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Letre du Pape Aux
archevêques et aux évêques d'Allemagne contre les persécutions
antijuives.
Une maison d'édition
catholique publie en 1940 un livre sur les persécutions antijuives
qui reprend une déclaration
du Pape en faveur des juifs et contre les accusations de meurtre rituel.
Rédigée en 1247 elle pouvait s'appliquer à la situation
de 1940.
"Nous avons entendu parler
de la situation déplorable des Juifs contre lesquels quelques
princes spirituels et temporels et d'autres seigneurs puissants en vos
pays et évêchés imaginent toutes sortes de prétextes,
afin de les attaquer, de les piller et de les dépouiller de leurs
biens d'une manière injuste. Quoique l'Ecriture Sainte leur
dise:"Tu ne tueras pas" et leur interdise de toucher pendant
la Pâque à quelque chose de mort, on leur impute le crime
de communier, ce jour-là, avec le coeur d'un enfant tué,
et on fait comme si la loi le leur prescrivait, alors que cet acte serait
clairement contraire à la Loi ... Se prévalant de cette
intervention ainsi que de beaucoup d'autres, on les assaille et on les
dépouille de tous leurs biens, sans accusation, sans aveu et
sans preuve, contrairement à la justice, on les jette dans
les geôles, on les opprime, et on condamne beaucoup d'entre eux
à une mort honteuse, de sorte que sous ces princes et seigneurs,
ils se trouvent dans une situation pire que leurs ancêtres sous
les Pharaons d'Egypte, et qu'ils sont contraints à quitter les
villes et les lieux où leurs pères habitaient déjà
depuis des temps immémoriaux.
Craignant ainsi leur destruction ... ils se sont adressés au Saint-Siège...
Et Nous ordonnons de rétablir l'état antérieur
et de ne plus les importuner à l'avenir d'une façon ou d'une
autre."
Innocent IV (1247) à l'épiscopat
allemand cité dans Johannes Oesterreicher, Racisme, antisémitisme,
antichritianisme, Cerf, 1940, p
61-62
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LES EGLISES FACE AUX TOTALTTARISMES
(1920-1945) CHRONOLOGIE SOMMMAIRE DES EVENEMENTS
Les
Eglises face au totalitarisme du nazisme, du communisme et laïcisme,
en particulier mexicain.
Le saint Siège dans les relations internationales: condamnations
répétées du racisme nazi et de la "statolâtrie"
fasciste.
I) LE SAINT-SIEGE DANS LES RELATIONS
INTERNATIONALES (jusqu'en 39)
1922: Encyclique Ubi Arcano: "instaurer le
règne du Christ dans toute la vie".
1925: Parution en allemand de Mein Kampf .
Excommunication des nazis??
1925: Dans son allocution consistoriale du 14 décembre, Pie XI
accueille favorablement le pacte de Locarno entre Briand et Stresemann.
1926: Condamnation de l'Action française et mise à l'Index
du journal l'Action française.
1928: (21 mars) décret
du Saint Office condamnant l'antisémitisme
1929: Accords du Latran.
1931: Non abbiamo bisogno de Pie XI dénonçant la "statolâtrie"
(divinisationde l'État fasciste) et défendant les écoles
et les mouvements de jeunesse catholiques.
1931: Parution de l'avenir du XXè siècle, justification
théorique du racisme nazi par Alfred Rosenberg..
1933: (20 juillet) Concordat avec l'Allemagne.
1934: Mise à l'Index de nombreux ouvrages nazis. Nuit des Longs
couteaux, assassinat de Von Klausener chef de l'Action catholique allemande.
1937 (mars): Mit Brennender Sorge
, "sur la situation de l'Eglise catholique dans l'Empire allemand",
Divini Redemptoris "sur le communisme
athée", Firmissimam constantiam (sur
la persécution religieuse au Mexique et le massacre des christeros
par les francs maçons au pouvoir).
1938 (mars): Hitler est reçu par Mussolini à Rome: Pie XI
se retire à Castel-Gondolfo, ferme les musées du Vatican,
interdit au clergé et au nonce toute visite officielle et renouvelle
ses condamnations du racisme allemand.
Avril : Huit propositions racistes sont condamnées et envoyées
aux Universités catholiques du monde entier (syllabus
contre le racisme).
1938: Décret-loi italien écartant des écoles reconnues
par le gouvernement tous les professeurs et les élèves juifs.
Pie XI ouvre dans le même temps son Académie des Sciences
aux savants juifs italiens. Il est condamné
par Pie XI au cours d'un congrès de prêtres de l'Action
Catholique.
Juin 38: Projet d'encyclique sur le racisme et l'antisémitisme
Humani Generis Unitas
1938: (20 novembre) Déclaration du cardinal
Verdier au Figaro
1939: (octobre) Première encyclique de Pie XII Summi pontificatus
rappelant l'unité du genre humain, l'existence d'un droit international
naturel, condamnant toute "statolâtrie", priant pour la
résurrection de la Pologne dépecée condamnant le
"Lebensraum nazi"
Septembre 1939: Les évêques de France affirment "l'entière
légitimité morale" de l'entrée en guerre de
la France venue au secours de la Pologne. Le cardinal Verdier archevêque
de Paris dénonce à la suite de Pie XI le racisme et le bolchevisme
unis par le pacte germano-soviétique, "apôtres du paganisme
renaissant" et salue nos soldats qui commencent "la croisade
de la liberté, de la fraternité chrétienne"
Du côté protestant, le théologien suisse Karl Barth
appelle les chrétiens de France à la mobilisation contre
le paganisme hitlérien en insistant sur la nature nouvelle du conflit
par rapport à celui de 14.
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JUIFS ET CHRETIENS SOUS LE REGIME DE
VICHY
Juifs
et chrétiens sous le régime de Vichy: Protestations
publiques contre les conditions d'internement puis contre les rafles de
juifs mais pas contre la légitimité
du régime de Vichy ou le statut des juifs ?
Juin 1940: La
convention d'armistice prévoit la livraison éventuelle
au Reich des Allemands aryens ou non aryens réfugiés dans
les camps du Sud Ouest de la France (Zone libre).
Juillet 40: La police allemande met les scellées sur le QG des
Scouts de France.
Août 40: Le nonce Valerio Valeri qui a recommandé au journal
"La Croix" de ne pas parler de "vengeance divine"
incite les cardinaux et archevêques de la zone sud réunis
le 31 août 40 à prononcer une mise en garde contre les excès
de culpabilisme.
Sept 40: le 27 Les allemands instaurent
une obligation d'enregistrement des juifs enzone occupée.
Oct. 40: Le cardinal Suhard rejette le projet d'union entre la jeunesse
catholique et les Jeunesses hitlériennes.
3 Oct. 40 :Premier statut des
juifs. Pétain: "Aucun Juif ni dans la justice ni dans
l'enseignement "Débuts de la législation antisémite
en France. Lois sur le statut des Juifs", Juifs étrangers
et juifs d'Algérie.
Arrivée de Juifs allemands dans les camps de la zone Libre.
18 Oct 40: Les allemands bloquent
les capitaux des "entreprises juives" et interdisent certains
métiers aux juifs.
Décembre 40: Protestation du cardinal Gerlier (alerté par
l'abbé Glasberg) archevêque de lyon contre les conditions
d'internement des Juifs. Le Pape se félicite en privé d'avoir
pu envoyer des secours aux déportés, en particulier non
aryens
Mars 41: Création du commissariat aux questions juives qui promulgue
un deuxième statut des Juifs.
26 Mars 1941: Lettre du pasteur Boegner au rabbin
Schwartz divulguée par la feuille collaborationniste Le Pilori
avril 1941 le père jésuite Henri de Lubac alerte ses supérieurs
sur la gravité morale de la situation des Juifs.
2 Juin 41: Aggravation par Vichy
du statut des juifs Désormais une personne juive est soumise
au statut des juifs mêmesi son conjoint même si son conjoint
est un non Juif .
24 Juillet 1941: L'A.C.A (Assemblée des Cardinaux et archevêques)
rejette le projet d'une Jeunesse unique L'A.C.A déclare :"Nous
voulons que, sans inféodation, soit pratiqué un loyalisme
sincère et complet envers le pouvoir établi" L'A.C.A.alertée
par l'abbé Chaîne, et le père jésuite Riquet
rappelle "le sens du respect de la personne humaine, de sa dignité
de ses libertés essentielles."
août 1941 Pie XII envoie des dons aux internés du camp
de Gurs.
Novembre 41: Première parution du journal Témoignage chrétien:
"France, prends garde de perdre ton âme"
du père jésuite Gaston Fessard.
Septembre 41: Pie XII lève les scrupules des catholiques américains
qui s'interrogent sur le bien-fondé de l'aide apportée à
l'URSS.
Janvier 42 :Conférence (secrète) de Wannsee : la "solution
finale".
Mars 42: Dons de Pie XII pour les internés (aux bons soins de Mgr
Saliège)
Avril 42: Synode protestant de Valence condamnant le statut des Juifs.
16 Juillet 42: Protestation
(non publique) de l'A.C.A. (Assemblée
des Cardinaux et archevêques) de zone occupée
contre les rafles des 12000 juifs étrangers entassés au
Vélodrome d'Hiver.
Août 42 :Déportation des Juifs de zone sud (env. 40000) vers
les camps de concentration et d'extermination.Lettre de Gerlier (informé
par le grand rabbin Kaplan et le père Chaillet de Témoignage
chrétien) à Pétain contre la déportation des
Juifs.
23-30 août 42: Protestations publiques des évêques
de la zone sud contre les déportations: Saliège,
Théas, Delay, Moussaron.
Sept 42: Laval se plaint auprès du SS Oberg de "l'opposition
du clergé" L'ambassadeur français auprès du
Saint-Siège envoie à Pétain un rapport prétendant
établir que Rome est favorable au statut de Vichy sur les Juifs:
protestation du nonce Valerio Valeri auprès du maréchal
Aout septembre 42 Tract de Fessard sur "Le
Prince esclave."
Oct 42.La presse collaborationniste se déchaîne contre Gerlier
et Saliège.(voir annexe)
31 Oct 42: Pie XII, à la radio, condamne
implicitement l'invasion nazie en Russie.
17 Décembre 42: déclaration des alliés sur le sort
des juifs.
Noël 42: Radio message de Pie XII sur
ceux qui "du seul fait de leur nationalité ou de leur origine
ethnique ont été voués à la mort"
12 Février 1943: rapport secret de laCroix Rouge sur les massacres
des nazis et constatation du fait qu'il
est impossible d'intervenir, en particulier en public.
5 Mai 1943: Mémorandum de la secrétairie d'Etat concluant
à la quasi certitude d'un massacre généralisé
des juifs.
Mai 43: Sur l'instigation du cardinal Liénart, à propos
du S.T.O., l'A.C.A. déclare qu'il n'y a pas d'obligation de conscience."
Printemps 43: Mgr Chappoulie et Gerlier font pression sur le gouvernement
et parviennent à le faire renoncer au projet de dénaturalisation
des Juifs devenus français depuis la loi de 1927.
Août 43: Les Allemands arrêtent l'abbé Guérin,
le fondateur de la J.O.C. française.
Octobre 43: Les évêques rejettent l'argumentation de ceux
qu'ils appellent "les théologiens sans mandat" dont "les
conclusions sont opposées à l'autorité et à
la légitimité du régime"
Décembre 43: Décret de persécution de Kaltenbrunner
contre l'apostolat catholique français en Allemagne.
23 Mars 1944: invasion nazie de son ex-alliée, dictature conservatrice,
mais non antisémite de Hongrie. Déportations vers les camps
de la mort, interrompue après l'intervention
diplomatique de Pie XII le 25 juin 1944, jusqu'à l'occupation
complète du pays en octobre 1944.
15 octobre 1944: Intervention du Pape
pour sauver les juifs de Rome cachés sur son ordre dans des
institutions religieuses.
BILAN: Sur les 300000 Juifs en France, 75000 périssent (dont deux
tiers d'étrangers et un tiers de Français. Sur les trois
millions d'étrangers qui se trouvaient en france en 1939, 65000
seulement étaient des juifs réfugiés en France depuis
1933
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HITLER
ET son programme de destruction de L'EGLISE
Hitler manifestait
souvent sa volonté de détruire
l'Eglise, et de la remplacer par une nouvelle Eglise du culte de la
race et de la force, en commençant par la jeunesse, il le faisait
au cours de conversations privées comme celles rapportées
par Hermann Rauschning. Texte à l'authenticité
controversée ?
"Et nous, quel programme
devrons-nous suivre? Exactement celui de l'Eglise catholique, lorsqu'elle
a imposé sa religion aux païens: conserver ce qu'on peut conserver
et réformer le reste. Par exemple Pâques ne sera plus
la Résurrection mais l'éternelle rénovation de notre
peuple. Noël sera la naissance de notre sauveur, c'est-à-dire
de l'esprit d'héroïsme et d'affranchissement(...) Il ne
faut pas que les hommes noirs ( prêtres catholiques ) se fassent
des illusions(...) Leur temps est révolu. Ils ont perdu la partie(...)
Je sais de quelle manière on peut attaquer ces gens là.
Bismarck a été stupide(...) Moi,je ne me lancerai pas dans
un nouveau Kulturkampf, ce serait vraiment trop bête. Je ne tiens
pas à ce que les hommes noirs puissent se parer de la couronne
des martyrs devant de pauvres femmes.Mais je saurai les mater, soyez en
sûrs.(...)
Je vous garantis que, si je le veux, j'anéantirai l'Eglise en
quelques années, tant cet appareil religieux est creux, fragile
et mensonger. Il suffira d'y porter un coup sérieux pour le démolir.
Nous les prendrons par leur rapacité et leur goût proverbial
des bonnes choses. Je leur donne tout au plus quelques années
de sursis. Pourquoi nous disputer? Ils avaleront tout, à la condition
de pouvoir conserver leur situation matérielle(...) Certes l'Eglise
a été quelque chose autrefois. A présent, nous sommes
ses héritiers, nous sommes nous aussi, une Eglise. (...)
Dès l'instant où j'ai la jeunesse avec moi, les
vieux peuvent aller moisir au confessionnal si ça leur chante.
Mais pour la jeunesse c'est autre chose, et c'est moi que cela regarde."
Hermann Rauschning (Ancien
chef National-Socialiste du Gouvernement de Dantzig) Hitler m'a dit, Paris,
Coopération 1939, traduit de l'allemand par Albert Lehman
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PIE XI ET L'ESSENCE DU NAZISME: "Mit
Brennender Sorge"
La condamnation
du nazisme par la lettre encycilque de Pie
XI "Mit Brenneder Sorge", largement rédigée
par le cardinal Pacelli, futur Pie XII, récuse une
divinisation du monde, du "sombre et impersonnel Destin" et
de la race qui éloigne de la vraie foi en Dieu. L'Ancien
Testament apporte des trésors de sagesse et l'ancienne et la
nouvelle alliance sont inséparables. Contre la volonté
nazie de s'emparer de la jeunesse, le Pape affirme
le droit a des organisations de jeunes respectueuses de la consicence
des parents et de leurs enfants. Il refuse les accusations d'anti
patriotisme portées contre les jeunes chrétiens Voir
rose blanche et les exhorte au témoignage
par le service de la vérité, lerefus de toute collaboration
et par la charité. Il affirme aussi la supériorité
absolue des droits de la personne sur toutes les lois civiles et proclame
son espérance d'une victoire finale sur le nazisme.
C'est
avec une vive inquiétude et un étonnement croissant que
depuis longtemps Nous suivons des yeux les douloureuses épreuves
de l'Eglise et les vexations de plus en plus graves dont souffrent ceux
et celles qui lui restent fidèles par le coeur et la conduite,
au milieu du pays et du peuple auxquels saint Boniface a porté
autrefois le lumineux message, la bonne nouvelle du Christ et du Royaume
de Dieu (...)
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Condamnation du paganisme nazi
"Quiconque indentifie, dans une confusion panthéistique, Dieu
et l'univers, abaissant Dieu aux dimensions du monde ou élevant
le monde à celles de Dieu, n'est pas de ceux qui croient en Dieu.
Quiconque, suivant une prétendue conception des anciens
Germains d'avant le Christ, met le sombre et impersonnel Destin à
la place du Dieu personnel, nie par le fait laSagesse et la Providence
de Dieu (...) celui-là ne peut pas prétendre à
être mis au nombre de ceux qui croient en Dieu".
Quiconque prend la race, ou le peuple, ou l'Etat, ou la forme de l'Etat,
ou les dépositaires du pouvoir, ou tout autre valeur fondamentale
de la communauté humaine- toutes choses qui tiennent dans l'ordre
terreste une place nécessaire et honorable,-quiconque prend ces
notions pour les retirer de cette échelle de valeurs, même
religieuses et les divinise par un culte idôlatrique, celui-là
renverse et fausse l'ordre des choses créé et ordonné
par Dieu: celui-là est loin de la vraie foi en Dieu et d'une conception
de la vie répondant à cette foi.(...)
Défense
de l'Ancien Testament
"Seuls l'aveuglement et l'orgueil peuvent fermer les yeux devant
les trésors d'enseignement sauveur que recèle l'Ancien
Testament. Qui veut voir bannies de l'Eglise et de l'école
l'histoire biblique et la sagesse des doctrines de l'Ancien Testament
blasphème le Nom de Dieu, blasphème le plan de salut du
Tout-Puissant, érige une pensée humaine étroite
et limitée en juge des desseins divins sur l'histoire du monde.
Il renie la foi au Christ véritable, tel qu'il est apparu dans
la chair, au Christ qui a reçu son humaine nature d'un peuple qui
devait le crucifier. Il demeure sans rien y comprendre devant le drame
universel du Fils de Dieu, qui opposait au sacrilège de ses bourreaux
la divine action sacerdotale de sa mort rédemptrice, donnant ainsi,
dans la nouvelle alliance, son accomplissement, son terme et son couronnement
à l'ancienne.
Le mythe du sang et de la race
Le point culminant de la Révélation atteint dans l'Evangile
de Jésus-Christ est définitif, il oblige pour toujours.
Cette Révélation ne connait pas de complément apporté
de main d'homme, elle n'admet pas davantage d'être évincée
et remplacée par d'arbitraires "révélations"
que certains porte-parole du temps présent prétendent faire
dériver de ce qu'ils appellent le Mythe du Sang et de la Race.
A la jeunesse allemande
Beaucoup, beaucoup d'entre vous, à cause de leur fidélité
à la foi et à l'Eglise, à cause de leur affiliation
à des associations religieuses, garanties par le Concordat, ont
dû et doivent encore, Nous le savons, subir cette tragique
épreuve de voir incomprise, suspectée, outragée,
niée même, leur fidélité à la patrie,
souffrir en outre toutes sortes de dommages dans leur vie professionnelle
et sociale. Nous ne sommes pas non plus sans savoir qu'il y a dans
vos rangs plus d'un obscur soldat du Christ qui, le coeur en deuil, mais
la tête haute, supporte son sort et trouve son unique consolation
dans la pensée de souffrir des affronts pour le Nom de Jésus
(Act. Ap. ,V, 41)
Aujourd'hui, la voyant sous la menace de nouveaux dangers et de nouvelles
tracasseries, Nous disons à cette jeunesse: si quelqu'un voulait
vous annoncer un évangile autre que celui que vous avez reçu
sur les genoux d'une pieuse mère, des lèvres d'un père
croyant, ou par l'enseignement d'un éducateur fidèle à
son Dieu et à son Eglise, "qu'il soit anathème"
(Gal., 1,9). Si l'Etat fonde une Jeunesse nationale, cette organisation
obligatoire doit être ouverte à tous, et c'est alors-sans
préjudice des droits et des associations religieuses- pour les
jeunes gens eux-mêmes et pour les parents qui répondent devant
Dieu, un droit incontestable et inaliénable d'exiger que cette
organisation d'Etat soit purgée de toutes les manifestations qui,
tout récemment encore et aujourd'hui même, mettent la conscience
des parents chrétiens dans une insoluble alternative, puisqu'ils
ne peuvent donner à l'Etat ce qu'il exige qu'en dérobant
à Dieu ce qui est à Dieu.
Trois exhortations: témoigner,résister,
secourir
"Le premier don de l'amour du prêtre à son entourage,
celui qui s'impose le plus évidemment, c'est celui qui consiste
à servir la vérité, toute la vérité,
à dévoiler et à réfuter l'erreur sous quelque
forme, sous quelque masque ou déguisement qu'elle se présente.(...)"
C'est pour quiconque confesse le Christ, un devoir de dégager nettement
sa responsabilité de celle du camp adverse , de libérer
sa conscience de toute coopération coupable à une telle
machination et à une telle corruption".(...) Ne vous lassez
pas, bien aimés Fils, qui participez avec Nous aux saints mystères,
d'exercer, à la suite du Souverain Prêtre éternel,
Jésus Christ, la charité et la sollicitude du bon Samaritain."
Pie XI, Mit Brennender Sorge , Paris, Desclée
1991 (extraits)
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PIE
XI ET LE COMMUNISME ATHEE L'encyclique "Divini
Redemptoris"
Protestant
aussi contre le communisme en Russie, en Espagne et au Mexique, il lui
reproche de faire de fausses promesses
et de s'attribuer des réussites
qui ne lui doivent rien, étant fondées sur la mise au
travail forcé, et l'exploitation de ressources naturelles et techniques
qui ne lui doivent rien. Il décrit la volonté de destruction
de toute trace de christianisme dans ses prêtres, ses monuments
et par le massacre des fidèles laïques Son échec
économique, explicable par le refusd'une morale de la responsabilité
au profit d'une terreur généralisée est déjà
visible. Tout cela fait que la
collaboration avec un communisme intrinsèquement pervers ne peut
aboutir qu'à une persécution violente.
Contexte"Dans nos Encycliques
(...), nous avons fait entendre une solennelle protestation contre les
persécutions déchaînées en Russie, au Mexique
et en Espagne(...)
Nous voulons donc encore une fois, dans une brève synthèse,
exposer les principes du communisme athée, tels qu'ils se manifestent
surtout dans le bolchévisme, et montrer ses méthodes d'action.
A ces faux principes, Nous opposerons la lumineuse doctrine de l'Eglise,
Nous indiquerons de nouveau, avec insistance par quels moyens la civilisation
chrétienne, la seule "Cité" vraiment "humaine",
peut échapper à ce fléau satanique et se développer
encore davantage pour le véritable bien-être de l'humanité.
Une religion de remplacement
Le communisme d'aujourd'hui, d'une manière plus accusée
que d'autres mouvements semblables du passé, renferme une idée
de fausse rédemption. Un pseudo-idéal de justice, d'égalité
et de fraternité dans le travail, imprègne toute sa
doctrine et toute son activité d'un certain faux mysticisme qui
communique aux foules, séduites par de fallacieuses promesses,
un élan et un enthousiasme contagieux, spécialement en un
temps comme le nôtre, où par suite d'une mauvaise répartition
des biens de ce monde règne une misère anormale. On
vante ce pseudo-idéal, comme s'il avait été le principe
d'un certain progrès économique: quand il est réel,
ce progrès s'explique par bien d'autres causes, comme l'intensification
de la production industrielle dans des pays qui en étaient presque
privés, la mise ne valeur d'énormes richesses naturelles,
l'emploi de méthodes brutales pour faire d'immenses travaux à
peu de frais.(...)
La guerre d'Espagne
Et là où, comme en Notre chère Espagne, le fléau
communiste n'avait pas eu le temps encore de faire sentir tous les effets
de ses théories, il s'est déchaîné, hélas!
avec une violence plus furieuse. Ce n'est pas l'une ou l'autre église,
tel ou tel couvent qu'on a abattus, mais quand ce fut possible, ce
sont toutes les églises et tous les couvents et toute trace de
la religion chrétienne qu'on a voulu détruire, même
quand il s'agissait des monuments les plus remarquables de l'art et de
la science! La fureur communiste ne s'est pas contentée de
tuer des évêques et des milliers de prêtres, de religieux
et de religieuses, s'en prenant plus particulièrement à
ceux et à celles qui justement s'occupaient avec plus de zèle
des ouvriers et des pauvres, mais elle fit un nombre beaucoup plus
grand de victimes parmi les laïques de toute classe, qui,
encore maintenant, chaque jour, peut-on dire sont massacrés
en masse pour le seul fait d'être bons chrétiens ou du
moins opposés à l'athéisme communiste(...)
Pie XI annonce l'échec
économique du communisme en Russie
C'est hélas! le spectacle qui s'offre à nous: pour la première
fois dans l'histoire nous assistons à une lutte froidement voulue
et savamment préparée de l'homme contre " tout ce qui
est divin" (cf II Thess.,Il,4)
Mais on ne foule pas impunément la loi naturelle et son Auteur:
le communisme n'a pu et ne pourra réaliser son but, pas même
sur le plan purement économique. Il est vrai qu'en Russie, il a
contribué à secouer hommes et choses d'une longue et séculaire
inertie et à obtenir par des moyens souvent sans scrupules quelque
succès matériel; mais nous savons par des témoignages
non suspects, dont certains sont récents, que de fait, ce qu'il
s'était promis, il ne l'a pas atteint; sans compter l'esclavage
que le terrorisme a imposé à des millions d'hommes. Même
sur le terrain économique, on ne peut se passer de la morale, du
sentiment moral de la responsabilité, pour lequel il n'y a pas
de place dans un système aussi matérialiste que le communisme.
Pour en tenir lieu, il n'y a que le terrorisme, tel que, précisément
nous le voyons maintenant en Russie, où les anciens camarades
de conspiration et de lutte se détruisent les uns les autres:
un terrorisme qui, au demeurant, ne réussit pas à endiguer
la corruption morale ni même à empêcher la désorganisation
de la structure sociale. (...)
Le communisme est "intrinsèquement
pervers"
Veillez,Vénérables Frères, à ce que les fidèles
ne se laissent pas tromper. Le communisme est intrinsèquement pervers,et
l'on ne peut admettre sur aucun terrain la collaboration avec lui de
la part de quiconque veut sauver la civilisation chrétienne.
Si quelques-uns, induits en erreur, coopéraient à la victoire
du communisme dans leur pays, ils tomberaient les premiers, victimes de
leur égarement; et plus les régions où le communisme
réussit à pénétrer se distinguent par l'antiquité
et la grandeur de leur civilisation chrétienne, plus la haine des
"sans-Dieu" se montrera dévastatrice."
Pie XI , Divini Redemptoris , Paris, Desclée
1991 (exraits)
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PIE XI condamne L'ANTISEMITISME
Le Pape Pie XI manifeste une
constante condamnation de l'antisémitisme
qui lui inspire un programme de lutte
contre le racisme nazi adressé aux écoles catholiques
sous la forme de propositions à réfuter (syllabus)
et lui vaut la reconnaissance
du Grand Rabbin de Paris
"Le Siège apostolique
condamne de la façon la plus nette la haine contre le peuple qui
était autrefois le peuple élu de Dieu, cette haine qu'on
désigne aujourd'hui en général sous le nom d'antisémitisme"
Décret du Saint Office du 21 mars 1928
" Par le Christ et dans le Christ, nous sommes de la descendance
spirituelle d'Abraham. Non, il n'est pas possible aux chrétiens
de participer à l'antisémitisme. Nous reconnaissons à
quiconque le droit de se défendre, de prendre les moyens de se
protéger contre tout ce qui menace ses intérêts légitimes.
Mais l'antisémitisme est inadmissible. Nous sommes spirituellement
des sémites"
Allocution privée de Pie XI aux dirigeants de la radio catholique
belge, 6 septembre 1938
Condamnation de la législation raciste de l'Italie mussolinienne
" Il y a quelque chose de bien pire que l'une ou l'autre formule
de racisme et de nationalisme, c'est l'esprit qui les dicte. Il y a quelque
chose de particulièrement détestable, c'est cet esprit de
séparatisme, de nationalisme exagéré, qui précisément
parce qu'il n'est pas chrétien, parce qu'il n'est pas religieux,
finit par n'être même pas humain."
Allocution du pape devant le clergé de l'Action
catholique italienne, 21 juillet1938
"Catholique signifie universel, non raciste, non nationaliste, au
sens séparatiste de ces deux attributs(...) on oublie que le genre
humain, tout le genre humain, est une seule, grande, universelle race
humaine(...) On peut donc se demander comment il se fait que, malheureusement,
l'Italie ait eu besoin d'imiter l'Allemagne."
Allocution du pape devant le collège de la
Propagande ( pour la diffusion de la Foi) 28 juilllet 1938
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Reconnaissance
juive de l'action de Pie XI contre l'antisémitisme
"A la vénération universelle qui entourait l'auguste
pontife, le judaïsme s'associe de tout coeur, admirant et honorant
en lui un grand serviteur de Dieu, un véritable apôtre de
la justice sociale, de la paix et de la fraternité humaine. A plusieurs
reprises, Pie XI dénonça avec une fermeté et une
netteté lumineuses, les pernicieuses erreurs du paganisme raciste,
et il a condamné l'antisémitisme comme inconciliable avec
la. foi chrétienne"
Déclaration de Julien
Weil, grand rabbin de Paris à la mort de Pie XI (1939)
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LE SYLLABUS CONTRE LE RACISME adressé
aux séminaires et aux unversités catholiques
" En avril 1938, La Sacrée congrégation des séminaires
et universités publie à la demande de Pie XI un Syllabus
condamnant les théories racistes qui est adressé aux établissements
catholiques du monde entier. Il est déclaré dans le préambule
que " les maîtres devront s'appliquer de tous leurs moyens,
à emprunter à la biologie, à l'histoire, à
la philosophie, à l'apolpogétique, aux sciences juridiques
et morales, des armes pour réfuter avec solidité et compétence
les assertions insoutenables qui suivent:
l°) " Les races humaines, par leurs caractères naturels
et immuables, sont tellement différentes que la plus humble
d'entre elles est plus loin de la plus élevée que de l'espèce
animale la plus haute.
2°) Il faut, par tous les moyens, conserver et cultiver la vigueur
de la race et la pureté du sang; tout ce qui conduit à
ce résultat est, par le fait même honnête et permis.
3°) C'est du sang, siège des caractères de la race,
que toutes les qualités intellectuelles et morales de l'homme dérivent
comme de leur source principale.
4°) Le but essentiel de l'éducation est de développer
les caractères de la race et d'enflammer les esprits d'un amour
brûlant de leur propre race comme du bien suprême.
5°) La religion est soumise à la loi de la race et doit
lui être adaptée.
6°) La source première et la règle suprême de
tout l'ordre juiridique est l'instinct racial
7°) Il n'existe que le Kosmos ou l'Univers être vivant; toutes
les choses, y compris l'homme, ne sont que les formes diverses s'amplifiant
au cours des âges de l'universel vivant.
8°) Chaque homme n'existe que par l'État et pour 1'Etat.
Tout ce qu'il possède de droit dérive uniquement d'une concession
de 1'Etat. A ces propositions si détestables, on pourra d'ailleurs
en ajouter facilement d'autres."
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PIE XII, VICHY ET LES PERSECUTIONS ANTISEMITES
Face aux persécutions,
Vichy se livre à un armistice ambigu
qui permet aux nationaux socialistes de se faire livrer les émigrés
allemands, y compris juifs; et les lois
allemandes sont imitées par les françaises
L'armistice
"Prenons maintenant le texte de l'armistice franco-allemand. Bien
entendu, on n'y trouve pas un mot sur les Juifs.Un seul article (Art.
19,parag.2) peut sans les nommer, impliquer des juifs allemands :"
le Gouvernement français est tenu de livrer sur demande tous les
ressortissants allemands désignés par le Gouvernement du
Reich et qui se trouvent en France, de même que dans les possessions
françaises(...)"Notons que dans la discussion de cet article,
Keitel dit ceci: "l'armée et la nation allemandes considèrent
les émigrés allemands comme les plus grands incitateurs
à la guerre et à la haine et comme des traîtres à
leur propre nation(...) mais je déclare que, dans la pratique,
nous nous bornerons à demander la livraison des incitateurs à
la guerre de nationalité allemande."Le général
Huntziger en prend acte. Le caractère vague de l'expression fait
qu'elle n'est guère rassurante."
Cité et commenté par Jean-Baptiste
Duroselle,dans La France et la question juive 1940-1944, La politique
de Vichy, l'attitude des eglises et des mouvements de résistance,
Actes du colloque du Centre de Documentation juive contemporaine, (10-12
mars 1979) publié sous la direction de georges Wellers, André
Kaspi et serge Klarsfeld et avec le concours de la Memorial Foundation
for Jewish culture, Paris, Editions Sylvie Messinger, 1981 p 15
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Les deux législations contre les Juifs de France
I) Législation allemande
27 septembre 19-10 -24 mars 1942:
Définit les caractères des personnes juives "ceux qui
appartiennent à la religion juive ou ceux qui ont plus de deux
grands-parents juifs" (Loi du 27 septembre), contraint chaque personne
dans ce cas à se faire recenser avant le 20 octobre "auprès
du sous-préfet de son arrondissement". (moins de 10% des juifs
de la zone occupée n'ont pas obtempéré à l'obligation
de se déclarer)
La loi du 18 octobre 1941: définit les entreprises juives à
caractère économique
L'exercice de certains métiers est interdit aux Juifs et les Juifs
n'ont plus la libre disposition de leurs capitaux ni la libre circulation
de leurs marchandises. Couvre feu imposé aux Juifs entre 20 heures
et six heures et port de l'étoile jaune(29 mai 1942)
II)
Législation française
-Le 3 octobre l940 : Premier " Statut des Juifs": qui s'applique
à l'ensemble du territoire français et vise à exclure
les Juifs français de toute fonction publique (à l'exception
des anciens combattants pour quelques postes subalternes). professions
à influence culturelle interdites (cinéma, théâtre,
radion, journalisme) Numerus clausus dans les professions libérales,
seuls commerce et industrie restent ouverts.
- Le 2 juin 1941 second "statut des Juifs": Désormais
, le fait d'avoir un conjoint non juif n'entre plus en ligne de compte
contrairement au premier statut.
-Par ailleurs, obligation désormais faite aux Juifs de la zone
non-occupée de se faire recenser auprès des préfets.
Cette décision sera suivie , en décembre 1942, de l'obligation
de faire figurer sur les cartes d'identité et d'alimentation la
mention "juif".
-mesures contre les Juifs étrangers (4 octobre) les préfets
pouvaient les assigner à résidence ou les interner dans
des camps spéciaux -Abrogation du décret Crémieux
accordant aux Juifs d'Algérie la nationalité française
(7 octobre 1940)
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PIE XII ET LES PERSECUTIONS RACIALES
Pie XII intervient
diplomatiquement auprès de la Hongrie Ayant
connaissance du génocide par des
témoignages, des rumeurs et l'absence de nouvelles de millions
de juifs, le Pape intervient dans son message de Noël 42, en écho
à la charte de l'Atlantique.
Il le fait de manière rapide,
mais compréhensible, mais avec
prudence, pour ne pas aggraver les persécutions, en particulier
pour les juifs cachés dans des établissements religieux.
Ses
arguments sont les même que ceux qui expliquent
le silence de la Croix Rouge. Pie XII obtient l'arrêt des rafles
de Juifs dans Rome après la capture d'un millier d'entre eux en
menacant recondamner publiquement l'antisémitisme et ses conséquences,
sauvant ainsi 8 à 13 000 autres qui étaient cachés
au Vatican et dans les établissements religieux de Rome.Il
le fait par un dialogue avec l'ambassadeur
d'Allemagne au Vatican.
Pie XII et le sort de
la Pologne envahie
Le 11 septembre, l'offensive allemande se déchaîne sur la
Pologne sans souci d'épargner davantage les populations civiles
que les militaires. Le 30 septembre le pape adresse à la colonie
polonaise de Rome en présence du cardinal Hlond primat de Pologne,
un discours de consolation et d'espoir. Mais c'est surtout dans sa première
encyclique "Summi pontificatus" que Pie XII fait mention de
la Pologne où le pouvoir nazi entreprend la destruction de l'Église
polonaise. Dès les premiers mois de l'occupation, des centaines
de prêtres sont arrêtés et fusillés, les intellectuels
catholiques, clercs ou laïcs, envoyés en camp de concentration
d'Orianienburg. A la base de ces mesures il v avait le dessein d'éliminer
l'élite intellectuelle et l'influence traditionnelle des clercs.
"Le sang d'innombrables être
humains même non combattants élève une funèbre
lamentation déchirante, spécialement sur une nation bien-aimée,
la Pologne, qui, pour sa fidélité à l'Église,
pour ses glorieux mérites envers la civilisation chrétienne,
inscrits en caractères indélébiles dans les fastes
de l'histoire, a droit à la sympathie humaine et fraternelle du
monde, et attend, confiante dans la puissante intercession de Marie, Auxilium
christianorum,l'heure de la résurrection dans la justice et dans
la paix."
Encyclique "Summi Pontificatus" Citée
par Piere Blet dans Pie XII et la seconde guerre mondiale d'après
les archives du Vatican,Paris, Perrin 1997 p 85
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L'aide aux victimes de la guerre et
des persécutions raciales et les demandes auprès des gouvernements
Le voeu de la fin des combats en faveur de toutes les victimes. Allocution
au consistoire de Noël, décembre 1940 le pape dit son réconfort
" d'avoir été en mesure de consoler, par l'aide
morale et spirituelle de nos représentants ou par l'obole de nos
subsides, un nombre immense de réfugiés, d'expatriés,
d'émigrants, spécialement parmi les non-aryens"
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Intervention
auprès de l'Amiral Horty, dictateur de la Hongrie pour faire arrêter
les déportations commencées avec l'occupation nazie de mars
1944.
Le 23 mars 1944 la Wehrmacht entra en Hongrie et les Allemands prennent
le contrôle du pays. A plusieurs reprises à la demande des
autorités juives de Jérusalem et de Londres le Vatican est
sollicité pour empêcher les Juifs réfugiés
en Hongrie d'être livrés au pouvoir nazi. Le 25 juin 1944,après
maints appels de la nonciature,Pie XII s'adresse à l'amiral Horthy,
régent de Hongrie et de confession protestante . La démarche
du Vatican entraîne l'arrêt momentané des déportations..
jusqu'à la chute du régent Horthy(octobre 44)
"De plusieurs côtés, on Nous supplie de tout mettre
en oeuvre pour que, dans cette noble et chevaleresque nation, ne soient
étendues et aggravées les souffrances déjà
si lourdes, endurées par un grand nombre de malheureux à
cause de leur nationalité ou de leur race. Notre coeur de Père
ne pouvant demeurer insensible à ces instantes supplications en
raison de Notre ministère de charité qui embrasse tous les
hommes, Nous Nous adressons personnellement à Votre Altesse, faisant
appel à ses nobles sentiments, dans la pleine confiance qu'elle
voudra bien faire tout ce qui est en son pouvoir pour que soient épargnés
à tant de malheureux d'autres deuils et d'autres douleurs."
Cité par Pierre Blet p221
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Le
sauvetage des juifs de Rome par un dialogue avec l'ambassadeur d'Allemagne.
La plupart des Juifs de Rome (environs huit mille) ont pu être
sauvés grâce à l'action discrète du Vatican
menaçant de formuler une protestation publique contre la répression
menée par les autorités allemandes dans la ville éternelle.
Après une rafle d'un millier de Juifs opérée par
les SS, (dans la nuit du 15 au 16 octobre1944).
le cardinal Maglione convoque l'ambassadeur d'Allemagne Weizsacker.
"La première réaction de ce haut fonctionnaire du Reich,
intérieurement hostile à la politique de son gouvernement,
fut une confession personnelle: "Je m'attends toujours à ce
que vous me demandiez: pourquoi donc restez-vous à votre place?"
Non, répondit Maglione: "je vous dis simplement: Excellence,
vous qui avez un coeur tendre et bon, essayez de sauver tant d'innocents.
Il est douloureux pour le Saint-Père, douloureux au-delà
de ce qu'on peut dire, qu'à Rome même, sous les yeux du Père
commun, on fasse souffrir tant de personnes, uniquement parce qu'elles
appartiennent à une certaine race." Alors l'ambassadeur posa
la question pratique: "Que ferait le Saint-Siège si les
choses devaient continuer"? Maglione répondit: "Le saint-Siège
ne voudrait pas être placé devant la nécessité
de dire son mot de désapprobation." Weizsacker observa
que jusqu'alors le Saint-Siège avait su guider sa barque en évitant
les écueils ; fallait-il maintenant tout risquer, au moment d'arriver
au port? Car les directives venaient de très haut. Et il conclut:
"Que votre Eminence me laisse libre de ne pas faire état de
cette conversation officielle. "Le cardinal Maglione accepta. Il
souligna que le Saint-Siège avait toujours pris soin de ne pas
donner au peuple allemand l'impression d'avoir fait ou de vouloir faire
la plus petite chose contre l'Allemagne durant une guerre terrible.
Mais il ne fallait pas mettre le Saint-Siège dans la nécessité
de protester; s'il s'y trouvait obligé, il s'abandonnerait pour
les conséquences à la divine Providence. Et le cardinal
conclut:"Votre Excellence m'a dit qu'elle chercherait à faire
quelque chose pour les pauvres Juifs. Je l'en remercie. Je m'en remets
pour le reste à son jugement. Si vous croyez plus opportun de ne
pas faire mention de nore conversation, soit."
Cité par Pierre Blet p244
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Les sources d'information sur le génocide:
Le mémorandum de la secrétairerie
d'Etat du 5 mai 1943
Juifs; Situation épouvantable.
En Pologne, ils étaient avant la guerre environ 4 500 000; on calcule
aujou'd'hui avec tous ceux qui sont venus des autres pays occupés
par les Allemands qu'il n'en reste même pas 100 000. A Varsovie,
on avait frmé un ghetto qui en contenbait environ 650 000; il y
en aurait aujourd'hui 20 à 25 000. Naturellement, quelques-uns
ont échappé au contrôle. Mais il n'y a pas de doute
que la plus grande partie n'ait été supprimée. Après
des mois et des mois de transport, des milliers et des milliers de personnes
n'ont plus rien fait savoir d'elles.
Chose qui ne s'explique pas autrement que par la mort, attendu surtout
le caractère entreprenant du Juif, lequel, s'il vit, d'une façon
ou d'une autre se manifeste (se vive si fa vivo). Camps spéciaux
de ma mort dans le voisinage de Lublin (Treblinka) et près de Brest
Litovsk. On raconte qu'ils sont enfermés par centaines dans des
chambres où ils finiraient par l'action des gaz. Transportés
dans des wagons à bestiaux hermétiquement clos avec un plancher
à la chaux vive.
qui s'inspire probablement du rapport de la Croix-Rouge
du 12 février 1943 Cité par Pierre Blet p 187
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Les déclarations
de Pie XII
Le Radio-message de Noël 1942
Après la déclaration des Alliés
du 17 décembre 1942 sur l'extermination du peuple juif d'Europe
, le pape à la demande des Alliés avait terminé son
radio message de Noël en évoquant indirectement le sort des
Juifs.
"Il faut que sur les ruines d'un ordre public qui a donné
les preuves tragiques de son incapacité à procurer le bien
du peuple, tous les coeurs droits s'unissent dans la promesse solennelle
de ne se donner aucun repos jusqu'à ce que dans tous les peuples
et toutes les nations de la terre ceux qui sont décidés
à se dévouer au service de la personne humaine et de la
communauté anoblie en Dieu. L'humanité doit cette promesse
aux innombrables morts enterrés sur les champs de bataille; le
sacrifice de leur vie dans l'accomplissement de leur devoir fut offert
pour un nouvel ordre social meilleur.
L'humanité doit cette promesse à la multitude infinie des
mères, des veuves, des orphelins...
L'humanité dit cette promesse aux innombrables exilés ...
arrachés à leur patrie et dispersés en terre étrangère
et qui pourraient faire leur la plainte du prophète:"Notre
héritage a passé à des étrangers, nos maisons
à des inconnus"(Jérémie V,2)
L'humanité doit cette promesse aux centaines de milliers de
personnes qui, sans aucune faute de leur part, pour le seul fait de leur
nationalité ou de leur origine ethnique, ont été
voués à la mort ou à la disparition progressive..."
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"Dans
noire message de Noël, nous avons dit un mot de ce qui se fait actuellement
contre les non-aryens dans les territoires soumis à l'autorité
allemande. Ce fut court, mais cela a été bien compris."
Lettre du pape à l'évêque de
berlin, Mgr von Preysing, 30 avril 1943 (ADSS
tlO)
Des
interventions publiques volontairement prudentes
S'adressant au Sacré Collège,
le 2 juin 1943, un mois après la rédaction du mémorandum,
le pape évoque la déportation et fait allusion aux Polonais
mais aussi aux Juifs:
" Ne vous étonnez pas, Vénérables Frères
et chers Fils, si Nous répondons avec une sollicitude particulièrement
empressée aux prières de ceux qui se tournent vers Nous,
les yeux pleins d'une imploration angoissée, en butte comme
ils le sont, à cause de leur nationalité ou de leur race,
à des catastrophes encore plus grandes et à des douleurs
plus vives, et sont parfois destinés, même sans faute de
leur part, à des contraintes exterminatrices. Que les chefs
des peuples n'oublient pas, pour employer le langage de l'Ecriture, que
celui qui porte le glaive ne peut disposer de la vie et de la mort
des hommes que selon la loi de Dieu, de qui vient toute puissance.
Toute parole de Notre part, adressée à ce propos aux
autorités compétentes, toute allusion publique doivent être
considérées et pesées avec un sérieux profond,
dans l'intérêt même de ceux qui souffrent, de façon
à ne pas rendre leur position encore plus difficile
et plus intolérable qu'auparavant, même par inadvertance
et sans le vouloir."
Cité par Pierre Blet p188
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Déclaration de
Pie XII, après guerre sur sa discrétion sur le génocide.
"En aucune occasion, Nous n'avons voulu dire un mot qui fût
injuste ni manquer à Notre devoir de réprouver toute iniquité,
tout acte de réprobation, en évitant néanmoins, alors
même que les faits l'eussent justifiée, telle ou telle expression
qui fût de nature à faire plus de mal que de bien, surtout
aux populations innocentes courbées sous la férule de l'oppresseur."
Allocution de Pie XII du 25 février 1946,
devant le corps diplomatique
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La
croix rouge renonce elle aussi à protester publiquement contre
la génocide pendant la guerre.
L'avis du Comité de la Croix-Rouge au sujet
de l'aide aux Juifs sous domination nazie (Genève 12 février
1943)
" Le comité reçoit
de tous côtés de nomreuses demandes de nouvelles concernant
les Juifs résidant dans les pays occupés par l'Allemagne.
Il ne peut se désintéresser de ces malheureux. Il a fait
tout ce qui était en son pouvoir, mais il s'est heurté à
des difficultés insurmontables.
On s'étonne que le comité international ne proteste pas
auprès des gouvernements. Tout d'abord les protestations ne servent
de rien; en outre, elles peuvent rendre un très mauvais service
à ceux à qui l'on voudrait venir en aide. Enfin le comité
international doit s'occuper en premier lieu de ceux à qui il est
destiné, c'est-à-dire les prisonniers de guerre. Aussi,
en présence de ces nombreuses difficultés, le Comité
international a-t-il abandonné la
question des demandes de nouvelles."
Cité par Pierre Blet Pie XII et la seconde
guerre mondiale d'aprèsles archives du Vatican Perrin, 1997 pl84-185
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PIE XII Contre l'AGRESSION ALLEMANDE
CONTRE L'URSS
Pie XII s'oppose
à l'agression nazie contre l'URSS; dès septembre 1941
Pie XII autorise les catholiques américains à particper
à l'aide de Roosevelt à l'URSS, il se met aussi publiquement
du côté de la Russie contre les "néo-païens"
en octobre 1942. et confirme son choix
d'une absence totale d'approbation de la "croisade antibolchevique",
qui contraste avec ses interventions contre le racisme anti-juif.
Au matin du 22 juin 1941 Hitler déclenche contre la Russie
l'offensive qu'il méditait depuis les derniers mois de1940. Le
Saint-Siège devait rappeler que l'encyclique de Pie XI "Divini
Redemptoris" condamnait le communisme athée, non le peuple
russe qui en était le plus souvent la victime. Le saint-Siège
refusait donc de confondre communisme et peuple russe tout comme il s'était
refusé de confondre nazisme et peuple allemand dans son entier.
Suite aux scrupules des catholiques américains répugnant
à venir en aide aux Russes ou à entrer en guerre à
leurs côtés, le Saint-Siège invitait au contraire
les prélats américains à soutenir l'aide de Roosevelt
à la Russie.
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Prière publique à
la Vierge Marie pour lui demander d'arrêter l'invasion "néo-païenne"
en Russie
Dans un radiomessage adressé le 31 octobre
1942 au peuple portugais le pape Pie XII prononce une prière de
consécration au Coeur immaculé de Marie qui contient une
condamnation implicite de l'agression allemande contre la Russie.
"Aux peuples séparés par l'erreur et la discorde, et
particulièrement à ceux qui professent pour vous une singulière
dévotion et chez lesquels il n'y avait pas de maison qui n'honorât
votre vénérable icône (peut-être aujourd'hui
cachée et réservée pour des jours meilleurs), donnez
la paix et reconduisez-les à l'unique bercail du Christ, sous l'unique
vrai Pasteur. Obtenez à la Sainte Eglise de Dieu paix et liberté
complètes; arrêtez le déluge envahissant du néo-paganisme."
Cité par Gaston Fessard dans Au temps du Prince esclave, Critérion
1989
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En
1946 Pie XII s'explique sur son silence face à la "croisade
antibolchévique"
"Nous Nous sommes gardés, malgré certaines pressions
tendancieuses, de laisser échapper de Nos lèvres ou de Notre
plume une seule parole, un seul indice d'approbation ou d'encouragement
en faveur de la guerre entreprise contre La Russie en 1941"
Cité par René Coste, Le problème
du droit de guerre dans la pensée de Pie XII, Paris, Aubier 1962
p226
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"FRANCE PRENDS GARDE DE PERDRE TON AME"
(novembre 1941)
Le
manifeste du journal clandestin "Témoignage Chrétien"
explique que la collaboration revient
à une acceptation des principes spirtuesl nazis. Cela se
manifeste en particulier dans la littérature, et dans la presse.
Les thèses antichrétiennes
de Maurras contre le "poison juif" servant a acclimater
plus facilement l'antisméitisme nazi. Son auteur, Gaston Fessard
décide, malgré l'amalgame du
gouvernement du Vichy et des nazis et
les apples au silence devant la persécution, de ne plus se
taire.
Mais
voici où gît l'équivoque: la "collaboration"
n'est en fait qu'un esclavage que le vainqueur exerce sur le vaincu, dosant
sa contrainte, sa "générosité" et ses punitions,
suivant que l'esclave rend plus ou moins et accepte de plus ou moins bon
coeur sa situation de fait; et l'adhésion à l"'ordre
nouveau" c'est en réalité la reconnaissance de la valeur
des principes spirituels de la "conception du monde" National-Socialiste
d'après laquelle l'Europe devra s'organiser demain sous la domination
de l'Allemagne. Ainsi l'Eglise et les chrétiens risquent aussi,
grâce à cet intermédiaire, de collaborer à
l'instauration de l' "ordre nouveau", c'est-à-dire très
exactement, de reconnaître la valeur des principes spirituels du
National-Socialisme et de contribuer pour leur part, à les faire
régner en France et en Europe.
Dans la mesure même où le catholique est dupe de cette équivoque
et s'engage dans cette voie sans voir où elle conduit, il est compromis
et "commence de perdre son âme".(...)
Antisémitisme à la française
Avant même l'application
progressivement inique de cette loi, les camps de concentration sont remplis
de Juifs laissés dans un abandon qui défie toute humanité,
tel le fameux camp de Gurs entre bien d'autres. Tout récemment
encore, à paris, 5000 pères de famille juifs sont emmenés
sans autre forme de procès dans un camp de travail forcé
dans le Loiret, pendant que toute allocation et secours sont refusés
à leurs femmes et enfants ... Le Français ignore tout
de ces faits et ce sont des comités internationaux américains,
suisses ou suédois, qui doivent s'ingénier pour apporter
quelque soulagement à ces malheureux plus maltraités que
des bêtes.
En même temps littérature
et cinéma font passer l'antisémitisme dans les âmes.
A Paris, chaque semaine, 12 cinémas sur 160 environ font passer
l'ignoble film le Juif Suss. Film projeté également en zone
libre. Si un hebdomadaire comme "Temps Nouveau" dénonce
le "caractère antichrétien de cette production d'importation
étrangère", il est supprimé pour un mois. Quotidiens
et hebdomadaires participent à la même campagne. Tous
ceux de la zone occupée naturellement , en particulier "Au
pilori", et plusieurs de la zone libre, notamment l'Action
française, Candide et surtout Gringoire...Des livres enfin vulgarisent
les thèses racistes de Rosenberg: tel "le Juif cet Inconnu"
de Fayolle-Lefort qui développe le thème suivant: "les
valeurs raciales juives sont diamétralement opposées aux
valeurs raciales européennes" Le christianisme et la charité
n'y sont pas encore ouvertement attaqués, l'auteur y fait même
gloire au catholicisme du moyen-âge d'avoir su se "cabrer instinctivement
devant la notion juive de justice", p 50. Simple atténuation
qui a l'avantage de retrouver une thèse maurrassienne -neutralisation
du "poison juif" par le catholicisme romain- non moins antichrétienne
que celle de Rosenberg, mais plus familière aux Français.
La première leur permettra d'assimiler peu à peu la seconde."(...)
Une collusion perverse
Tout le machiavélisme de la tactique nazie consiste à faire
passer dans les faits l'identité suivante: COLLABORATION AU GOUVERNEMENT
DU MARECHAL = COLLABORATION A L'ORDRE NOUVEAU = COLLABORATION AU TRIOMPHE
DES PRINCIPES NAZIS. Grâce à cette identification qui s'opère
sous le manteau d'un "ordre nouveau", en apparence excellent
ou du moins innofensif et purement politique, notre ennemi espère
transformer le meilleur en pire: tout le dévouement et toute la
loyauté, requis et obtenu par le Maréchal, seront détournés
pour servir au triomphe des principes nazis.(...)
Le
témoignage chrétien
Prêtres, religieux, catholiques influents, seront les premiers visés
par cet espionnage. Au début on essaiera de les amener d'eux-mêmes
au silence par des avis bienveillants, ou en faisant appel comme
le cardinal Baudrillart à l'obéissance ! Comme si l'obéissance
la plus sacrée n'avait pas toujours une limite: celle du péché
! Si l'intimidation ne suffit pas, on ira plus loin. car il faut à
tout prix empêcher la lumière de dissiper l'équivoque.
Catholiques et chrétiens de France doivent donc s'attendre à
être calomniés, salis, emprisonnés et même à
subir un sort pire à proportion de leur courage et de leur fidélité
au Christ. Déjà, à Paris, plusieurs curés
et vicaires ont été emprisonnés.
Pour nous, notre décision
est prise. Car autant l'intérêt majeur des Allemands
et de leurs serviteurs est d'entretenir et d'étendre l'équivoque,
autant notre devoir de Français et de chrétien est de la
dissiper: Nous ne cesserons donc de nous opposer au triomphe des principes
nazis quelles que soient les formes qu'ils revêtent.
" La parole de Dieu n'est pas enchaînée", s'écriait
saint Paul du fond de sa prison. la
voix du Vatican nous exhortait naguère au même courage(...)
Il ne faut jamais donner le spectacle de chrétiens qui, pour se
sauver, pactisent avec les ennemis de Jésus. c'est donner à
ceux-ci plus d'audace et les moyens de continuer leur besogne de mort.
Il y a des moments où il ne faut pas céder et où
la justice domine la charité, car la charité qui sacrifie
la justice est une mauvaise charité. Elle ruine la justice
et finalement la charité. la charité sans la justice ou
qui laisse mourir la justice dans la conscience des hommes est une fausse
charité, une faiblesse indigne du chrétien. Les biens que
l'on garde par une paix apparente et momentanée mais en perdant
l'honneur de chrétien, sont des biens frappés à mort.
Nous n'en jouirons pas et une paix de compromis ne dure jamais et sert
seulement à couvrir des entreprises mauvaises et la ruine de la
chrétienté"
Gaston Fessard, Au temps du Prince esclave, Ecrits
clandestins 1940-1945 Limoges, Critérion 1989
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LE TRACT DIT DU "PRINCE ESCLAVE"
(août-septembre 1942)
Pour
Gaston Fessard qui le qualifie de Prince
esclave, le gouvernement collaborateur doit
être obéi comme Prince quand il défend les populations
et restaure les valeurs nationales, mais on doit
lui résister quand la pression du vainqueur
partiel le conduit à renier les valeurs fondamentales
Le principe fondamental, guide de
toute cette étude, est la double parole de Léon XIII: "Le
Bien commun est après Dieu, dans la société la loi
première et dernière"(16 février 1892) "Le
Bien commun est le principe créateur et l'élément
conservateur de la société humaine. d'où il suit
que tout vrai citoyen doit le vouloir et le procurer à tout prix
".(3 mai 1892) (...)
Du point de vue national, le gouvernement issu de la défaite est,
par rapport au Bien commun dans une position radicalement ambigüe:
D'une part, ayant conclu l'armistice qui assure l'existence et la sécurité
du peuple, il a plus de titres que le gouvernement légitime a à
être reconnu " de droit", puisque celui-ci porte la
responsabilité de la défaite, mal commun.
mais, d'autre part, n'ayant obtenu ce bien commun élémentaire
qu'en renonçant, au moins momentanément, à la juste
cause où se déterminaient la Valeur et la Mission historique
du peuple, il se trouve dans l'impossibilité de procurer le Bien
commun supérieur qui seul cependant peut le légitimer.
Le profond désaccord des esprits et des coeurs auquel le gouvernement
se heurte en cette nation ne fait que manifester cette division des fins
du Bien commun dont l'une n'est atteinte que parce que l'autre est manquée.
Il en résulte en effet que ce gouvernement de fait se trouve radicalement
empêché de parvenir à la légitimité
véritable d'un gouvernement de droit et d'être reconnu comme
tel par le peuple. Si bien qu'on ne pourra jamais lui appliquer sans
réserve les règles qui valent pour l'autorité d'un
Etat véritablement souverain et libre, tant du moins que la solution
du conflit international ne viendra mettre un terme à sa situation
paradoxale. Le gouvernement de la nation vaincue et en révolution
n'est en réalité qu'un Prince esclave. (...) Dans
la mesure où les ordres du Prince esclave tendent à assurer
l'existence et la sécurité du peuple, à rétablir
l'ordre de droit et à restaurer les Valeurs nationales, ils sont
conformes au Bien commun et par conséquent doivent être obéis
comme ceux d'un gouvernement légitime.
Dans la mesure où, à cause de
la pression du vainqueur, ils tendent au contraire à modifier l'Idéal
national et, par le moyen de l'ordre de droit, à entraîner
le peuple vers le reniement de sa Valeur et de la justice de sa cause,
ils sont opposés au Bien commun et par conséquent une légitime
défense peut leur être opposée. En d'autres termes,
le prince esclave mérite respect et obéissance en tant que
Prince et non en tant qu'esclave.(...)
Ainsi, plus le prince esclave est réduit à s'avancer
dans la voie de la "collaboration", plus son peuple doit s'ancrer
dans une résistance obstinée.(...)
Il est impossible, dans une telle situation, d'attribuer sans réserve
au prince esclave une autorité légitime, au sens habituel
de ce mot. Son pouvoir de fait tend sans doute à se légitimer,
mais il ne peut y parvenir.
Lui reconnaître sans réserve une autorité de droit
serait le desservir plus que le servir et lier indûment la conscience
du citoyen au vainqueur partiel. En effet, c'est reconnaître équivalemment
à celui-ci une part légitime dans la détermination
du Bien commun national, celle même qui manque au prince esclave
pour être prince tout court. Comme de plus, le vainqueur partiel
peut réduire insensiblement le Prince esclave à être
simplement esclave, c'est s'exposer à identifier en définitive
fait et droit."
Gaston Fessard Au temps du prince esclave op cit.
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LES REACTIONS DES AUTORITES
RELIGIEUSES EN FRANCE
Les
condamnations des persécutions nazies par les autorités
religieuses ont souvent été faites localement, dès
avant la guerre l'archevêque de Paris, Mgr Verdier,
le président des protestants luthériens de France, le
Pasteur Boegner le 26 mars 41, et juste après la raffle du
Vel d'Hiv, les évêques
de la zone occupée protestent auprès du gouvernement
et plusieurs le font publiquement dont Mgr Saliège
a Toulouse et Mgr Théas à Montauban.
Avant la
guerre, de nombreuses prises de position en faveur des Juifs d'Allemagne
provenaient d'intellectuels ou d'hommes politiques chrétiens
tels que Maritain, Marc Sangnier, Georges Bidault. Citons
aussi une déclaration du cardinal Verdier archevêque de Paris
dans Le Figaro du 20 novembre 1938
" Tout près de nous, au nom des droits de la race, des milliers
et des milliers d'hommes sont traqués comme des bêtes fauves,
dépouillés de leurs biens véritables parias qui cherchent
en vain au sein de la civilisation un asile et un morceau de pain. Plus
que jamais attachons-nous à ces idées de fraternité
universelle, de sage liberté, de respect pour tout ce qui est humain
et de prédilection pour les membres souffrants de la grande famille
humaine".
Cité dans Histoire de la France religieuse
sous la direction de Jacques Le Goff et de René Rémond Paris,
Seuil 1992 p 311
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Lettre de M. le pasteur Marc Boegner, président
du Conseil national de l'Eglise réformée de France au Grand
rabbin de France.Nîmes le 26 mars 1941
Monsieur Le Grand rabbin,
Le conseil national de l'Eglise réformée de France vient
de se réunir pour la première fois depuis la mise en application
de la loi du 3 octobre 1940. Il m'a chargé de vous exprimer le
douleur que nous ressentons tous à voir une législation
raciste introduite dans notre pays et à constater les épreuves
et les injustices sans nombre dont elle frappe les israélites français.
Ceux parmi nous qui pensent qu'un grave problème a été
posé devant l'Etat par l'immigration massive d'un grand nombre
d'étrangers, Juifs ou non, et par des nationalisations hâtives
et injustifiées ont toujours exprimé la conviction que la
solution de ce problème doit s'inspirer du respect de la personne
humaine, de la fidélité aux engagements de l'Etat, des exigences
de la justice dont la France n'a jamais cessé d'être le champion.
Ils n'en sont que plus émus par l'application rigoureuse d'une
loi qui, frappant exclusivement les Israélites, frappe indistinctement
les Israélites français depuis de longues générations
et souvent depuis des siècles, et les naturalisés d'hier.
Notre Eglise, qui a connu jadis toutes les souffrances de la persécution,
ressent une ardente sympathie pour vos communautés dont en certains
endroits la liberté du culte est déjà compromise
et dont les fidèles viennent d'être si brusquement jetés
dans le malheur. Elle a déjà entrpris et ne cessera pasde
poursuivre des démarches en vue d'une réforme indispensable
de la loi.
Entre vos communautés et les Enlises de La Réforme existe
un lien que les hommes ne peuvent briser: la Bible des Patriarches, desprophètes
et des Psalmistes, l'Ancien Testament dont Jésus de Nazareth a
nourri son âme et sa pensée, et où ses disciples de
tous les siècles entendent la Parole de Dieu Notre Eglise sait
tout ce que Dieu lui donne dans la méditation des Livres Saints,
et song intercession pour les Israélites français, si durement
traités, n'en est que plus fervente.
veuillez agréer, Monsieur le Grand rabbin, l'expression de nos
sentiments les plus dévoués. Marc
Boegner
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Déclaration
des Cardinaux et Archevêques de zone nord adressée au gouvernement
le jour de la rafle du vel' d'Hiv (16 juillet 1942)
"Profondément émus par ce qu'on nous apporte des arrestations
massives d'Israélites(...) et les durs traitements qui leur ont
été infligés(...) nous ne pouvons étouffer
le cri de notre conscience.
C'est au nom de l'humanité et des principes chrétiens que
notre voix s'élève pour une protestation en faveur des droits
imprescriptibles de la conscience humaine. C'est aussi un appel angoissé
à la pitié pour ces immenses souffrances, pour celles surtout
qui atteignent tant de mères et d'enfants.
Nous vous demandons, M.le Maréchal, qu'il vous plaise d'en tenir
compte afin que soient respectées les exigences de la justice et
les droits de la charité."
Cité dans François Delpech, Eglises
et chrétiens dans la Seconde guerre mondiale, Actes du colloque
de Lyon 1978 p 270
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Lettre
de S.E Monseigneur l'archevêque de Toulouse sur la personne humaine
(rédigée le 20 août 1942 lue dans les paroisses du
diocèse le 23 août 1942)
Il y a une morale chrétienne, il y a une morale humaine qui impose
des devoirs et reconnaît des droits. Ces devoirs et ces droits tiennent
à la nature de l'homme. Ils viennent de Dieu. On peut les violer.
Il n'est au pouvoir d'aucun mortel de les supprimer. Que des enfants,
des femmes, des hommes, des pères et des mères soient traités
comme un vil troupeau, que les membres d'une même famille soient
séparés les uns des autres et embarqués pour une
destination inconnue, il était réservé à notre
temps de voir ce triste spectacle.
Pourquoi le droit d'asile dans nos églises n'existe-t-il plus ?
Pourquoi sommes-nous des vaincus?
Seigneur ayez pitié de nous.
Notre-Dame priez pour la France.
Dans notre diocèse, des scènes émouvantes (1) ont
eu lieu dans les camps de Noé et de Récébédou.
les Juifs sont des hommes, les Juives sont des femmes. les étrangers
sont des hommes, les étrangères sont des femmes. Tout n'est
pas permis contre eux, contre ces hommes, contre ces femmes, contre ces
pères et mères de famille. Ils font partie du genre humain.
Ils sont nos frères comme tant d'autres. Un chrétien ne
peut l'oublier.
France, patrie bien-aimée, France qui porte dans la conscience
de tous tes enfants la tradition du respect de la personne humaine. France
chevaleresque et généreuse, je n'en doute pas, tu n'es pas
responsable de ces erreurs . (2) Recevez mes frères l'assurance
de mon affectueux dévouement.
Jules-Géraud Saliège
Archevêque de Toulouse
(Modification demandée par le Préfet . Dans la version,initiale
lire éprouvantes (1) et horreurs( 2)
Cité par Jean-Louis Clémentin Monseigneur
Saliège, archevêque de Toulouse 1929-19, 6 Beauchesne 1994
p215-216
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Déclaration
de Mgr Théas évêque de Montauban,26 Août 1942
"Mes bien chers frères,
des scènes douloureuses et parfois horribles se déroulent
en France, sans que la France en soit responsable.
A Paris, par dizaines de milliers, des Juifs ont été traités
avec la plus barbare sauvagerie. et voici que dans nos régions
on assiste à un spectacle navrant; des familles sont disloquées;
des hommes et des femmes sont traités comme un vil troupeau et
envoyés vers une destination inconnue, avec la perspective des
plus graves dangers.
Je fais entendre la protestation indignée de la conscience chrétienne
et je proclame que tous les hommes, aryens ou non-aryens, sont frères
parce que créés par le même Dieu; que tous les hommes,
quelle que soit leur race ou leur religion, ont droit au respect des individus
et des Etats.
Or les mesures antisémitiques actuelles sont un mépris de
la dignité humaine, une violation des droits les plus sacrés
de la personne et de la famille.
Que Dieu console et fortifie ceux qui sont iniquement persécutés.
Qu'il accorde au monde la paix véritable et durable, fondée
sur la justice et la charité"
A lire sans commentaire à toutes les messes dans toutes les églises
et chapelles du diocèse, le dimanche 30 août 1942.
Cité par Sylvaine Guinle-Lorinet Pierre-Marie
Théas, un évêque à la rencontre du XXè
siècle Tarbes, Toulouse 1993 p100-101
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La Rose blanche : résistance
en Allemagne Tract : Les nazis révèlent
leur vrai visage.
Extrait de tract diffusé par le mouvement de "la Rose
blanche" (Weisse Rose) de Hans et Sophie Scholl, en Allemagne, en
janvier 1943 :
"Rien n'est plus indigne pour
un peuple civilisé, que de se laisser, sans résistance,
régir par l'obscur bon plaisir d'une clique de despotes. Est-ce
que chaque Allemand honnête n'a pas honte aujourd'hui de son gouvernement
?
Qui d'entre nous pressant quelle somme
d'ignominie pèsera sur nous et nos enfants quand le bandeau, qui
maintenant nous aveugle, sera tombé et qu'on découvrira
l'atrocité extrême de ces crimes ?
Nos yeux ont été ouverts
par les horreurs des dernières années, il est grand temps
d'en finir avec cette bande de fantoches. Jusqu'à la déclaration
de guerre, beaucoup d'entre nous étaient encore abusés.
Les nazis cachaient leur vrai visage. Maintenant, ils se sont démasqués
et le seul, le plus beau, le plus sain devoir de chaque Allemand doit
être l'extermination de ces brutes. "
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Extraits
d'un tract de la Rose Blanche distribué le 18 février 1943
: Après Stalingrad demander des comptes, quitter le parti et retrouver
la liberté
"Etudiants! Etudiantes!
La défaite de Stalingrad a
jeté notre peuple dans la stupeur. La vie de trois cent mille Allemands,
voilà ce qu'a coûté la stratégie géniale
de ce soldat de deuxième classe promu général des
armées. Führer, nous te remercions!
Le peuple allemand s'inquiète
: allons-nous continuer de confier le sort de nos troupes à un
dilettante ? Allons-nous sacrifier les dernières forces vives du
pays aux plus bas instincts d'hégémonie d'une clique d'hommes
de parti ? Jamais plus! Le jour est venu de demander des comptes à
la plus exécrable tyrannie que ce peuple ait jamais endurée.
Au nom de la jeunesse allemande, nous exigeons de l'Etat d'Adolf Hitler
le retour à la liberté personnelle ; nous voulons reprendre
possession de ce qui est à nous ; notre pays, prétexte pour
nous tromper si honteusement, nous appartient.(...)
Il n'est pour nous qu'un impératif
: lutter contre la dictature! Quittons les rangs de ce parti nazi, où
l'on veut empêcher toute expression de notre pensée politique.
Désertons les amphithéâtres où paradent les
chefs et les sous-chefs S.S., les flagorneurs et les arrivistes. Nous
réclamons une science non truquée, et la liberté
authentique de l'esprit. Aucune menace ne peut nous faire peur, et certes
pas la ferm |