conscience.
C'est au nom de l'humanité et des principes chrétiens que notre voix s'élève pour une protestation en faveur des droits imprescriptibles de la conscience humaine. C'est aussi un appel angoissé à la pitié pour ces immenses souffrances, pour celles surtout qui atteignent tant de mères et d'enfants.
Nous vous demandons, M.le Maréchal, qu'il vous plaise d'en tenir compte afin que soient respectées les exigences de la justice et les droits de la charité."
Cité dans François Delpech, Eglises et chrétiens dans la Seconde guerre mondiale, Actes du colloque de Lyon 1978 p 270
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Lettre de S.E Monseigneur l'archevêque de Toulouse sur la personne humaine (rédigée le 20 août 1942 lue dans les paroisses du diocèse le 23 août 1942)
Il y a une morale chrétienne, il y a une morale humaine qui impose des devoirs et reconnaît des droits. Ces devoirs et ces droits tiennent à la nature de l'homme. Ils viennent de Dieu. On peut les violer. Il n'est au pouvoir d'aucun mortel de les supprimer. Que des enfants, des femmes, des hommes, des pères et des mères soient traités comme un vil troupeau, que les membres d'une même famille soient séparés les uns des autres et embarqués pour une destination inconnue, il était réservé à notre temps de voir ce triste spectacle.
Pourquoi le droit d'asile dans nos églises n'existe-t-il plus ?
Pourquoi sommes-nous des vaincus?
Seigneur ayez pitié de nous.
Notre-Dame priez pour la France.
Dans notre diocèse, des scènes émouvantes (1) ont eu lieu dans les camps de Noé et de Récébédou. les Juifs sont des hommes, les Juives sont des femmes. les étrangers sont des hommes, les étrangères sont des femmes. Tout n'est pas permis contre eux, contre ces hommes, contre ces femmes, contre ces pères et mères de famille. Ils font partie du genre humain. Ils sont nos frères comme tant d'autres. Un chrétien ne peut l'oublier.
France, patrie bien-aimée, France qui porte dans la conscience de tous tes enfants la tradition du respect de la personne humaine. France chevaleresque et généreuse, je n'en doute pas, tu n'es pas responsable de ces erreurs . (2) Recevez mes frères l'assurance de mon affectueux dévouement.
Jules-Géraud Saliège
Archevêque de Toulouse

(Modification demandée par le Préfet . Dans la version,initiale lire éprouvantes (1) et horreurs( 2)
Cité par Jean-Louis Clémentin Monseigneur Saliège, archevêque de Toulouse 1929-19, 6 Beauchesne 1994 p215-216
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Déclaration de Mgr Théas évêque de Montauban,26 Août 1942
"Mes bien chers frères,
des scènes douloureuses et parfois horribles se déroulent en France, sans que la France en soit responsable.
A Paris, par dizaines de milliers, des Juifs ont été traités avec la plus barbare sauvagerie. et voici que dans nos régions on assiste à un spectacle navrant; des familles sont disloquées; des hommes et des femmes sont traités comme un vil troupeau et envoyés vers une destination inconnue, avec la perspective des plus graves dangers.
Je fais entendre la protestation indignée de la conscience chrétienne et je proclame que tous les hommes, aryens ou non-aryens, sont frères parce que créés par le même Dieu; que tous les hommes, quelle que soit leur race ou leur religion, ont droit au respect des individus et des Etats.
Or les mesures antisémitiques actuelles sont un mépris de la dignité humaine, une violation des droits les plus sacrés de la personne et de la famille.
Que Dieu console et fortifie ceux qui sont iniquement persécutés. Qu'il accorde au monde la paix véritable et durable, fondée sur la justice et la charité"
A lire sans commentaire à toutes les messes dans toutes les églises et chapelles du diocèse, le dimanche 30 août 1942.
Cité par Sylvaine Guinle-Lorinet Pierre-Marie Théas, un évêque à la rencontre du XXè siècle Tarbes, Toulouse 1993 p100-101
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La Rose blanche : résistance en Allemagne
Tract : Les nazis révèlent leur vrai visage.
Extrait de tract diffusé par le mouvement de "la Rose blanche" (Weisse Rose) de Hans et Sophie Scholl, en Allemagne, en janvier 1943 :

"Rien n'est plus indigne pour un peuple civilisé, que de se laisser, sans résistance, régir par l'obscur bon plaisir d'une clique de despotes. Est-ce que chaque Allemand honnête n'a pas honte aujourd'hui de son gouvernement ?

Qui d'entre nous pressant quelle somme d'ignominie pèsera sur nous et nos enfants quand le bandeau, qui maintenant nous aveugle, sera tombé et qu'on découvrira l'atrocité extrême de ces crimes ?

Nos yeux ont été ouverts par les horreurs des dernières années, il est grand temps d'en finir avec cette bande de fantoches. Jusqu'à la déclaration de guerre, beaucoup d'entre nous étaient encore abusés. Les nazis cachaient leur vrai visage. Maintenant, ils se sont démasqués et le seul, le plus beau, le plus sain devoir de chaque Allemand doit être l'extermination de ces brutes. "
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Extraits d'un tract de la Rose Blanche distribué le 18 février 1943 : Après Stalingrad demander des comptes, quitter le parti et retrouver la liberté

"Etudiants! Etudiantes!

La défaite de Stalingrad a jeté notre peuple dans la stupeur. La vie de trois cent mille Allemands, voilà ce qu'a coûté la stratégie géniale de ce soldat de deuxième classe promu général des armées. Führer, nous te remercions!

Le peuple allemand s'inquiète : allons-nous continuer de confier le sort de nos troupes à un dilettante ? Allons-nous sacrifier les dernières forces vives du pays aux plus bas instincts d'hégémonie d'une clique d'hommes de parti ? Jamais plus! Le jour est venu de demander des comptes à la plus exécrable tyrannie que ce peuple ait jamais endurée. Au nom de la jeunesse allemande, nous exigeons de l'Etat d'Adolf Hitler le retour à la liberté personnelle ; nous voulons reprendre possession de ce qui est à nous ; notre pays, prétexte pour nous tromper si honteusement, nous appartient.(...)

Il n'est pour nous qu'un impératif : lutter contre la dictature! Quittons les rangs de ce parti nazi, où l'on veut empêcher toute expression de notre pensée politique. Désertons les amphithéâtres où paradent les chefs et les sous-chefs S.S., les flagorneurs et les arrivistes. Nous réclamons une science non truquée, et la liberté authentique de l'esprit. Aucune menace ne peut nous faire peur, et certes pas la ferm